LES AVENTURES DE MICHEL SWING (COUREUR AUTOMOBILE)

michel swingAvec 233 victoires et 6 titres de champion du monde, Michel Swing est le meilleur pilote de sa génération. Malheureusement, d’étranges incidents semblent démontrer que quelqu’un en veut au talentueux pilote. Heureusement, l’agent Bright du FBI est là pour mener l’enquête et protéger Swing et ses proches de tout danger potentiel (et ils sont nombreux).
UN CONCEPT OSE

Si Pascal Jousselin a reçu le prix ACBD Jeunesse pour Imbattable, si Brüno montre une partie de son talent dans Tyler Cross, il ne faudrait pas oublier le concept de bande dessinée qu’ils ont créé il y a 15 ans. Les Aventures de Michel Swing est une bande dessinée improvisée. Sur le modèle du cadavre exquis, chacun dessine une page avec les contraintes imposées. Pas de concertation, pas de scénario établi. Au fil des pages, les contraintes vont évoluer : Le nombre de cases d’une page tirées au hasard d’un dé à 20 faces, une page laissée à un ami dessinateur passant dans le coin, arrêter l’histoire à la page cent…etc. Autant de règles qui pouvaient accoucher d’un désastre.

UN CONCEPT DELIRANT

Au contraire ! Dans cette parodie de Michel Vaillant sous stimulants et hallucinogènes, les auteurs accouchent d’une bande dessinée totalement absurde et assumée. On rencontre un maître du crime, des ninjas, des plans diaboliques, des situations incongrues et pourtant, ça fonctionne ! Quant aux personnages, ils sont sortis de séries d’actions mélangées aux soap-operas, c’est dire le cocktail. Avec virtuosité, Pascal Jousselin et Brüno décident du destin de Michel Swing et de ses compagnons. Chaque question trouvera sa réponse, chaque énigme sera révélée et avec le plus grand sérieux. Résultat : Le lecteur éclate de rire devant les mimiques des personnages et les situations loufoques. Si les deux auteurs n’ont pas le même trait, ça n’a pas d’importance, leurs styles se rapprochent et l’histoire est facilement lisible.

UN CONCEPT GAGNANT

Les Aventures de Michel Swing va durer trois ans. Devant le succès rencontré, les auteurs vont mettre en place un site Internet, une inscription par mail, puis faire paraître un recueil. C’est ce dernier qui est aujourd’hui chroniqué. Plus de dix ans après le dernier coup de crayon, le système fonctionne encore. Une raison supplémentaire de se le procurer et de découvrir les œuvres de chacun !

LES AVENTURES DE MICHEL SWING (COUREUR AUTOMOBILE)
AUTEURS : PASCAL JOUSSELIN-BRÜNO (plus des auteurs invités)
COLLECTION : TREIZE ETRANGE
EDITIONS : MILAN puis GLENAT

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CHER FRANCOIS

cher-françoisPendant un an, Louison a suivi le Président François Hollande. Des instants courts où chaque mot à son importance. De ses rendez-vous en coulisse, ou en public, la jeune femme a retenu l’humour, la perspicacité et s’est donnée du mal pour que cette bande dessinée soit normale.

Une création unique

Généralement, quand une œuvre est pré-publiée, elle n’est pas retravaillée lors de l’édition finale. Louison n’a pas tenu compte de la charge de travail, ni des nuits blanches supplémentaires. Toutes ses planches sont extraites de la rubrique hebdomadaire Cher François dans Grazia. Pour la publication chez Marabout, elle n’hésite pas à retravailler toutes les planches. Pour ceux qui aiment collectionner, il y a donc deux éditions de Cher François : Celle du magazine (collector ? ) et celle des éditions Marabout !

Un duo d’enfer !

Pendant son mandat, beaucoup de personnes ont critiqué l’attitude de François Hollande. A sa manière, Louison montre la fonction du Président de la République et le respect de celui qui a endossé la fonction pendant cinq ans. Si le duo était clownesque, elle serait l’auguste. Louison se met en scène mais entre ses mimiques, ses propos subtils pour savoir si le président va se représenter, ses sms envers le chef de l’état, on rit beaucoup. Ce rire permet de désarmer le côté sérieux, procédurier, important de ce qu’aurait pu être Cher François. Elle n’oublie pas pour autant de dire ce qu’elle pense, d’autant plus qu’elle avait carte blanche ! Les deux personnages se respectent et ça se ressent. La connivence se remarque et permet quelques échanges savoureux.

Une bande dessinée normale ?

Pour tout amateur, une bande dessinée « normale » serait une 48 CC. Elle aurait 48 pages, elle serait cartonnée et en couleurs. Si les deux derniers standards sont confirmés, le premier est loin de l’être. Cher François contient près de 200 pages. Pour mesurer l’ampleur du travail, la rubrique de Grazia était hebdomadaire, elle ne comportait que 4 cases et elle fut diffusée pendant 1 an. Autant dire que Louison a tout redessiné. Ce pavé montre les coulisses du palais de L’Élysée, de la vie du président… Une vie presque normale, croquée par une autrice talentueuse. Il y a des gaufriers à 4 cases, des pleines pages, des bulles qui prennent l’espace… Toute la technique de bande dessinée est présent.
Comme nous sommes dans l’humour, Louison n’hésites pas à accentuer le trait et pour ceux qui la suivent sur les réseaux, elle a glissé quelques clins d’oeils.

Cher François est à l’opposé d’un livre politique, d’une bande dessinée sur la politique (quoique), mais elle permet de nous intéresser à celui qui dirige notre pays. Sans concession et avec beaucoup d’humour Louison réussit cet exploit. Et tout cela pour une première bande dessinée. Autant dire qu’on a hâte de suivre les prochaines parutions !

 

CHER FRANCOIS
AUTRICE : LOUISON
AVANT-PROPOS : FRANCOIS HOLLANDE
COLLECTION : MARABULLES
EDITIONS : MARABOUT

LA GRANDE GUERRE CONTRE LES OS

grande-guerre-osAu Paléolithique, Ock est un fier chasseur du clan de la Falaise de l’Ours. Revenant de chasse, il combat des créatures uniquement faites d’os. Celles-ci sont particulièrement belliqueuses et ravagent tout sur leur passage, y compris le clan d’Ock. Où sont les survivants ?

Voilà une collection qui mérite le détour. Alors qu’en cette période de consommation effrénée, les livres frisent le millions de signes, l’éditeur Le Carnoplaste propose un concept surprenant. Robert Darvel rêve un titre, Fred Grivaux propose une illustration et un auteur compose une nouvelle avec cette double contrainte. Vous ajoutez à celà des « sujets subtiles« , dixit l’éditeur, des textes de longueurs moyennes et un façonnage à l’ancienne. Ce fascicule est vendu à un prix modeste. Autant en profiter.

Pour le 12ème numéro, c’est l’auteur Thomas Geha qui nous fait remonter le temps. Un récit préhistorique avec des zombies. Pour la véracité historique, il faudra repasser (quoique personne n’est aller vérifier). On prend beaucoup de plaisir à suivre Ock à la recherche de son clan. Au delà des combats réjouissants et sanguinolents, l’auteur nous construit une histoire épique avec son lot d’émotions et des personnages attachants. Outre l’aspect fantastique, La Grande Guerre Contre les Os est réaliste. Il n’y a pas de dinosaures, les personnages réfléchissent peu et parlent par gestes. La période semble précise (fin de la glaciation) et amène son lot de problèmes. Quant aux « os », ils ne ressentent rien, sont presque indestructibles et leur aspect est dérangeant. Autant de points qui les fait paraître dangereux.

Un récit de zombies dans la préhistoire aurait pu tomber dans une parodie, un n’importe-quoi quelconque. Avec les contraintes imposées, Thomas Geha crée un récit palpitant. Les amateurs de zombies, de récits historiques, tout comme ceux de séries b se régaleront dans cette histoire originale !

LA GRANDE GUERRE CONTRE LES OS
AUTEUR : THOMAS GEHA
TITRE : ROBERT DARVEL
ILLUSTRATEUR : FRED GRIVAUX
COLLECTION : AVENTURES
EDITIONS : LE CARNOPLASTE

MIR : ERIK L’HOMME

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Erik L’Homme et Xavier Dollo (librairie Critic)

Pour le MIR de novembre, la librairie Critic recevait Erik L’Homme. La soirée était consacrée à son parcours et ses œuvres.

Il s’est souvent demandé quelle était la raison de son passage sur terre. La réponse la plus évidente : Ecrivain, mais il n’avait pas une date. Il a toujours eu le plaisir d’écrire, de raconter des histoires.

Erik L’Homme n’était pas un grand supporter de l’école, mais il a appris une chose durant cette période. L’importance de l’amitié. S’il a mené de longues études (maîtrise d’histoire et doctorat en sciences sociales), celles-ci se sont faites sur plusieurs périodes. Il a souvent voyagé, entre autres dans une « chasse » à l’homme sauvage dans les montagnes du Pakistan. Ce récit, il ne pourra le mettre en écrit que 20 ans après, quand il aura pu décrire de manière lisible les aventures que lui et ses amis ont vécu (Des Pas dans la Neige).

En rentrant en France, il lit un livre (L’Homme du 5ème jour) qui reprend la trame de son voyage. Si l’auteur n’a apparemment pas voyagé au Pakistan, il est emporté par les mots de celui-ci. C’est Jean-Philippe Arrou-Vignod. les deux hommes se rencontrent et sympathisent. Jean-Philippe propose à Erik de lire son prochain manuscrit. Ce dernier sait qu’il n’a pas droit à l’erreur. Est-ce le destin ? A ce moment, c’est le début de la folie Harry Potter ! Erik écrit un univers qui serait une réaction à la série britannique :  » faire la même chose mais différemment » . La réponse est : Qadehar Le Sorcier, premier tome de la trilogie, Le Livre des Etoiles. Non seulement le livre est accepté mais, il sort tout de suite en grand format, ce qui ne se fait pas jusqu’alors. La série remporte un grand succès. Erik est lancé. A partir du moment où Gallimard accepte son manuscrit, il arrête ses études de doctorat. Il ne veut pas arrêter son rêve d’enfant !

Si la suite est connue, elle n’est pas de tout repos. Il s’aperçoit que son éditeur n’est pas un lecteur des genres (fantastique, fantasy, science-fiction). Il ne veut pas faire du commercial, il désire changer de genre (ce qu’il a toujours fait) : Sa deuxième trilogie, Le Maître des Brisants sera un space opera, mais le succès est moindre. Il sent que son éditeur le lache. En réponse, Erik écrit la série Phaenomen, un thriller fantastique, pour les adolescents. Le succès est au rendez-vous.

Pendant les différents salons, il se lie d’amitié avec Pierre Bottero. Les deux hommes imaginent un jour avoir un roman en commun. Ce n’est qu’à la fin de la trilogiue Phaenomen, qu’Erik propose un embryon d’histoire à Pierre. Les bases de la série A comme Association vont se construire pendant une longue nuit. Seule question : Chez qui l’éditer ? Après maintes réflexions, les deux hommes proposent à leurs éditrices respectives de collaborer. Les deux femmes se connaissent et s’apprécient, elles acceptent. Le principe : Dans un même univers, les aventures de deux personnages (un jeune homme, une jeune femme) qui affrontent seuls ou ensemble des péripéties paranormales. Chaque livre a son heros-ïne et son auteur. Les aventures d’Ombe (Pierre Bottero) et Jasper (Erik L’Homme) vont être stoppées net par la disparition de Pierre Bottero. Le dilemme est le suivant : Que faire ? Erik prendra le temps de réfléchir et continuera seul A comme Association. Lourde responsabilité d’écrire sans Pierre. Au terme des 8 tomes, il pourra, enfin, faire le deuil de son ami.

Terre Dragon est la fin d’un cycle. L’auteur veut clore 15 ans d’écriture jeunesse. On en a la preuve avec Nouvelle-Sparte. Le lectorat est plus adulte, les thèmes sont forts. Il montre un retour aux idéaux grecs, comme pour se prémunir des excès. C’est un roman unique, avec des personnages plus âgés, des changements de syntaxe, de temps, des néologismes…

2018 sera la naissance d’un nouveau roman : Déchirer Les Ombres. Un pari que l’auteur aborde confiant. Un roman tout en dialogues, un road-trip, édité chez Calmann Levy.

Au terme de cette soirée, on se dit qu’Erik L’Homme n’a pas fini de nous étonner. Son talent n’affecte en rien sa gentillesse. il a su rester proche des ses lecteurs et il répond tranquillement à nos questions.

EMMA G. WILDFORD

emmaSi Emma n’a pas 20 ans, son caractère fait d’elle une femme affirmée. Si ses poésies respirent la mélancolie, ses mots peuvent être aussi durs que la pierre. Alors qu’elle attend son fiancé, parti en Laponie, un songe lui fait avoir la conviction que celui-ci est en danger. Malgré les difficultés d’une expédition et le qu’en-dira-t-on de la société anglaise des années 20, Emma part en Laponie. Un voyage qui changera son horizon.

Ce qui attire le regard sur ce livre, c’est d’abord la couverture. Une jeune femme à l’ombre d’un arbre, pensive. Un bandeau en diagonale indique le titre de l’oeuvre : Emma G.Wildford. Le contour (un paquebot et une étendue) laisse à penser au voyage. On ouvre le livre, tel un bijou dans un écrin. L’objet est au milieu, il attend notre lecture (le procédé s’appelle la reliure suisse. C’était l’instant de l’imprimeur). Un bel objet avec des éléments témoins de l’aventure d’Emma (ticket, photos, lettres). Le futur lecteur ne pourra être qu’attiré par cet emballage.

A première vue, on pourrait croire à une histoire d’amour. L’héroïne allant voler au secours de son prince charmant. Malgré une époque où la femme ne peut pas faire grand chose, Emma réussit à monter une expédition. Des rôles inversés, en quelque sorte, mais une « simple » histoire d’amour ne semble pas convenir au scénariste Zidrou. De l’Angleterre au cercle arctique, l’auteur nous plonge dans une aventure où l’attitude rebelle et l’élan romanesque d’Emma vont être mis à mal. On y côtoie des hommes sûrs d’eux, des paysages magnifiques, de la poésie, de l’amour et une très légère note fantastique. Emma est sûrement une rebelle, mais c’est un étonnant portrait de femme, dans un récit tragique.

On ne le dira jamais assez, Edith est une fabuleuse artiste. Depuis 30 ans, elle manie ses pinceaux dans la bande dessinée et l’illustration jeunesse. Son graphisme et sa mise en couleurs sont aisément reconnaissables. Pour Emma G Wilford, l’autrice se surpasse. Celle qui disait ne pas savoir dessiner des immeubles modernes ou tout autre engin à moteur le fait avec aisance. Elle s’échappe de l’Angleterre victorienne (sa bibliographie se passe surtout durant cette époque) pour côtoyer, enfin, le XXème siècle. Devant nos yeux s’étalent des planches à l’ambiance tour à tour intime, ordinaire, spectaculaire.. Comme autant de tableaux d’une pièce de théâtre. Il serait dommage de ne lire qu’une fois le livre. Il se déguste pour le récit, les ambiances, les personnages. On ressent le plaisir de jouer entre Zidrou et Edith. Les situations textes/dessins sont tour à tour cocasses, drôles, mais jamais gratuites.

Si le rythme permet plusieurs retournements de situation, le talent de Zidrou, associé à celui d’Edith, permet un tempo lent « ma non troppo ». La lecture est douce et dès les premiers mots, nous sommes plongés dans cet univers.

Le public ne s’y trompe pas car l’album a reçu le prix de l’album de l’année au festival Bédéciné d’Illzach.

EMMA G.WILDFORD
AUTEUR : ZIDROU
DESSINATRICE : EDITH
COLLECTION : NOCTAMBULE
EDITION : SOLEIL PRODUCTION

NOUVELLE-SPARTE

Ce document a été créé et certifié chez IGS-CP, Charente (16)A 16 ans, Valère; jeune homme de la Nouvelle-Sparte va devoir affronter le rituel de la Kryptie. Pour lui et ses amis, c’est un moment important de sa vie. Malheureusement, les dieux en ont décidé autrement. Des attentats surviennent dans la cité. Qui en sont les auteurs ? Officiellement envoyé en Occidie pour exil-volontaire, Valère doit enquêter pour sauver sa cité…

Cette année serait-elle celle d’Erik L’Homme ? La trilogie Terre-Dragon parait en poche ainsi qu’une nouvelle édition du Livre des Etoiles. Côté nouveauté, son talent de conteur est associé au pinceau de Lorraine Bihorel dans l’album La Patience du Héron. Quant à Nouvelle-Sparte, C’est un autre univers.

Erik L’homme érige un univers qui s’appuie sur les règles des spartiates : une vie en communauté, des règles simples de vies, des cycles qui permettent de partager l’âge enfant/adultes. Pour mieux accompagner/perdre le lecteur, le langage utilisé ici est un mélange de néologismes (les amateurs de 1984 et Orange Mécanique apprécieront), de noms grecs. Si les premières phrases surprennent, le lecteur n’aura aucun mal à décrypter le sens des mots. Au-delà du conte, Nouvelle-Sparte montre un univers semblable au nôtre. On reconnaît les occidentaux, les orientaux, les nomades, ceux qui prêchent plusieurs dieux contrairement à ceux qui sont monothéistes. Sous la plume d’Erik L’Homme, il n’y a qu’une accusation, celle des préjugés, des clichés qui n’amènent rien de bon. Valère, élevé comme un nouveau spartiate en fera les frais lors de son voyage en Occidie. Les lecteurs remarqueront un parallèle entre un héros de la mythologie grecque et les aventures du personnage principal.
Loin des héros omnipotents, Valère à des faiblesses, il commet des erreurs. C’est ce qui le rend humain. Si les personnages féminins ne sont pas au centre de l’intrigue, elles ont un rôle important à jouer dans la narration. A ce propos, on peut souligner que les femmes de la Nouvelle-Sparte sont élevées comme les hommes ! A côté de personnages qui ont des liens d’amitié solides, Erik L’Homme bâtit des personnages qui doutent, qui remettent en cause la jeunesse pour ne voir que le bien commun.
L’histoire est simple, mais l’auteur glisse plusieurs réflexions (politique, philosophie, religion) qui demandera au lecteur attentif une interrogation sur sa vie. Si tout n’est pas parfait (le dénouement de l’intrigue peut être vu comme prévisible), on a plaisir à lire ce livre. On s’étonnera à relire L’Odyssée, visionner sa vieille cassette d’Ulysse 31, à relire 300 et à s’interroger sur notre monde égoïste.

L’auteur nous avait habitué à de la fantasy, Nouvelle-Sparte est de la science-fiction, le lectorat était celui de la jeunesse, nous voici devant des thèmes plus adultes… Que de nouveauté pour ce titre. Tout en mélangeant les mythes de L’illiade et l’Odyssée, il dénonce les méfaits de notre société (pouvoir corrompu, consumérisme) et montre les bienfaits des rencontres. Une nouvelle ère (révolutionnaire) pour l’auteur ? Le futur le dira, mais ce livre est à découvrir.

NOUVELLE-SPARTE
AUTEUR : ERIK L’HOMME
EDITIONS : GALLIMARD JEUNESSE

A écouter :  Rencontre avec Erik L’Homme
                      2eme rencontre avec Erik L’Homme

JACQUES FERRANDEZ A RENNES

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La semaine dernière, la librairie Le Failler invitait l’auteur Jacques Ferrandez à parler de son dernier ouvrage : Le Premier Homme. Arnaud Wassmer animait la rencontre qui se déroulait à l’espace Ouest-France. L’auteur a répondu aux questions pointus d’Arnaud Wassmer. Cette présentation fut agréable et permit d’en savoir plus sur les liens Ferrandez-Camus. Voici quelques morceaux choisis :

Si on connaît Jacques Ferrandez pour la série : « Carnets d’Orients« , il a souvent essayé d’adapté Albert Camus. Malheureusement, les ayants-droits et l’éditeur historique se montraient réticents. En 2oo8, la rencontre avec la fille d’Albert Camus permet d’adapter celui-ci en bande dessinée. La première adaptation fut L’Hôte, une nouvelle peu connue, mais que Camus adorait. Après le succès de cette adaptation, Jacques Ferrandez s’est attaqué à L’Etranger, puis au Premier Homme. Pour ce dernier, Après plusieurs refus de Nathalie Camus, cette dernière céda.

Le Premier Homme est le premier jet d’un roman posthume (l’auteur est décédé en 1960 et le livre fut publié en 1994, aux éditions Gallimard). La principale difficulté fut l’adaptation. Comme le dit Jacques Ferrandez : »Adapter, c’est supprimer certains passages du livre, c’est faire attention aux noms, puisque le langage à évolué « . Quant à son personnage principal, il ressemble à Gérard Philippe, car dans les années 50, Gérard Philippe incarnait l’Homme.
Pour mieux nous faire entrer dans le livre, l’auteur a déconstruit l’histoire. Il y a un jeu temporel/littéraire entre les périodes d’enfance et d’adulte.

Le principal lieu de l’intrigue se passe à Alger. Si l’histoire oscille entre les années 20 et 50, on peut encore aujourd’hui faire le parcours des personnages. Alger n’a pas beauocup changé.

Pour l’anecdote, un spectateur a souligné le parallèle entre l’accident de voiture survenu dans Le Cimetière des Princesses (Tome 5 de Carnets d’Orients) et l’accident d’Albert Camus mort suite à un accident de voiture. Jacques Ferrandez a apprécié cette anecdote, car il n’avait jamais fait le rapprochement…