LE BON GROS GEANT

Ce document a été créé et certifié chez IGS-CP, Charente (16)

Une nuit à l’orphelinat, alors qu’elle lit un livre, Sophie aperçoit une ombre dehors. Une immense main, des grands pieds, une tête qui la dépasse… C’est un géant. Malheureusement, il l’a vu et il la kidnappe. Emmenée au pays des géants, elle se rend compte que son ravisseur n’est pas ordinaire. Il souffle des rêves dans la tête des enfants et il est végétarien…

Comment ne pas tomber sous le charme des textes de Roald Dahl ? L’auteur britannique s’est fait connaître avec Charlie et la Chocolaterie, James et la Pêche Géante et bien d’autres… Il met toujours en scène des enfants qui arrivent à démener des situations difficiles et toujours avec humour. Pour Le Bon Gros Géant, la situation est double. D’un côté Sophie veut rentrer dans on pays, de l’autre, le Bon Gros Géant doit arrêter les exactions de ses congénères (d’autres géants méchants et plus forts). Pour améliorer une situation quelque peu dramatique, l’auteur a quelques idées loufoques : le Bon Gros Géant s’embrouille dans son vocabulaire, la frétibulle est une boisson qui provoque des flatulences, les rêves sont soufflés par une trompette… L’ensemble égratigne la gentillesse, la grammaire et le politiquement correct, mais il reste l’indispensable : Ça fonctionne ! On suit avec plaisir les aventures de ces deux héros, on essaie de traduire les phrases du géant, pour le plus grand bonheur du lecteur ! Quant à la petite « leçon de morale », Roald Dahl l’assène de la meilleure des façons, je vous laisse la surprise. En résumé, il dit qu’un cancre peut réussir.
Ce court roman fonctionne sur différents registres. Les contes, le monde moderne, l’amitié entre deux personnes différentes. Avec son humour et son insolence, l’auteur fait passer plusieurs images qui pourraient ne pas être correctes, mais tout le monde n’est pas Roald Dahl. Les jeunes lecteurs (et les moins jeunes) vont adorer ce texte qui joue si bien avec le vocabulaire. A ce propos, on pourra signaler le travail formidable du traducteur, Jean-François Ménard. Son texte est limpide, drôle et les idées nombreuses.
On ne peut refermer un roman de Roald Dahl sans parler de Quentin Blake. L’illustrateur sait montrer tout son talent dans les textes des grands auteurs britanniques. Son trait est sûr, va à l’essentiel et pourtant, invite à l’imagination. Là encore, c’est un régal d’associer texte et images.

Récemment adapté à l’écran par Steven Spielberg, Le Bon Gros Géant reste un grand classique de la littérature enfantine. C’est insolent et humoristique et pourtant, on n’oublie pas les valeurs telles que l’amitié. Trente ans après sa publication, Le Bon Gros Géant n’a rien perdu de sa richesse.

LE BON GROS GEANT
AUTEUR : ROALD DAHL
ILLUSTRATEUR : QUENTIN BLAKE
TRADUCTEUR : JEAN-FRANCOIS MENARD
COLLECTION : GRAND FORMAT LITTERATURE
EDITEUR : GALLIMARD JEUNESSE

LE MONDE SECRET DE SOMBRETERRE T1 : LE CLAN PERDU

SombreterreVictor croyait être le seul garçon bizarre de sa classe. Il voit des choses que personne ne voit. Alors quand une nouvelle élève arrive et commence à lui expliquer « ses bizarreries », il en est tout chamboulé. Qui est Alina et d’où vient-elle ?

Voilà un roman jeunesse qui se distingue de la production. Si le fond de l’histoire est assez classique, Cassandra O’Donnell donne une forme réjouissante au récit. Si Alina semble connaître beaucoup de choses sur les phénomènes qui entourent Victor, elle ne connaît pas notre monde et sa naïveté/franchise peut créer quelques problèmes. Elle n’hésite pas à aller au-devant de l’action, tout en restant une jeune adolescente. Un comportement paradoxal qui l’étonne elle-même. Victor a un comportement plus classique, mais il a un vécu avant le déroulement de l’histoire. La venur d’Alina va lui permettre de se sentir plus « normal ». Les personnages ne se comportent pas en héros, l’humour est souvent présent et si Lucas est « le clown » de la bande, on sent qu’il a un rôle à jouer… Plus important que celui de l’auguste. On aurait pu se passer des moqueries sur les adultes du collège, mais du professeur, au directeur tyrannique en passant par l’infirmière et ses remèdes « miracles », qui n’est jamais passé par là ?
Pour ce premier tome, Le Monde Secret de Sombreterre reste mystérieux. Tout au plus sait-on certaines fonctions des personnages et des monstres qui parcourent notre monde. On sent que Victor y est lié, mais pourquoi ? L’autrice réussit à maintenir un semblant de normalité dans ce tome. L’ambiance y est mystérieuse sans être effrayante, malgré quelques scènes de suspense. Le crayon de Jérémie Fleury permet de mettre en images l’univers de Sombreterre. On retiendra particulièrement le mougough : « Un gros iguane poilu avec d’horribles dents de requins et une queue couverte de piquants« .

Un premier tome qui permet de découvrir un univers, qu’on ne verra pas. Des héros qui n’en sont pas et des créatures mystérieuses. Un programme réjouissant qui donne envie de lire la suite.

LE MONDE SECRET DE SOMBRETERRE
T1 : LE CLAN PERDU
AUTRICE : CASSANDRA O’DONNELL
ILLUSTRATEUR : JEREMIE FLEURY
EDITIONS : FLAMMARION JEUNESSE

MEMOIRES, PAR LADY TRENT T1 : UNE HISTOIRE NATURELLE DES DRAGONS

histoire naturelle dragonsIsabelle Trent fut une jeune fille, qui tomba sous la fascination des dragons, au point de vouloir les étudier. Malheureusement, ni son rang, ni son sexe ne lui permettait celà. Après bien des années d’efforts, elle put étudier sa passion, en épousant un homme qui s’y intéressait, mais ne ce fut pas assez. Il fallait participer à une expédition en Vystranie, pour observer les dragons en milieu naturel.

Une Histoire Naturelle des Dragons est le premier tome des mémoires de Lady Trent. Ce personnage (imaginaire) est une naturaliste aussi douée pour écrire que pour décrire les moeurs des dragons. Devenue âgée, elle raconte ce qui a permis qu’elle devienne une référence dans ce domaine. Si ce premier volume se concentre sur une dizaine d’années, si on suit une expédition haute-en-couleurs, si Isabelle Trent est une jeune femme rebelle, c’est le mélange des genres qui est intéressant. Marie Brennan n’en est pas à son premier roman et son expérience sert Une Histoire Naturelle des Dragons.
Ce livre pourrait être les mémoires d’une vieille femme, mais aussi le journal de bord d’une expédition, la critique d’une époque et de la façon de s’entendre avec les autochtones, l’étude des dragons, etc. Aucune de ces descriptions n’englobe tout à fait le livre. Le récit les englobe tous et la narration ne s’encombre pas d’un style particulier (en soi, c’est dommage de ne pas avoir le langage victorien). Malgré son aspect scientifique/biographique, on suit avec passion et amusement les aventures d’Isabelle Trent. La jeune femme n’a que faire des conventions et par maladresse autant que par entêtement, elle réussit à imposer son bon vouloir. Il est d’autant plus intéressant de lire ces aventures, que la narratrice, alors âgée, n’hésite pas à se critiquer, voire à critiquer ses précédents ouvrages ! Elle décrit avec humour comment elle se comportait avec les autochtones, son manque de vocabulaire, ses maladresses. On peut y voir une critique de la société victorienne, autant que la façon de se comporter en expédition (ah, ces moeurs colonialistes).
A la différence de la série Téméraire, on voit peu de dragons, mais leur présence est tangible. Tout autant redouté qu’étudié, ces animaux extraordinaires ne sont que le fond d’un vaste monde imaginaire. La description de cet univers est très bien rendue par l’autrice. Sans trop s’attarder, on aperçoit divers mœurs, religions et civilisations.
Si la lecture est aussi aisée, on le doit à une traduction de talent. Quand on commence à s’engouffrer dans les littératures, certains traducteurs deviennent des références. C’est le cas pour Sylvie Denis (un des grands noms de la littérature). J’avais apprécié son travail sur l’oeuvre de Gail Garriger (encore un XIXème siècle fantaisiste) et son nom (autant que les dragons) ont attiré mon attention sur le livre. Elle s’est emparée des écrits de Marie Brennan pour en faire une traduction brillante  et addictive !

Ce premier tome est aussi bien une étude (passionnante), qu’une aventure (rocambolesque) sans oublier une critique. Marie Brennan réussit un mélange des genres où le sérieux se mélange au léger avec naturel.

MEMOIRES PAR LADY TRENT T1 : UNE HISTOIRE NATURELLE DES DRAGONS
AUTRICE : MARIE BRENNAN
TRADUCTRICE : SYLVIE DENIS
COLLECTION : LA DENTELLE DU CYGNE
EDITIONS : L’ATALANTE

Un autre chronique est disponible sur le site Le Culte d’Apophis

LES YEUX DU DRAGON

les-yeux-du-dragonAu royaume de Delain, tout se passait pour le mieux. Le roi Roland avait deux fils et son aîné (Peter) devait un jour lui succéder. Dans l’ombre, un homme veillera à ce que le royaume de Delain soit malheureux. Cet homme est le conseiller du roi : Flagg

Edité en 1987 et créé pour la fille de Stephen King, Les Yeux du Dragon est un récit à part dans l’univers du King. L’auteur, si habile à nous faire frissonner, serait-il devenu papa gâteau avec sa fille ? Certainement pas. Les 400 pages de ce récit contiennent leurs nombres de frissons, de monstruosités et pourtant, on peut le raconter aux bambins. Les personnages sont travaillés, l’univers est cohérent et la morale est sauve. Cette histoire montre l’importance de la famille à travers la tragique histoire de deux frères. Au fil du récit, on découvrira toute l’histoire du royaume, les raisons d’exister de certains objets et surtout, cette volonté qu’à l’homme de vouloir survivre. Tout à la fois, conte, récit policier et d’évasion, Les Yeux du Dragon a sont lot de surprises et de révélations. Stephen King n’hésite pas à nous aiguiller sur celles-ci, mais il révèle le tout à la fin, pour la plus grand joie des lecteurs.
Raconté par la voix omnisciente d’un narrateur, on aura des digressions, des mises en garde, des rappels, pour que notre attention reste intacte. Quant aux lecteurs qui seraient plus grands, les courts chapitres permettent une lecture aisée.
Si l’univers est à part, on retrouve un personnage dans Les Yeux du Dragon : Flagg. C’est le même personnage qu’on aperçoit dans Le Fleau et La Tour Sombre. Malgré les époques, il est toujours présent, tel le mal absolu, qui renaît à chaque fois. Un personnage des plus séduisants, mais qui est dangereux pour les hommes.
Cette nouvelle édition permet de (re)découvrir le livre en grand format, avec une maquette soignée. la deuxième de couverture est amovible pour ouvrir les yeux du-dit dragon. On ne vous dira pas pourquoi…

Quand Stephen King s’attaque aux contes, on est loin des contes pour enfants. Avec une narration limpide, un récit haut en couleurs, le maître du frisson fait naître chez les plus jeunes lecteurs une exaltation pour ce royaume de Delain et l’aventure de ces deux princes. A lire encore et encore.

LES YEUX DU DRAGON
AUTEUR : STEPHEN KING
EDITIONS : FLAMMARION

BILAN 2015 : SFFF

sélectionL’année 2015 s’achève. Les premières parutions de 2016 pointent leurs nez. Il est donc l’heure de faire un point sur ce que vous avez apprécié.

Avec plus de 11000 vues et 7000 visiteurs, l’année 2015 a été plus prolifique que 2014 (année de création de ce blog). Je vous remercie de vos visites, des partages, des commentaires. Voici les chroniques les plus appréciées (dans l’ordre décroissant)

Atlas de la France Mystérieuse. Cette anthologie de récits concernant notre pays rafle le prix de la chronique la plus lue. Pourtant, j’avais égratigné les écrits de Fabrice Colin.

Ascenseur pour le Futur est un récit jeunesse. Depuis quelques mois, je le vois régulièrement dans le « top » lecture. Un évènement qui peut s’expliquer par sa sélection aux prix Passerelles et Incorruptibles.

Faire des Sciences avec Star Wars. J’avoue que cette chronique était là pour faire de la visite. Apparemment ça a fonctionné. Ca n’empêche pas de dire que le livre est bon.

La Guerre des Mus T1 est une histoire qui oppose deux communautés : Les rongeurs et les chats. Au milieu, une petite souris, apparemment celle d’une prophétie. Un récit animalier sympathique.

In Cloud We Trust : Frédéric Delmeulle revient au roman avec cette « histoire à voyager dans le temps » déroutante.

Mausolée : Avec Point Zéro, Antoine Tracqui montrait qu’on pouvait mélanger allègrement science-fiction et thriller. Mausolée en est la digne suite. Accrochez-vous aux fauteuils, ça décoiffe !

Virus 57 : Une course contre la montre entre deux jeunes « infectés » et le gouvernement qui les recherches. Haletant de bout en bout !

Nanarland T1 : Ma friandise de ce bilan. Films sympathiques mais fauchés, erreurs de castings, doublage approximatif, rien ne vous sera épargné. Surtout pas les fous-rires !

L’Implacable t1 : Les amoureux des films des années 80 ont du aimer Remo Williams, mais ce dernier titre est un livre. Découvrir l’œuvre originale permet de savourer le film différemment.

La Ligne Verte T2 : Deuxième tome du feuilleton de Stephen King. Tous les éléments se mettent en place pour que l’intrigue démarre. Quand un auteur met son talent sur un feuilleton littéraire. A lire pour ceux qui connaissent mal Stephen King.

LA SELECTION 2015 : SFFF

sélectionLa fin de l’année approche, on s’énerve sur les cadeaux à offrir. Je vous propose donc ma sélection. Des livres que j’ai particulièrement apprécié cette année. Aujourd’hui, il sera question du genre imaginaire (science-fiction, fantastique, fantasy). Douze livres comme les douze mois de l’année.

  • Faire de la science avec Star Wars : Le nouvel épisode sort bientôt. Roland Lehoucq décrypte l’avancée scientifique de la saga en se posant la question : « Est-ce possible ? ». Les réponses sont surprenantes et l’auteur ne manque pas d’humour.
  • Winnie l’ourson : Qu’on soit accro aux histoires racontées par Jean Rochefort ou au dessin animé de Walt Disney, il est toujours bon de connaître l’œuvre source. Ici, c’est une compilation d’histoire prévue pour les jeunes. A lire, emmitouflé sous les couvertures.
  • Nanarland : A côté de la production cinématographique à gros budget, il en existe une moins connue. Certains sont des succès en leur pays, d’autres sont cachés au fond du grenier. Toute une face du cinéma est chroniquée. Si l’humour est présent, on sent aussi l’amour du genre. A ne pas réserver aux amateurs du genre, mais à tout esprit curieux.
  • C’est pas toujours facile d’être une créature fantastique : On les connaît tous pour les avoir lu ou vu à la télévision. Sirène, licorne, loup-garou sont des créatures fantastiques, mais sous la plume affutée de Sybilline et le crayon coloré de Marie-Voyelle, on découvre une autre facette de ces êtres. Une collection pour humaniser (sans cliché) et découvrir en douceur le bestiaire fantastique.
  • Lasser, détective des dieux T4 : Un nouvel épisode de notre détective préféré ça se déguste tout seul. Cette fois-ci, il se fait « voler » le rôle principal par Fazimel. Les aventures crées par Sylvie Miller et Philippe Ward son toujours aussi désopilantes. Cerise sur le gâteau, on peut, sans problème commencer par ce tome (ou un autre).
  • Ava T5 : Ca y est, c’est la fin de l’aventure pour Ava. Celle qui voit les fantômes tout en essayant de mener une vie d’adolescente normale doit prendre de grandes décisions. La saga fantastique de Maïté Bernard se passe dans les îles anglo-normandes. Une narration trépidante, un brin de frisson et « l’insolence » de l’adolescence.
  • La france steampunk : Depuis quelques années, on entend (re)parler du steampunk. Des passionnés créent les costumes, imaginent des intrigues, etc. Deux auteurs, (créateur du Guide Steampunk) vont inventer une uchronie avec l’aide de la communauté vaporiste française. Le résultat est un livre-objet magnifique où intrigue et photos se répondent.
  • Les outrepasseurs T3 : Et si les fées et autres créatures magiques existaient ? Si, au lieu des jolis récits, leurs histoires étaient tragiques ? Voilà une trilogie dramatique qui s’intéresse à la face cachée des contes. Surprenant et sombre !
  • L’instinct du troll : .Un troll, contremaître de son état, vit plusieurs aventures dans un monde de fantasy. Jean-Claude Dunyach mélange deux mondes, à-priori opposés : Le monde de l’entreprise et celui de la fantasy. Le résultat est hilarant.
  • Brainless : Pour sa nouvelle collection (Electrogène), les éditions Gulf Stream ont fait appel à Jérôme Noirez. Celui-ci livre un petit bijou d’insolence où il décrit notre monde. Le pitch ? Les adolescents sont victimes d’une maladie et deviennent des zombies. On n’en dit pas plus mais cette critique de notre société devrait trouver sa place dans chaque bibliothèque d’adolescents (et plus).
  • Le bâtard de Kosigan T2 : Pensez-vous que la fantasy est réservée aux auteurs anglo-saxons ? Que le scénario est toujours aussi pauvre ? Avec Le Bâtard de Kosigan (et cette suite), Fabien Cerutti nous prouve le contraire. Son intrigue se passe dans notre France de de 1340. Vous réviez de chevaliers, de fées et de magie ? Découvrez la barbarie, les complots politiques et en arrière-plan, la magie.
  • Mausolée : Une équipe spécialisée dans les missions à haut-risque, un patron qui cache bien des secrets, une technologie qui se rapproche de la science-fiction… Tout celà pourrait être uniquement imaginaire, mais Antoine Tracqui montre l’inimaginable : Une partie de son récit est véridique. A travers l’excellente fiction qu’est Mausolée, oserez-vous croire les faits ?

 

WINNIE L’OURSON, HISTOIRES D’UN OURS-COMME-CA

Ce document a été créé et certifié chez IGS-CP, Charente (16)Winnie l’ourson vit dans un bois, entouré de ses amis : Kangou et son petit, Rou,Hibou,  Lapin, Porcinet et Christophe Robin. Tous ensemble, ils vivent des aventures fantastiques comme une chasse à l’éfalant ou une expotition en Gaule !

On connaît surtout Winnie L’Ourson par les adaptations des studios Disney. On pense au long-métrage d’animation de 1977 ou la série racontée par Jean Rochefort dans l’émission Disney Channel. En fait, notre ourson préféré est bien plus vieux. Le premier roman date de 1926 (mais publié en France en 1967). C’est cette dernière version qui est chroniquée ici.
Après une brève introduction où le narrateur (l’auteur) est entouré des personnages, on nous présente en quelques lignes Winnie qui s’appelle en fait Martin. Comme il préférait un autre nom, il a décidé de s’appeler Winnie (diminutif de Winniepeg, prénom féminin) et de rajouter ourson (pour le côté masculin). Toutes les histoires sont racontées par le narrateur et Christophe, l’enfant d’homme, semble être le sauveur/la morale de chaque récit. Car tous les personnages ont des défauts : Porcinet est peureux, Hi-han est misanthrope, Winnie l’ourson est gourmand (et simplet ?), etc. Même si aucun des animaux n’est parfait, ils n’hésitent pas à aider leurs prochains.
A la différence d’un récit anthropomorphique classique ou d’un conte de fées, Alan Milne n’hésite à glisser les erreurs de l’enfance : fautes d’orthographes, compréhension approximative des mots… On rit beaucoup aux aventures de nos héros que l’on soit lecteur autonome ou spectateur auditif. Les situations imaginées sont farfelues (être coincé dans un trou à cause de sa gourmandise), la narration ne laisse aucun temps mort, les chapitres sont courts. On peut saluer un texte dont la fraîcheur est intacte malgré son âge (89 ans pour la version originale/68 ans pour la version française).
Une version française qui n’a pas bougé depuis 1947. La traduction revient à Jacques Papy. Ce dernier a traduit L’Île au Trésor, Alice au Pays des Merveilles ou l’un des principaux traducteurs de Howard Phillips Lovecraft. Oui, la langue française a changé, mais ce côté « vieillot »/patrimonial n’est pas pour déplaire.

C’est une véritable pépite (ou une bouchée mielleuse) que de lire cette version dans la collection Bibliothèque Gallimard Jeunesse. On reprochera toutefois de ne pas avoir traduit les illustrations originales. Les jeunes lecteurs pourraient se poser des questions.

WINNIE L’OURSON, HISTOIRES D’UN OURS COMME CA
AUTEUR : ALAN ALEXANDER MILNE
ILLUSTRATEUR : ERNEST H. SHEPARD
COLLECTION : BIBLIOTHEQUE GALLIMARD JEUNESSE
EDITIONS : GALLIMARD JEUNESSE

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