LE MONDE SECRET DE SOMBRETERRE T1 : LE CLAN PERDU

SombreterreVictor croyait être le seul garçon bizarre de sa classe. Il voit des choses que personne ne voit. Alors quand une nouvelle élève arrive et commence à lui expliquer « ses bizarreries », il en est tout chamboulé. Qui est Alina et d’où vient-elle ?

Voilà un roman jeunesse qui se distingue de la production. Si le fond de l’histoire est assez classique, Cassandra O’Donnell donne une forme réjouissante au récit. Si Alina semble connaître beaucoup de choses sur les phénomènes qui entourent Victor, elle ne connaît pas notre monde et sa naïveté/franchise peut créer quelques problèmes. Elle n’hésite pas à aller au-devant de l’action, tout en restant une jeune adolescente. Un comportement paradoxal qui l’étonne elle-même. Victor a un comportement plus classique, mais il a un vécu avant le déroulement de l’histoire. La venur d’Alina va lui permettre de se sentir plus « normal ». Les personnages ne se comportent pas en héros, l’humour est souvent présent et si Lucas est « le clown » de la bande, on sent qu’il a un rôle à jouer… Plus important que celui de l’auguste. On aurait pu se passer des moqueries sur les adultes du collège, mais du professeur, au directeur tyrannique en passant par l’infirmière et ses remèdes « miracles », qui n’est jamais passé par là ?
Pour ce premier tome, Le Monde Secret de Sombreterre reste mystérieux. Tout au plus sait-on certaines fonctions des personnages et des monstres qui parcourent notre monde. On sent que Victor y est lié, mais pourquoi ? L’autrice réussit à maintenir un semblant de normalité dans ce tome. L’ambiance y est mystérieuse sans être effrayante, malgré quelques scènes de suspense. Le crayon de Jérémie Fleury permet de mettre en images l’univers de Sombreterre. On retiendra particulièrement le mougough : « Un gros iguane poilu avec d’horribles dents de requins et une queue couverte de piquants« .

Un premier tome qui permet de découvrir un univers, qu’on ne verra pas. Des héros qui n’en sont pas et des créatures mystérieuses. Un programme réjouissant qui donne envie de lire la suite.

LE MONDE SECRET DE SOMBRETERRE
T1 : LE CLAN PERDU
AUTRICE : CASSANDRA O’DONNELL
ILLUSTRATEUR : JEREMIE FLEURY
EDITIONS : FLAMMARION JEUNESSE

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LE SIGNE

le signeAlex Morsen est excédé. Il entend sa voisine jouer du piano toute la journée. Une situation qui l’empêche d’écrire ses livres. Peu à peu, l’idée de se débarrasser de cette gêne se fait dans la tête de l’écrivain.

Apparemment banale, l’histoire du Signe devient de plus en plus inquiétante au fil du récit. Philippe Thirault sait mettre la pression petit à petit. On se demande si le personnage devient fou, avant de voir les répercussions de la malédiction, qui s’étale dans l’entourage d’Alex Morsen. Malheureusement, l’histoire s’embourbe dans des effets chocs et une explication peu crédible…
Côté graphisme, Manuel Garcia propose un trait simple, mais non dénué de détails. Le lecteur scrupuleux appréciera les changements minimes qui permettent de montrer l’émotion en un coup de crayon. Une ambiance qui devient oppressante avant de tourner au carnage total. Malgré les effets chocs, le dessinateur ne se complaît pas dans l’horreur et permet au lecteur de laisser son imagination travailler
Dans son catalogue comic-book Glénat n’a pas que des super-héros. La collection Flesh and Bones s’approprie les récits de genres et revient à la base de ces publications. Des ouvrages noirs et blancs, une couverture souple et un récit censé vous effrayer…

Si le récit ne tient pas toutes ses promesses, Le Signe reste un honnête ouvrage. Il permettra au lecteur d’essuyer quelques sueurs froides.

LE SIGNE
AUTEUR : PHILIPPE THIRAULT
DESSINATEUR : MANUEL GARCIA
COLLECTION : FLESH AND BONES
EDITIONS : GLENAT

LIMITLESS

limitless

 

Limitless est une série, suite d’un film, lui-même adapté d’un roman : Champs de Ténèbres, d’Alan Glynn.

« Lui c’est Eddie Spinola. C’était un modeste rédacteur-correcteur. Ce n’était pas un raté, mais il n’avait pas pris les bonnes décisions. Puis il en avait pris : la MDT 48. Cette pilule vient d’un laboratoire vaudrait 500 dollars. Eddie l’essaye et se voit métamorphosé. Ses capacités sont décuplées. De travailleur passable, il devient brillant et monte très vite les échelons de la société. Mais pour rester en haut, il faut continuer à prendre cette substance… Ceci est sa descente aux enfers. «

Thriller, mâtinée de science-fiction, Champs de Ténèbres est un honnête roman qui dénonce les méthodes de la haute-finance ainsi que du gouvernement des Etats-Unis. Si vous voulez lire ma chronique.

En 2011, un film est adapté du roman. Outre les noms qui changent, le héros passe de rédacteur à écrivain. Au fur et à mesure de son ascension, il essaye de réparer les morceaux de son ancienne vie. A l’inverse d’un film de ce type (un héros évolutif), Eddie Morra devient un anti-héros. On finit par le détester, car s’il tente de s’amender, il le fait pour de mauvaises raisons (avoir plus d’argent, consommer plus, être « libre »). Ce « héros » est interprété par Bradley Cooper. Sa transformation entre le perdant et « l’homme nouveau » est stupéfiante. Le personnage du mentor est interprété par Robert de Niro. Celui-ci cabotine avec son rôle d’analyste financier. Le film est sympathique avec une vision réaliste du milieu de la bourse. Pour les effets du médicament (qui devient le NZT-48), toutes les ficelles des effets spéciaux sont utilisés : Ordinateur, illusion d’optique, mouvements de caméra… On voit plusieurs Eddie pour montrer qu’il sait faire plusieurs choses en même temps, les lettres pleuvent littéralement sur les meubles quand il a de l’inspiration, etc. Bien que réaliste, le film se finissait sur un happy-end, pas du tout moraliste.

En 2015, la série Limitless est produite. Cette fois on suit un musicien raté (Brian Finch) qui au cours de l’épisode pilote, doit résoudre un meurtre et sauver son père par la même occasion. Il est poursuivi par le FBI, en la personne de Jennifer Carpenter (qui avait déjà endossé un rôle du genre dans Dexter). Tout se résout dans le meilleur des mondes sauf que… Brian devient la taupe d’Eddie Morra et le consultant du FBI (qui n’arrive pas à démêler une seule de leurs enquêtes).
Pour prolonger le film (et qu’il y ait 22 épisodes), On ne se contente plus du monde de la finance. Brian va explorer toutes les opportunités possibles. A la différence du film qui s’autorise quelques scènes d’humour dans un thriller, ici c’est plutôt le contraire. On a affaire à des enquêtes détendues avec quelques éléments de thriller (lorsque le marché avec Eddie Morra refait surface).

Si on devait se plaindre d’une chose, c’est le choix du héros. Pourquoi à chaque fois le cliché de l’artiste râté ? L’interprétation de Jake Dorman est par contre convaincante… Entre grand enfant et clown blanc…  . Lorsque Brian utilise la drogue, il est confronté à ses doubles alternatifs : le bad-guy, l’intello, le romantique… Qui discutent tous des différentes solutions au problème donné. Des doubles qui sont en fait les consciences de Brian. Les effets du NZT-48 sont visibles pendant qu’une voix-off commente les images.. Le thème musical est le même et Eddie Morra refait surface. Il est toujours interprété par Bradley Cooper. La série est sympathique mais la morale n’est pas sauf. Le héros est un pantin aux mains d’un homme politique et du FBI.

Pour la science-fiction, il y a deux choses. Il n’a jamais été prouvé qu’on utilisait 10% de notre cerveau, mais plutôt qu’on ne pouvait utiliser toutes ses capacités en même temps. Quant au médicament miracle, il n’existe pas sous cette forme. Il y aurait des traitements similaires, qui permettraient d’améliorer les performances cognitives. Lancer votre moteur de recherche avec « nootropique ». Les résultats sont « hallucinants ».

CHAMPS DE TENEBRES
AUTEUR : ALAN GLYNN
EDITIONS : POCKET

LIMITLESS
REALISATEUR : NEIL BURGER
ACTEURS : BRADLEY COOPER, ROBERT DE NIRO

LIMITLESS (LA SERIE)
ACTEURS : JAKE DORMAN, JENNIFER CARPENTER
PRODUCTEURS : BRADLEY COOPER, ALEX KURTZMAN

JODOROWSKY’S DUNE

Jodorowsky's Dune

Dune de Frank Herbert a marqué les esprits, ses adaptations filmiques, moins. Pourtant, l’une d’entre elles a révolutionné le monde du cinéma, voire le monde culturel. Une adaptation d’Alejandro Jodorowsky qui n’a jamais été tourné.

Jodorowsky’s Dune raconte comment a failli se monter l’adaptation du Dune de Frank Herbert, réalisé par Alejandro Jodorowsky et produit par Michel Seydoux. Un projet pharaonique construit en 1975. A première vue, on se dit que le film n’aurait jamais pu fonctionner, mais le spectateur ressort de ce documentaire en émettant un doute. Séduit par le charisme de Jodorowsky ainsi que par son équipe (ses guerriers comme il les appelle), on émet une possibilité de succès. C’est l’une des réussites du documentaire de Frank Pavich. Nous faire croire en l’irréalisable. Cette adaptation de Dune n’a jamais existé, mais en se focalisant sur les interviews de l’équipe, sur le matériel existant, il réussit à créer ce qui aurait pu être Dune.
La narration est linéaire. Elle met en parallèle les interviews de divers protagonistes qui ont participé à cette aventure. Ça aurait pu être verbeux, c’est au contraire passionnant. Ce qui nous accroche c’est ce personnage qu’est Alejandro Jodorowsky. Cet artiste avant-gardiste sait ce qu’il veut et réussit à faire basculer les destins.  Emporté dans sa propre narration, il passe de l’anglais à l’espagnol, tour à tour, colérique, joyeux,
A partir de cette pierre angulaire, le projet va pouvoir se monter. Il engage en premier le dessinateur Jean Giraud/Moebius. Les deux hommes construisent le story-board. Pendant que Jodorowsky raconte le film, Moebius le dessine. Le résultat c’est 3000 dessins. Nicolas Winding Refn, dans le documentaire, raconte avoir lu le story-board et pense être la seule personne à avoir vu le film. Ca donne une idée des détails. Plusieurs artistes vont être engagés par la suite: Mick Jagger, Dali, Orson Wells, H.R.Giger, le groupe Magma, Pink Floyd… La liste est longue. Bizarrement, plusieurs de ces rencontres se font sur un coup de hasard. Encore plus étrange, les engagements sont soumis à des clauses hors-normes (on vous laisse découvrir le film pour les apprécier). « Les guerriers spirituels » de Jodorowsky vont donner le meilleur d’eux-mêmes pendant toute la pré-production. Au point que leurs réalisations futures en seront marquées. Et si l’industrie du cinéma hollywoodien a refusé de distribuer le film, plusieurs concepts propres au Dune de Jodorowsky se retrouveront dans des futures productions.
Si les rencontres sont passionnantes, il faut les rendre vivantes. Frank Pavich prend les vignettes du story-board et les fait animer par Syd Garon. Devant nos yeux, les dessins de Moebius prennent vie et c’est un bout du film qui s’anime. Quant à la musique, elle est composée par Kurt Stenzel. ce musicien, dont c’est la première bande originale, utilise des instruments analogiques. Le résultat est une musique rétro, qui chemine entre beat électronique et musique planante; tout à fait dans le style des années 70. Pour ceux qui auraient la curiosité d’écouter la bande originale, sachez que plusieurs pistes ont le nom d’un protagoniste du film.

Pour l’anecdote : projeté en avant-première, en 2013, à Cannes, à la quinzaine des réalisateurs. Le fichier DCP (le format pour la salle de projection) est confisqué par la police, à la demande de la veuve de Moebius. Depuis, les différentes parties ont trouvé une entente, mais jusqu’au bout, Dune aura porté « la poisse ».

Si l’adaptation de Dune par Alejandro Jodorowsky n’a pas pu se faire, le documentaire de Frank Pavich raconte sa création, par ceux qui l’ont vécu. Le résultat n’est jamais nostalogique ou rancunier. Positif, vivant, souvent drôle, on suit des artistes hors-normes qui ont su continuer leur chemin, malgré l’arrêt de cette formidable aventure.

JODOROWSKY’S DUNE
REALISATEUR : FRANK PAVICH
DISTRIBUTION FRANCE : NOUR FILMS
SORTIE FRANCE : 16 MARS

LES ENFERMES

les enfermesIl y a vingt-cinq ans, un virus extrèmement complexe et contagieux est apparu. S’il plonge la plupart des malades dans un état grippal, un nombre infimes de victimes devient prisonnier de son corps, incapable de le contrôler et de communiquer. Aujourd’hui, ces « enfermés » disposent d’androÏdes, entres autres, pour évoluer comme un être normal, via une interface neuronale. Chris Shane en fait partie. Agent du FBI depuis peu, sa première enquête ne sera pas des plus simples. C’est un « enfermé » qui a commis le meurtre.

Avec Les Enfermés, John Scalzi change de registre. On lui connaissait sa série sur Le Vieil Homme et La Guerre, Redshirts, Impresario du Troisième Type ou Deus In Machina. A chaque fois, l’humour, voire la parodie étaient présents. Ici, c’est rarement le cas. A priori, on se trouve devant une enquête policière banale. Un duo d’agents du FBI, le vétéran ayant mauvais caractère, tandis que le nouveau découvre le métier. Des poursuites, une investigation… Un roman très commun et John Scalzi s’en amuse, car tout le sel de ce roman se trouve ailleurs.
On pourrait penser au film Clones, avec Bruce Willis, mais John Scalzi pousse la réflexion beaucoup plus loin.

Les Enfermés parlent d’handicap et de liberté. Les victimes du syndrome d’Haden (du nom d’une des victimes) sont privés de leurs corps. Ils ont alors plusieurs choix. Soit rester sur un lit et communiquer via une interface. Emprunter un corps d’androïde pour évoluer librement ou évoluer dans le corps d’un être humain (qu’on appelle alors un intégrateur). L’auteur explique de façon simple et détaillée les possibilités et les limites de ces choix, mais il pousse la logique de la maladie et des solutions jusqu’au bout. Comment gérer, ressentir son corps quand on ne le contrôle plus ? Comment choisir un corps ou un humain d’emprunt ? Peut-on dépasser les limites ? A l’opposé du robot, le cispé (la dénomination de l’androïde) n’a pas de capacité extraordinaire, il se rapproche d’un humain. D’où la dénomination Cispé (C6-PO : Starwars).  Quant à l’intégrateur, on peut choisir celui du sexe de son choix. Voilà un autre point intéressant. Chris Shane est le personnage principal mais jamais, on ne saura véritablement son sexe, ni se préférences. Si j’ai mon idée, elle se base sur un mince indice. Saurez-vous trouver de quel sexe est Chris Shane ?
L’auteur n’arrête pas sa réflexion sur ces points. Il montre aussi que ces handicapés peuvent être le jouet du milieu financier. Il fait d’ailleurs un parallèle avec la nation indienne.
L’autre surprise de ce roman, c’est la deuxième partie. Intitulée Libération : Une Histoire Orale du Syndrome d’Haden, le lecteur ne doit pas passer à côté. Il raconte, sous forme de dialogues, toute l’évolution de la maladie. Ca pourrait être pompeux, verbeux… Scientifique et médical, mais c’est simplement expliqué et logiquement démontré. A ne pas manquer !

Sous couvert d’un roman policier, John Scalzi écrit un roman sur les libertés, qu’elles soient physiques, morales ou sociales. On suit avec plaisir ce héros/héroïne, qui victime de sa condition, doit aller au-delà des perceptions pour arriver à ses fins.

LES ENFERMES
AUTEUR : JOHN SCALZI
TRADUCTEUR : MIKAEL CABON
COLLECTION : LA DENTELLE DU CYGNE
EDITIONS : L’ATALANTE

Le blog Le Culte d’Apophis fait une chronique détaillée des Enfermés. A lire pour un autre regard.

MARVEL’S AGENT CARTER

Agent-Carter

 

Alors qu’elle était une combattante au sein des conflits, Peggy Carter est releguée à des tâches administratives après la seconde guerre mondiale. Travaillant au SSR (Strategic Scientific Reserve), elle va devoir montrer qu’elle vaut autant voire mieux que ses collègues masculins.

Apparue dans Captain America : First Avenger, le personnage de Peggy Carter s’éloigne du cliché « petit copain du héros ». Elle n’hésite pas à dire ce qu’elle pense, à frapper, à dégainer… Bref à être en première ligne. Fort de cette aventure, Marvel a produit un spin-off intitué Agent Carter. Là-aussi, la réponse des spectateurs est positive. La série est lancée.
Il faut savoir que le personnage de Peggy Carter existe depuis 1966 (elle a donc 50 ans), qu’il a été créé par Stan Lee et Jack Kirby. Ce n’est pas un des personnages majeurs de l’univers Marvel, mais produire une série autour de ce personnage était intéressant pour plusieurs raisons :
-La période filmée se situe dans l’après-guerre. Les femmes sont reléguées à leurs rôles, alors qu’elles ont contribué à l’effort de guerre.
-Peggy Carter est un personnage qui n’a pas de pouvoir.
-Les armes et autres gadgets d’espions ont le look des années 40.
La première saison permet de mettre en place l’univers. On n’a pas de méchant avec des capacités extraordinaires, mais les hommes ont souvent tendance à sous-estimer les talents féminins. Si les histoires ne sont pas très fines, on se prend au jeu. Le personnage d’Hayley Hatwell en remontre à ses collègues par ses remarques ou ses poings. Elle est entourée de personnages charismatiques : Edwin Jarvis (le comique), Howard Stark (le séducteur) ou Jack Thompson (le macho). Suite au succès de cette première saison, une seconde est mise en place. Si l’ensemble ne change pas, on note des différences. L’adversaire est une femme avec des capacités extraordinaires, le ton est plus sombre et surtout, il y a un côté « horrifique ». C’est assez surprenant pour une série Marvel. Là aussi, on dénonce le machisme, le racisme, etc.

La série n’est pas sans défaut. La plupart des comédiens semblent sortis d’une agence de mannequin, Peggy Carter a un rouge à lèvres et une coiffure parfaites à toute occasion (rappelez-vous La Rose Pourpre du Caire)… Mais il serait dommage de bouder cette série. Les comédiens prennent plaisir à interpréter leurs personnages, le rythme de chaque épisode est tonique, une saison ne s’enlise pas, le SSR (ancêtre du SHIELD) et ses armes sont démodées, l’univers de l’après-guerre est très bien rendue… Vous êtes encore là au lieu de regarder Marvel’s Agent Carter ?

MARVEL’S AGENT CARTER
AUTEURS : CHRISTOPHER MARKUS-STEPHEN McFEELY D’APRES STAN LEE-KACK KIRBY
ACTRICE : HAYLEY HATWELL

LES OMBRES DE KEROHAN

les-ombres-de-kerohanViola et Sébastian sont envoyés en Bretagne après le décès de leur maman. Alors qu’ils auraient du y goûter le repos, ils trouvent un manoir vidé de ses domestiques, un oncle occupé par son travail, une famille minée par une santé fragile. Et quelle est cette présence qui semble plâner sur le manoir ? Pourquoi le docteur Vesper leur conseille de ne pas quitter la demeure ?

Si j’avais apprécié Le Miroir aux Sortilèges, ce nouveau récit de N.M.Zimmermann est autrement plus angoissant. L’histoire se déroule en Bretagne, dans un XIX siècle qui n’est pas déterminé (la date sera précisée à la fin). Les deux points forts de ce roman, c’est l’ambiance et le quotidien. Apparemment, il ne se passe rien, mais des détails font céder la normalité au fantastique. Que ce soit les dialogues, les ombres, les « rêves », rien ne contribuera à la tranquillité ! Quant à l’ambiance, dès les premières lignes, le lecteur sentira une oppression permanente. Dans ce lieu bizarre, seule Viola semble normale. A douze ans, elle doit être l’aînée, prendre les bonnes décisions et veiller sur son frère. Un cadet trop calme, aux yeux verts trop intenses, qui pense avoir vu l’Ankou et les korrigans ! Pour les adultes, l’enfant a rêvé, pour Viola, elle essaye de trouver une base logique à tous ces évènements.
On l’aura compris, N.M.Zimmermann joue avec nos nerfs et ce, dès les premières lignes. Un voyage entre Savenay (Loire-Atlantique) et le manoir de Kerohan (Hanvec-Finistère) qui semble durer des heures, un manoir vide et poussiéreux, des pièces fermées, des secrets, le folklore breton. Tout est là pour nous faire frissonner et se sentir mal à l’aise. L’autrice retranscrit très bien ces sentiments et malgré le peu d’action, l’histoire se lit facilement, sans ennui. On est même plongé dans l’histoire.
Sur son blog, l’autrice montre les racines du récit. Si elle écrit avoir voulu faire un hommage à Shirley Jackson, j’y ai vu aussi une parenté avec La Chute de la Maison Usher. Si la plupart des évènements trouveront leur solution, tout n’est pas dit et le livre se referme sur une atmosphère, certes, apaisée, mais où le fantastique est encore imprégné.

Pour l’anecdote, j’ai du subir les attentes interminables dans la gare de Savenay. Que ce soit en tant qu’interne, étudiant, voire vacancier, les correspondances n’étaient pas au mieux. A une époque où Internet débutait, où le téléphone portable n’était qu’un projet, se retrouver coincé dans cette gare était un purgatoire. Un café souvent fermé, une gare froide, ses bancs, son distributeur automatique. On peut comprendre l’ennui des jumeaux et de la gouvernante.

Les Ombres de Kerohan est un récit fantastique. Entre folklore breton, gothique, voire ambiance de la firme Hammer (ancienne production britannique ayant réalisé plusieurs classiques cinématographiques), le lecteur se laissera prendre dans cette ambiance froide et humide. A lire pour frissonner au coin du feu.

LES OMBRES DE KEROHAN
AUTRICE : N.M.ZIMMERMANN
COLLECTIONS : MEDIUM
EDITIONS : ECOLE DES LOISIRS