DIABOLIC

Némésis est une diabolic. Une créature concue génétiquement pour traquer et tuer n’importe qu’elle créature. Programmée pour aimer et protéger sa maîtresse Sidonia Empyrée, Némésis va devoir remplir une mission particulièrement complexe. Elle sera envoyée à la cour impériale, en se faisant passer pour sa maîtresse. Elle y rencontrera la traitrise, la politique, mais aussi l’amitié et l’amour.

Diabolic est le premier roman de S.J.Kincaid traduit en français. Sous un vernis de science-fiction, il montre toute la folie des hommes pour accéder au pouvoir. On pourrait y voir une version différente de la grande période de Rome. Orgies, jeux du cirque, manipulations politiques… L’autrice ne nous épargne rien. Le lecteur se demandera vers qui Némésis doit donner sa confiance, vu que tout le monde peut la trahir. L’échange entre Sidonia et Némésis fait penser au roman de Mark Twain : Le Prince et Le Pauvre.

Le narrateur est le personnage principal, Némésis. Si elle est censée être une créature sans âme, uniquement conçue pour tuer, on suit toute son évolution au fil des pages. A la différence de nombreux autres livres pour adolescents, elle ne s’apitoie pas trop sur son sort et le récit se lit sans temps mort. L’aspect psychologique des personnages est bien rendu. On sent la fole des personnages, les traitrises qui se mettent en place et rien n’est jamais gratuit. On regrettera cependant que la folie simulée de Tyrus soit trop vite envolée. Certaines situations sont des clichés éculés, mais l’aspect général est de bonne tenue.

Le roman abordera plusieurs sujets : Qu’est ce qui nous rend humains, la manipulation génétique, la politique, asns oublier les sentiments qui nous permettent de nous dépasser.

Ce roman est une bonne surprise. L’originalité tient autant de l’univers que du personnage principal. Les situations sont aussi réalistes que possible et le récit ne subit aucun temps mort.

DIABOLIC : PROTEGER OU MOURIR

AUTRICE : S.J. KINCAID

TRADUCTEUR : ERIC MOREAU

EDITIONS : BAYARD

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UNE SEMAINE, 7 LUNDIS

une-semaine-7-lundisEllie Spark vient de passer la pire journée de sa vie d’adolescente. Elle a raté son essai de base-ball, son discours électoral a été un échec, sa dissertation a été détruite deux fois et son petit-ami la quitte. Elle s’endort en désirant avoir une seconde chance. Quand elle se réveille, elle s’aperçoit qu’elle revit la même journée.

En lisant le pitch, on pense au film Un Jour Sans Fin. Une référence d’autant plus marquée qu’elle est citée sur la quatrième de couverture. Le problème, c’est que Une Semaine, 7 Lundis s’approche dangereusement du plagiat. L’héroïne va tenter de rattraper ses erreurs durant les 7 jours qui vont se répéter. Evidemment tout ne va pas se passer comme prévu. Durant cette semaine, en essayant de gagner cette seconde chance, elle va essayer de savoir ce qu’elle est, ce qu’elle veut. L’intrigue est classique, on se doute de la psychologie des personnages… Seuls les morceaux de musique cités sauvent l’ensemble.

Une Semaine, 7 Lundis est un joli conte, pour jeunes filles énamourées. La morale est sauve. pour le reste des lecteurs, on conseille d’aller visionner Un Jour Sans Fin, largement meilleur.

UNE SEMAINE, 7 LUNDIS
AUTRICE : JESSICA BRODY
TRADUCTRICE : ALICE MARCHAND
EDITIONS : GALLIMARD JEUNESSE

SECRET POUR SECRET

secret-pour-secretLouane en est sûre. Elle est enceinte. Confrontée à un choix cornélien, elle doit faire face à la vie de tous les jours : Le lycée, les amis, l’ex-copain… Si seulement ce n’était pas arrivé.

Le duo Charlotte Bousquet/Stéphanie Rubini nous avaient montré quatre histoires de collégiens d’aujourd’hui et les maux qu’on peut y rencontrer. Avec Secret pour Secret, Jaypee remplace Stephanie Rubini et les histoires se passent au lycée. Pour ce premier récit, on suit Louane, « jeune femme modèle ». Elle découvre qu’elle est enceinte de quelques semaines. On se dit qu’en 2017, une jeune femme comme elle, tout devrait se passer pour le mieux, mais celle-ci hésite. Comment faire ? Comment le cacher aux parents ? Doit-elle garder son enfant ? C’est l’intervention de Cécile, une élève de sa classe qui va la décider.
L’IVG. Trois lettres qui ont changé la vie des femmes depuis 1975. Sans s’appesantir sur les effets, on suit tout le processus d’une jeune femme qui doit faire son choix. C’est prenant, dur, pédagogique. Pourtant, vu les derniers récits de Charlotte Bousquet, on s’attendait à quelque chose de plus percutant. Le profil psychologique de Louane est soigné, celui de Cécile, un peu moins. On comprend les hésitations, les souffrances, mais il manque ce malaise qu’on ressent dans les précédents récits. C’est presque trop gentil. Par contre, parler de l’IVG et des possibilités, en parler autour de soi, se protéger… Il n’est jamais trop tôt pour en parler.
Premier album de bande dessinée pour Jaypee. On apprécie le trait, la mise en scène posée (malgré la dureté du propos), le traitement des couleurs. Tout le petit monde lycéen, son ambiance est retranscrite. Un univers doux et dur à la fois. Pour une première, c’est une réussite.

Premier tome d’un nouveau cycle. Prenant le thème « casse-gueule » de l’IVG, les auteurs s’en sortent, mais on a l’impression de tenir le carnet du parfait avortement. Il manque une histoire plus développée, voire la légalisation de l’IVG expliquée. On reste sur notre faim, mais, ce n’est que le premier tome.

SECRET POUR SECRET
AUTRICE : CHARLOTTE BOUSQUET
DESSINATEUR : JAYPEE
EDITIONS : GULF STREAM

FORT BOYARD T1 : LES MONSTRES DES OCEANS

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Cinq enfants sont sélectionnés pour participer à l’émission de Fort Boyard. ce qu’ils ne savent pas c’est que le fort est construit sur une faille dimensionnelle. A chaque génération, les forces du mal essayent de déferler sur le monde, mais elles sont repoussées par les héros de Fort Boyard. Cette fois, ces héros sont ces enfants ! Pourront-ils sauver le fort et le monde ?

L’une des émissions phares de la télévision revient en bande dessinée. Le pitch est déja dur à croire : Pourquoi faire une adaptation graphique de Fort Boyard ? Le scénariste prend le parti de raconter une histoire de fantasy. tous les ingrédients sont présents : Les armures magiques, les gardiens du fort, la prophétie, etc. On rajoute l’univers de Fort Boyard (les clés, les gardiens, les épreuves) et l’ensemble pourrait tenir, mais malheureusement la bonne idée s’arrête ici. Les héros sont des enfants. Pourquoi pas ? Mais les clichés sur les caractéres des personnages s’accumulent. Le beau blond (le guerrier), l’intellectuel (le mage), etc. Des clichés qui font prendre l’eau à l’ensemble de l’histoire. L’humour est censé alléger la « tension » du récit mais le ton n’y est pas. Le lecteur aura l’impression de retourner dans le dessin animé Le Sourire du Dragon (adaptation de Donjons et Dragons). On retiendra cependant d’avoir les habitants du fort en personnages secondaires.

Côté dessin, ce sont des membres de l’association Les Bédéastes Imageurs qui se retrouvent derriere les crayons. Le trait semi-realiste fonctionne, les accents comiques aussi. On reconnaît bien les personnages du fort, les monstres sont impressionnants. L’ensemble graphique est sympathique.

On ne retiendra pas grand chose de ce premier tome. Si l’ensemble tient la route graphiquement, le scénario accumule les poncifs tout en jouant superficiellement avec l’univers de Fort Boyard. A éviter…

FORT BOYARD : T1 LES MONSTRES DES OCEANS
AUTEUR BENJ
DESSINATEURS : CHRISTOPHER LANNES-GILDAS LE ROC’H
COULEURS : JOEL ODONE
EDITIONS : SOLEIL/ADVENTURE LINE

PARIZ

parizParis est désormais habité par des zombies. Dans les souterrains de l’ancienne ville-lumière, trois clochards se cachent. Ils seront bientôt rejoints par un commando. Les deux groupes devront mettre leurs différents de côté pour avoir une chance de survivre face à cette vague zombie.

Avec PariZ, on aurait pu craindre un énième massacre de zombies, sa vague explication scientifique et un cache-cache dans les bâtiments célèbres de la capitale. Heureusement, l’auteur prend une autre direction. Il y a bien des zombies, mais ils font partie du décor. Ses personnages sont loin d’être des baroudeurs, des héros. Entre le commando qui a une certaine idée de la France et des clodos accros à l’alcool, on n’est pas sortis du métro. Ils auraient pu se faire dévorer dès le premier chapitre, mais étonnamment ils arrivent à survivre. Loin des clichés du survival, l’auteur va prendre ses lecteurs à contre-pied. Dans un ton semi-parodique, on va suivre les pérégrinations de ce groupe. Les personnages de Rodolphe Casso ont la loose, mais ils la vivent avec grandiloquence. Leur langage évoque le titi parisien, le vocabulaire de Michel Audiard et par moments, la bêtise humaine. L’autre personnage, jamais nommé et pourtant bien présent, c’est la ville de Paris. A travers les visions des « héros », des zombies, on a une certaine vision de Paris. Même après avoir été dévasté, « Paris sera toujours Paris ».
Rodolphe Casso se lâche dans ce premier roman. Il détruit Paris, montre les rares survivants se combattre, alors qu’une vague amorphe de zombies erre dans la capitale. On sent la colère de l’auteur, mais aussi tout l’amour qu’il porte à cette ville (cf son interview)

Entre roman social et thriller, PariZ permet de voir les clodos de Paris sous un autre jour. On suit l’histoire avec intérêt, on s’attache aux personnages. Un premier roman qui va droit au but !

PARIZ
AUTEUR : RODOLPHE CASSO
EDITIONS  : CRITIC

OBION AU MUSEE

museelyon_couviplatblogL’auteur Obion est invité à Lyon. En partenariat avec le festival de bande dessinée et le musée gallo-romain, il va parcourir les allées du site et dessiner ce qu’il en pense.Vous ne verrez plus jamais un musée comme avant…

Le festival de Lyon a la bonne idée d’inviter chaque année un auteur dans un de ses nombreux musées. En 2015, c’était Boulet. Il est suivi en 2016 par Obion, au musée gallo-romain. A première vue, l’idée est farfelue. Le lecteur, habitué des jeux de mots de l’auteur le voit aussi à l’aise dans un musée qu’un éléphant dans un magasin de porcelaine… ou alors on s’attend à ce qu’Obion fasse du Obion. Le résultat est aussi surprenant qu’agréable.
Suivre Obion et sa guide alexandra c’est s’abandonner au plaisir de visiter un musée. Outre les jeux de mots, l’auteur utilise toute son imagination. Il n’hésite pas un seul instant à utiliser les clichés inhérent à un tel endroit (Indiana Jones, Complots, etc). En quelques pages, « l’austère » catalogue devient un terrain de jeu pour la vision « néophyte » d’Obion. On se plaît à imaginer une visite où chaque détail devient un jeu.
Le trait semi-réaliste d’Obion permet de s’immerger dans son univers, d’apprécier son humour et les postures cartoonesques de ses personnages. A l’inverse, son sens de l’observation permet de reconstituer les pièces du musée. Quant à son travail de colorisation, il est toujours aussi impressionnant. La fin de l’ouvrage permet d’avoir des explications plausibles sur les objets vus par l’auteur. Si on peut rire, on peut aussi rire en apprenant.

Cette promenade aux côtés d’Obion fut aussi récréative que pédagogique. Un vrai régal . Si les musées font de plus en plus d’efforts pour attirer les visiteurs différemment, celle d’inviter un auteur de bande dessinée est une excellente idée. On espère que cette initiative s’étendra à tout l’hexagone.

OBION AU MUSEE
AUTEUR : OBION
EDITIONS : LAPIN/LYONBD

FULLMETAL KNIGHTS CHEVALION T1

chevalion-1Les fullmetal knights chevalion ont réussi à vaincre l’envahisseur. La Terre est sauvée. Ils peuvent retourner à une vie normale. Tous ? Non, car Retto n’arrive pas à se retransformer. Désormais au chômage, contraint d’accepter n’importe quel travail, il essaie de survivre dans un monde qui n’a peut-être pas besoin de lui. Ses anciens compagnons de bataille l’apprennent et tentent de lui venir en aide.

Qui n’a jamais vu des séries de super-héros ? On s’est toujours demandé ce qui se passerait s’ils devaient retourner à la vie normale, mais avec leurs pouvoirs. Des parodies ont déjà été faites et la dernière en date vient du Japon. Sawako Arashida s’attaque à un media très connu de ses contemporains, les séries de super-guerriers. L’un de ses super-héros n’arrive plus à se retransformer. Toute sa vie se retrouve changée. Il est la honte de ses ex-compagnons, il n’arrive pas à attraper un simple voleur et il est même inculpé de troubles à l’ordre public. L’auteur joue avec les clichés des genres (super-héros et parodie) et on s’y amuse beaucoup. On a des réponses sur comment mettre de l’argent quand on a une armure. Que fait un super-héros dans la vie civile ? etc. La série étant une parodie, les réponses sont farfelues, mais derrière cette « plaisanterie », l’auteur montre qu’avoir des pouvoirs (et un sens des responsabilités sic) n’est pas aisé quand il n’y a plus de menace et qu’on doit travailler.
Côté graphisme, on navigue entre réalisme et cartoon. les protagonistes principaux sont des poncifs du genre : la jolie femme, le bel homme, la jeune fille, le chef mystérieux. Seul Retto reste un mystère. Si l’ensemble est correct, on peut applaudir l’auteur pour nous montrer les sentiments du héros et ce, sans qu’on ne voit ses yeux ! Le tempo est rapide, les actions s’enchaînent sans temps mort.

Premier tome d’une série de trois,  Fullmetal Knights Chevalion est une  bonne parodie, mêlant réflexions sur la notion de super-héros et clichés humoristiques (comme un tel imbécile a pu être le chef des héros ?). C’est frais, sans lourdeur inutile et on a hâte de lire la suite.

FULLMETAL KNIGHTS CHEVALION T1
AUTEUR : SAWAKO ARASHIDA
COLLECTION : WTF
EDITEUR : AKATA