RENCONTRE AVEC PIERRE ALARY ET RONAN TOULHOAT

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A l’occasion des deux premiers tomes de la collection Conan, rencontre avec les deux dessinateurs Ronan Toulhoat et Pierre Alary. On parle de l’équipe éditoriale, des récits de Robert E. Howard, mais aussi de François Pignon et de l’Agent 212,

Comment avez-vous connu l’univers de Robert E. Howard ?
Ronan Toulhoat: J’ai vu le film de John Milius dans la fin des années 1990, et ce n’est que fin 2013, que je décide de m’intéresser à la littérature américaine du début du XXème siècle. Je commence à lire du Edward Rice Burroughs (TarzanLe Cycle de Mars ndlr), du Robert E. Howard, je lis les Conan, etc. et un an après, Jean David Morvan nous approche Vincent (Vincent Brugeas, le scénariste ndlr) et moi, pour nous demander si on veut être sur le projet. On s’est dit qu’il y avait quelque chose à faire. Quand on s’est mis dans l’exercice de l’adaptation, on s’est frotté à un personnage quasi-iconique, mais tout en restant dans notre vision du personnage.

Pierre Alary : J’ai découvert Robert E. Howard quand j’étais ado, parce qu’à l’époque je lisais beaucoup de littéraire américaine néo-gothique : Hobson, Lovecraft, Howard, etc. Notamment grâce aux éditions Néo. J’ai commencé Howard avec Solomon Kane avant de lire du Conan, mais je ne les ai jamais relus, même avec les nouvelles traductions. L’auteur faisait partie de mon histoire, de ma culture.

Avez-vous lu Conan en bande dessinée ?
Pierre Alary : J’en ai lu en comics, mais que ce soit Barry-Windsor Smith ou John Buscema, je n’ai pas apprécié leur travail sur le personnage. Du coup, je me réfère plus à la littérature.

Ronan Toulhoat : Je n’ai jamais lu les comics. J’avais les illustrations de Frazetta en tête, mais je n’ai découvert le travail de Buscema que largement après. Rétrospectivement, quand on voit le travail qu’ils ont fait, Conan est déjà à l’époque une grosse licence, largement exploitée par les américains. C’est à remettre dans son contexte aussi. On va demander aux jeunes dessinateurs qui apprennent leur métier, de dessiner sur des licences comme celles-ci. Ils dessineront un ou deux épisodes et ils passeront à autre chose. Donc, je suis comme Pierre, je me suis plus attaché au texte, mais au final, ce n’est pas plus mal, car je restais dans l’image du Conan que je me projetais.

Maintenant que vous avez œuvré sur le projet éditorial de Conan. Que pensez-vous du personnage ? Quelle est cette vision européenne, voulu par Patrice Louinet (Co-directeur de la collection ndlr) ?
Pierre Alary :  Une vision graphiquement européenne…

Ronan Toulhoat : Comme le dit Patrice Louinet, avec ce texte, ce format, on revient aux sources de ce que voulait Howard pour son personnage de Conan. C’est Sprague de Camp qui a donné une chronologie aux nouvelles, pour que le personnage de Conan colle à l’image du self-made man à l’américaine. Le mec qui ne part de rien et qui devient roi. Pour Howard, ce n’est pas çà. Vincent, mon scénariste, compare le personnage de Conan à Francois Pignon. C’est une sorte de personnage type qui lui permet, dans son environnement de fantasy, de raconter plusieurs histoires avec le même personnage. Mais il y a certaines nouvelles où le personnage de Conan n’intervient pas. Il n’est que spectateur. C’était là qu’il était intéressant de travailler sur Conan et de se rendre compte aussi que ce personnage, c’est une sorte d’anarchiste. Il est contre la civilisation qui pervertit socialement et politiquement les hommes.

La civilisation d’Howard, elle est pervertie.
Ronan Toulhoat : Oui, c’est une vision nihiliste.

Pierre Alary : C’est la vision de son époque. C’est la projection du romancier.

Comme s’est passé la relation avec Patrice Louinet ?
Pierre Alary : On n’en a pas eu. C’était plutôt avec l’éditeur. Celui-ci faisait le lien entre la collection et nous. Il était là en amont.

Ronan Toulhoat : C’est plutôt les scénaristes qui ont eu des rapports avec lui. Vincent, comme Jean-David Morvan ont eu un mémo pour rappeler qui est Conan, ce qu’il faut faire ou pas. Pour Vincent, ce qui était dedans était assez évident. Quand il a lu les nouvelles, c’était ce qu’il s’était projeté, ça lui semblait assez évident. Pour d’autres scénaristes, ce rappel a du être nécessaire.

Avez-vous choisi le récit que vous avez illustré ?
Pierre Alary : Je n’ai pas choisi le récit mais j’ai choisi la position. A la base, je devais être sur un autre récit, écrit par Patrice Louinet. Le dessinateur prévu sur le récit de Jean-David Morvan s’est désisté et je me suis permis de me proposer sur le projet. Il a accepté et ça m’a permis de me retrouver dans le peloton des premières sorties plutôt que des dernières. Sur des séries au long terme comme celles-ci, ça peut être intéressant.

Ronan Toulhoat :  Quand nous sommes arrivés sur la collection, nous étions parmi les derniers et Glénat nous a proposé trois nouvelles. Elles ne nous plaisaient pas. Par contre, nous avions lu tout l’oeuvre d’Howard sur Conan et la nouvelle Le Colosse Noir nous intéressait. Elle n’était pas non plus dans le choix de Glénat. On leur a dit qu’on voulait travailler sur celle-là, sinon ce ,’était pas la peine. Ils ont accepté et on a commencé à travailler. La nouvelle regroupait plusieurs choses qui nous intéressait. Il y avait cette notion du personnage qui partait de rien pour devenir général du jour au lendemain. Il y avait cet aspect politique avec la princesse et ce côté très épique de la bataille. C’était la première fois que je me confrontais à une gestion de bataille. Ça me sortait de ma zone de confort. Je revenais aussi au franco-belge après pas mal de temps  sur du format comics, donc cet ensemble était intéressant.

Pierre Alary : De mon côté, comme Jean-David Morvan est le directeur de collection, je pense qu’il a choisi en premier. La Reine de la Côte Noire  n’est pas la pire des nouvelles de Conan, parce qu’il rencontre son seul grand amour. La faiblesse de Conan, c’est dans cette nouvelle. Par contre,  il y a une chose qui me plaisait bien, c’était les hyènes géantes. Jean-David Morvan ne les a pas mis et c’est dommage. Je les ferai dans le deuxième tome (rires).

Comment aborder une énième adaptation de Conan ?
Pierre Alary :  Il ne faut pas dessiner à la façon de Frazetta ou celle de Buscema, parce que c’est juste impossible. L’idée des directeurs de collection, c’était de prendre des dessinateurs avec des styles différents, pour que chacun le fasse à sa façon. S’ils avaient pris le dessinateur de L’Agent 212, Ils auraient voulu le voir avec un gros nez (rires). Il ne va pas se forcer à faire du réalisme. C’est l’idée aussi de la collection.

Ronan Toulhoat : Il faut se faire plaisir avant tout.

Comment s’approprier un personnage iconique qui puisse plaire aux lecteurs ?
Pierre Alary : On n’en sait rien. Les lecteurs auront le choix entre quinze Conan différents. Certains vont se vendre à quinze mille exemplaires et d’autres à deux mille.

Ronan Toulhoat :  J’ai vu sur les forums que certains n’aimaient pas mon Conan et préféraient celui d’Anthony Jean…

Pierre Alary :  Qu’ils achètent celui d’Anthony Jean (rires) !

Ronan Toulhoat : Ce ne sont que des one-shot. Ils ne sont pas obligés de prendre toute la collection.

Pierre Alary : Ce qu’il fallait éviter entre nous, c’était une compétition malsaine. Du fait qu’on n’ait pas été mis en contact, ça a fonctionné. Aucun ne nous n’est capable de citer les quinze équipes. On ne s’est pas montrés nos Conan respectifs en les comparant. Chaque équipe a un style différent. Ça permet d’éviter ce genre de conflit interne.

Ronan Toulhoat : Encore une fois, nous n’avions pas lu les comics. On n’était pas dans une sorte d’hommage à la manière de… On s’est fait plaisir avant tout et c’est le principal. Après la notion de se faire plaisir chez un auteur, c’est ce qui est ressenti par le lecteur. Il prendra aussi du plaisir à lire.

En tant que lecteur, est-ce que vous attendez un titre de la collection plus qu’un autre ?
Pierre Alary
:  Je ne connais pas les équipes, mais j’ai une bonne copine, Virginie Augustin, qui m’a montré ce qu’elle a fait. Ça a l’air plutôt beau… Comme d’habitude, on va dire (sourire).

Ronan Toulhoat :  J’attends de voir La Citadelle Ecarlate, dessiné par Etienne Leroux. Je suis curieux aussi de voir ce qu’à fait Didier Cassegrain.

Tous les deux vous avez travaillé sur des personnages mythiques : Sinbad le marin, Moby Dick, Philippe Auguste, Tancrède, Sherlock Holmes, etc. A quand des gens simples ?
Ronan Toulhoat : Au travers de ses personnages qui sont épiques, presque mythologiques, on essaie de raconter des histoires d’hommes simples, parce que ce sont des hommes avant tout.

Pierre Alary : Adapter des personnages « iconiques », c’est vrai que ça fait partie aussi du travail quand tu fais de la bande dessinée, c’est d’aller au-delà de l’ordinaire. En tout cas pour Ronan et moi, pas pour tout le monde. C’est comme faire du cinéma, de l’aventure, voir de l’extraordinaire. Si en plus,  tu as l’occasion de te frotter à des personnages qui font partie de la culture, c’est assez excitant. Tu te dis, que toi aussi tu fais partie de ta propre histoire. Pour Conan, je fais partie des personnages qui ont fait du Conan ! C’est génial !

Merci à la librairie Critic d’avoir permis cette rencontre ainsi qu’à la responsable événementielle des éditions Glénat.
Une interview enregistrée sous l’influence du fond sonore : La bande originale du film Conan Le Barbare par Basil Poledouris.

 

 

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RENCONTRE AVEC LES AUTEURS DE NARAGAM

A l’occasion de la sortie du troisième tome de Naragam, nous avons rencontré les auteurs de cette trilogie. On y parle surf, villes en ruines, Télérama et fantasy…

Mike et Michael Le Galli. Un grand, un petit, un brun un blond surfer… Les Laurel et Hardy de la bande dessinée ?

Michael : Essaie de te souvenir qui fait Laurel, qui fait Hardy. Il n’y a pas de petit dans ce duo, parce que Stan Laurel est grand et filiforme.  A l’opposé de Hardy, qui est corpulent. Tu fais le corpulent ?

Mike : Oui, je vais faire çà.. (rires). On ne le sait pas, mais Hardy était surfeur.

Michaël : On l’appelait Le Hardi ! (rires)

Si vous vous connaissez depuis de longues années, vous n’avez que deux collaborations ensemble. Pourquoi ?

Mike : Ce sont des collaborations au long cours. Naragam, c’est un projet qui dure depuis cinq ans . On a commencé les premiers croquis en 2013. Pour La Guerre des OGM, on a travaillé dessus pendant près de quinze mois.

Pour Naragam, qui a initié le projet ?

Michaël : C’est moi ! Quand je venais à Brest, je passais dire bonjour à Mike. S’il n’y avait pas les illustrations liées à Naragam, il avait des book remplis de dessins extraordinaires. On avait au moins quatre books avec ces personnages incroyables. D’ailleurs certains de ces dessins sont dans les recherches du premier tome. Un jour, je lui ai dit que j’empruntais ces books et qu’avec je ferai une histoire… Il a commencé à blêmir, il ne voulait pas que je parte avec (rires). Je voulais m’inspirer de ses personnages, de son univers graphique, pour raconter une histoire.

Mike : Pour la petite histoire, je n’ai pas tout de suite voulu

Michaël : Tu voulais optimiser ton rapport dessin/temps de réalisation, vu que tout était réalisé au crayon.

Mike : Çà c’était en 2011 et j’ai fait les Death Squad. Michaël est revenu à la charge après.

Michaël : Si Mike voulait recollaborer, j’étais partant pour voyager dans cet univers graphique.

Mike : Michaël m’a recontacté un été. Il avait une base d’histoire. Tu te souviens ? Il y avait un micro-synopsis écrit sur une page de Télérama,…

Michaël : … Que j’avais écrit à la plage (rires).

Mike : Il m’a demandé ce que j’en pensais. J’étais partant. Par contre, on pensait en faire un one-shot en noir et blanc.

Peut-on dire que c’est une co-création ?

Premières versions de Geön

Michaël :  C’est une création à partir de l’univers graphique de Mike.

Mike : Ça a été une création commune. On s’est nourri l’un et l’autre.

Mike : Ça s’est créé à partir de mes dessins. Il y avait une chose de Michaël aimait bien. Il appelait çà, les compressions. Ce sont toutes ces images de cadavres de titans. Dès les premiers échanges, il voulait organiser la bande dessinée autour de ces illustrations. Ensuite, l’histoire s’est étoffé autour de Geön, de Sajiral, etc…

Mike : Avec Michaël, on voulait quelque chose qui sorte de l’ordinaire. Pendant près de trois mois, je n’ai fait que des recherches de design.

Michaël : On voulait des pleine pages, des double-pages, On voulait retrouver l’univers graphique de Mike tout en évitant les poncifs de la fantasy : Nains, elfes, etc.

Mike  : Pour le personnage principal, Geön, on s’est inspiré d’un de mes autres livres d’illustrations : Bestiaire des Trois Terres.

Michaël : Geön était dessiné des milliers fois. Sur  270 pages, il était présent dans toutes les cases ou presque. Il fallait qu’on trouve un personnage qui puisse exprimer un certain nombre d’émotions graphiquement, mais aussi  qui soit rapide et facile à dessiner.

Mike : Je voyais un personnage rond, parce qu’on va plus facilement vers ce qui est rond, alors que Sajiral, c’est le contraire. Il est tout en longueur.

Michaël : Geön aurait été plus dur, plus sévère si on avait retenu la première version…. Quelque part, la personnalité de Geön a rejoint son physique. Il est devenu peut-être plus naïf que ce qu’il aurait pu être. C’est intéressant. Ça induit les événements, les réactions des personnages.

Il y a un troisième auteur : Josselin Paris. Il a fait les couleurs. Comment est-il arrivé dans cette aventure ?

Mike : Nous avions déjà collaboré ensemble sur l’album des  Death Squad paru aux Editions Delcourt , Josselin ayant réalisé les couleurs dudit album. J’avais beaucoup aimé son travail notamment au niveaux des ambiances, de la lumière dans certaines cases des Death Squad et j’avais vu aussi certaines de ses illustrations personnelles publiées sur son blog. Quand le projet Naragam a commencé à vraiment prendre forme, c’est tout naturellement que je me suis tourné vers lui. Dans mes souvenirs, Josselin avait dû coloriser trois ou quatre pages, plus la colorisation des croquis de personnages quand nous avions monté le projet. Josselin avait réalisé les essais couleurs sur les pages en couleur infographique avec un résultat très proche d’une technique d’encres aquarelles ou de peintures et cela m’avait immédiatement séduit. Et pas que moi je crois !

Michaël :  Il a fait un travail magnifique. Le dessin de Mike est si dense, si puissant qu’il est compliqué de faire des couleurs.

Mike : On en parlait encore récemment. Avec Josselin, nous passons beaucoup de temps pour les réglages, pour conserver le grisé du crayonné. Au niveau des teintes, il a proposé de bonnes idées. Quelquefois, j’avais des idées précises sur l’ambiance. Je faisais des captures d’écrans de films, par exemple. Par contre, il avait aussi des idées. Avec la page d’introduction du premier tome, il réussit à nous faire rentrer dedans rapidement.

Michaël : Sur les trois tomes, il y a une vraie progression. Une véritable adéquation entre les dessins et la couleur.

Mike : Le premier tome en a subi les frais. Il fallait se caler. Ensuite, on a retravaillé dessus ensemble.

Exemple de mise en couleur par Josselin Paris

Sur le dessin, on peut voir des influences de H.R.Giger, Mike Mignola, Frank Frazetta, Bernie Wrightson… Ce sont des ambiances sombres. Pourquoi être attiré par le côté obscur de la force (ndlr : La rencontre a été faite le 4 mai jour du Star Wars Day)

Mike : C’est une histoire de personnalité. C’est attirant. Il se passe des choses, on ressent une part de mystère. Ça permet aussi une sacrée marge de manœuvre dans la création. Le réalisme me fige complètement au niveau créatif. Dès que ça devient sombre, ça devient moins compliqué à faire. C’est un univers qui me porte énormément. C’est aussi pour çà que j’apprécie ce que fait Mike Mignola. Ses univers sont contrastés, c’est en noir et blanc. Quand je prends quelque chose de Mignola, je le prends en noir et blanc. Je suis aussi nourri à çà. Je lisais des illustrés comme Spectral, etc. Ça a du m’influencer.

Michaël, c’est un univers sombre que tu as voulu développer.  Comment raconter un univers sombre qui ne soit pas dépressif ? 

Michaël :  On y tombe ! Dans le premier tome, Geön est confronté à une forme de mélancolie. C’est comme une forme de dépression. Son personnage veut tout comprendre, tout savoir et c’est une quête sans fin, même s’il reste optimiste. C’est cette envie qui lui donne de l’énergie pour repartir, d’aller de l’avant, tout en ayant cette candeur. A la fin, il partage son savoir.

Tu avais déjà scénarisé de la fantasy, mais ici, il est question de dark-fantasy. Etais-tu un habitué de ce genre ?

Michaël : Oui. Je lis aussi bien la high-fantasy que la dark-fantasy. J’aime beaucoup ce genre et j’en lis régulièrement.

S’approprier l’univers graphique d’un auteur pour en faire un scénario, n’est-ce pas revenir à tes études : L’ethnologie ?

Michaël :  Non. L’univers est uniquement graphique, Il n’est pas nourri d’histoire, de culture, etc. A aucun moment, dans les books de Mike, il y a des indications qui permettraient de définir une culture. J’invente tout. La structuration de la société, les Derkomaï, les Twörb, etc. Je m’approprie l’univers graphique, mais c’est moi qui apporte l’univers narratif, celui dans lequel vont évoluer les personnages.

Mike, comment as tu ressenti, cet univers narratif à partir de ton univers graphique ?

Mike : Ça s’est fait naturellement, ça collait bien. Nous avons discuté ensemble sur les habitations, sur  les différentes races, mais il n’y a eu aucun problème particulier.

Michaël : Ensuite, il y a des choses étonnantes dans l’histoire. Certains moments auraient pu être différents. Par exemple, Mike ne voulait pas dessiner de ville….

Mike : … Ou alors… En ruine !

Michaël : Ou en ruine ! Ça induit le scénario. La cité de Drëk,… Mike ne voulait dessiner aucun habitant. J’ai du trouver une astuce. Finalement, cette solution est meilleure que la première version de l’histoire. où on visitait la ville. Souvent je partais des contraintes de Mike pour construire mon scénario.


D’où viennent l’origine des noms ? Pour Naragam, j’ai trouvé des origines indiennes, un satellite météo, etc…

Michaël : Nous sommes dans un univers imaginaire total donc je cherche et je me laisse dériver. Pour les Twörb, nous sommes dans les marais, donc c’est la tourbe, ensuite tu cherches quelque chose, une sonorité, une petite musique dans le nom…

Mike : Sajiral devait s’appeler Diabal. Michaël m’avait demandé mais je trouvais que ça sonnait trop comme « diable ». Il m’a proposé « Saji-râ » et je trouvais qu’il fallait garder la sonorité « al ». Maintenant, on trouve çà évident, les noms collent très bien aux personnages. Bròg, c’est génial, comme nom !

Michäel : Les noms viennent aussi comme çà.  Tu vois un animal,  tu cherches le nom latin, tu dérives la racine, etc.

Mike : Pour Bestiaire des Trois Terres, je cherchais des noms à consonances scandinaves. On regarde, on recherche, on s’inspire.

Tout le dessin se fait au crayon, donc un travail long et ardu. Pourquoi ne pas passer à une autre technique ?

Mike : Je n’aurai pas eu le même rendu. J’ai deux books. Le premier avec des dessins crayonnés, l’autre avec des dessins encrés et ce n’est pas la même chose. Je travaille au crayon papier, avec différentes valeurs de gris. Il y a plusieurs crayons. Je travaille avec des mines de 0,5mm et je les taille en biseau, pour avoir un rendu très fin. J’utilise aussi des mines de 0,3mm. Le rendu se rapproche de la gravure sur certaines pages originales, mais c’est très long. Pour gagner du temps, je travaille sur du petit format, le A4. Les double-pages, je les fais au format A3, mais ça demande quatre jours de travail.
Pour revenir à ta question, je n’aurai pas pu passer à une autre technique en cours de route, mais c’est çà qui avait séduit l’éditeur, la qualité des crayonnés.

RENCONTRE AVEC LES EDITIONS BLACK AND WHITE

bwEn 2012, une annonce sur Internet remue le cœur des bédéphiles. Une petite structure allait sortir l’intégrale de Photonik. Rencontre avec des passionnés.

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Vous pouvez écouter la rencontre complète

Ou la version découpée

Black and White, c’est quoi ?

Photonik, l’intégrale

Quel est le programme des éditions ?

 

Le site des éditions Black and White

Vous pouvez aussi écouter la rencontre sur YouTube

 

RENCONTRE AVEC ERIC HERENGUEL

Eric-HerenguelConnu pour son amour des moteurs, pour son vaste registre de séries, Eric Herenguel se dévoile entre un repas et des dédicaces.

Vous pouvez écouter l rencontre en entier

Ou en plusieurs morceaux

Pseudonyme, valeurs,  encrage (et Christian Rossi)

Auteur de bande dessinée, création et incidents techniques

Steampunk, féminisme réminiscence et chats

Et n’oubliez pas YouTube

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Vous pouvez suivre Eric Herenguel sur sa page Facebook, sur son blog

RENCONTRE AVEC BERTRAND GALIC

Bertrand-GalicBertrand Galic. La prononciation du nom sonne celtique. Pour le jeune auteur, la première publication est un défi : L’adaptation du chef-d’oeuvre de Pierre-Jakez Hélias :  Le Cheval d’Orgueil. Mais qui est Bertrand Galic. Interview d’un nouvel auteur, entre bande dessinée, histoire(s) et Bretagne.

Tu m’as donné rendez-vous au Tara Inn. Pourquoi avoir choisi cet endroit ?

Parce que le port de commerce m’inspire. C’est un des endroits de Brest que je préfère. J’aime particulièrement les ports et les places. On y trouve des ambiances particulières. Le port de commerce j’y viens depuis que je suis tout-petit. J’y suis venu avec mes grands-parents, mes parents et il y a cette ambiance, cet air particulier que j’adore.

Tu enseignes au collège Kerhallet et tu as crée une section bande dessinée. Qu’est-ce donc ?

Ca a été crée il y a trois ans. En gros, des élèves de cinquième racontent des histoires sur trois, quatre planches de bande dessinée en suivant le processus des professionnels : trouver l’idée, écrire le scénario, crayonner, encrer, mise en couleur, etc. On fait venir des auteurs dans la classe pour pouvoir échanger, pour avoir des conseils aussi. C’est un projet d’ouverture. Je pense que la bande dessinée peut amener à plein de choses, comme la lecture et le monde des arts en général.

Quand tu parles de ce projet et de la bande dessinée dans l’enseignement, tu cites Astérix, Alix… Pourquoi ne pas choisir des exemples plus récents ?

(Rires). Je ne sais pas où j’ai pu citer Astérix et Alix, mais c’est vrai qu’il existe des exemples plus récents. On peut citer Fabien Nury ou François Bourgeon qui m’ont marqué une époque aussi.

Tu fais partie de l’association Brest en Bulles, organisateur du festival de Loperhet (2eme festival de Bretagne). Qu’est ce que ca t’a apporté vis à vis de tes projets d’auteurs ?

J’ai eu des ouvertures, des échanges, des rencontres comme avec Marc Lizano (dessinateur sur Le Cheval d’Orgueil). Ca m’a donné envie de m’y mettre.

Es-tu prêt à passer de l’autre côté du stand, pour signer les dédicaces?

Oui, ça va, même si je ne me suis pas entraîné.

Pour toi, qui est Kris ? Un ami, un mentor, un maître qu’on va dépasser ?

Kris, je le connais depuis une vingtaine d’années. On était en faculté d’histoire ensemble. (On y a fait les 400 coups dans la fac et autour). C’est un collègue de travail, mais c’est d’abord un ami.

Kris et toi, vous êtes de Brest, vous avez fait la faculté d’histoire, vous avez deux enfants… Qui a copié l’autre ?

(d’un air faussement sérieux) On dira que c’est moi. Je suis le plus jeune.
(ndlr : Kris a répondu : C’est lui, je suis le plus vieux)

Tu enseignes l’histoire et tu la racontes. Comment la rendre crédible quand on sait qu’elle est écrite par les vainqueurs ?

Raconter les vaincus, c’est pas mal aussi.

Cette Histoire, n’est qu’une projection déformée de la réalité en bande dessinée. Comment ne pas la trahir ?

C’est quelque chose qui est difficile, qui pose beaucoup de questions. On a eu l’exemple avec Un Maillot pour L’Algérie (parution en avril 2016 aux éditions Dupuis). Je pense que l’essentiel est de ne pas trahir, de conserver l’esprit. On va commettre des petites erreurs, même avec beaucoup de documentation, mais l’important c’est de ne pas trahir l’esprit.

Des futures parutions, une partie est en co-scénario avec Kris, l’autre est de ta plume. Quel est le plus facile ?

Les deux sont faciles et difficiles en même temps. Ce n’est pas le même travail. On se posait la question avec Kris, il y a quelques jours. On se disait qu’on ne gagnait pas forcement du temps à travailler à deux, mais au final, les dialogues, le récit semblent plus justes. Les lecteurs nous le diront.

Si les différents thèmes qui ressortent de ces futures parutions sont le voyage, les histoires, la Bretagne (voire Brest), on ressent un côté social, militant. Est-ce un hasard ?

Non, ce n’est pas un hasard. Je pense qu’on pourra dire plus tard que j’ai été quelqu’un d’engagé dans mes écrits. J’ai toujours été au sein d’associations depuis que je suis assez jeune.

Comment vois tu l’avenir ? Auteur à temps complet ou enseignant et auteur ?

Je suis dans une phase de transition. Depuis deux, trois ans, j’ai réduit mon temps d’enseignement. Je ne sais pas trop encore. Ca dépendra de l’accueil des livres et j’aime bien être professeur. C’est une question difficile. Je ne peux pâs te répondre pour l’instant.

Le premier album qui sort c’est Le Cheval d’Orgueil. Au vu des différentes interviews, le projet semblait couler de source. Alors que c’est la seule adaptation en bande dessinée.

Ca aurait pu être difficile, mais nous avons eu un accueil enthousiaste des ayants-droits. On a rencontre Claudette Hélias à plusieurs reprises avec Marc. C’est la fille de Pierre Jakez-Hélias. On nous a fait confiance. On espère que le résultat ne les décevra pas.

J’ai lu qu’il y aurait une adaptation en breton ?

Il n’y a rien de sûr pour l’instant. Nous, on a très envie. Je pense que c’est partagé avec notre éditeur (Soleil) . Maintenant on discute et on croise les doigts.

Maintenant que la bande dessinée Le Cheval d’Orgueil va être une réalité. En fier représentant de la culture bretonne donc celtique, vas-tu porter le kilt ?

(Rires) Seulement si j’ai le droit de ne pas mettre de slip.

Merci à Bertrand Galic pour sa disponibilité et sa sympathie envers cette rencontre atypique.

RENCONTRE AVEC BABELIO

babelioPour la première fois, l’équipe de Babelio se rendait sur le festival Quai des Bulles. C’était l’occasion de les rencontrer. C’est Guillaume Teisseire, l’un des créateurs, qui a répondu à mes questions.

 

 

Vous pouvez écouter la rencontre en entier :

Babelio, un site littéraire

Babelio, un réseau tout support pour le livre

Babelio et la bande dessinée

Retrouvez la plateforme Babelio sur leur site

Merci à Guillaume et à son équipe d’avoir répondu à mes questions.

RENCONTRE AVEC JOËL PARNOTTE

maitre-armesCette année, à la suite de la lecture du Maître d’Armes, je me suis engagé dans un duo vidéo avec l’équipe d’Un Amour de BD. Nous avons rencontre le dessinateur Joël Parnotte. Il s’est montré très sympathique face à l’interview et nous a confié les secrets de fabrications de l’album ainsi que… Mais je vous laisse visionner la rencontre…
J’en profite pour remercier Joël Parnotte, les éditions Dargaud. Un grand merci à Jacques Viel (créateur du site Un Amour de BD) pour son invitation à participer et son travail sur la préparation et le rendu final.