SOS FANTÔMES / GHOSTBUSTERS

ghostbusterA New-York, de plus en plus de phénomènes paranormaux se manifestent. Des fantômes apparaissent un peu partout en ville. Peter Venkman, Raymond Stantz et Egon Spengler, chercheurs universitaires, se dressent face à la menace spectrale.

SOS Fantômes (ou Ghostbusters) est avant tout un film d’Ivan Reitman (Président d’un Jour, Jumeaux), sur une idée de Dan Aykroyd. On connaît le succès public, les suites, les séries animées, mais qu’en est-il de la novelisation ? Sous ce titre se cache l’adaptation en roman d’un autre média (jeux vidéos, films, série télévisée, etc). Dans les genres qui nous intéressent, Alan Dean Foster en a écrit quelques unes mais on peut citer aussi George C Cesbro pour Crying Freeman. Quant à Jason Dark, l’auteur de la novelisation de SOS Fantômes, il est surtout connu en Allemagne pour le personnage du détective privé John Sinclair.
Une novelisation se doit d’adapter en écrit ce qu’on voit à l’écran. Le résultat n’est pas toujours réussi, mais dans le cas de SOS Fantômes, c’est un véritable navet. Pourtant, tout commençait bien. Les différentes scènes collent au film, on retrouve avec plaisir les personnages. Malheureusement, le tempo du roman (224 pages) n’égale pas celui du film (105 minutes). Toutes les actions s’enchaînent et petit à petit, on s’éloigne du scénario. Des lignes de dialogues sont rajoutées, des scènes sont imaginées ou mal retranscrites. Le personnage de Bill Murray devient un odieux profiteur qui ne pense qu’à séduire, celui d’Harold Ramis, un scientifique qui ne s’intéresse qu’à la science. Quant au personnage de Dan Aykroyd, s’il est présent, il n’est pas développé… Les effets comiques de Rick Moranis ne fonctionnent pas, etc.

La plupart des novélisations ne sont pas des succès. Au mieux, elles surpassent la qualité de l’original, mais la plupart du temps, c’est un honnête divertissement. Dans le cas de SOS Fantômes, on s’ennuie, certaines scènes font peur au lieu de faire rire.. Bref, une novélisation à éviter.

SOS FANTÔMES/GHOSTBUSTERS
AUTEUR : JASON DARK D’APRES LE FILM D’IVAN REITMAN
EDITEUR : M.A EDITIONS

LUNE D’ARGENT SUR PROVIDENCE

lune-dargent-sur-providenceProvidence est une petite ville tranquille, jusqu’au jour où un meurtre est commis. Pour le shérif, c’est le début d’une longue affaire. Si seulement, on le laissait tranquille. Mais le maire qui demande des comptes, Miss Gattling, qui est aussi belle que dangereuse et ce chien « qui pue comme deux cochons »… L’affaire allait être longue !

On connaît Eric Herenguel pour la série Krän, sa participation à Balade au Bout du Monde ou Légendes de Troy. Quand l’auteur décide d’entamer un album personnel, il utilise un univers très codifié : Le western. Au lieu de respecter scrupuleusement les règles, l’auteur joue avec les codes pour nous donner un western féministe et fantastique. Malgré la place de monstres dantesques, de scènes violentes, la mise en scène, leurs rôles fait plutôt penser au fantastique qu’à l’horreur pure.
L’auteur s’amuse à inverser le rôle des personnages : Un shérif trop beau, une jeune femme sûre d’elle et armée (donc deux fois plus dangereuse dixit l’auteur), un tueur séduisant,etc. On s’amuse beaucoup pour toutes les ambiances qu’on rencontre. Tantôt bucolique, dantesque, fantastique, Eric Herenguel passe d’une ambiance à une autre en douceur.
Malgré une histoire western-romance-humour-avec des monstres et de la philosophie, personnages et ambiances tiennent sur la longueur; Quant au dessin, Eric se surpasse ! Dans sa postface, il raconte son amour du western, sa ceinture fabriquée par son papa et ses recherches. Il s’est « amusé » à mélanger plusieurs choses. D’un côté, nous avons tous ces détails qui rendent le dessin véridique, de l’autre, le graphisme des armes à feu et comment elles sont liées aux Etats-Unis. A l’opposé, les héros semblent propres, beaux, comme sortis d’une carte postale, ou d’un film. Pensez-vous que l’auteur allait s’arrêtez là ? Il dessine des gueules, des horizons mystérieux, et ces monstres, si organiques qu’ils deviennent presque sympathiques.

La seule façon de connaître et d’appréhender Lune d’Argent sur Providence, c’est de se procurer le coffret. il permet de ne pas attendre l’achat-le prêt (rayer la mention inutile) du second tome. il faudra attendre un peu avant qu’Eric nous montre son dernier projet : Kong Crew. Autant en profiter pour découvrir sa bibliographie et son style inimitable.

LUNE D’ARGENT SUR PROVIDENCE (COFFRET)
AUTEUR : ERIC HERENGUEL
EDITEUR : VENTS D’OUEST

cette chronique a été faite pour le mercredi de la semaine, vous trouverez les autres participants sur le blog de Stefie.

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MIR : SEPTEMBRE

auteursSous cet acronyme se cache les Mercredis de l’Imaginaire Rennais.

Ca se passe tous les deuxièmes mercredis du mois à L’Heure du Jeu. Une rencontre entre passionnés mais aussi simples curieux autour des littératures de l’imaginaire, en partenariat avec la librairie Critic.

Mercredi dernier, à l’Heure du Jeu, la salle était pleine. Les invités étaient au nombre de trois : Mathieu Gaborit, Nicolas Fructus et Raphaël Granier de Cassagnac. Si la soirée était consacrée à la parution de La Confrérie des Bossus, Xavier (de la librairie Critic) et les auteurs ont pu élargir la conversation.
La confrérie des Bossus est le dernier né de l’univers des Crépuculaires. Quand on pense que tout a commencé il y a 20 ans, aux éditions Mnémos… Les auteurs ont mené à bien des projets collaboratifs (Jadis, Abyme) tout en avançant leur carrière. L’univers du jeu de rôle (dont les invités sont issus) n’est pas innocent dans tout çà. Il permet de construire un univers. Mathieu Gaborit a rappeler l’importance de travailler son univers, de le rendre réel, sans pour cela s’enfermer dans les codes. Raphaël a renchéri avec la science-fiction : L’auteur doit inventer une technologie à partir de la réalité.
Quant à Nicolas Fructus, son univers est vaste puisqu’il travaille l’écriture et l’image. S’il dit qu’il s’immisce dans les illustrations, les invités n’oublient pas de préciser que la patte graphique de Nicolas est une vision architecturale. Elle permet de donner une vision cohérente.livres

Les différentes réflexions ont permis  de montrer l’importance du travail sur les univers, l’écriture qui peut être un accouchement dans la douleur et cette passion qui les anime, malgré tout. Une soirée chaleureuse qui permettait de commencer autrement la rentrée. Prochaine rencontre des Mercredis de l’Imaginaire Rennais : Les éditions ActuSF.

CONFESSIONS D’UN ENRAGE

confession-dun-enrageLiam n’a que quatre ans quand il est victime d’un chat atteint de la rage. Grâce à l’intervention des médecins, le petit garçon semble sauver, mais pour Liam, c’est autre chose. Il sent le chat dans son corps, la violence qui veut sortir. Quand enfin, elle s’immisce à l’extérieur, Liam devient incontrôlable.

La couverture, aussi étrange qu’elle soit, ne donne qu’un doux aperçu du livre. Nicolas et Verane Otero décrivent l’enfer que va vivre Liam pendant des années, atteint d’une rage. A l’extérieur c’est un garçon bien, sans reproches, mais à l’intérieur, un chat essaie de sortir. Dans ces cas-là, l’animalité refait surface et plus Liam attend, plus l’animal est violent. Pour essayer de garder la raison et empêcher le chat de sortir, il va tout essayer, mais pas toujours avec succès. Pour donner une explication au comportement de Liam, un scientifique intervient au fil des pages. Il explique la rage, la façon d’être de Liam, mais nous, lecteurs, savons ce qui ne va pas. Liam a un chat à l’intérieur de son corps.
Pour transposer tout le mal-être de Liam, les auteurs n’hésitent pas à utiliser tous les artifices du graphisme. Tout à tour, joli, inquiétant, clinique voire horrible, le dessin de Nicolas Otero ne laissera personne indifférent. Le comportement animal de Liam se traduit par l’ajout d’une queue, de griffes et de moustaches. Une originalité qui pourrait faire passer Lima pour un gentil matou. Il n’en est rien. Sous cet aspect, il reste tranquille jusqu’à ce que la bête s’éveille.
Le choix des couleurs est toujours important. Avec Valerane Otero, la palette est large. Ambiance fantastique, rétro, horrible, tout sera mis à la disposition du lecteur pour décrire l’histoire de Liam. Un dessin (graphisme et couleur) qui prend aux tripes.

Tour à tour récit clinique (Liam est-il fou ?),  récit fantastique,  voire déchéance humaine Confessions d’un Enragé est un récit qui vous laissera sa marque. On en ressort pas indifférent du combat de Liam.

CONFESSIONS D’UN ENRAGE
AUTEUR : NICOLAS OTERO
COULEURS ET ILLUSTRATION DE COUVERTURE : VERANE OTERO
COLLECTION : 1000 FEUILLES
EDITEUR : GLENAT

TOUSSAINT 66/99

toussaint-66-99Avec le décès de sa mère, Toussaint Polignac rentre en France après quinze années d’absence. Mais il s’étonne quand les dernières volontés de celle-ci lui demande de disperser ses cendres… Au Congo ! Toussaint reprend la route. Au fil du voyage, il rencontrera son passé, ses racines…

Toussaint 66 est le premier album de Kris et Julien Lamanda. On entrevoit le scénariste que sera Kris (histoire, ambiance et dialogues), on s’étonne devant la maturité graphique de Julien Lamanda. Si les deux auteurs ont des chemins différents, Toussaint 66 aura marqué la mémoire. Pour l’association L’Atelier des  Violons Dingues (1), la première marche est atteinte. Deux de leurs membres ont réussi à faire paraître un album. Ils remporteront le prix lycéen du meilleur premier album au festival d’Amiens.
Le concept de l’album était délicat (raconter le voyage intérieur d’un homme à travers un voyage africain, avec comme passager l’urne funéraire de sa mère), mais Kris ne s’attarde pas sur la peine humaine. Il fait rire, grincer des dents, émouvoir, que ce soit par la situation ou les dialogues. Il mélange les rencontres cocasses, les clichés sur l’Afrique et ce continent qui garde sa part de mystère, de magie. Pour l’accompagner, Julien Lamanda utilise un style semi-réaliste. Un style qui s’associe parfaitement au texte : mi-grave, mi-humoristique. Son travail sur le noir et blanc est fabuleux et le découpage , pour un premier album n’a pas à envier les plus grands. Les éditions Delcourt ne sont pas trompées en éditant Toussaint 66 dans la collection « Encrages »
Mais tout livre à une vie qui se finit. Depuis plusieurs années, les lecteurs essayaient de retrouver cet album. En mai 2016, les éditions Sixto offrent une nouvelle vie à Toussaint Polignac. Est-ce juste une ré-édition ? En fait,Sixto ajoute un « prologue » et une fin. Un album qui permet de boucler la boucle, mais comme le dit Kris : »… Cela devrait s’achever. Mais avec Toussaint Polignac, allez savoir ». Quant à Julien Lamanda, en artiste, il se permet quelques retouches, que le lectorat remarquera, ou pas.

Toussaint 66/99 permet de redécouvrir le premier album de deux auteurs brestois. Loin de toucher uniquement le cœur des concitoyens, l’album s’attache à des valeurs universelles. Plus de dix ans après sa parution, la magie fonctionne encore. Les bonus permettent de « terminer » l’aventure, en suivant les nouvelles créations des auteurs et du repreneur de l’édition : Sixto

TOUSSAINT 66/99
AUTEUR : KRIS
DESSIN : JULIEN LAMANDA
COLLECTION : L’AVVENTURA
EDITEUR : SIXTO

(1)L’Atelier des  Violons Dingues était une association brestoise qui promouvait la bande dessinée. A travers un fanzine, elle permettait à de jeunes auteurs de publier. On pouvait y retrouver Obion, Gwendal Lemercier, Mike, Josselin Paris, etc. Depuis, plusieurs membres ont publié.

Cette chronique a été publié dans le cadre de la BD de la semaine. Vous retrouverez les autres participants chez Noukette.

 

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LE BON GROS GEANT

Ce document a été créé et certifié chez IGS-CP, Charente (16)

Une nuit à l’orphelinat, alors qu’elle lit un livre, Sophie aperçoit une ombre dehors. Une immense main, des grands pieds, une tête qui la dépasse… C’est un géant. Malheureusement, il l’a vu et il la kidnappe. Emmenée au pays des géants, elle se rend compte que son ravisseur n’est pas ordinaire. Il souffle des rêves dans la tête des enfants et il est végétarien…

Comment ne pas tomber sous le charme des textes de Roald Dahl ? L’auteur britannique s’est fait connaître avec Charlie et la Chocolaterie, James et la Pêche Géante et bien d’autres… Il met toujours en scène des enfants qui arrivent à démener des situations difficiles et toujours avec humour. Pour Le Bon Gros Géant, la situation est double. D’un côté Sophie veut rentrer dans on pays, de l’autre, le Bon Gros Géant doit arrêter les exactions de ses congénères (d’autres géants méchants et plus forts). Pour améliorer une situation quelque peu dramatique, l’auteur a quelques idées loufoques : le Bon Gros Géant s’embrouille dans son vocabulaire, la frétibulle est une boisson qui provoque des flatulences, les rêves sont soufflés par une trompette… L’ensemble égratigne la gentillesse, la grammaire et le politiquement correct, mais il reste l’indispensable : Ça fonctionne ! On suit avec plaisir les aventures de ces deux héros, on essaie de traduire les phrases du géant, pour le plus grand bonheur du lecteur ! Quant à la petite « leçon de morale », Roald Dahl l’assène de la meilleure des façons, je vous laisse la surprise. En résumé, il dit qu’un cancre peut réussir.
Ce court roman fonctionne sur différents registres. Les contes, le monde moderne, l’amitié entre deux personnes différentes. Avec son humour et son insolence, l’auteur fait passer plusieurs images qui pourraient ne pas être correctes, mais tout le monde n’est pas Roald Dahl. Les jeunes lecteurs (et les moins jeunes) vont adorer ce texte qui joue si bien avec le vocabulaire. A ce propos, on pourra signaler le travail formidable du traducteur, Jean-François Ménard. Son texte est limpide, drôle et les idées nombreuses.
On ne peut refermer un roman de Roald Dahl sans parler de Quentin Blake. L’illustrateur sait montrer tout son talent dans les textes des grands auteurs britanniques. Son trait est sûr, va à l’essentiel et pourtant, invite à l’imagination. Là encore, c’est un régal d’associer texte et images.

Récemment adapté à l’écran par Steven Spielberg, Le Bon Gros Géant reste un grand classique de la littérature enfantine. C’est insolent et humoristique et pourtant, on n’oublie pas les valeurs telles que l’amitié. Trente ans après sa publication, Le Bon Gros Géant n’a rien perdu de sa richesse.

LE BON GROS GEANT
AUTEUR : ROALD DAHL
ILLUSTRATEUR : QUENTIN BLAKE
TRADUCTEUR : JEAN-FRANCOIS MENARD
COLLECTION : GRAND FORMAT LITTERATURE
EDITEUR : GALLIMARD JEUNESSE

LA SAGA DU JOURNAL TINTIN

la-saga-du-journal-tintinLe 26 septembre 1946, l’hebdomadaire belge Tintin naissait. Pendant plus de quarante ans, il va évoluer au fil des auteurs et des lecteurs. Pour les 70 ans de sa naissance, Paris-Match lui consacre un hors-série.

Il est étonnant de voir les figures d’illustres personnages de bande dessinée en couverture de Paris-Match. Surtout quand on connaît la parodie évoquée dans Les Bijoux de la Castafiore. Ce ne sont pas moins de 112 pages consacrées à l’illustre journal (version française et néerlandaise). On pouvait craindre un documentaire qui raconterait, en surface, la vie du journal, mais il n’en est rien. Autour d’Olivier Royant, directeur de la rédaction, ce sont 13 hommes qui racontent cette incroyable saga. S’ils ne viennent pas tous du monde de la bande dessinée, ils vont permettre d’enquêter en profondeur sur le journal Tintin.
En effet, à contrario d’un « simple » documentaire consacré à l’hebdomadaire, les auteurs vont s’intéresser à tout ce qui fait le journal. Création, naissance des héros, anecdotes, mais aussi un parallèle série/époque voire tendance politique. Tout n’est pas rose dans le monde de la bande dessinée et les différents portraits montrent un univers dur où culture-finance-politique s’affrontent. Des zoom sur les genres, la classe moyenne, l’heroic fantasy au cinéma, s’entre-calent comme autant de documents d’époques.

La Saga du Journal Tintin porte bien son titre. Au fil des différentes évolutions, il a su s’adapter et ne pas être « qu’un journal de bd ». Une parution qui est un formidable parallèle à La Grande Aventure du Journal Tintin.

On ne pourrait conclure cet article sans préciser que le 26 septembre, c’est la date d’anniversaire, des éditions du Lombard, du personnage de Corentin (d’après Cuvelier et Greg) et l’auteur de ces lignes.

LA SAGA DU JOURNAL TINTIN
AUTEURS : COLLECTIF
EDITEUR : HACHETTE-fILIPACHI ASSOCIES