Remise des prix : « A vos plumes »

C’est hier que c’est déroulé la remise des prix de la seconde édition du concours de nouvelles de Saint-Calais « A vos plumes ». Lancé  en 2015, ce concours fut mis sur pied par l’Association Pour l’Animation Culturelle (présidée par Georges Beilvaire) et organisé par le service culturel de la ville de Saint-Calais. Les deux entités n’ont pas chômé pour que les deux éditions se déroulent dans les meilleures conditions. La preuve en est avec la participation 2016-2017. Ce sont près de 180 participants venant de la France entière qui ont tâté du clavier, dont 57 adolescents.
Le concours, gratuit et anonyme, n’a que peu de règles. Ça doit être une nouvelle fictive, dactylographiée, faisant moins de cinq pages. Le récit ne doit jamais avoir été publié. L’autrice/auteur doit commencer par une accroche définie par les organisateurs. Cette année, c’était celle-ci : « Encore un pas, puis un autre, j’ouvre les yeux et là je découvre… ». Pour la remise des prix, la ville de Saint-Calais a édité un recueil incluant les récits des lauréats.
Les habituels lecteurs de ce blog peuvent se demander pourquoi parler de ce concours. Si tous les textes des lauréats retiennent l’attention, il s’avère que trois des histoires sont du genre imaginaire.

« L’infernal végétal » d’Alain Bérard raconte la découverte d’une plante par un écrivain en mal d’inspiration. Une histoire sombre et effrayante où le mythe végétal est parfaitement traduit.

« Angustia » de Bruno Lafont est un récit où l’auteur met sa connaissance de la grammaire au profit de l’histoire. je ne pourrai vous en dire plus sans déflorer tout le sel de l’intrigue. Un thème étrange, baignant sans le fantastique, avec une belle maîtrise de l’histoire.

« Chambre soixante-sept » se passe dans un hôpital. On y suit les journées d’un personnel médical. Il s’attache au patient de la chambre soixante-sept… Là aussi, il est impossible de continuer sans dévoiler l’intrigue. Le registre oscille entre le fantastique (qu’est-ce que le réel) et la romance. Son autrice, Océane Astic, est une adolescente et sa plume est pleine de promesse.

Félicitations à tous pour cette belle édition. On ne doute pas qu’un troisième édition se mette en place.

MIR : VILLES DE L’IMAGINAIRE

mir-fevrier.jpgTous les mois, la librairie Critic propose les MIR (les Mercredis de l’Imaginaire). Pour février, elle s’associe au festival Travelling, dont elle décline en romans et en comics (avec la participation d’Armel), le sujet principal : La ville. Cette soirée placée sur le thème urbain fut riche et varié. Xavier et Simon, le duo dynamique des MIR, a su nous faire profiter de leurs compétences, mais il a permis aux lecteurs d’exprimer leurs points de vues. Quels romans avons-nous aimé, quelles villes ont été mises en valeurs ? C’est ainsi que Les Annales du Disque-Monde de Terry Pratchett, Les Salauds Gentilhommes de Scott Lynch, Rêve de Gloire de Roland C Wagner, La Tetralogie Rama d’Arthur C. Clarke, Les Cavernes d’Acier d’Isaac Asimov, Silo d’Hugh Howey ou Neverwhere de Neil Gaiman ont été chroniqués brillamment par les personnes présentes.

Cette soirée a été découpée en deux parties. La première montraient des villes qui existaient, mais qui sont imaginées par les auteurs, alors que la deuxième mettait en valeur les villes imaginaires. Certaines villes fictives se sont développées, au point d’avoir des rues, des lieux, des monuments dédiés dans notre réalité. La carte d’Ankh-Morpork en est un bon exemple.

Du côté des villes réelles, on évoque souvent les mêmes : Paris, Londres, New-York, mais c’est la façon de faire qui diffère.
Paris peut être vu comme une ville-lumière et bucolique (Ravages-René Barjavel), une cité de la belle-époque avec les créatures merveilleuses (Paris des Merveilles-Pierre Pevel), voire les villes périphériques et la cité-dortoir (Les Etoiles s’en Balancent-Laurent Whale).
Il existe la ville de Londres contée par Neil Gaiman (Neverwhere) et cette même ville rapportée par J.G Ballard (La Trilogie de Béton), voire George Orwell et son Londres Totalitaire dans 1984.
La ville de New-York est souvent décrite dans les comics : Elle peut être celle de Spider-Man, des Watchmen (Alan Moore-Dave Gibbons), de Frank Miller, mais elle ne sera jamais racontée de la même façon.

A côté de ces trois villes, d’autres auteurs ont choisi de parler de cités différentes. On évoquera Moscou dans Metro 2033 de Dmitri Glukhovski, Istanbul dans La Maison des Derviches, Calcutta dans Le Fleuve des Dieux de Ian McDonald, Le Cap dans Moxyland de Lauren Beukes, Zanzibar, dans le roman éponyme de John Brunner, Rennes dans Fox Boy de Laurent Lefeuvre ou Alger dans Rêve de Gloire de Roland C Wagner.

La partie réservée à la ville imaginaire était toute aussi variée. Certaines œuvres se cantonnent à une rue (The Goon d’Eric Powell ou un quartier (Daredevil, Fables) tandis que d’autres réinventent des cités. Deux œuvres de China Mieville montrent cette architecture. City and The City décrit deux villes qui sont bâties l’une sur l’autre, alors que Perdido Street Station est une ville tentaculaire dans un univers de fantasy.
Pour Frank Miller, la ville de Gotham sert d’accessoire pour ses personnages. Ils parcourent les toits, sautent d’immeubles en immeubles. A contrario, la ville de Ronin (même auteur), décrit une architecture croisée entre la logique et la mécanique.
Les divers auteurs qui oeuvrent sur Batman montrent la logique des quartiers, pourquoi les habitants restent à Gotham, mais aussi que cette ville existe avant et après Batman. Elle est importante.
Du côté des romans, on évoquera la cité d’Ankh-Morpork. Terry Pratchett la décrit par son odeur, la couleur de son fleuve et le fait qu’elle soit corrompue. Dans Les Salauds Gentilhommes, Scott Lynch montre l’importance des rivières, des bateaux, du réseau fluvial qui traverse la ville. Ca évoque Venise.

Cette soirée fut dense. Lecteurs et libraires prenaient la parole pour discuter de la ville qu’ils avaient aimé dans telle œuvre ou telle autre. On ne voit pas le temps passer, on aimerait que ça continue, bercé par les paroles et nourri par les petites plats de l’heure du jeu, hôte du lieu.

UNE SEMAINE, 7 LUNDIS

une-semaine-7-lundisEllie Spark vient de passer la pire journée de sa vie d’adolescente. Elle a raté son essai de base-ball, son discours électoral a été un échec, sa dissertation a été détruite deux fois et son petit-ami la quitte. Elle s’endort en désirant avoir une seconde chance. Quand elle se réveille, elle s’aperçoit qu’elle revit la même journée.

En lisant le pitch, on pense au film Un Jour Sans Fin. Une référence d’autant plus marquée qu’elle est citée sur la quatrième de couverture. Le problème, c’est que Une Semaine, 7 Lundis s’approche dangereusement du plagiat. L’héroïne va tenter de rattraper ses erreurs durant les 7 jours qui vont se répéter. Evidemment tout ne va pas se passer comme prévu. Durant cette semaine, en essayant de gagner cette seconde chance, elle va essayer de savoir ce qu’elle est, ce qu’elle veut. L’intrigue est classique, on se doute de la psychologie des personnages… Seuls les morceaux de musique cités sauvent l’ensemble.

Une Semaine, 7 Lundis est un joli conte, pour jeunes filles énamourées. La morale est sauve. pour le reste des lecteurs, on conseille d’aller visionner Un Jour Sans Fin, largement meilleur.

UNE SEMAINE, 7 LUNDIS
AUTRICE : JESSICA BRODY
TRADUCTRICE : ALICE MARCHAND
EDITIONS : GALLIMARD JEUNESSE

SECRET POUR SECRET

secret-pour-secretLouane en est sûre. Elle est enceinte. Confrontée à un choix cornélien, elle doit faire face à la vie de tous les jours : Le lycée, les amis, l’ex-copain… Si seulement ce n’était pas arrivé.

Le duo Charlotte Bousquet/Stéphanie Rubini nous avaient montré quatre histoires de collégiens d’aujourd’hui et les maux qu’on peut y rencontrer. Avec Secret pour Secret, Jaypee remplace Stephanie Rubini et les histoires se passent au lycée. Pour ce premier récit, on suit Louane, « jeune femme modèle ». Elle découvre qu’elle est enceinte de quelques semaines. On se dit qu’en 2017, une jeune femme comme elle, tout devrait se passer pour le mieux, mais celle-ci hésite. Comment faire ? Comment le cacher aux parents ? Doit-elle garder son enfant ? C’est l’intervention de Cécile, une élève de sa classe qui va la décider.
L’IVG. Trois lettres qui ont changé la vie des femmes depuis 1975. Sans s’appesantir sur les effets, on suit tout le processus d’une jeune femme qui doit faire son choix. C’est prenant, dur, pédagogique. Pourtant, vu les derniers récits de Charlotte Bousquet, on s’attendait à quelque chose de plus percutant. Le profil psychologique de Louane est soigné, celui de Cécile, un peu moins. On comprend les hésitations, les souffrances, mais il manque ce malaise qu’on ressent dans les précédents récits. C’est presque trop gentil. Par contre, parler de l’IVG et des possibilités, en parler autour de soi, se protéger… Il n’est jamais trop tôt pour en parler.
Premier album de bande dessinée pour Jaypee. On apprécie le trait, la mise en scène posée (malgré la dureté du propos), le traitement des couleurs. Tout le petit monde lycéen, son ambiance est retranscrite. Un univers doux et dur à la fois. Pour une première, c’est une réussite.

Premier tome d’un nouveau cycle. Prenant le thème « casse-gueule » de l’IVG, les auteurs s’en sortent, mais on a l’impression de tenir le carnet du parfait avortement. Il manque une histoire plus développée, voire la légalisation de l’IVG expliquée. On reste sur notre faim, mais, ce n’est que le premier tome.

SECRET POUR SECRET
AUTRICE : CHARLOTTE BOUSQUET
DESSINATEUR : JAYPEE
EDITIONS : GULF STREAM

TRAVELLING 2017

aff_trav2017_webAvec la 28eme édition du festival Travelling. L’association rennaise Clair Obscur mettra en avant la ville de Tanger, du 7 au 14 février. Autour du thème urbain, des rencontres, des films, une déambulation  attireront l’œil du lecteur averti.

Pour cette édition 2017, un nouveau rendez-vous fait son apparition : Comixity. Si la définition originale veut montrer la représentation des villes des comics à l’écran, l’association et ses partenaires voient beaucoup plus large.
Côté projection, on aura droit au Superman de Richard Donner, celui qui nous a fait croire qu’un homme pouvait voler. Son pendant animation ne sera pas loin puisque 9 épisodes du Superman des frères Fleischer seront projetés. De quoi en prendre plein la vue pour cette superproduction de 1941.
Le personnage de Batman sera aussi projeté. La programmation a sélectionné le second opus de la trilogie de Christopher Nolan, The Dark Knight : Le Chevalier Noir. Nous auront aussi droit au second opus de Tim Burton, Batman : Le Défi. A l’opposé, la version cinéma de la série télé des années 60 sera aussi proposée. Ou comment passer du noir aux couleurs et à l’ambiance psychédélique. Quant à ceux qui préfèrent la version animation, ils auront droit à Batman Year One. Un long métrage d’animation adapté du titre éponyme.

Côté franco-belge, Phantom Boy sera diffusé, histoire de montrer que les américains n’ont pas le monopole en matière de super-héros.

Une rencontre, qu’on peut qualifier d’exceptionnelle, sera donnée. Xavier Fournier (rédacteur en chef de Comic-Box), Alain Carrazé (journaliste spécialiste des séries télé) et Sonia Dollinger (directrice des archives de la ville de Baunes et passionnée de culture) parleront des villes de DC Comics et leurs places dans la mythologie super-héroïque.

Une déambulation, une rencontre, des extraits de films et sûrement bien plus, c’est ce que nous propose l’auteur rennais Laurent Lefeuvre. A la tombée de la nuit, suivez l’auteur dans le quartier du Colombier. Redécouvrez vos personnages favoris à travers la culture populaire de ce guide inhabituel.

Avec cette programmation, le spectateur/lecteur sera déja repus, mais elle va plus loin. A L’Heure du Jeu, deux soirées sont consacrées aux villes à travers la littérature :

– Les libraires de Critic parleront  Villes du futur, villes imaginées et villes des ailleurs. Une promenade littéraire qui nous projettera sur tous les continents et ailleurs.

– Quant à Yaneck Chareyre et Nicolas Masztaler, ils parleront de l’Afrique du Nord en bande dessinée.

D’autres projections sont proposées tout au long de la semaine Travelling.

Adaptations littéraires : Edge of Tomorrow, La Vengeance dans la peau, Les Aventures de Tintin : Le secret de la licorne

Visions de Tanger, du désert : Le Lion et Le Vent, Un thé au Sahara, Le Voleur de Tanger, Le Voleur de Bagdad, Zarafa

Visions de villes : Le Festin Nu, Strange Days, Summer Wars.

Autant de projections, de rencontres… Qui font parties des séances spéciales, des rétrospectives… Soyez curieux, allez jeter un oeil au programme, vous serez surpris. Ferez-vous mieux que moi en 1999 (20 films pendant le festival) ?

Site du festival et sa programamtion

FORT BOYARD T1 : LES MONSTRES DES OCEANS

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Cinq enfants sont sélectionnés pour participer à l’émission de Fort Boyard. ce qu’ils ne savent pas c’est que le fort est construit sur une faille dimensionnelle. A chaque génération, les forces du mal essayent de déferler sur le monde, mais elles sont repoussées par les héros de Fort Boyard. Cette fois, ces héros sont ces enfants ! Pourront-ils sauver le fort et le monde ?

L’une des émissions phares de la télévision revient en bande dessinée. Le pitch est déja dur à croire : Pourquoi faire une adaptation graphique de Fort Boyard ? Le scénariste prend le parti de raconter une histoire de fantasy. tous les ingrédients sont présents : Les armures magiques, les gardiens du fort, la prophétie, etc. On rajoute l’univers de Fort Boyard (les clés, les gardiens, les épreuves) et l’ensemble pourrait tenir, mais malheureusement la bonne idée s’arrête ici. Les héros sont des enfants. Pourquoi pas ? Mais les clichés sur les caractéres des personnages s’accumulent. Le beau blond (le guerrier), l’intellectuel (le mage), etc. Des clichés qui font prendre l’eau à l’ensemble de l’histoire. L’humour est censé alléger la « tension » du récit mais le ton n’y est pas. Le lecteur aura l’impression de retourner dans le dessin animé Le Sourire du Dragon (adaptation de Donjons et Dragons). On retiendra cependant d’avoir les habitants du fort en personnages secondaires.

Côté dessin, ce sont des membres de l’association Les Bédéastes Imageurs qui se retrouvent derriere les crayons. Le trait semi-realiste fonctionne, les accents comiques aussi. On reconnaît bien les personnages du fort, les monstres sont impressionnants. L’ensemble graphique est sympathique.

On ne retiendra pas grand chose de ce premier tome. Si l’ensemble tient la route graphiquement, le scénario accumule les poncifs tout en jouant superficiellement avec l’univers de Fort Boyard. A éviter…

FORT BOYARD : T1 LES MONSTRES DES OCEANS
AUTEUR BENJ
DESSINATEURS : CHRISTOPHER LANNES-GILDAS LE ROC’H
COULEURS : JOEL ODONE
EDITIONS : SOLEIL/ADVENTURE LINE

PARIZ

parizParis est désormais habité par des zombies. Dans les souterrains de l’ancienne ville-lumière, trois clochards se cachent. Ils seront bientôt rejoints par un commando. Les deux groupes devront mettre leurs différents de côté pour avoir une chance de survivre face à cette vague zombie.

Avec PariZ, on aurait pu craindre un énième massacre de zombies, sa vague explication scientifique et un cache-cache dans les bâtiments célèbres de la capitale. Heureusement, l’auteur prend une autre direction. Il y a bien des zombies, mais ils font partie du décor. Ses personnages sont loin d’être des baroudeurs, des héros. Entre le commando qui a une certaine idée de la France et des clodos accros à l’alcool, on n’est pas sortis du métro. Ils auraient pu se faire dévorer dès le premier chapitre, mais étonnamment ils arrivent à survivre. Loin des clichés du survival, l’auteur va prendre ses lecteurs à contre-pied. Dans un ton semi-parodique, on va suivre les pérégrinations de ce groupe. Les personnages de Rodolphe Casso ont la loose, mais ils la vivent avec grandiloquence. Leur langage évoque le titi parisien, le vocabulaire de Michel Audiard et par moments, la bêtise humaine. L’autre personnage, jamais nommé et pourtant bien présent, c’est la ville de Paris. A travers les visions des « héros », des zombies, on a une certaine vision de Paris. Même après avoir été dévasté, « Paris sera toujours Paris ».
Rodolphe Casso se lâche dans ce premier roman. Il détruit Paris, montre les rares survivants se combattre, alors qu’une vague amorphe de zombies erre dans la capitale. On sent la colère de l’auteur, mais aussi tout l’amour qu’il porte à cette ville (cf son interview)

Entre roman social et thriller, PariZ permet de voir les clodos de Paris sous un autre jour. On suit l’histoire avec intérêt, on s’attache aux personnages. Un premier roman qui va droit au but !

PARIZ
AUTEUR : RODOLPHE CASSO
EDITIONS  : CRITIC