LA PLANETE INTERDITE

Alors qu’il effectue son premier voyage spatial, Styxx se réveille de son sommeil artificiel. Bizarrement, il est le seul de son unité à être réveillé. L’ordinateur de bord répète que sa trajectoire est incorrecte et que la planète en vue est interdite. Pourtant, tout est fait pour que Styxx s’y rende. Pourquoi ?

« L’histoire est écrite par les vainqueurs ». Cette citation de Robert Brasillach représente tout à fait le récit de La planète interdite et de son personnage Styxx. En une quarantaine de pages, on suit la vie de Styxx, un jeune homme différent des autres. Pour réaliser son rêve, il doit s’intégrer, obéir aveuglément, subir le racisme, pour la glorieuse civilisation des alphas.
Les histoires de futurs des éditions Syros sont à chaque fois de vraies surprises. Le jeune lecteur peut découvrir de la science-fiction, mais aussi une lecture qui le fera réfléchir. Ici, Yves Grevet a retenu plusieurs éléments : la différence et l’histoire des civilisations. A travers ces deux thèmes, il naît une troisième thématique, autrement plus sournoise : la manipulation. Qu’est-ce-que l’histoire ? Que nous raconte-t-elle et comment un gouvernement peut changer un récit pour bénéficier des événements ? Avec des mots simples, Yves Grevet invite le jeune lecteur à réfléchir, à ne pas obéir bêtement. La quarantaine de pages sont un modèle de concision tout en donnant suffisamment de poids aux personnages. Si le récit dénonce les manipulations historiques, le racisme, il démontre aussi qu’un « vivre ensemble » est possible.

Quand on a la chance de lire un auteur talentueux dans une somptueuse collection, le plaisir est immense. C’est le cas avec La planète interdite. Yves Grevet n’est plus à présenter. Qu’il soit question de Méto, de U4 ou de L’Ecole est finie, ses récits n’en finissent pas de nous faire réfléchir et voyager.

LA PLANETE INTERDITE
AUTEUR : YVES GREVET
COLLECTION : MINI SYROS SOON
EDITIONS : SYROS

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MINIVIP&SUPERVIP : LE MYSTERE DU VA-ET-VIENT

Minivip et Supervip sont frères et descendent d’une longue lignée de super-héros. Tout les oppose ! Si l’un est fort, peut voler et ressemble à un mannequin, l’autre est son contraire. Malgré tout, ils défendent les faibles contre les oppresseurs. Cette fois, il semblerait que la menace vienne d’une autre planète et que le plan d’invasion remonte à des centaines d’années.

Ce livre de près de 300 pages est à déguster en plusieurs couches. En effet, il cache des trésors. La collection Métamorphose s’attache toujours à une réflexion philosophique, voire à un rêve. A première vue, Ce mystère du va-et-vient est hors-sujet. En fait, le scénario de Bruno Bozzetto montre à quel point notre planète est mal utilisée. La pollution, les publicités qui n’en finissent pas à la télévision, la surconsommation. Pourtant, jamais il n’adopte un ton moralisateur. Il propose une comédie de situation qui fera réfléchir le lecteur.

UN SCENARISTE INCONNU ?

Si le nom de Bruno Bozzetto ne semble pas très connu en bande dessinée, il en est autrement en Italie et dans le monde de l’animation, en général. C’est l’un des pionniers de l’animation italienne. Avec quelques 300 films à son actif, il est surnommé le Walt Disney italien, excusez du peu ! Son héros le plus connu est sans nul doute Monsieur Rossi, un héros comme tout le monde. Mais Bruno Bozzeto a touché à la parodie, au film de science-fiction, la vulgarisation scientifique, etc. Son credo ? Nous amuser pour mieux dénoncer ! Avec Le mystère du va-et-vient, il reprend le scénario d’un long-métrage jamais réalisé pour en faire une bande dessinée. Une première pour ce jeune homme de 80 ans ! On y trouve tout ce qui fait le succès d’une comédie : Des personnages hilarants, des situations incongrues, des dialogues percutants. Ce mélange est bien travaillé et donne des scènes hilarantes. Nous aurons droit à un match de catch, une déclamation faite par un singe géant, l’essai à répétition du va-et-vient ou les discours attendus de Sa Fertilité. Les personnages secondaires sont travaillés de telle manière qu’on s’y attache. Du géant Sterminator qui n’a comme cerveau que ses muscles, au gentil Willy aimant danser, sans oublier un réalisateur de cinéma tyrannique… Qui ne va jamais au cinéma ! C’est plein d’entrain, on ne perd pas le tempo. Le scénario suit les règles d’or de la comédie italienne, un genre cinématographique qui a régné des années 60 aux années 80. Tout en riant, on dénonce. Simple et efficace. Pas seulement, ce scénario est brillant d’inventivité.

UN DUO CELEBRE DEPUIS 50 ANS

Minivip et Supervip ne sont pas des inconnus. Ils sont nés en 1968 dans le premier long-métrage de Bruno Bozetto Vip, mon frère Superman. Déjà, l’animateur dénonçait le consumériste. Supervip est une parodie de super-héros. Son uniforme rappelle Superargo ou les 3 Supermen, des productions de l’époque où le cinéma bis était projeté en salles. Quant à Minivip, tout rappelle Woody Allen. Le faciès, les lunettes, la psychologie. Pour l’anecdote, le doubleur italien de Minivip sur le film de 1968 était le doubleur attitré de Woody Allen. A la suite du succès, des strips de bande dessinée seront proposés, ainsi que deux suites tardives, mais la renommée des Vip est éternelle ! Les lecteurs auront plaisir à (re) découvrir ce duo. Tantôt drôles, tantôt tragiques, ils sont les reflets de notre société. Quant au troisième personnage, il est question de Nervustrella, la fiancée de Minivip. Malgré la pollution, les situations incongrues ou dangereuses, elle reste positive. On finit par se demander si elle n’est pas quelque peu naïve…

BANDE DESSINEE OU CINEMA ?

Pour illustrer ce scénario, Gregory Panaccione utilise tout son talent ! Que ce soit pour découvrir les personnages, montrer la pollution environnante, souligner une situation, il faut voir son ingéniosité dans les cadrages. Tout respire le cinéma : gros plan, travelling, etc. nous sommes projetés dans cet univers ! Son trait rond et expressif permet de saisir les visages, les émotions, tout en les tournant à la caricature. Il reprend les personnages de Bruno Bozzetto, se les approprie tout en gardant leur spécificité. Il n’a pas son pareil pour remplir ou vider une case. Absence de cases, bulles, pleines pages, c’est un déferlement de techniques qui permettent une lisibilité totale dans cet univers aussi délirant que graphique. Quant aux couleurs, on soulignera ce côté « passé » qui donne une vision très 60’s. On se trouve à mi-chemin du cinéma d’animation et de la bande dessinée !

La collection Métamorphose continue de nous embarquer dans des univers fascinants ! Tandis que le lecteur lambda sera amusé des prouesses de nos héros et des péripéties pour dominer la Terre, les plus curieux découvriront un artiste. C’est le seul point négatif qu’on pourrait donner à ce beau-livre. Un dossier de présentation sur Bruno Bozzetto aurait été le bienvenu. Bruno Bozzetto montre l’étendue de son talent et Gregory Panaccione réussit à le mettre en images, comme si nous allions au cinéma. Un tour de force impressionnant ou scénario, graphisme et couleurs sont au service des lecteurs. Un magnifique objet qui rend hommage au cinéma populaire italien, aux films d’animations mais qui permet aussi de prendre conscience de la beauté autour de nous et des dangers dont nous sommes responsables.

MINIVIP&SUPERVIP : LE MYSTERE DU VA-ET-VIENT
SCENARISTE : BRUNO BOZZETTO
DESSINATEUR : GREGORY PANACCIONE
COLLECTION : METAMORPHOSE
EDITIONS : SOLEIL

Pour ceux qui l’auraient remarqué, la musique de la bande-annonce reprend le thème original du film de 1968.

ZAÏ ZAÏ ZAÏ ZAÏ

Un homme, auteur de bande dessinée de son état, souhaite payer ses courses, mais il a oublié la carte de fidélité du magasin. A la suite d’un malentendu, il s’enfuit. A partir de cet instant, cet inconnu va devenir la personne la plus recherchée de France. Les médias s’en mêlent, ne cessant de mettre la pression sur cet homme qui a oublié sa carte de magasin.

Quand Fabcaro publie en 2015 Zaï zaï zaï zaï, il ne s’attend certainement pas à un retour dithyrambique. Il reçoit plusieurs récompenses dont celui du Grand Prix de la Critique ACBD. Très vite, on annonce des adaptations théâtrales dont celle d’Amandine Marcq et François Pioc. La compagnie Légère Eclaircie interprète avec justesse cette fuite rocambolesque d’un auteur de bande dessinée, obligé de partir en cavale, à cause d’une carte de fidélité. L’adaptation est minimaliste. Il y a peu de décors permettant ainsi aux comédiens de changer de scène et aux spectateurs de s’immiscer plus facilement dans le contexte. A la façon d’un puzzle, Chaque séquence de la bande dessinée est rejouée, presque à l’identique, comme autant de sketches. Si on n’a pas les moyens de nous faire voyager d’un endroit à un autre (poste de police, la Lozère, un groupe de gospel, une famille qui part en vacances, etc) le texte, la mise en scène et le talent des comédiens font le reste. Dans ce minimalisme, on oublie souvent combien la régie est importante. Ici, la régie son a permis de mettre en valeur certaines séquence et d’accompagner les comédiens pour les chansons (oui, on chante dans l’univers de Fabcaro). On regrettera tout de même un manque de rapidité dans les enchaînements. Si dans l’œuvre originale, du fait de la lecture, les séquences peuvent être lentes, l’adaptation scénique peut être plombée du fait de ce tempo. Un peu plus de rapidité aurait été bienvenu. On entre complètement dans l’univers de Fabcaro. Tour à tour drôle, cynique, trash, avec un je-ne-sais-quoi de fataliste, le texte n’épargne rien, ni personne. Apparemment, la plupart des spectateurs n’avaient pas lu Zaï zaï zaï zaï, mais la salle réagissait de bon cœur. un vrai triomphe pour cette adaptation !

Ce spectacle a été présenté dans le cadre de Théâtre ici et là. Pendant 3 mois, la FETAAR (Fédération de Troupe de Théâtre Amateur de l’Agglomération Rennaise) propose des spectacles dans l’agglomération rennaise. Ca se passe dans les MJC, au Thabor, dans le parc de Maurepas. les propositions sont variées : Le legs de Marivaux, Il était une fois..Ou pas de Roald Dahl, Arsenic et vieilles dentelles de Joseph Kesselring ou Opéra panique d’Alejandro Jodorowsky. Une autre salve sera proposée cet automne.

ZAÏ ZAÏ ZAÏ ZAÏ
MISE EN SCENE : FRANCOIS PIOC ET AMANDINE MARCQ d’après la bande dessinée de Fabcaro aux éditions 6 pieds sous terre
COMPAGNIE : LEGERE ECLAIRCIE

VINCE TAYLOR, L’ANGE NOIR

La vie de Brian Holden dit Vince Taylor fut mouvementée. Voulant devenir une star du rock’n roll, il s’habille en noir et devient malgré lui, l’idole des mauvais garçons. Sa carrière, principalement française, est faite de fracas, d’excès, d’alcool. Bref, une vie rock’n roll.

Arnaud Le Gouëfflec ne fait pas comme tout le monde. Ecrivain, chanteur, musicien, co-fondateur du festival invisible, cet artiste est multi-tâche, mais surtout, il trouve des sujets qui sortent de l’ordinaire. Le chanteur sans nom, La nuit Mac-orlan ou J’aurai ta peau Dominique A ne sont que des exemples de son imagination.
Avec Vince Taylor, l’Ange noir, il réitère cette capacité à nous surprendre, parfois à nous perdre. Pourquoi écrire une biographie, alors qu’on peut faire mieux ? Dans les premières pages, Vince Taylor semble se confesser à un religieux. Un dialogue qui permettra d’éclater la vie du chanteur en plusieurs morceaux. De son enfance à sa « retraite » à Macon, le scénariste éparpille la vie du chanteur comme autant de moments vécus. Quand on recolle les morceaux, on s’aperçoit de l’ange noir du rock n’a eu qu’une longue chute, mais qu’elle fut magnifique. C’est cela la magie d’Arnaud Le Gouefflec. Prendre des morceaux de vies d’inconnus et réussir à montrer toute la complexité du personnage. Pour Vince Taylor, on hésitera toujours entre ritre et larmes. Son contrat avec Barclay, ses excès, sa foi, ses fans… Tout prédisposait le jeune artiste à une longue déchéance, mais raconté par Arnaud Le Gouefflec, elle en devient magnifique.
Marc Malès adopte parfaitement l’écriture d’Arnaud Le Gouëfflec. Son trait est dur et fait ressentir d’autant plus les vies de Vince Taylor, entre show-business et réalité. Ce qui est étonnant, c’est la composition des planches. Aux cadres classiques suivent des compositions hallucinantes, on frise le surréalisme. Des cadrages serrés, d’autres qui donnent le vertige, des plans qui s’attardent sur une partie de l’image. Le talent de Marc Malès permet de mettre en avant la « folie » qu’était la vie de Vince Taylor. Pour ne rien adoucir, tout l’album est en noir et blanc, comme un rappel entre l’ange et le démon, les deux faces de Vince Taylor.

Entre l’écriture et le dessin, le lecteur sera pris dans le tourbillon de cette folle époque. Il est difficile d’appréhender le personnage de Vince Taylor. Parodie, victime ou vraie star du rock ? L’album pose autant de questions qu’il apporte de réponses. Emporté à 52 ans par un cancer, Vince restera une énigme.

VINCE TAYLOR L’ANGE NOIR
SCENARISTE : ARNAUD LE GOUEFFLEC
DESSINATEUR : MARC MALES
COLLECTION : 1000 FEUILLES
EDITIONS : GLENAT

LE GRAND LIVRE DE L’HORREUR T1 : DANS LE CHÂTEAU DE DRACULA

Dans-le-chateau-de-DraculaVirgile, un adolescent de treize ans a beaucoup de mal à être populaire. Il faut admettre qu’il a une passion originale : Les histoires d’horreur. De sa trousse « squelette » à son sweat « + beau zombie de la terre », tout rappelle sa passion. Alors, quand une vieille dame originale lui vend un ouvrage ancien, Le Livre de L’Horreur, Virgile est comblé. Une joie qui ne va pas durer. Quand il commence sa lecture, il se retrouve projeté dans le château de Dracula.

LE GRAND LIVRE DE L’HORREUR (voix caverneuse)

Le Grand Livre de L’Horreur est une nouvelle série des éditions Albin Michel. On y suit les aventures de Virgile dans les grands classiques littéraires ou cinématographiques. Il y a quatre tomes parus et les thèmes sont éloquents : Dracula, Frankenstein, Jurassic Park, Docteur Jekyll et Mister Hyde.

UNE AUTRICE TALENTUEUSE

L’autrice qui écrit (de son sang ?) ces ouvrages : N.M. Zimmermann. Nous avions lu Les Ombres de Kerohan et Le Miroir aux Sortilèges, mais il n’y a pas de frontière pour cette femme talentueuse. Sa bibliographie compte bandes dessinées, littérature adolescente et les thèmes sont légions. A chaque ouvrage, on ressent un véritable plaisir de lecture, mais aussi de l’humour pour désamorcer les situations les plus tendues.

UN RECIT ENTRE HOMMAGE ET MISE A JOUR

Avec ce premier tome, on découvre un concept original. Au lieu de faire lire le récit classique, on y fait plonger le lecteur. L’adolescent, mal dans sa peau, qu’est Virgile, n’est pas une figure héroïque et le lecteur pourra s’identifier à lui. On suit avec intérêt les aventures de cet adolescent avec son lapin, les situations stressantes où le frisson vous gagne (Eh oui ! Même les « vieux » lecteurs de Bram Stoker). Si le récit suit en grand partie la trame du roman original, on s’en écarte par moment… Mais nous ne vous révélerons pas pourquoi. Virgile essaie de dénouer cette situation, puisque lui, connaît le roman. S’il échoue, il se fera mordre. Heureusement, le sens de l’humour de l’autrice permet de terminer avec plaisir ce premier tome.

DES ILLUSTRATIONS HARMONIEUSES

Dès la couverture, Caroline Hüe colle à cette nouvelle version de Dracula. Il faut faire ressentir les frissons, mais sans faire fuir le lecteur. Son trait élancé, son sens du détail, illustrent parfaitement la thématique de la série et les émotions recherchées. On y voit une filiation avec l’illustrateur Fernando Puig Rosado. Les trouvailles qui parsèment le livre sont aussi simples que nécessaires. Le travail graphique est magnifique et donne une raison supplémentaire de lire ce livre.

Avec sa centaine de pages, des chapitres concis, des personnages attachants et originaux, N.M. Zimmermann signe un premier tome enlevé qui démonte les poncifs des classiques littéraires. On donne envie aux plus jeunes de découvrir ces « monuments » sans montrer le « poids » du titre. Les références sont présentes et on ose même citer Flicka ? Ça nous a fait rire ! On souhaite une grande longévité à cette série !

LE GRAND LIVRE DE L’HORREUR
T1 : DANS LE CHÂTEAU DE DRACULA
AUTRICE : N. M. ZIMMERMANN
ILLUSTRATRICE : CAROLINE HÜE
EDITIONS : ALBIN MICHEL

LA LEGENDE DES QUATRE T1 : LE CLAN DES LOUPS

la legende des quatre.jpgLes Yokaïs sont des créatures tantôt humaines, tantôt animales. Elles se divisent en quatre clans : Loup, tigre, serpent, aigle.  Quand le corps d’un loup est retrouvé, les héritiers des différents clans enquêtent pour découvrir la vérité et sauver une paix fragile.

La difficulté d’un premier tome, c’est de montrer l’univers, les personnages, tout en racontant une intrigue solide. Avec le thème classique de Roméo et Juliette, Cassandra O’Donnell, aurait pu tomber dans les clichés les plus éculés. Heureusement, ses personnages masculins comme féminins sont assez modernes. Les adolescents veulent, pour la plupart, la paix et protéger leurs familles. Il est intéressant de suivre l’évolution des personnages adolescents dans un monde mené par les adultes, alors que nos héros sont des chefs en devenir. Cassandra O’Donnell traite le thème de l’adolescence rebelle, tout en montrant que l’adulte n’a pas toujours raison.

Avec ce premier tome de La Légende des Quatre, on s’attendait à une romance adolescente sur fond de fantasy. Oui, mais ce n’est pas tout. L’autrice exploite complètement les caractéristiques de chaque animal, qu’il soit sous forme humaine ou pas. D’autre part, les personnages sont confrontés aux humains normaux. Le problème de la différence, du racisme, est sous-jacent tout au long du roman. Si l’intrigue est assez forte, on se rend compte que ce tome n’est que premier tome d’une série. On laisse les personnages au milieu de leurs problèmes, autant familiaux que sentimentaux.

Pour illustrer le roman, les éditions Flammarion ont fait appel à l’artiste Xavier Collette. Un choix judicieux quand on voit l’ambiance qui se dégage de la couverture. Là où le côté sirupeux de la romance aurait pu être présent, les nuances de colorisation montrent toute la tension, la brutalité (l’animalité?) qu’il y a entre les personnages. En fond, les yeux des loups. Sur les prochains tomes, il est possible qu’on ai les autres Yokaï.

Alors que le pitch laissait penser à une romance adolescente avec de la fantasy, Cassandra O’Donnell crée la surprise avec ce récit. Devoir envers sa famille, amour, adolescence, racisme sont aux centre de cette intrigue aussi brutale que réjouissante.

LA LEGENDE DES QUATRE T1 : LE CLAN DES LOUPS

AUTRICE : CASSANDRA O’DONNELL

ILLUSTRATEUR : XAVIER COLLETTE

EDITION : FLAMMARION JEUNESSE

THE KONG CREW : MANHATTAN JUNGLE

kong crew.jpg1933. Kong a mis New-York à ses pieds. Le grand singe vit désormais dans Manhattan. L’île est évacuée, la zone devient interdite et une escadrille d’élite est crée : The Kong Crew. 14 ans plus tard, deux civils réussissent à se faufiler dans la zone…

La nouvelle production d’Eric Herenguel est à part. Ce fascicule de 26 pages, édité en anglais et noir et blanc n’est que le premier d’une série de trois (78pages au total). La publication en entier et en couleur devrait être pour 2019. Un éditeur français est recherché (si un lecteur est intéressé). Le fait de le proposer en anglais permet de travailler à l’international, comme celui de le proposer en format souple, dans un premier temps.

Ceux qui lisent Eric Herenguel connaissent ses deux amours : Les avions et les monstres. Avec The Kong Crew, il se permet de mêler les deux. Ce récit uchronique (Et si King-Kong avait gagné en 1933 ?), traité sérieusement est en fait une série b totalement assumée où l’humour et le glamour sont présents. Malgré les 26 pages et la mise en place d’un univers, l’auteur ne ment pas sur … Nous avons King Kong, des monstres, des avions… Sans oublier le teckel (sous régime).

Si le côté léger du récit est assumé, la pâte graphique du dessinateur est présente. Le dessin est élégant, vif et nulle difficulté n’empêche l’auteur de continuer. Il suffit de contempler les premières planches. Un New-York revenu à l’ère sauvage, où la nature se répand sur les structures métalliques. Les planches sont magnifiques. On reconnaît les influences du dessinateur et certaines références sont présentes. On regretterait presque le format 17, 5 x 26 cm. Le crayonné puis l’encrage sont totalement maîtrisés et permettent des planches contrastées. Le rythme permet de se plonger directement dans l’histoire. Les différentes techniques narratives (cadrages, pleines-pages) permettent une immersion totale. Chaque case est une oeuvre d’art. Quand on voit l’ensemble de ce premier fascicule, on imagine le casse-tête de l’auteur : Avoir un récit divertissant qui permette de montrer de belles planches tout en ayant un tempo maîtrisé !

Vous l’aurez compris, nous sommes tombé sous le charme de The Kong Crew. Publié à 1200 exemplaires en janvier 2018, on espère une franche réussite de l’auteur, vu le travail investi. En tout cas, nous le soutenons complètement. Go Kong Crew !

THE KONG CREW : MANHATTAN JUNGLE
AUTEUR : ERIC HERENGUEL
EDITEUR : CAURETTE EDITIONS