UNE SEMAINE, 7 LUNDIS

une-semaine-7-lundisEllie Spark vient de passer la pire journée de sa vie d’adolescente. Elle a raté son essai de base-ball, son discours électoral a été un échec, sa dissertation a été détruite deux fois et son petit-ami la quitte. Elle s’endort en désirant avoir une seconde chance. Quand elle se réveille, elle s’aperçoit qu’elle revit la même journée.

En lisant le pitch, on pense au film Un Jour Sans Fin. Une référence d’autant plus marquée qu’elle est citée sur la quatrième de couverture. Le problème, c’est que Une Semaine, 7 Lundis s’approche dangereusement du plagiat. L’héroïne va tenter de rattraper ses erreurs durant les 7 jours qui vont se répéter. Evidemment tout ne va pas se passer comme prévu. Durant cette semaine, en essayant de gagner cette seconde chance, elle va essayer de savoir ce qu’elle est, ce qu’elle veut. L’intrigue est classique, on se doute de la psychologie des personnages… Seuls les morceaux de musique cités sauvent l’ensemble.

Une Semaine, 7 Lundis est un joli conte, pour jeunes filles énamourées. La morale est sauve. pour le reste des lecteurs, on conseille d’aller visionner Un Jour Sans Fin, largement meilleur.

UNE SEMAINE, 7 LUNDIS
AUTRICE : JESSICA BRODY
TRADUCTRICE : ALICE MARCHAND
EDITIONS : GALLIMARD JEUNESSE

OBION AU MUSEE

museelyon_couviplatblogL’auteur Obion est invité à Lyon. En partenariat avec le festival de bande dessinée et le musée gallo-romain, il va parcourir les allées du site et dessiner ce qu’il en pense.Vous ne verrez plus jamais un musée comme avant…

Le festival de Lyon a la bonne idée d’inviter chaque année un auteur dans un de ses nombreux musées. En 2015, c’était Boulet. Il est suivi en 2016 par Obion, au musée gallo-romain. A première vue, l’idée est farfelue. Le lecteur, habitué des jeux de mots de l’auteur le voit aussi à l’aise dans un musée qu’un éléphant dans un magasin de porcelaine… ou alors on s’attend à ce qu’Obion fasse du Obion. Le résultat est aussi surprenant qu’agréable.
Suivre Obion et sa guide alexandra c’est s’abandonner au plaisir de visiter un musée. Outre les jeux de mots, l’auteur utilise toute son imagination. Il n’hésite pas un seul instant à utiliser les clichés inhérent à un tel endroit (Indiana Jones, Complots, etc). En quelques pages, « l’austère » catalogue devient un terrain de jeu pour la vision « néophyte » d’Obion. On se plaît à imaginer une visite où chaque détail devient un jeu.
Le trait semi-réaliste d’Obion permet de s’immerger dans son univers, d’apprécier son humour et les postures cartoonesques de ses personnages. A l’inverse, son sens de l’observation permet de reconstituer les pièces du musée. Quant à son travail de colorisation, il est toujours aussi impressionnant. La fin de l’ouvrage permet d’avoir des explications plausibles sur les objets vus par l’auteur. Si on peut rire, on peut aussi rire en apprenant.

Cette promenade aux côtés d’Obion fut aussi récréative que pédagogique. Un vrai régal . Si les musées font de plus en plus d’efforts pour attirer les visiteurs différemment, celle d’inviter un auteur de bande dessinée est une excellente idée. On espère que cette initiative s’étendra à tout l’hexagone.

OBION AU MUSEE
AUTEUR : OBION
EDITIONS : LAPIN/LYONBD

FULLMETAL KNIGHTS CHEVALION T1

chevalion-1Les fullmetal knights chevalion ont réussi à vaincre l’envahisseur. La Terre est sauvée. Ils peuvent retourner à une vie normale. Tous ? Non, car Retto n’arrive pas à se retransformer. Désormais au chômage, contraint d’accepter n’importe quel travail, il essaie de survivre dans un monde qui n’a peut-être pas besoin de lui. Ses anciens compagnons de bataille l’apprennent et tentent de lui venir en aide.

Qui n’a jamais vu des séries de super-héros ? On s’est toujours demandé ce qui se passerait s’ils devaient retourner à la vie normale, mais avec leurs pouvoirs. Des parodies ont déjà été faites et la dernière en date vient du Japon. Sawako Arashida s’attaque à un media très connu de ses contemporains, les séries de super-guerriers. L’un de ses super-héros n’arrive plus à se retransformer. Toute sa vie se retrouve changée. Il est la honte de ses ex-compagnons, il n’arrive pas à attraper un simple voleur et il est même inculpé de troubles à l’ordre public. L’auteur joue avec les clichés des genres (super-héros et parodie) et on s’y amuse beaucoup. On a des réponses sur comment mettre de l’argent quand on a une armure. Que fait un super-héros dans la vie civile ? etc. La série étant une parodie, les réponses sont farfelues, mais derrière cette « plaisanterie », l’auteur montre qu’avoir des pouvoirs (et un sens des responsabilités sic) n’est pas aisé quand il n’y a plus de menace et qu’on doit travailler.
Côté graphisme, on navigue entre réalisme et cartoon. les protagonistes principaux sont des poncifs du genre : la jolie femme, le bel homme, la jeune fille, le chef mystérieux. Seul Retto reste un mystère. Si l’ensemble est correct, on peut applaudir l’auteur pour nous montrer les sentiments du héros et ce, sans qu’on ne voit ses yeux ! Le tempo est rapide, les actions s’enchaînent sans temps mort.

Premier tome d’une série de trois,  Fullmetal Knights Chevalion est une  bonne parodie, mêlant réflexions sur la notion de super-héros et clichés humoristiques (comme un tel imbécile a pu être le chef des héros ?). C’est frais, sans lourdeur inutile et on a hâte de lire la suite.

FULLMETAL KNIGHTS CHEVALION T1
AUTEUR : SAWAKO ARASHIDA
COLLECTION : WTF
EDITEUR : AKATA

 

LE BON GROS GEANT

Ce document a été créé et certifié chez IGS-CP, Charente (16)

Une nuit à l’orphelinat, alors qu’elle lit un livre, Sophie aperçoit une ombre dehors. Une immense main, des grands pieds, une tête qui la dépasse… C’est un géant. Malheureusement, il l’a vu et il la kidnappe. Emmenée au pays des géants, elle se rend compte que son ravisseur n’est pas ordinaire. Il souffle des rêves dans la tête des enfants et il est végétarien…

Comment ne pas tomber sous le charme des textes de Roald Dahl ? L’auteur britannique s’est fait connaître avec Charlie et la Chocolaterie, James et la Pêche Géante et bien d’autres… Il met toujours en scène des enfants qui arrivent à démener des situations difficiles et toujours avec humour. Pour Le Bon Gros Géant, la situation est double. D’un côté Sophie veut rentrer dans on pays, de l’autre, le Bon Gros Géant doit arrêter les exactions de ses congénères (d’autres géants méchants et plus forts). Pour améliorer une situation quelque peu dramatique, l’auteur a quelques idées loufoques : le Bon Gros Géant s’embrouille dans son vocabulaire, la frétibulle est une boisson qui provoque des flatulences, les rêves sont soufflés par une trompette… L’ensemble égratigne la gentillesse, la grammaire et le politiquement correct, mais il reste l’indispensable : Ça fonctionne ! On suit avec plaisir les aventures de ces deux héros, on essaie de traduire les phrases du géant, pour le plus grand bonheur du lecteur ! Quant à la petite « leçon de morale », Roald Dahl l’assène de la meilleure des façons, je vous laisse la surprise. En résumé, il dit qu’un cancre peut réussir.
Ce court roman fonctionne sur différents registres. Les contes, le monde moderne, l’amitié entre deux personnes différentes. Avec son humour et son insolence, l’auteur fait passer plusieurs images qui pourraient ne pas être correctes, mais tout le monde n’est pas Roald Dahl. Les jeunes lecteurs (et les moins jeunes) vont adorer ce texte qui joue si bien avec le vocabulaire. A ce propos, on pourra signaler le travail formidable du traducteur, Jean-François Ménard. Son texte est limpide, drôle et les idées nombreuses.
On ne peut refermer un roman de Roald Dahl sans parler de Quentin Blake. L’illustrateur sait montrer tout son talent dans les textes des grands auteurs britanniques. Son trait est sûr, va à l’essentiel et pourtant, invite à l’imagination. Là encore, c’est un régal d’associer texte et images.

Récemment adapté à l’écran par Steven Spielberg, Le Bon Gros Géant reste un grand classique de la littérature enfantine. C’est insolent et humoristique et pourtant, on n’oublie pas les valeurs telles que l’amitié. Trente ans après sa publication, Le Bon Gros Géant n’a rien perdu de sa richesse.

LE BON GROS GEANT
AUTEUR : ROALD DAHL
ILLUSTRATEUR : QUENTIN BLAKE
TRADUCTEUR : JEAN-FRANCOIS MENARD
COLLECTION : GRAND FORMAT LITTERATURE
EDITEUR : GALLIMARD JEUNESSE

LE MONDE SECRET DE SOMBRETERRE T1 : LE CLAN PERDU

SombreterreVictor croyait être le seul garçon bizarre de sa classe. Il voit des choses que personne ne voit. Alors quand une nouvelle élève arrive et commence à lui expliquer « ses bizarreries », il en est tout chamboulé. Qui est Alina et d’où vient-elle ?

Voilà un roman jeunesse qui se distingue de la production. Si le fond de l’histoire est assez classique, Cassandra O’Donnell donne une forme réjouissante au récit. Si Alina semble connaître beaucoup de choses sur les phénomènes qui entourent Victor, elle ne connaît pas notre monde et sa naïveté/franchise peut créer quelques problèmes. Elle n’hésite pas à aller au-devant de l’action, tout en restant une jeune adolescente. Un comportement paradoxal qui l’étonne elle-même. Victor a un comportement plus classique, mais il a un vécu avant le déroulement de l’histoire. La venur d’Alina va lui permettre de se sentir plus « normal ». Les personnages ne se comportent pas en héros, l’humour est souvent présent et si Lucas est « le clown » de la bande, on sent qu’il a un rôle à jouer… Plus important que celui de l’auguste. On aurait pu se passer des moqueries sur les adultes du collège, mais du professeur, au directeur tyrannique en passant par l’infirmière et ses remèdes « miracles », qui n’est jamais passé par là ?
Pour ce premier tome, Le Monde Secret de Sombreterre reste mystérieux. Tout au plus sait-on certaines fonctions des personnages et des monstres qui parcourent notre monde. On sent que Victor y est lié, mais pourquoi ? L’autrice réussit à maintenir un semblant de normalité dans ce tome. L’ambiance y est mystérieuse sans être effrayante, malgré quelques scènes de suspense. Le crayon de Jérémie Fleury permet de mettre en images l’univers de Sombreterre. On retiendra particulièrement le mougough : « Un gros iguane poilu avec d’horribles dents de requins et une queue couverte de piquants« .

Un premier tome qui permet de découvrir un univers, qu’on ne verra pas. Des héros qui n’en sont pas et des créatures mystérieuses. Un programme réjouissant qui donne envie de lire la suite.

LE MONDE SECRET DE SOMBRETERRE
T1 : LE CLAN PERDU
AUTRICE : CASSANDRA O’DONNELL
ILLUSTRATEUR : JEREMIE FLEURY
EDITIONS : FLAMMARION JEUNESSE

NAPOLEON T1 : DE MAL EMPIRE

napoleon Il a reformé la France, il a mis l’Europe à ses pieds, mais en fait comment se comportait Napoléon ? Découvrez la figure historique du petit caporal sous un nouveau jour (et pas le meilleur).

Faire de l’humour n’est jamais simple. Jouer avec les figures historiques peut relever de la complexité. Ses deux difficultés, les éditions Bamboo en ont fait leurs chevaux de bataille ! On peut toujours reprocher au catalogue d’avoir le trait gros, de faire dans l’humour facile, mais ça fonctionne ! Pour cette parodie de Napoléon, les auteurs s’attachent les services du magazine Napoléon 1er. Voilà une idée saugrenue, pour une parodie… Sauf que les auteurs ont décidé de rire de Napoléon, tout en faisant apprendre l’histoire aux lecteurs. Cette leçon en 48 pages pourra être définitivement apprise avec le dossier joint qui renvoie aux planches et explique les situations. Le pari était risqué et il est en parti réussi. Les différents surnoms de Napoléon attaquent son physique, on le compare à un dictateur, on dénonce ses phobies… Bref il est mis à nu, mais tout tourne autour de lui. Si les situations sont cocasses, si les anecdotes (véridiques) sont savoureuses, on referme l’ouvrage avec un trop plein de Bonaparte. On aurait aimé en savoir plus sur son entourage, ses armées…
Côté graphique, on connaît le talent de Stédo (Les Pompiers chez Bamboo). Forçant le trait, il brocarde le portrait de Napoléon. Un nez fort, un corps gras, un caractère déchaîné… Il ne le rate pas. Si l’humour tire à boulet rouges sur Napoléon, on ne peut que souligner la véracité des faits, comme des costumes. Chaque gag est annoncé par un titre. Les amoureux des jeux de mots apprécieront les efforts (Guerre et pet, Le sale air de la peur).

Ce premier tome de Napoléon fera rire les lecteurs tout en notant certaines anecdotes historiques ou intimes. Le mélange histoire/humour fonctionne bien, mais on espère que le prochain tome élargira le champ pour laisser respirer le « pauvre » Napoléon.

NAPOLEON T1 : DE MAL EMPIRE
AUTEUR : LAPUSS’
DESSINATEUR : STEDO
COULEURS : DAVID LEUVEN
EDITIONS : BAMBOO

Cette chronique a été écrite dans le cadre de la BD de la semaine. Aujourd’hui les participants sont hébergés dans La Bibliothèque de Noukette.

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LES GODILLOTS T4 : LE TOURNIQUET DE L’ENFER

les godillots-t4Nos héros sont de retour pour remettre une missive. Une mission « banale » sauf que Serpolet va être blessé et égarer son porte-bonheur. A partir de ce moment, notre soldat va se rendre compte qu’il n’est plus invulnérable. Il va tenter de s’en sortir…

Les Godillots est une  série qui mêle humour et drame au sein de la première guerre mondiale. Un mélange qui fonctionne sans tomber dans la gaudriole ou la parodie. Les auteurs montrent les horreurs de la guerre, mais peut-être pas là où on l’attendait. Dans un univers où toutes les couches de la population se rencontrent, où l’humanité n’est plus qu’un mot, l’humain se réfugie là où il peut. Certains ont un porte-bonheur, d’autres se comportent différemment (ils montent la garde dans le mauvais sens, ils sont des artistes compulsifs). Si le fil est rompu, la folie déferle sur ces hommes.
C’est cette folie qu’ont voulu montrer les auteurs. Pour faire comprendre « la folie » de Serpolet, les auteurs n’hésitent pas à composer certaines planches dantesques. Certaines sont grotesques alors que d’autres tiennent de l’horreur.
Les Godillots n’est pas qu’une série sur la première guerre mondiale. Si elle est largement documentée, si elle n’hésite pas à y mettre des personnages historiques, c’est sa narration qui étonne. Chaque tome se passe à une époque différente et pas forcement racontée dans le bon ordre… Un mauvais point ? Au contraire, si l’ensemble de la série tourne autour de quelques hommes, chaque tome apporte son point de vue sur un moment donné du conflit.

Editeur grand public, Bamboo n’hésite pas à donner un coup de pied dans la fourmilière. Olier et Marko dénoncent de façon pertinente toute la folie humaine durant la première guerre mondiale.

LES GODILLOTS T4 : LE TOURNIQUET DE L’ENFER
AUTEUR : OLIER
DESSINATEUR : MARKO
EDITIONS : BAMBOO