RENCONTRE AVEC BERTRAND GALIC

Bertrand-GalicBertrand Galic. La prononciation du nom sonne celtique. Pour le jeune auteur, la première publication est un défi : L’adaptation du chef-d’oeuvre de Pierre-Jakez Hélias :  Le Cheval d’Orgueil. Mais qui est Bertrand Galic. Interview d’un nouvel auteur, entre bande dessinée, histoire(s) et Bretagne.

Tu m’as donné rendez-vous au Tara Inn. Pourquoi avoir choisi cet endroit ?

Parce que le port de commerce m’inspire. C’est un des endroits de Brest que je préfère. J’aime particulièrement les ports et les places. On y trouve des ambiances particulières. Le port de commerce j’y viens depuis que je suis tout-petit. J’y suis venu avec mes grands-parents, mes parents et il y a cette ambiance, cet air particulier que j’adore.

Tu enseignes au collège Kerhallet et tu as crée une section bande dessinée. Qu’est-ce donc ?

Ca a été crée il y a trois ans. En gros, des élèves de cinquième racontent des histoires sur trois, quatre planches de bande dessinée en suivant le processus des professionnels : trouver l’idée, écrire le scénario, crayonner, encrer, mise en couleur, etc. On fait venir des auteurs dans la classe pour pouvoir échanger, pour avoir des conseils aussi. C’est un projet d’ouverture. Je pense que la bande dessinée peut amener à plein de choses, comme la lecture et le monde des arts en général.

Quand tu parles de ce projet et de la bande dessinée dans l’enseignement, tu cites Astérix, Alix… Pourquoi ne pas choisir des exemples plus récents ?

(Rires). Je ne sais pas où j’ai pu citer Astérix et Alix, mais c’est vrai qu’il existe des exemples plus récents. On peut citer Fabien Nury ou François Bourgeon qui m’ont marqué une époque aussi.

Tu fais partie de l’association Brest en Bulles, organisateur du festival de Loperhet (2eme festival de Bretagne). Qu’est ce que ca t’a apporté vis à vis de tes projets d’auteurs ?

J’ai eu des ouvertures, des échanges, des rencontres comme avec Marc Lizano (dessinateur sur Le Cheval d’Orgueil). Ca m’a donné envie de m’y mettre.

Es-tu prêt à passer de l’autre côté du stand, pour signer les dédicaces?

Oui, ça va, même si je ne me suis pas entraîné.

Pour toi, qui est Kris ? Un ami, un mentor, un maître qu’on va dépasser ?

Kris, je le connais depuis une vingtaine d’années. On était en faculté d’histoire ensemble. (On y a fait les 400 coups dans la fac et autour). C’est un collègue de travail, mais c’est d’abord un ami.

Kris et toi, vous êtes de Brest, vous avez fait la faculté d’histoire, vous avez deux enfants… Qui a copié l’autre ?

(d’un air faussement sérieux) On dira que c’est moi. Je suis le plus jeune.
(ndlr : Kris a répondu : C’est lui, je suis le plus vieux)

Tu enseignes l’histoire et tu la racontes. Comment la rendre crédible quand on sait qu’elle est écrite par les vainqueurs ?

Raconter les vaincus, c’est pas mal aussi.

Cette Histoire, n’est qu’une projection déformée de la réalité en bande dessinée. Comment ne pas la trahir ?

C’est quelque chose qui est difficile, qui pose beaucoup de questions. On a eu l’exemple avec Un Maillot pour L’Algérie (parution en avril 2016 aux éditions Dupuis). Je pense que l’essentiel est de ne pas trahir, de conserver l’esprit. On va commettre des petites erreurs, même avec beaucoup de documentation, mais l’important c’est de ne pas trahir l’esprit.

Des futures parutions, une partie est en co-scénario avec Kris, l’autre est de ta plume. Quel est le plus facile ?

Les deux sont faciles et difficiles en même temps. Ce n’est pas le même travail. On se posait la question avec Kris, il y a quelques jours. On se disait qu’on ne gagnait pas forcement du temps à travailler à deux, mais au final, les dialogues, le récit semblent plus justes. Les lecteurs nous le diront.

Si les différents thèmes qui ressortent de ces futures parutions sont le voyage, les histoires, la Bretagne (voire Brest), on ressent un côté social, militant. Est-ce un hasard ?

Non, ce n’est pas un hasard. Je pense qu’on pourra dire plus tard que j’ai été quelqu’un d’engagé dans mes écrits. J’ai toujours été au sein d’associations depuis que je suis assez jeune.

Comment vois tu l’avenir ? Auteur à temps complet ou enseignant et auteur ?

Je suis dans une phase de transition. Depuis deux, trois ans, j’ai réduit mon temps d’enseignement. Je ne sais pas trop encore. Ca dépendra de l’accueil des livres et j’aime bien être professeur. C’est une question difficile. Je ne peux pâs te répondre pour l’instant.

Le premier album qui sort c’est Le Cheval d’Orgueil. Au vu des différentes interviews, le projet semblait couler de source. Alors que c’est la seule adaptation en bande dessinée.

Ca aurait pu être difficile, mais nous avons eu un accueil enthousiaste des ayants-droits. On a rencontre Claudette Hélias à plusieurs reprises avec Marc. C’est la fille de Pierre Jakez-Hélias. On nous a fait confiance. On espère que le résultat ne les décevra pas.

J’ai lu qu’il y aurait une adaptation en breton ?

Il n’y a rien de sûr pour l’instant. Nous, on a très envie. Je pense que c’est partagé avec notre éditeur (Soleil) . Maintenant on discute et on croise les doigts.

Maintenant que la bande dessinée Le Cheval d’Orgueil va être une réalité. En fier représentant de la culture bretonne donc celtique, vas-tu porter le kilt ?

(Rires) Seulement si j’ai le droit de ne pas mettre de slip.

Merci à Bertrand Galic pour sa disponibilité et sa sympathie envers cette rencontre atypique.

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