LA GRANDE GUERRE CONTRE LES OS

grande-guerre-osAu Paléolithique, Ock est un fier chasseur du clan de la Falaise de l’Ours. Revenant de chasse, il combat des créatures uniquement faites d’os. Celles-ci sont particulièrement belliqueuses et ravagent tout sur leur passage, y compris le clan d’Ock. Où sont les survivants ?

Voilà une collection qui mérite le détour. Alors qu’en cette période de consommation effrénée, les livres frisent le millions de signes, l’éditeur Le Carnoplaste propose un concept surprenant. Robert Darvel rêve un titre, Fred Grivaux propose une illustration et un auteur compose une nouvelle avec cette double contrainte. Vous ajoutez à celà des « sujets subtiles« , dixit l’éditeur, des textes de longueurs moyennes et un façonnage à l’ancienne. Ce fascicule est vendu à un prix modeste. Autant en profiter.

Pour le 12ème numéro, c’est l’auteur Thomas Geha qui nous fait remonter le temps. Un récit préhistorique avec des zombies. Pour la véracité historique, il faudra repasser (quoique personne n’est aller vérifier). On prend beaucoup de plaisir à suivre Ock à la recherche de son clan. Au delà des combats réjouissants et sanguinolents, l’auteur nous construit une histoire épique avec son lot d’émotions et des personnages attachants. Outre l’aspect fantastique, La Grande Guerre Contre les Os est réaliste. Il n’y a pas de dinosaures, les personnages réfléchissent peu et parlent par gestes. La période semble précise (fin de la glaciation) et amène son lot de problèmes. Quant aux « os », ils ne ressentent rien, sont presque indestructibles et leur aspect est dérangeant. Autant de points qui les fait paraître dangereux.

Un récit de zombies dans la préhistoire aurait pu tomber dans une parodie, un n’importe-quoi quelconque. Avec les contraintes imposées, Thomas Geha crée un récit palpitant. Les amateurs de zombies, de récits historiques, tout comme ceux de séries b se régaleront dans cette histoire originale !

LA GRANDE GUERRE CONTRE LES OS
AUTEUR : THOMAS GEHA
TITRE : ROBERT DARVEL
ILLUSTRATEUR : FRED GRIVAUX
COLLECTION : AVENTURES
EDITIONS : LE CARNOPLASTE

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NOUVELLE-SPARTE

Ce document a été créé et certifié chez IGS-CP, Charente (16)A 16 ans, Valère; jeune homme de la Nouvelle-Sparte va devoir affronter le rituel de la Kryptie. Pour lui et ses amis, c’est un moment important de sa vie. Malheureusement, les dieux en ont décidé autrement. Des attentats surviennent dans la cité. Qui en sont les auteurs ? Officiellement envoyé en Occidie pour exil-volontaire, Valère doit enquêter pour sauver sa cité…

Cette année serait-elle celle d’Erik L’Homme ? La trilogie Terre-Dragon parait en poche ainsi qu’une nouvelle édition du Livre des Etoiles. Côté nouveauté, son talent de conteur est associé au pinceau de Lorraine Bihorel dans l’album La Patience du Héron. Quant à Nouvelle-Sparte, C’est un autre univers.

Erik L’homme érige un univers qui s’appuie sur les règles des spartiates : une vie en communauté, des règles simples de vies, des cycles qui permettent de partager l’âge enfant/adultes. Pour mieux accompagner/perdre le lecteur, le langage utilisé ici est un mélange de néologismes (les amateurs de 1984 et Orange Mécanique apprécieront), de noms grecs. Si les premières phrases surprennent, le lecteur n’aura aucun mal à décrypter le sens des mots. Au-delà du conte, Nouvelle-Sparte montre un univers semblable au nôtre. On reconnaît les occidentaux, les orientaux, les nomades, ceux qui prêchent plusieurs dieux contrairement à ceux qui sont monothéistes. Sous la plume d’Erik L’Homme, il n’y a qu’une accusation, celle des préjugés, des clichés qui n’amènent rien de bon. Valère, élevé comme un nouveau spartiate en fera les frais lors de son voyage en Occidie. Les lecteurs remarqueront un parallèle entre un héros de la mythologie grecque et les aventures du personnage principal.
Loin des héros omnipotents, Valère à des faiblesses, il commet des erreurs. C’est ce qui le rend humain. Si les personnages féminins ne sont pas au centre de l’intrigue, elles ont un rôle important à jouer dans la narration. A ce propos, on peut souligner que les femmes de la Nouvelle-Sparte sont élevées comme les hommes ! A côté de personnages qui ont des liens d’amitié solides, Erik L’Homme bâtit des personnages qui doutent, qui remettent en cause la jeunesse pour ne voir que le bien commun.
L’histoire est simple, mais l’auteur glisse plusieurs réflexions (politique, philosophie, religion) qui demandera au lecteur attentif une interrogation sur sa vie. Si tout n’est pas parfait (le dénouement de l’intrigue peut être vu comme prévisible), on a plaisir à lire ce livre. On s’étonnera à relire L’Odyssée, visionner sa vieille cassette d’Ulysse 31, à relire 300 et à s’interroger sur notre monde égoïste.

L’auteur nous avait habitué à de la fantasy, Nouvelle-Sparte est de la science-fiction, le lectorat était celui de la jeunesse, nous voici devant des thèmes plus adultes… Que de nouveauté pour ce titre. Tout en mélangeant les mythes de L’illiade et l’Odyssée, il dénonce les méfaits de notre société (pouvoir corrompu, consumérisme) et montre les bienfaits des rencontres. Une nouvelle ère (révolutionnaire) pour l’auteur ? Le futur le dira, mais ce livre est à découvrir.

NOUVELLE-SPARTE
AUTEUR : ERIK L’HOMME
EDITIONS : GALLIMARD JEUNESSE

A écouter :  Rencontre avec Erik L’Homme
                      2eme rencontre avec Erik L’Homme

DIABOLIC

Némésis est une diabolic. Une créature concue génétiquement pour traquer et tuer n’importe qu’elle créature. Programmée pour aimer et protéger sa maîtresse Sidonia Empyrée, Némésis va devoir remplir une mission particulièrement complexe. Elle sera envoyée à la cour impériale, en se faisant passer pour sa maîtresse. Elle y rencontrera la traitrise, la politique, mais aussi l’amitié et l’amour.

Diabolic est le premier roman de S.J.Kincaid traduit en français. Sous un vernis de science-fiction, il montre toute la folie des hommes pour accéder au pouvoir. On pourrait y voir une version différente de la grande période de Rome. Orgies, jeux du cirque, manipulations politiques… L’autrice ne nous épargne rien. Le lecteur se demandera vers qui Némésis doit donner sa confiance, vu que tout le monde peut la trahir. L’échange entre Sidonia et Némésis fait penser au roman de Mark Twain : Le Prince et Le Pauvre.

Le narrateur est le personnage principal, Némésis. Si elle est censée être une créature sans âme, uniquement conçue pour tuer, on suit toute son évolution au fil des pages. A la différence de nombreux autres livres pour adolescents, elle ne s’apitoie pas trop sur son sort et le récit se lit sans temps mort. L’aspect psychologique des personnages est bien rendu. On sent la fole des personnages, les traitrises qui se mettent en place et rien n’est jamais gratuit. On regrettera cependant que la folie simulée de Tyrus soit trop vite envolée. Certaines situations sont des clichés éculés, mais l’aspect général est de bonne tenue.

Le roman abordera plusieurs sujets : Qu’est ce qui nous rend humains, la manipulation génétique, la politique, asns oublier les sentiments qui nous permettent de nous dépasser.

Ce roman est une bonne surprise. L’originalité tient autant de l’univers que du personnage principal. Les situations sont aussi réalistes que possible et le récit ne subit aucun temps mort.

DIABOLIC : PROTEGER OU MOURIR

AUTRICE : S.J. KINCAID

TRADUCTEUR : ERIC MOREAU

EDITIONS : BAYARD

PARIZ

parizParis est désormais habité par des zombies. Dans les souterrains de l’ancienne ville-lumière, trois clochards se cachent. Ils seront bientôt rejoints par un commando. Les deux groupes devront mettre leurs différents de côté pour avoir une chance de survivre face à cette vague zombie.

Avec PariZ, on aurait pu craindre un énième massacre de zombies, sa vague explication scientifique et un cache-cache dans les bâtiments célèbres de la capitale. Heureusement, l’auteur prend une autre direction. Il y a bien des zombies, mais ils font partie du décor. Ses personnages sont loin d’être des baroudeurs, des héros. Entre le commando qui a une certaine idée de la France et des clodos accros à l’alcool, on n’est pas sortis du métro. Ils auraient pu se faire dévorer dès le premier chapitre, mais étonnamment ils arrivent à survivre. Loin des clichés du survival, l’auteur va prendre ses lecteurs à contre-pied. Dans un ton semi-parodique, on va suivre les pérégrinations de ce groupe. Les personnages de Rodolphe Casso ont la loose, mais ils la vivent avec grandiloquence. Leur langage évoque le titi parisien, le vocabulaire de Michel Audiard et par moments, la bêtise humaine. L’autre personnage, jamais nommé et pourtant bien présent, c’est la ville de Paris. A travers les visions des « héros », des zombies, on a une certaine vision de Paris. Même après avoir été dévasté, « Paris sera toujours Paris ».
Rodolphe Casso se lâche dans ce premier roman. Il détruit Paris, montre les rares survivants se combattre, alors qu’une vague amorphe de zombies erre dans la capitale. On sent la colère de l’auteur, mais aussi tout l’amour qu’il porte à cette ville (cf son interview)

Entre roman social et thriller, PariZ permet de voir les clodos de Paris sous un autre jour. On suit l’histoire avec intérêt, on s’attache aux personnages. Un premier roman qui va droit au but !

PARIZ
AUTEUR : RODOLPHE CASSO
EDITIONS  : CRITIC

SOS FANTÔMES / GHOSTBUSTERS

ghostbusterA New-York, de plus en plus de phénomènes paranormaux se manifestent. Des fantômes apparaissent un peu partout en ville. Peter Venkman, Raymond Stantz et Egon Spengler, chercheurs universitaires, se dressent face à la menace spectrale.

SOS Fantômes (ou Ghostbusters) est avant tout un film d’Ivan Reitman (Président d’un Jour, Jumeaux), sur une idée de Dan Aykroyd. On connaît le succès public, les suites, les séries animées, mais qu’en est-il de la novelisation ? Sous ce titre se cache l’adaptation en roman d’un autre média (jeux vidéos, films, série télévisée, etc). Dans les genres qui nous intéressent, Alan Dean Foster en a écrit quelques unes mais on peut citer aussi George C Cesbro pour Crying Freeman. Quant à Jason Dark, l’auteur de la novelisation de SOS Fantômes, il est surtout connu en Allemagne pour le personnage du détective privé John Sinclair.
Une novelisation se doit d’adapter en écrit ce qu’on voit à l’écran. Le résultat n’est pas toujours réussi, mais dans le cas de SOS Fantômes, c’est un véritable navet. Pourtant, tout commençait bien. Les différentes scènes collent au film, on retrouve avec plaisir les personnages. Malheureusement, le tempo du roman (224 pages) n’égale pas celui du film (105 minutes). Toutes les actions s’enchaînent et petit à petit, on s’éloigne du scénario. Des lignes de dialogues sont rajoutées, des scènes sont imaginées ou mal retranscrites. Le personnage de Bill Murray devient un odieux profiteur qui ne pense qu’à séduire, celui d’Harold Ramis, un scientifique qui ne s’intéresse qu’à la science. Quant au personnage de Dan Aykroyd, s’il est présent, il n’est pas développé… Les effets comiques de Rick Moranis ne fonctionnent pas, etc.

La plupart des novélisations ne sont pas des succès. Au mieux, elles surpassent la qualité de l’original, mais la plupart du temps, c’est un honnête divertissement. Dans le cas de SOS Fantômes, on s’ennuie, certaines scènes font peur au lieu de faire rire.. Bref, une novélisation à éviter.

SOS FANTÔMES/GHOSTBUSTERS
AUTEUR : JASON DARK D’APRES LE FILM D’IVAN REITMAN
EDITEUR : M.A EDITIONS

ZAPLAND

zaplandTanee vit en 2054. Comme elle a 8 ans, elle va commencer à apprendre à lire. Pour Tanee et sa meilleure amie C@ro, cet apprentissage est trop long

A travers cette histoire d’enfant qui apprend à lire, Marie-Aude Murail critique notre société actuelle. L’orthographe est mélangé, l’apprentissage est un jeu (débile selon les personnages) et toute la société repose sur des objets : ordinateur portable (pot-hop) qui sent la vanille, phonoscript pour écrire des histoires, téléporteur pour se déplacer, voire voyage dans le temps. A côté de cette critique, l’autrice montre la puissance de la lecture et des activités artistiques.
Le jeune lecteur pourra s’amuser à reconnaître les mots mélangés, (un e-meuble pour un immeuble), comprendre l’intérêt de la lecture et celui de l’apprentissage. Le ton donné n’est jamais accusateur et ce sera au lecteur de se faire ses propres idées.

Si Marie-Aude Murail est connue, le trait de Frédéric Joos est reconnaissable. Depuis la fin des années 80, son graphisme doux, tout en rondeur et l’auteur ne rate jamais une occasion de glisser un détail. Ici, il modifiera son trait pour illustrer un livre trouvé par Tanee.

Zapland montre ce que pourrait être la génération de 2054. Entre critique de la société et roman d’aventure, Marie-Aude Murail et Frédéric Joos donnent au lecteur des clefs pour voir plus loin que le bout de son nez. Une lecture magique qui rappelle les bonheurs de la lecture.

ZAPLAND
AUTRICE : MARIE-AUDE MURAIL
ILLUSTRATIONS : FREDERIC JOOS
COLLECTION : MOUCHE
EDITEUR : L’ECOLE DES LOISIRS

LES EFFETS DU HASARD

effets hasardMaïa, comme la plupart de ses camarades, a été conçu sur catalogue. Alors qu’elle entame une relation avec un garçon, son monde s’écroule. Anthony est né de façon naturelle et elle commence à ressentir les prémices d’une maladie : l’amour !

A en croire le résumé Les Effets du Hasard ne serait qu’un livre sur la procréation programmée (couleurs des yeux, quotient intellectuel, etc.), mais Marie Leymarie va plus loin dans sa réflexion : Pourquoi faire un enfant de façon artificielle, comment limiter les risques d’une grossesse non désirée… C’est le thème, voire le champ lexical de la naissance qui est abordé : sentiment, procréation, etc.
En plus de cette réflexion, l’autrice mène un cheminement philosophique sur la liberté. Elle confronte le contrôle, le libre-arbitre et jusqu’où peut-on aller pour mieux (se) contrôler. Le thème est passionnant, l’univers déroutant… Cette société est proche de la nôtre. Certaines améliorations sont faites au niveau de la communication (interaction professeur-élève via des mails), mais la communication au sein de la famille semble dénuée de sens.
A la différence d’une dystopie « classique », personne ne se révolte contre cette évolution de la société. Certains sont pour d’autres sont contre. Seule, Maïa, en proie aux affres de l’adolescence, ne sait plus où elle en est ! On apprécie particulièrement le comportement des différents personnages. Ils sont froids, humains, chaleureux, mais ils pensent agir pour leur bien !

L’ouvrage de Marie Leymarie est terrifiant ! Entre le contrôle des sentiments, la passivité de la population, la découverte de cette univers, proche du nôtre, nous pousse à réagir.

LES EFFETS DU HASARD
AUTRICE : MARIE LEYMARIE
EDITION : SYROS