UNE SEMAINE, 7 LUNDIS

une-semaine-7-lundisEllie Spark vient de passer la pire journée de sa vie d’adolescente. Elle a raté son essai de base-ball, son discours électoral a été un échec, sa dissertation a été détruite deux fois et son petit-ami la quitte. Elle s’endort en désirant avoir une seconde chance. Quand elle se réveille, elle s’aperçoit qu’elle revit la même journée.

En lisant le pitch, on pense au film Un Jour Sans Fin. Une référence d’autant plus marquée qu’elle est citée sur la quatrième de couverture. Le problème, c’est que Une Semaine, 7 Lundis s’approche dangereusement du plagiat. L’héroïne va tenter de rattraper ses erreurs durant les 7 jours qui vont se répéter. Evidemment tout ne va pas se passer comme prévu. Durant cette semaine, en essayant de gagner cette seconde chance, elle va essayer de savoir ce qu’elle est, ce qu’elle veut. L’intrigue est classique, on se doute de la psychologie des personnages… Seuls les morceaux de musique cités sauvent l’ensemble.

Une Semaine, 7 Lundis est un joli conte, pour jeunes filles énamourées. La morale est sauve. pour le reste des lecteurs, on conseille d’aller visionner Un Jour Sans Fin, largement meilleur.

UNE SEMAINE, 7 LUNDIS
AUTRICE : JESSICA BRODY
TRADUCTRICE : ALICE MARCHAND
EDITIONS : GALLIMARD JEUNESSE

AUJOURD’HUI EST UN AUTRE JOUR

aujourdhui-est-un-autre-jourRhiannon est une jeune fille ordinaire, mais elle a fait une rencontre hors du commun : Celle de A. C’est est un adolescent du même âge, mais il a la particularité d’emprunter chaque jour le corps d’une autre personne. A est tombé amoureux de Rhiannon et pour celle-ci, cette aventure est difficle à vivre, puisque chaque jour, A est une autre personne.

Il y a trois ans, David Levithan créait le personnage de A. Cette romance fantastique explorait les méandres de l’adolescence. Avec Aujourd’hui est un Autre Jour, il revient sur ces personnages, mais il s’attache cette fois au caractère de Rhiannon. L’exercice peut s’avérer utile. On vit ce que ressent Rhiannon. Malheureusement, la recette qui faisait le succès d’A Comme Aujourd’hui ne fonctionne pas avec ce tome. En voulant écrire un livre miroir à son précédent roman, David Levithan ne crée rien. On connait les situations, les dialogues ne sont pas nouveaux. Seul le point de vue de Rhiannon est différent. Alors que A ne vit que pour le jour présent, Rhiannon veut penser sur l’avenir.

A quoi pouvait-on s’attendre, quand l’éditeur nous annonce que le livre est le point de vue de Rhiannon ? Aujourd’hui est un Autre Jour ne fait que copier les passages d’A Comme Aujourd’hui. Il n’y a presque rien de neuf. Seule la douce écriture de David Levithan persiste. Il nous plonge une nouvelle fois dans le monde de A, mais c’est trop répétitif pour qu’on exulte de nouveau.

AUJOURD’HUI EST UN AUTRE JOUR
AUTEUR : DAVID LEVITHAN
EDITIONS : GALLIMARD JEUNESSE

Vous pouvez aussi lire la chronique d’A Comme Aujourd’hui

LE CLUB

le-clubIls formaient le club des cinq et avaient vécu des aventures formidables. Trente après, la vie les a séparés. Réunis à Noël, le meurtre d’un proche leur permet d’enquêter de nouveau.

Que ce soit les livres ou la série, Le Club des Cinq est une madeleine de Proust. On a vécu avec eux leurs aventures et ce souvenir enfantin persiste à chaque lecture. Y toucher relève de l’hérésie et pourtant, Michel Pagel le fait avec talent. Il propose de raconter l’histoire trente ans après. Une façon de ne pas « toucher » aux personnages d’Enyd Blyton. On ne révélera pas les caractères des différents personnages, mais après les premières surprises, on se dit que ces adultes n’ont pas à rougir de leurs voies. Elles étaient tracées depuis le début. Certes, l’autrice originale n’aurait pas été d’accord, mais les mentalités évoluent… Arrêtons, on en a trop dit.
Par contre, pour ceux qui lisent ce blog, ils peuvent se demander pourquoi chroniquer un livre faisant suite au Club des Cinq ? Michel Pagel introduit un élément fantastique. L’ambiance policière du début va vite se révéler plus inquiétante et les éléments de réponse tout aussi logiques.

LA bonne idée de l’auteur, c’est de mêler la série originale (The Famous Five : Enyd Blyton), sa traduction française et le passage de l’enfance à l’adulte… Pour des personnages de fiction. Ces trois éléments forment une intrigue originale, dure et le lecteur n’en ressort pas indemne. On pourrait se dire que ce court roman (160 pages) est réservé aux spécialistes de la série. Il n’en est rien. Avec son scénario simple et son style direct,  c’est tout un ensemble qui permet au lecteur de s’approprier le récit.

Alors qu’un long-métrage est annoncé prochainement, il est bon de se replonger dans les méandres de l’enfance et d’imaginer nos héros, adultes.

LE CLUB
AUTEUR : MICHEL PAGEL
COLLECTION : BIBLIOTHEQUE VOLTAÏQUE
EDITEUR : LES MOUTONS ELECTRIQUES

LES OMBRES DE KEROHAN

les-ombres-de-kerohanViola et Sébastian sont envoyés en Bretagne après le décès de leur maman. Alors qu’ils auraient du y goûter le repos, ils trouvent un manoir vidé de ses domestiques, un oncle occupé par son travail, une famille minée par une santé fragile. Et quelle est cette présence qui semble plâner sur le manoir ? Pourquoi le docteur Vesper leur conseille de ne pas quitter la demeure ?

Si j’avais apprécié Le Miroir aux Sortilèges, ce nouveau récit de N.M.Zimmermann est autrement plus angoissant. L’histoire se déroule en Bretagne, dans un XIX siècle qui n’est pas déterminé (la date sera précisée à la fin). Les deux points forts de ce roman, c’est l’ambiance et le quotidien. Apparemment, il ne se passe rien, mais des détails font céder la normalité au fantastique. Que ce soit les dialogues, les ombres, les « rêves », rien ne contribuera à la tranquillité ! Quant à l’ambiance, dès les premières lignes, le lecteur sentira une oppression permanente. Dans ce lieu bizarre, seule Viola semble normale. A douze ans, elle doit être l’aînée, prendre les bonnes décisions et veiller sur son frère. Un cadet trop calme, aux yeux verts trop intenses, qui pense avoir vu l’Ankou et les korrigans ! Pour les adultes, l’enfant a rêvé, pour Viola, elle essaye de trouver une base logique à tous ces évènements.
On l’aura compris, N.M.Zimmermann joue avec nos nerfs et ce, dès les premières lignes. Un voyage entre Savenay (Loire-Atlantique) et le manoir de Kerohan (Hanvec-Finistère) qui semble durer des heures, un manoir vide et poussiéreux, des pièces fermées, des secrets, le folklore breton. Tout est là pour nous faire frissonner et se sentir mal à l’aise. L’autrice retranscrit très bien ces sentiments et malgré le peu d’action, l’histoire se lit facilement, sans ennui. On est même plongé dans l’histoire.
Sur son blog, l’autrice montre les racines du récit. Si elle écrit avoir voulu faire un hommage à Shirley Jackson, j’y ai vu aussi une parenté avec La Chute de la Maison Usher. Si la plupart des évènements trouveront leur solution, tout n’est pas dit et le livre se referme sur une atmosphère, certes, apaisée, mais où le fantastique est encore imprégné.

Pour l’anecdote, j’ai du subir les attentes interminables dans la gare de Savenay. Que ce soit en tant qu’interne, étudiant, voire vacancier, les correspondances n’étaient pas au mieux. A une époque où Internet débutait, où le téléphone portable n’était qu’un projet, se retrouver coincé dans cette gare était un purgatoire. Un café souvent fermé, une gare froide, ses bancs, son distributeur automatique. On peut comprendre l’ennui des jumeaux et de la gouvernante.

Les Ombres de Kerohan est un récit fantastique. Entre folklore breton, gothique, voire ambiance de la firme Hammer (ancienne production britannique ayant réalisé plusieurs classiques cinématographiques), le lecteur se laissera prendre dans cette ambiance froide et humide. A lire pour frissonner au coin du feu.

LES OMBRES DE KEROHAN
AUTRICE : N.M.ZIMMERMANN
COLLECTIONS : MEDIUM
EDITIONS : ECOLE DES LOISIRS

LA PROPHETIE DES RUNES T1 : LA ROUELLE DE FEU

La_prophetie_des_runesLes Huns déferlent sur le territoire Franc. Alors que son père et son frère sont partis,  Morgiane, leur fille,  défend le domaine familial. Ce qui devait être une « simple bataille » va s’avérer plus compliqué. Une prophétie est en cours et les ennemis sont à l’affut…

Si j’ai la chance de connaître les éditions Gulf Stream (Les Outrepasseurs, Rouge Tagada, etc), je ne connaissais pas Catherine Cuenca. Le pitch m’intéressait mais j’appréhendais le rôle féminin. Allait-on tomber dans le domaine de la femme qui ressemble à un homme ou de la femme qui se fait défendre par des hommes ? Aucune de ses définitions n’est bonne. Morgiane est un personnage complexe qui sait se faire obéir sans les armes et qui reste féminin. Elle n’est pas la fille du chef, mais le chef et personne (sauf les ennemis) ne conteste son autorité. Ce portrait n’est pas exempt de faiblesse. Elle ressent des sentiments qui peuvent la faire vaciller, mais la raison d’état prévaut.
Si ce personnage féminin est magnifiquement construit, il en est de même pour la reconstitution historique. Loin de faire une leçon d’histoire, l’ancienne licenciée d’histoire fait vivre l’époque sous nos yeux. La future France prend place avec ses peuples, ses us et coutumes. Comme on s’adresse à tout type de lecteur, une notice permet d’expliquer tous les termes et de rappeler les différents personnages.
A ce moment de la lecture, vous vous demandez où est l’imaginaire ? J’avoue qu’à part un évènement au début du récit, il faut chercher. Si le fantastique est présent (présence inquiétante, voire fantomatique) Catherine Cuenca ne l’utilise que rarement. Quand c’est le cas, son utilisation joue sur le récit et propose une réflexion au lecteur. Un vrai tour de force là où certains utiliseraient l’imaginaire à tort et à travers.

Une héroïne qui sait rester humaine, une ambiance qui reconstitue le Veme siècle et un brin d’imaginaire pour secouer le tout. Vous en redemandez ? Nous aussi !

LA PROPHETIE DES RUNES
T1 : LA ROUELLE DE FEU
AUTRICE : CATHERINE CUENCA
EDITIONS : GULF STREAM

BILAN 2015 : SFFF

sélectionL’année 2015 s’achève. Les premières parutions de 2016 pointent leurs nez. Il est donc l’heure de faire un point sur ce que vous avez apprécié.

Avec plus de 11000 vues et 7000 visiteurs, l’année 2015 a été plus prolifique que 2014 (année de création de ce blog). Je vous remercie de vos visites, des partages, des commentaires. Voici les chroniques les plus appréciées (dans l’ordre décroissant)

Atlas de la France Mystérieuse. Cette anthologie de récits concernant notre pays rafle le prix de la chronique la plus lue. Pourtant, j’avais égratigné les écrits de Fabrice Colin.

Ascenseur pour le Futur est un récit jeunesse. Depuis quelques mois, je le vois régulièrement dans le « top » lecture. Un évènement qui peut s’expliquer par sa sélection aux prix Passerelles et Incorruptibles.

Faire des Sciences avec Star Wars. J’avoue que cette chronique était là pour faire de la visite. Apparemment ça a fonctionné. Ca n’empêche pas de dire que le livre est bon.

La Guerre des Mus T1 est une histoire qui oppose deux communautés : Les rongeurs et les chats. Au milieu, une petite souris, apparemment celle d’une prophétie. Un récit animalier sympathique.

In Cloud We Trust : Frédéric Delmeulle revient au roman avec cette « histoire à voyager dans le temps » déroutante.

Mausolée : Avec Point Zéro, Antoine Tracqui montrait qu’on pouvait mélanger allègrement science-fiction et thriller. Mausolée en est la digne suite. Accrochez-vous aux fauteuils, ça décoiffe !

Virus 57 : Une course contre la montre entre deux jeunes « infectés » et le gouvernement qui les recherches. Haletant de bout en bout !

Nanarland T1 : Ma friandise de ce bilan. Films sympathiques mais fauchés, erreurs de castings, doublage approximatif, rien ne vous sera épargné. Surtout pas les fous-rires !

L’Implacable t1 : Les amoureux des films des années 80 ont du aimer Remo Williams, mais ce dernier titre est un livre. Découvrir l’œuvre originale permet de savourer le film différemment.

La Ligne Verte T2 : Deuxième tome du feuilleton de Stephen King. Tous les éléments se mettent en place pour que l’intrigue démarre. Quand un auteur met son talent sur un feuilleton littéraire. A lire pour ceux qui connaissent mal Stephen King.

ALICE AU PAYS DES MERVEILLES

aliceAuxPaysDesMerveillesAlors qu’elle est avec sa soeur, Alice aperçoit un lapin. Elle l’entend parler. Curieuse, elle le suit et tombe dans un trou…

Mots-valises, calembours… On ne pourrait retenir d’Alice au Pays des Merveilles que les 80 facéties que Lewis Carroll a glissé à l’intérieur. Ce serait une grave erreur. Le monde que visite la jeune Alice est perturbant pour la logique, comme pour sa propre personne. Tour à tour amusant et effrayant, l’auteur dirige le lecteur, celui-ci attiré par la curiosité de cet étrange univers. On y perd la mémoire, la tête aussi. Les choses ne restent jamais les mêmes et il est difficile d’y garder une logique.
En illustrateur, Benjamin Lacombe a réalisé de merveilleux graphismes. S’ils sont beaux, les traits choisis, les couleurs donnent une ambiance « inquiétante ». Avec différentes techniques utilisées, l’illustrateur joue avec nos émotions, comme s’il décuplait le pouvoir du texte. Portraits, illustrations à côté du texte, rien ne dépasse dans cette adaptation. La parution dans la collection Métamorphose s’intègre parfaitement au reste du catalogue. On y croise l’enfance, mais aussi sa part sombre.

Ca fait 150 ans que Lewis Carrol nous a légué ce bijou. Aujourd’hui adapté par Benjamin Lacombe, il en ressort comme un formidable hommage et un merveilleux présent à offrir. Pour la traduction, le texte choisi a été celui d’Henri Parisot. Pour mieux saisir toutes les nuances du textes, un index en fin de livre permet d’expliquer les choix de traduction par rapport au texte original. Si ça ne suffisait pas, la correspondance de Lewis Carrol avec Alice est dévoilée. Ce n’est donc pas un simple texte mais un univers autour de l’oeuvre et de l’auteur qui est réuni dans ce livre. On soulignera la réalisation graphique. Benjamin Lacombe et Adeline Richet-Lartigue ont fait un travail exceptionnel. Le placement des textes, la police choisie (et le jeu qu’ils en font), etc. Un choix judicieux qui permet une mise en avant du texte.

ALICE AU PAYS DES MERVEILLES
AUTEUR : LEWIS CARROLL
ILLUSTRATEUR : BENJAMIN LACOMBE
TRADUCTION : HENRI PARISOT
COLLECTION : METAMORPHOSE
EDITIONS : SOLEIL