NOUVELLE-SPARTE

Ce document a été créé et certifié chez IGS-CP, Charente (16)A 16 ans, Valère; jeune homme de la Nouvelle-Sparte va devoir affronter le rituel de la Kryptie. Pour lui et ses amis, c’est un moment important de sa vie. Malheureusement, les dieux en ont décidé autrement. Des attentats surviennent dans la cité. Qui en sont les auteurs ? Officiellement envoyé en Occidie pour exil-volontaire, Valère doit enquêter pour sauver sa cité…

Cette année serait-elle celle d’Erik L’Homme ? La trilogie Terre-Dragon parait en poche ainsi qu’une nouvelle édition du Livre des Etoiles. Côté nouveauté, son talent de conteur est associé au pinceau de Lorraine Bihorel dans l’album La Patience du Héron. Quant à Nouvelle-Sparte, C’est un autre univers.

Erik L’homme érige un univers qui s’appuie sur les règles des spartiates : une vie en communauté, des règles simples de vies, des cycles qui permettent de partager l’âge enfant/adultes. Pour mieux accompagner/perdre le lecteur, le langage utilisé ici est un mélange de néologismes (les amateurs de 1984 et Orange Mécanique apprécieront), de noms grecs. Si les premières phrases surprennent, le lecteur n’aura aucun mal à décrypter le sens des mots. Au-delà du conte, Nouvelle-Sparte montre un univers semblable au nôtre. On reconnaît les occidentaux, les orientaux, les nomades, ceux qui prêchent plusieurs dieux contrairement à ceux qui sont monothéistes. Sous la plume d’Erik L’Homme, il n’y a qu’une accusation, celle des préjugés, des clichés qui n’amènent rien de bon. Valère, élevé comme un nouveau spartiate en fera les frais lors de son voyage en Occidie. Les lecteurs remarqueront un parallèle entre un héros de la mythologie grecque et les aventures du personnage principal.
Loin des héros omnipotents, Valère à des faiblesses, il commet des erreurs. C’est ce qui le rend humain. Si les personnages féminins ne sont pas au centre de l’intrigue, elles ont un rôle important à jouer dans la narration. A ce propos, on peut souligner que les femmes de la Nouvelle-Sparte sont élevées comme les hommes ! A côté de personnages qui ont des liens d’amitié solides, Erik L’Homme bâtit des personnages qui doutent, qui remettent en cause la jeunesse pour ne voir que le bien commun.
L’histoire est simple, mais l’auteur glisse plusieurs réflexions (politique, philosophie, religion) qui demandera au lecteur attentif une interrogation sur sa vie. Si tout n’est pas parfait (le dénouement de l’intrigue peut être vu comme prévisible), on a plaisir à lire ce livre. On s’étonnera à relire L’Odyssée, visionner sa vieille cassette d’Ulysse 31, à relire 300 et à s’interroger sur notre monde égoïste.

L’auteur nous avait habitué à de la fantasy, Nouvelle-Sparte est de la science-fiction, le lectorat était celui de la jeunesse, nous voici devant des thèmes plus adultes… Que de nouveauté pour ce titre. Tout en mélangeant les mythes de L’illiade et l’Odyssée, il dénonce les méfaits de notre société (pouvoir corrompu, consumérisme) et montre les bienfaits des rencontres. Une nouvelle ère (révolutionnaire) pour l’auteur ? Le futur le dira, mais ce livre est à découvrir.

NOUVELLE-SPARTE
AUTEUR : ERIK L’HOMME
EDITIONS : GALLIMARD JEUNESSE

A écouter :  Rencontre avec Erik L’Homme
                      2eme rencontre avec Erik L’Homme

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JACQUES FERRANDEZ A RENNES

rennes-ferrandez

La semaine dernière, la librairie Le Failler invitait l’auteur Jacques Ferrandez à parler de son dernier ouvrage : Le Premier Homme. Arnaud Wassmer animait la rencontre qui se déroulait à l’espace Ouest-France. L’auteur a répondu aux questions pointus d’Arnaud Wassmer. Cette présentation fut agréable et permit d’en savoir plus sur les liens Ferrandez-Camus. Voici quelques morceaux choisis :

Si on connaît Jacques Ferrandez pour la série : « Carnets d’Orients« , il a souvent essayé d’adapté Albert Camus. Malheureusement, les ayants-droits et l’éditeur historique se montraient réticents. En 2oo8, la rencontre avec la fille d’Albert Camus permet d’adapter celui-ci en bande dessinée. La première adaptation fut L’Hôte, une nouvelle peu connue, mais que Camus adorait. Après le succès de cette adaptation, Jacques Ferrandez s’est attaqué à L’Etranger, puis au Premier Homme. Pour ce dernier, Après plusieurs refus de Nathalie Camus, cette dernière céda.

Le Premier Homme est le premier jet d’un roman posthume (l’auteur est décédé en 1960 et le livre fut publié en 1994, aux éditions Gallimard). La principale difficulté fut l’adaptation. Comme le dit Jacques Ferrandez : »Adapter, c’est supprimer certains passages du livre, c’est faire attention aux noms, puisque le langage à évolué « . Quant à son personnage principal, il ressemble à Gérard Philippe, car dans les années 50, Gérard Philippe incarnait l’Homme.
Pour mieux nous faire entrer dans le livre, l’auteur a déconstruit l’histoire. Il y a un jeu temporel/littéraire entre les périodes d’enfance et d’adulte.

Le principal lieu de l’intrigue se passe à Alger. Si l’histoire oscille entre les années 20 et 50, on peut encore aujourd’hui faire le parcours des personnages. Alger n’a pas beauocup changé.

Pour l’anecdote, un spectateur a souligné le parallèle entre l’accident de voiture survenu dans Le Cimetière des Princesses (Tome 5 de Carnets d’Orients) et l’accident d’Albert Camus mort suite à un accident de voiture. Jacques Ferrandez a apprécié cette anecdote, car il n’avait jamais fait le rapprochement…

ECHANGES AVEC DAVID KHARA

Depuis le mois de décembre, il y a un évènement particulier aux Champs-Libres. Une fois par mois, un groupe vient au quatrième étage, s’installe et attend l’arrivée du « maître ». Il est question de David Khara. Un thème différent y est développé à chaque fois : le handicap, les genres en littérature, etc. Si l’écrivain annonce le thème mensuel et commence à parler, les personnes présentes sont invitées à réagir. Ce rendez-vous n’est pas là pour parler que de littérature. On y cite tous les médias.

Pour ce dernier rendez-vous de la saison, le thème était : La place des femmes dans la littérature. Un vaste sujet qu’il était difficile de combler en 60 minutes. David Khara a lancé quelques pistes :

-Pour un écrivain masculin, il est très difficile d’écrire un personnage féminin. Trouver les intentions d’un personnage est complexe, il peut être mal compris, etc. Un auteur masculin aura plus de mal avec certains genres. Une autrice, au contraire, pourra s’immiscer dans la plupart des genres sans complexe.

-Les premières traces d’une autrice ne remontent qu’au 16eme siècle. Avant, on infantilisera la femme et ses capacités intellectuelles. Si on reconnaît post-mortem la plume de certaines autrices, il n’en était rien de leur vivant. Jane Austen avait en couverture de son livre : Ecrite par une dame. Le même problème est apparu pour les sœurs Bronte. Il ne faut pas oublier qu’à ces époques, les femmes qui écrivent bénéficient d’un certain statut. Le lectorat est réduit. Il faudra attendre le XIXeme siècle pour que le lectorat s’agrandisse avec Agatha Christie. L’ouverture se fera petit à petit, mais ce n’est que dans les années 80 qu’une femme est admise à l’académie française. Le fait d’être une femme influence le lectorat. Le roman policier sous pseudonyme de J.K Rowling a été acclamé par la critique, mais ce n’est que lorsque la supercherie fut découverte que les ventes ont décollé. Quant à E.L James, si c’était un homme, la série des Cinquantes Nuances n’auraient pas eu de succès.

-Dans les long-métrages des productions Disney, la femme n’est pas mise en valeur. Peu de personnages féminins apportent quelque chose. La plupart du temps, les dialogues sont : 10 % valorisent les compétences et le reste… La beauté.

Cette intéressante discussion s’est clôturée par une réflexion sur la prochaine saison. Si tout le monde veut que ça continue… Il faut savoir sous quelle forme. Pour l’instant, on reste dans le format d’une heure de débat le midi. Nous avons déjà trouvé le thème : Qu’est-ce que la science-fiction ? Et si certains d’entre vous veulent apporter une bibliographie, vous êtes les bienvenus. Surveiller la page de David Khara !

DIABOLIC

Némésis est une diabolic. Une créature concue génétiquement pour traquer et tuer n’importe qu’elle créature. Programmée pour aimer et protéger sa maîtresse Sidonia Empyrée, Némésis va devoir remplir une mission particulièrement complexe. Elle sera envoyée à la cour impériale, en se faisant passer pour sa maîtresse. Elle y rencontrera la traitrise, la politique, mais aussi l’amitié et l’amour.

Diabolic est le premier roman de S.J.Kincaid traduit en français. Sous un vernis de science-fiction, il montre toute la folie des hommes pour accéder au pouvoir. On pourrait y voir une version différente de la grande période de Rome. Orgies, jeux du cirque, manipulations politiques… L’autrice ne nous épargne rien. Le lecteur se demandera vers qui Némésis doit donner sa confiance, vu que tout le monde peut la trahir. L’échange entre Sidonia et Némésis fait penser au roman de Mark Twain : Le Prince et Le Pauvre.

Le narrateur est le personnage principal, Némésis. Si elle est censée être une créature sans âme, uniquement conçue pour tuer, on suit toute son évolution au fil des pages. A la différence de nombreux autres livres pour adolescents, elle ne s’apitoie pas trop sur son sort et le récit se lit sans temps mort. L’aspect psychologique des personnages est bien rendu. On sent la fole des personnages, les traitrises qui se mettent en place et rien n’est jamais gratuit. On regrettera cependant que la folie simulée de Tyrus soit trop vite envolée. Certaines situations sont des clichés éculés, mais l’aspect général est de bonne tenue.

Le roman abordera plusieurs sujets : Qu’est ce qui nous rend humains, la manipulation génétique, la politique, asns oublier les sentiments qui nous permettent de nous dépasser.

Ce roman est une bonne surprise. L’originalité tient autant de l’univers que du personnage principal. Les situations sont aussi réalistes que possible et le récit ne subit aucun temps mort.

DIABOLIC : PROTEGER OU MOURIR

AUTRICE : S.J. KINCAID

TRADUCTEUR : ERIC MOREAU

EDITIONS : BAYARD

REMISE DES PRIX : « A VOS PLUMES »

C’est hier que c’est déroulé la remise des prix de la seconde édition du concours de nouvelles de Saint-Calais « A vos plumes ». Lancé  en 2015, ce concours fut mis sur pied par l’Association Pour l’Animation Culturelle (présidée par Georges Beilvaire) et organisé par le service culturel de la ville de Saint-Calais. Les deux entités n’ont pas chômé pour que les deux éditions se déroulent dans les meilleures conditions. La preuve en est avec la participation 2016-2017. Ce sont près de 180 participants venant de la France entière qui ont tâté du clavier, dont 57 adolescents.
Le concours, gratuit et anonyme, n’a que peu de règles. Ça doit être une nouvelle fictive, dactylographiée, faisant moins de cinq pages. Le récit ne doit jamais avoir été publié. L’autrice/auteur doit commencer par une accroche définie par les organisateurs. Cette année, c’était celle-ci : « Encore un pas, puis un autre, j’ouvre les yeux et là je découvre… ». Pour la remise des prix, la ville de Saint-Calais a édité un recueil incluant les récits des lauréats.
Les habituels lecteurs de ce blog peuvent se demander pourquoi parler de ce concours. Si tous les textes des lauréats retiennent l’attention, il s’avère que trois des histoires sont du genre imaginaire.

« L’infernal végétal » d’Alain Bérard raconte la découverte d’une plante par un écrivain en mal d’inspiration. Une histoire sombre et effrayante où le mythe végétal est parfaitement traduit.

« Angustia » de Bruno Lafont est un récit où l’auteur met sa connaissance de la grammaire au profit de l’histoire. je ne pourrai vous en dire plus sans déflorer tout le sel de l’intrigue. Un thème étrange, baignant sans le fantastique, avec une belle maîtrise de l’histoire.

« Chambre soixante-sept » se passe dans un hôpital. On y suit les journées d’un personnel médical. Il s’attache au patient de la chambre soixante-sept… Là aussi, il est impossible de continuer sans dévoiler l’intrigue. Le registre oscille entre le fantastique (qu’est-ce que le réel) et la romance. Son autrice, Océane Astic, est une adolescente et sa plume est pleine de promesse.

Félicitations à tous pour cette belle édition. On ne doute pas qu’un troisième édition se mette en place.

MIR : VILLES DE L’IMAGINAIRE

mir-fevrier.jpgTous les mois, la librairie Critic propose les MIR (les Mercredis de l’Imaginaire). Pour février, elle s’associe au festival Travelling, dont elle décline en romans et en comics (avec la participation d’Armel), le sujet principal : La ville. Cette soirée placée sur le thème urbain fut riche et varié. Xavier et Simon, le duo dynamique des MIR, a su nous faire profiter de leurs compétences, mais il a permis aux lecteurs d’exprimer leurs points de vues. Quels romans avons-nous aimé, quelles villes ont été mises en valeurs ? C’est ainsi que Les Annales du Disque-Monde de Terry Pratchett, Les Salauds Gentilhommes de Scott Lynch, Rêve de Gloire de Roland C Wagner, La Tetralogie Rama d’Arthur C. Clarke, Les Cavernes d’Acier d’Isaac Asimov, Silo d’Hugh Howey ou Neverwhere de Neil Gaiman ont été chroniqués brillamment par les personnes présentes.

Cette soirée a été découpée en deux parties. La première montraient des villes qui existaient, mais qui sont imaginées par les auteurs, alors que la deuxième mettait en valeur les villes imaginaires. Certaines villes fictives se sont développées, au point d’avoir des rues, des lieux, des monuments dédiés dans notre réalité. La carte d’Ankh-Morpork en est un bon exemple.

Du côté des villes réelles, on évoque souvent les mêmes : Paris, Londres, New-York, mais c’est la façon de faire qui diffère.
Paris peut être vu comme une ville-lumière et bucolique (Ravages-René Barjavel), une cité de la belle-époque avec les créatures merveilleuses (Paris des Merveilles-Pierre Pevel), voire les villes périphériques et la cité-dortoir (Les Etoiles s’en Balancent-Laurent Whale).
Il existe la ville de Londres contée par Neil Gaiman (Neverwhere) et cette même ville rapportée par J.G Ballard (La Trilogie de Béton), voire George Orwell et son Londres Totalitaire dans 1984.
La ville de New-York est souvent décrite dans les comics : Elle peut être celle de Spider-Man, des Watchmen (Alan Moore-Dave Gibbons), de Frank Miller, mais elle ne sera jamais racontée de la même façon.

A côté de ces trois villes, d’autres auteurs ont choisi de parler de cités différentes. On évoquera Moscou dans Metro 2033 de Dmitri Glukhovski, Istanbul dans La Maison des Derviches, Calcutta dans Le Fleuve des Dieux de Ian McDonald, Le Cap dans Moxyland de Lauren Beukes, Zanzibar, dans le roman éponyme de John Brunner, Rennes dans Fox Boy de Laurent Lefeuvre ou Alger dans Rêve de Gloire de Roland C Wagner.

La partie réservée à la ville imaginaire était toute aussi variée. Certaines œuvres se cantonnent à une rue (The Goon d’Eric Powell ou un quartier (Daredevil, Fables) tandis que d’autres réinventent des cités. Deux œuvres de China Mieville montrent cette architecture. City and The City décrit deux villes qui sont bâties l’une sur l’autre, alors que Perdido Street Station est une ville tentaculaire dans un univers de fantasy.
Pour Frank Miller, la ville de Gotham sert d’accessoire pour ses personnages. Ils parcourent les toits, sautent d’immeubles en immeubles. A contrario, la ville de Ronin (même auteur), décrit une architecture croisée entre la logique et la mécanique.
Les divers auteurs qui oeuvrent sur Batman montrent la logique des quartiers, pourquoi les habitants restent à Gotham, mais aussi que cette ville existe avant et après Batman. Elle est importante.
Du côté des romans, on évoquera la cité d’Ankh-Morpork. Terry Pratchett la décrit par son odeur, la couleur de son fleuve et le fait qu’elle soit corrompue. Dans Les Salauds Gentilhommes, Scott Lynch montre l’importance des rivières, des bateaux, du réseau fluvial qui traverse la ville. Ca évoque Venise.

Cette soirée fut dense. Lecteurs et libraires prenaient la parole pour discuter de la ville qu’ils avaient aimé dans telle œuvre ou telle autre. On ne voit pas le temps passer, on aimerait que ça continue, bercé par les paroles et nourri par les petites plats de l’heure du jeu, hôte du lieu.

UNE SEMAINE, 7 LUNDIS

une-semaine-7-lundisEllie Spark vient de passer la pire journée de sa vie d’adolescente. Elle a raté son essai de base-ball, son discours électoral a été un échec, sa dissertation a été détruite deux fois et son petit-ami la quitte. Elle s’endort en désirant avoir une seconde chance. Quand elle se réveille, elle s’aperçoit qu’elle revit la même journée.

En lisant le pitch, on pense au film Un Jour Sans Fin. Une référence d’autant plus marquée qu’elle est citée sur la quatrième de couverture. Le problème, c’est que Une Semaine, 7 Lundis s’approche dangereusement du plagiat. L’héroïne va tenter de rattraper ses erreurs durant les 7 jours qui vont se répéter. Evidemment tout ne va pas se passer comme prévu. Durant cette semaine, en essayant de gagner cette seconde chance, elle va essayer de savoir ce qu’elle est, ce qu’elle veut. L’intrigue est classique, on se doute de la psychologie des personnages… Seuls les morceaux de musique cités sauvent l’ensemble.

Une Semaine, 7 Lundis est un joli conte, pour jeunes filles énamourées. La morale est sauve. pour le reste des lecteurs, on conseille d’aller visionner Un Jour Sans Fin, largement meilleur.

UNE SEMAINE, 7 LUNDIS
AUTRICE : JESSICA BRODY
TRADUCTRICE : ALICE MARCHAND
EDITIONS : GALLIMARD JEUNESSE