FORT BOYARD T1 : LES MONSTRES DES OCEANS

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Cinq enfants sont sélectionnés pour participer à l’émission de Fort Boyard. ce qu’ils ne savent pas c’est que le fort est construit sur une faille dimensionnelle. A chaque génération, les forces du mal essayent de déferler sur le monde, mais elles sont repoussées par les héros de Fort Boyard. Cette fois, ces héros sont ces enfants ! Pourront-ils sauver le fort et le monde ?

L’une des émissions phares de la télévision revient en bande dessinée. Le pitch est déja dur à croire : Pourquoi faire une adaptation graphique de Fort Boyard ? Le scénariste prend le parti de raconter une histoire de fantasy. tous les ingrédients sont présents : Les armures magiques, les gardiens du fort, la prophétie, etc. On rajoute l’univers de Fort Boyard (les clés, les gardiens, les épreuves) et l’ensemble pourrait tenir, mais malheureusement la bonne idée s’arrête ici. Les héros sont des enfants. Pourquoi pas ? Mais les clichés sur les caractéres des personnages s’accumulent. Le beau blond (le guerrier), l’intellectuel (le mage), etc. Des clichés qui font prendre l’eau à l’ensemble de l’histoire. L’humour est censé alléger la « tension » du récit mais le ton n’y est pas. Le lecteur aura l’impression de retourner dans le dessin animé Le Sourire du Dragon (adaptation de Donjons et Dragons). On retiendra cependant d’avoir les habitants du fort en personnages secondaires.

Côté dessin, ce sont des membres de l’association Les Bédéastes Imageurs qui se retrouvent derriere les crayons. Le trait semi-realiste fonctionne, les accents comiques aussi. On reconnaît bien les personnages du fort, les monstres sont impressionnants. L’ensemble graphique est sympathique.

On ne retiendra pas grand chose de ce premier tome. Si l’ensemble tient la route graphiquement, le scénario accumule les poncifs tout en jouant superficiellement avec l’univers de Fort Boyard. A éviter…

FORT BOYARD : T1 LES MONSTRES DES OCEANS
AUTEUR BENJ
DESSINATEURS : CHRISTOPHER LANNES-GILDAS LE ROC’H
COULEURS : JOEL ODONE
EDITIONS : SOLEIL/ADVENTURE LINE

PARIZ

parizParis est désormais habité par des zombies. Dans les souterrains de l’ancienne ville-lumière, trois clochards se cachent. Ils seront bientôt rejoints par un commando. Les deux groupes devront mettre leurs différents de côté pour avoir une chance de survivre face à cette vague zombie.

Avec PariZ, on aurait pu craindre un énième massacre de zombies, sa vague explication scientifique et un cache-cache dans les bâtiments célèbres de la capitale. Heureusement, l’auteur prend une autre direction. Il y a bien des zombies, mais ils font partie du décor. Ses personnages sont loin d’être des baroudeurs, des héros. Entre le commando qui a une certaine idée de la France et des clodos accros à l’alcool, on n’est pas sortis du métro. Ils auraient pu se faire dévorer dès le premier chapitre, mais étonnamment ils arrivent à survivre. Loin des clichés du survival, l’auteur va prendre ses lecteurs à contre-pied. Dans un ton semi-parodique, on va suivre les pérégrinations de ce groupe. Les personnages de Rodolphe Casso ont la loose, mais ils la vivent avec grandiloquence. Leur langage évoque le titi parisien, le vocabulaire de Michel Audiard et par moments, la bêtise humaine. L’autre personnage, jamais nommé et pourtant bien présent, c’est la ville de Paris. A travers les visions des « héros », des zombies, on a une certaine vision de Paris. Même après avoir été dévasté, « Paris sera toujours Paris ».
Rodolphe Casso se lâche dans ce premier roman. Il détruit Paris, montre les rares survivants se combattre, alors qu’une vague amorphe de zombies erre dans la capitale. On sent la colère de l’auteur, mais aussi tout l’amour qu’il porte à cette ville (cf son interview)

Entre roman social et thriller, PariZ permet de voir les clodos de Paris sous un autre jour. On suit l’histoire avec intérêt, on s’attache aux personnages. Un premier roman qui va droit au but !

PARIZ
AUTEUR : RODOLPHE CASSO
EDITIONS  : CRITIC

OBION AU MUSEE

museelyon_couviplatblogL’auteur Obion est invité à Lyon. En partenariat avec le festival de bande dessinée et le musée gallo-romain, il va parcourir les allées du site et dessiner ce qu’il en pense.Vous ne verrez plus jamais un musée comme avant…

Le festival de Lyon a la bonne idée d’inviter chaque année un auteur dans un de ses nombreux musées. En 2015, c’était Boulet. Il est suivi en 2016 par Obion, au musée gallo-romain. A première vue, l’idée est farfelue. Le lecteur, habitué des jeux de mots de l’auteur le voit aussi à l’aise dans un musée qu’un éléphant dans un magasin de porcelaine… ou alors on s’attend à ce qu’Obion fasse du Obion. Le résultat est aussi surprenant qu’agréable.
Suivre Obion et sa guide alexandra c’est s’abandonner au plaisir de visiter un musée. Outre les jeux de mots, l’auteur utilise toute son imagination. Il n’hésite pas un seul instant à utiliser les clichés inhérent à un tel endroit (Indiana Jones, Complots, etc). En quelques pages, « l’austère » catalogue devient un terrain de jeu pour la vision « néophyte » d’Obion. On se plaît à imaginer une visite où chaque détail devient un jeu.
Le trait semi-réaliste d’Obion permet de s’immerger dans son univers, d’apprécier son humour et les postures cartoonesques de ses personnages. A l’inverse, son sens de l’observation permet de reconstituer les pièces du musée. Quant à son travail de colorisation, il est toujours aussi impressionnant. La fin de l’ouvrage permet d’avoir des explications plausibles sur les objets vus par l’auteur. Si on peut rire, on peut aussi rire en apprenant.

Cette promenade aux côtés d’Obion fut aussi récréative que pédagogique. Un vrai régal . Si les musées font de plus en plus d’efforts pour attirer les visiteurs différemment, celle d’inviter un auteur de bande dessinée est une excellente idée. On espère que cette initiative s’étendra à tout l’hexagone.

OBION AU MUSEE
AUTEUR : OBION
EDITIONS : LAPIN/LYONBD

FULLMETAL KNIGHTS CHEVALION T1

chevalion-1Les fullmetal knights chevalion ont réussi à vaincre l’envahisseur. La Terre est sauvée. Ils peuvent retourner à une vie normale. Tous ? Non, car Retto n’arrive pas à se retransformer. Désormais au chômage, contraint d’accepter n’importe quel travail, il essaie de survivre dans un monde qui n’a peut-être pas besoin de lui. Ses anciens compagnons de bataille l’apprennent et tentent de lui venir en aide.

Qui n’a jamais vu des séries de super-héros ? On s’est toujours demandé ce qui se passerait s’ils devaient retourner à la vie normale, mais avec leurs pouvoirs. Des parodies ont déjà été faites et la dernière en date vient du Japon. Sawako Arashida s’attaque à un media très connu de ses contemporains, les séries de super-guerriers. L’un de ses super-héros n’arrive plus à se retransformer. Toute sa vie se retrouve changée. Il est la honte de ses ex-compagnons, il n’arrive pas à attraper un simple voleur et il est même inculpé de troubles à l’ordre public. L’auteur joue avec les clichés des genres (super-héros et parodie) et on s’y amuse beaucoup. On a des réponses sur comment mettre de l’argent quand on a une armure. Que fait un super-héros dans la vie civile ? etc. La série étant une parodie, les réponses sont farfelues, mais derrière cette « plaisanterie », l’auteur montre qu’avoir des pouvoirs (et un sens des responsabilités sic) n’est pas aisé quand il n’y a plus de menace et qu’on doit travailler.
Côté graphisme, on navigue entre réalisme et cartoon. les protagonistes principaux sont des poncifs du genre : la jolie femme, le bel homme, la jeune fille, le chef mystérieux. Seul Retto reste un mystère. Si l’ensemble est correct, on peut applaudir l’auteur pour nous montrer les sentiments du héros et ce, sans qu’on ne voit ses yeux ! Le tempo est rapide, les actions s’enchaînent sans temps mort.

Premier tome d’une série de trois,  Fullmetal Knights Chevalion est une  bonne parodie, mêlant réflexions sur la notion de super-héros et clichés humoristiques (comme un tel imbécile a pu être le chef des héros ?). C’est frais, sans lourdeur inutile et on a hâte de lire la suite.

FULLMETAL KNIGHTS CHEVALION T1
AUTEUR : SAWAKO ARASHIDA
COLLECTION : WTF
EDITEUR : AKATA

 

AUJOURD’HUI EST UN AUTRE JOUR

aujourdhui-est-un-autre-jourRhiannon est une jeune fille ordinaire, mais elle a fait une rencontre hors du commun : Celle de A. C’est est un adolescent du même âge, mais il a la particularité d’emprunter chaque jour le corps d’une autre personne. A est tombé amoureux de Rhiannon et pour celle-ci, cette aventure est difficle à vivre, puisque chaque jour, A est une autre personne.

Il y a trois ans, David Levithan créait le personnage de A. Cette romance fantastique explorait les méandres de l’adolescence. Avec Aujourd’hui est un Autre Jour, il revient sur ces personnages, mais il s’attache cette fois au caractère de Rhiannon. L’exercice peut s’avérer utile. On vit ce que ressent Rhiannon. Malheureusement, la recette qui faisait le succès d’A Comme Aujourd’hui ne fonctionne pas avec ce tome. En voulant écrire un livre miroir à son précédent roman, David Levithan ne crée rien. On connait les situations, les dialogues ne sont pas nouveaux. Seul le point de vue de Rhiannon est différent. Alors que A ne vit que pour le jour présent, Rhiannon veut penser sur l’avenir.

A quoi pouvait-on s’attendre, quand l’éditeur nous annonce que le livre est le point de vue de Rhiannon ? Aujourd’hui est un Autre Jour ne fait que copier les passages d’A Comme Aujourd’hui. Il n’y a presque rien de neuf. Seule la douce écriture de David Levithan persiste. Il nous plonge une nouvelle fois dans le monde de A, mais c’est trop répétitif pour qu’on exulte de nouveau.

AUJOURD’HUI EST UN AUTRE JOUR
AUTEUR : DAVID LEVITHAN
EDITIONS : GALLIMARD JEUNESSE

Vous pouvez aussi lire la chronique d’A Comme Aujourd’hui

7 CANNIBALES

7cannibalesTous les ans, 7 compagnons organisent des fêtes privées. Le clou de ces soirées ? Le droit de jouir d’une invitée, triée sur le volet.
Pour l’édition 2016, tout paraissait organisé, mais ils ont invité la mauvaise personne…

Le concept de la série 7 remonte à 2007. Chaque tome est différent, unique, jusqu’aux noms des auteurs. Seul point similaire : Avoir 7 personnages. Pour ce tome, David Chauvel (directeur de collection) s’attache les services de Sylvain Runberg et Tirso. Le premier a scénarisé la série Orbital, Reconquêtes ou Millenium, tandis que le second  s’est fait connaître sur Murmures ou Les Chroniques de Légion.
Le récit dénonce le manque d’éthique des personnes influentes, leur confiance dans leur propre pouvoir, mais aussi la duplicité des réseaux virtuels. Une histoire qui fait penser à La Chasse du Comte Zaroff.
Le tempo de l’histoire est rapide, il monte en puissance pour finir dans une apocalypse d’adrénaline. Outre le jeu de massacre et le côté voyeur des lecteurs, des flash-back nous montrent la poussée de l’horreur de cette élite qui en veut toujours plus.
Côté dessin, le trait nerveux de Tirso sert l’histoire et il propose quelques « gueules angéliques » savoureuses pour nos héros.
Si le pitch donne envie, si le dessin est sympathique, on ne peut refermer le livre sans avoir l’impression que quelque chose ne va pas. Comment admettre que sept personnes, influentes, riches, mais voulant rester discrètes, ne fassent une recherche poussée sur l’identité de leur invitée ? Ca laisse perplexe.

Avec sa dénonciation du pouvoir, son jeu de massacre, Sept Cannibales est un livre qui se laisse lire. Le duo d’auteurs permet un mélange détonnant à ce thriller.

SEPT CANNIBALES
AUTEUR : SYLVAIN RUNBERG
DESSINATEUR : TIRSO
COLORISTE : TOMEU MOREY
SERIE : 7
COLLECTION : CONQUISTADOR
EDITIONS : DELCOURT

RENCONTRE AVEC RODOLPHE CASSO

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Le nouveau roman paru aux éditions Critic ne passe pas inaperçu. Une couverture qui intrigue, un auteur qui n’a pas la langue dans sa poche. Il n’en fallait pas plus pour que je le rencontre.

Si c’est ton premier roman, tu es un habitué de l’écriture : Gonzai, Marianne, Ecran Total, Mad Movies…. Serais-tu addict à l’écriture ?

Oui, addict. L’écriture me nourris dans tous les sens du terme puisque quinze ans après mes débuts de journaliste, j’arrive encore à payer mon loyer.

L’écrit meurt à petit feu, on pourrait dire que les journalistes sont de zombies en devenir.

La presse écrite est clairement subclaquante et je me sens sur le point d’être zombifié. C’est un vrai problème. C’est Internet qui a tout foutu en l’air, mais il a d’autres vertus. Mais oui, la presse écrite est en voie de zombification (rires)

Sur ces médias, tu parles souvent de musique, tu critiques ouvertement les artistes, mais toujours avec de l’humour. Cette façon de faire te vient il naturellement ?

J’espère et j’aime qu’on le ressente comme çà. Utiliser l’humour c’est déjà une façon de tenir le lecteur. C’est pareil dans la vie. Pour séduire une femme ou se faire un ami, on commence en rigolant. J’ai ce même rapport avec le lecteur. Quand tu fais rire les gens, tu les tiens un peu quelque part. Derrière, il faut que ça tienne la route, mais l’humour c’est un point d’accroche… C’est peut-être même, le seul point d’accroche à mes yeux qui vaille et qui crée des vrais liens.

Article, roman et musique sont sur la même trame : un scénario minimaliste, quelques envolées lyrique, de l’humour et une colère. A quand un Rodolphe Casso apaisé ?

Le fait d’avoir cassé Paris m’a fait du bien (rires)

Tu l’as annihilé...

Annihilé comme tu dis. En tout cas, je lui ai bien refait la gueule. Ca m’a apaisé. Paris, j’y suis né, c’est ma ville, mais j’entretiens un rapport amour/haine avec elle. C’est une ville extrêmement ingrate pour pleins de raisons, notamment des pressions immobilières qui sont insoutenables.
L’écriture me permet de relâcher cette colère, mais il faut le faire de manière mesuré, car une personne qui vocifère, c’est repoussant. Il faut réussir à distiller la colère, avec de bons mots et de manière très ciblée. Pour le reste, la musique, etc. j’ai essayé de mélanger tout ce que j’aimais en terme de discipline artistique. Je me suis lancé des défis. Le personnage de la goule en fait partie. L’autre défi, c’est de créer une bande originale pour mon livre, un peu à la manière d’un film. Je voulais que les gens aient de la musique dans la tête. C’est pour çà que j’ai fait le choix de chansons connues. Les morceaux anglo-saxons ne sont pas connus de tout le monde, mais les chansons françaises, 99% des français les connaissent. C’est un exercice difficile de mettre de la musique dans la tête du lecteur. J’espère avoir réussi.

J’ai l’impression que tu aimes bien tout ce qui est considéré comme cassé (la série z, les clochards)

En fait, j’aime bien la loose, en terme romanesque. j’aime le personnage du « beautiful looser ».C’est attachant un looser. C’est plein de promesses qui peuvent être tenues ou ratées. C’est plein de revanche à prendre sur la vie… C’est émouvant les gens sur lequel le sort s’acharne et qui vont arriver à sortir de leur condition… Ou pas.

Le 7 octobre, le livre PariZ paraît…Mais tu l’as en tête depuis longtemps. Tu as fait un article sur les films Z(et il y a aussi des zombies), en 2014 tu annonces la sortie d’un film meilleur que celui avec Brad Pitt, tu annonces aussi la mort de Davie Bowie qui ne fait que mourir depuis plusieurs années (article écrit avant sa mort) et Jour de Greve sur la Ligne 13  (chanson de son groupe de punk) annonce PariZ. Serais-tu omnubilé par ce thème zombiesque ?

Je suis surtout obnubilé par le thème de Paris. Je suis aussi musicien, j’ai écrit beaucoup de chansons sur Paris qui est un decorum. Le livre est le croisement de mes marottes zombies et post-apocalyptique. Paris est le fil rouge de tout ce que j’ai pu faire ou écrire jusqu’à présent. C’est une ville de légende et un thème inépuisable. Je ne suis pas le premier à écrire dessus, mais pour le coup je voulais apporter ma modeste contribution et lui « péter la gueule ».

Avec PariZ, j’ai l’impression que tu fais un constat de la vie d’aujourd’hui. Il n’y a pas de héros, on essaie de survivre, on rit jaune… C’est une apocalypse neologiste !

Oui, tu n’as pas tort. J’espère qu’on retrouve dans mes personnages  et dans leurs aventures une métaphore de la galère parisienne. La vie a Paris n’est pas simple. Certains disent que Paris, ça se mérite ou ça se paye. Moi je suis piégé car je suis né à Paris. Je suis attaché à cette ville, je n’ai jamais eu envie de vivre ailleurs. Le problème, c’est que c’est compliqué de rester à Paris. Ça coûte cher, c’est très ingrat et il y a une sorte de violence sociale. Effectivement, pour « survivre » à ces états de fait, on vit dans des petits appartements, on paie des loyers exorbitants, on vit chichement, mais on est tout le temps dehors. On boit des coups, on a une vie culturelle extraordinaire, donc c’est une façon de faire contre « mauvaise fortune bon cœur », car c’est une sorte de chance de vivre dans une ville aussi intéressante.

Le lieu des opérations, le métro, me fait penser à Neverwhere (livre de Neil Gaiman ndlr), mais aussi à Subway (film de Luc Besson ndlr).

Absolument, tu mets le doigt dessus. C’est surtout cette dernière référence qui m’a porté sur tous les passages dans le métro. Subway est un de mes films cultes. Je l’ai vu quand j’avais huit ou neuf ans. Pour moi, c’était magique d’imaginer qu’une communauté humaine puisse s’établir dans un endroit aussi pourri et aussi peu hospitalier que le métro. Ce film m’a ouvert des horizons… Ce fut ma première expérience de l’underground, au propre comme au figuré. (attention spoiler) Le personnage de Christophe Lambert, hyper-cool, qui cherche à monter un groupe de rock, alors qu’il est poursuivi par des mecs qui veulent le tuer…  Je trouvais ça génial. Je me disais : »Qu’est-ce que c’est cool de vivre dans le métro et de recruter pour un groupe de rock.  » Cette histoire est folle et géniale. Tous les jours, je pense à Subway quand je prends le métro et régulièrement, je regarde les rails et je vois Christophe Lambert sauter sur les rails… Ca me hante (rires).

Tes personnages sont atypiques et on frise les clichés

J’aime les archétypes. Que ce soit les auteurs ou la littérature de genre, on travaille quelque chose de très codifié et très archétypal. Je voulais des personnages qu’on situe tout de suite. « Mes » Clochards sont de trois générations différentes. il y a un très vieux, qui parle à la Audiard. On ne sait pas quel âge il a, mais il est un peu subclaquant. Il y a La Gachette qui a été enfant soldat au Mozambique. Il a connu une violence extrême. Il est aujourd’hui quadragénaire. Il incarne le personnage de l’immigration, à ma manière. Il y a La Gobe, qui a une vingtaine d’années. Il fait partie de la génération « punk à chiens ». Je voulais montrer aussi que chez les clochards, les sdf, les vagabonds, il existe des profils extrêmement différents.

A part les « héros », il y a un autre personnage. La ville de Paris. Beaucoup de chapitres commencent par une citation sur Paris, entre amour et haine de cette ville.

Je trouvais çà intéressant. La plupart des citations que j’emploie en début de chapitre peuvent former comme un petit roman à elles toutes seules. On peut les lire à la suite et ce serait un beau portrait  de Paris. Les auteurs ne sont pas n’importe lesquels : Balzac, Zola, Baudelaire, Apollinaire, voire Jacques Chirac, qui a été le maire de Paris pendant plusieurs années. C’est une façon de montrer à quel point Paris a inspiré les auteurs. C’est aussi une vision de Paris qui montre une ville telle qu’on la présente peu souvent. C’est une ville violente, à travers son histoire (la révolution française, la commune, ). C ‘est une ville qui a ce paradoxe. C’est une ville qui attire le monde entier, c’est la ville la plus visitée du monde et en même temps, il y a certaines personnes qui arrivent à Paris en pensant qu’ils vont retrouver l’ambiance d’Amélie Poulain( Le film Le fabuleux Destin d’Amélie Poulain ndlr). Elles font des dépressions nerveuses parce que les parisiens sont agressifs, qu’ils volent leurs portefeuilles, etc. J’ai envie de dire aux gens, que Paris n’est pas un parc d’attraction.

C ‘est ton premier roman. Comment s’est déroulé le processus éditorial ?

Pour un premier roman, ce n’est pas toi qui choisis l’éditeur, c’est ton éditeur qui te choisit. Je connais très bien le milieu musical. Quand tu commences, si tu peux être signé, il vaut mieux que ce soit un label indépendant. Une major va te bouffer ou alors ne pas s’occuper de toi. Je connais aussi des auteurs qui ne sont pas contents d’avoir signé chez un gros éditeur parce qu’ils n’étaient pas une priorité et qu’ils se sentaient un peu négligé. Les éditions Critic, ça a été parfait pour moi; Que ce soit le thème, la structure éditoriale, voire la première rencontre avec Simon Pinel. La première prise de contact a été faite au téléphone. Ça a duré plus d’une heure. J’avais quelqu’un qui connaissait son taf, les codes du genre, qui avait compris mon bouquin.. J’ai envie de travailler avec des gens comme çà.

Pariz signifie Paris en Breton. Est-ce une coïncidence ?

C’est vrai ? Je crois qu’on le dit aussi comme çà en Croate, mais en Breton aussi. Tu fais ma journée là. Je signe chez un éditeur breton, ça s’appelle Pariz et ça signifie Paris en Breton ! Magnifique !

Avec ce titre, Vivras tu enfin comme dans une série américaine  (chanson de Rodolphe Casso ndlr)?

Justement non ! Avec ce livre je voulais écrire une histoire de zombie dans un contexte franco-français…. Et parisien. 90 % de l’univers zombie se déroule dans le monde anglo-saxon. Les histoires se passent à Londres, Los Angeles, new York. J’avais envie que mon histoire se déroule en France, dans ma ville. Pour répondre à ta question, je préfère une série française.