FULLMETAL KNIGHTS CHEVALION T1

chevalion-1Les fullmetal knights chevalion ont réussi à vaincre l’envahisseur. La Terre est sauvée. Ils peuvent retourner à une vie normale. Tous ? Non, car Retto n’arrive pas à se retransformer. Désormais au chômage, contraint d’accepter n’importe quel travail, il essaie de survivre dans un monde qui n’a peut-être pas besoin de lui. Ses anciens compagnons de bataille l’apprennent et tentent de lui venir en aide.

Qui n’a jamais vu des séries de super-héros ? On s’est toujours demandé ce qui se passerait s’ils devaient retourner à la vie normale, mais avec leurs pouvoirs. Des parodies ont déjà été faites et la dernière en date vient du Japon. Sawako Arashida s’attaque à un media très connu de ses contemporains, les séries de super-guerriers. L’un de ses super-héros n’arrive plus à se retransformer. Toute sa vie se retrouve changée. Il est la honte de ses ex-compagnons, il n’arrive pas à attraper un simple voleur et il est même inculpé de troubles à l’ordre public. L’auteur joue avec les clichés des genres (super-héros et parodie) et on s’y amuse beaucoup. On a des réponses sur comment mettre de l’argent quand on a une armure. Que fait un super-héros dans la vie civile ? etc. La série étant une parodie, les réponses sont farfelues, mais derrière cette « plaisanterie », l’auteur montre qu’avoir des pouvoirs (et un sens des responsabilités sic) n’est pas aisé quand il n’y a plus de menace et qu’on doit travailler.
Côté graphisme, on navigue entre réalisme et cartoon. les protagonistes principaux sont des poncifs du genre : la jolie femme, le bel homme, la jeune fille, le chef mystérieux. Seul Retto reste un mystère. Si l’ensemble est correct, on peut applaudir l’auteur pour nous montrer les sentiments du héros et ce, sans qu’on ne voit ses yeux ! Le tempo est rapide, les actions s’enchaînent sans temps mort.

Premier tome d’une série de trois,  Fullmetal Knights Chevalion est une  bonne parodie, mêlant réflexions sur la notion de super-héros et clichés humoristiques (comme un tel imbécile a pu être le chef des héros ?). C’est frais, sans lourdeur inutile et on a hâte de lire la suite.

FULLMETAL KNIGHTS CHEVALION T1
AUTEUR : SAWAKO ARASHIDA
COLLECTION : WTF
EDITEUR : AKATA

 

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CAPITAINE ALBATOR-DIMENSION VOYAGE T1

albatorLes aventuriers sont partis dans l’espace. Sur Terre, il ne reste que ceux qui ne peuvent plus partir et ceux qui ont pris le pouvoir. Alors, quand une étrange sphère s’abat sur Megalopolis, il semblerait que tout soit fini. Ce n’est que le commencement du combat, auquel Albator va prendre part.

Comment faire cette chronique sans raconter ce qu’est Albator ? Les plus jeunes connaisent peut-être le long-métrage d’animation diffusé en 2013. En fait, le personnage est apparu en 1969, mais c’est dans l’émission RécréA2 que le public français le voit pour la première fois. Il s’ensuit un succès aucunement démérité. Créé par Leiji Matsumoto, Albator est un personnage à part. Tout d’abord, c’est un pirate. Il n’obéit qu’à ses règles. Ensuite Leiji Matsumoto, fait d’Albator, la pierre d’angle de son univers. Chaque série mettant en scène le personnage, réécrit ou poursuit la biographie précédemment créée. Une biographie qui se révèle un véritable puzzle au fil des mangas, films d’animations, etc. Certains fanatiques vont créer une biographie officielle, le reste appréciera l’ensemble de l’oeuvre du maître Leiji Matsumoto. Pour l’anecdote, il n’y a qu’en France, qu’on nomme le personnage Albator. Sinon, il se nomme Harlock. Pourquoi cette différence ? Lors de l’enregistrement du générique, Eric Charden, trouvait qu’Albator avait trop de consonances qui se rapprochaient du Capitaine Haddock. Il a donc pensé à un albatros et un rugbyman : Jean-Claude Balladore (dont notre héros n’a pas le physique). Albator était né.

Ce manga divisera les lecteurs. Car nous allons vous ôter d’un doute, Capitaine Albator-Dimension Voyage raconte l’arrivée des Sylvidres. Alors, ce n’est pas du copié-collé, mais tout l’histoire repose sur l’opposition femme-plante/capitaine pirate. Continuant son oeuvre, Leiji Matsumoto intègre quelques éléments de son (immense) univers, modifiant légèrement l’histoire originale. On a plaisir à retrouver les personnages, repensés par Kouti Shimaboshi, mais vérifiés par Leiji Matsumoto. On a droit à l’Arcadia comme vaisseau et bizarrement, tous les personnages retrouvent leurs patronymes d’origine, sauf Albator. Contrairement à l’animé de notre enfance, Albator est bien un pirate, non pas un corsaire !

Avec son histoire identique, ses personnages repensés, il est difficile de passer à côté de cette nouvelle série de Leiji Matsumoto. Seuls les tomes suivants nous diront si cette version est une pâle copie de l’originale (modernisée) ou une autre version dont le maître a le secret.

CAPITAINE ALBATOR-DIMENSION VOYAGE T1
AUTEUR : LEIJI MATSUMOTO
DESSINATEUR : KOUTI SHIMABOSHI
EDITIONS : KANA

MONT TOMBE : LA DERNIÈRE LÉGENDE DU MONT-SAINT-MICHEL

mont-tombe-glenatSuite à un éboulement au Mont-Saint-Michel, un sanctuaire est mis à jour. Pour le sergent Clotilde Dumont, nouvellement affectée à la gendarmerie du mont, sa priorité est la sécurité des touristes. Une priorité mise à mal par des écrits. Le sanctuaire serait la cache du Dragon de l’Apocalypse.

Sous le couvert de découvrir et de mettre en valeur le Mont-Saint-Michel, les éditions Glénat et les éditions du patrimoine créent un manga sur ce mont séculaire. A priori, c’est une bonne idée. Plus de 150 pages en noir et blanc, dans un format qui peut inspirer la plupart des adolescents.
L’histoire, sans être originale est bien documentée. Rebondissements, flash-back et trahisons sont en place. Les personnages sont intéressants, même si la référence japonaise semble inutile.
La documentation et les références sont foisonnantes. Le Mont-Saint-Michel a encore des mystères à livrer.
Izu (pseudo de Guillaume Dorison) au scénario, Alex Nikolavitch à la documentation, tout est présent pour nous divertir. Malheureusement, le graphisme d’Asan ne rend pas la lecture facile. Si montrer le mont en noir et blanc permet de mettre en valeur ce monument historique, trames et personnages sont à l’avenant.

Un livre qu’on peut se procurer pour le plaisir de déambuler dans les méandres du Mont-Saint-Michel, alors que le potentiel allait bien au-delà. Dommage.

MONT TOMBE : LA DERNIERE LEGENDE DU MONT-SAINT-MICHEL
AUTEURS : ASAN-IZU
COLLECTION : SEINEN MANGA
EDITIONS : GLENAT/EDITIONS DU PATRIMOINE

 

LUNE DE SANG T1

lune-de-sang-t1-tomô-maruyamaLors de la pleine lune, des jeunes femmes disparaissent tandis que des hommes sont mordus. Rien à voir entre les deux affaires ? Pas si sûr selon Sakuya. La jeune chasseuse délivre les possédés de la malédiction de l’esprit canin.

A la première lecture, le scénario semble se répéter : une jeune fille est avec un garçon la nuit. Ce dernier, suite à une morsure, se métamorphose en loup-garou. Il veut rester avec/tuer la jeune fille. Arrive Sakuya, qui « délivre » le possédé. Heureusement, l’histoire prend un tournant intéressant. Une jeune fille semble maîtriser les hommes possédés. Elle se nomme : le petit chaperon écarlate.
Le mélange folklore japonais (inugami, talismans) rencontre les mythes autour du loup. Le petit chaperon écarlate, le pouvoir de la lune sur les possédés, le fait de manger de la chair humaine et évidemment toute la connotation sexuelle autour des lycanthropes. Le résultat est sympathique et les transformations intéressantes. Quant à l’héroïne, elle n’est pas qu’une chasseuse au sabre. On apprend qu’il y a un passé derrière elle. Petite entaille au folklore : elle met de la musique pour que le bruit lunaire la dérange moins.
Côté graphique, on reprochera de faire tous les personnages féminins avec des poitrines exubérantes et de les montrer à la moindre occasion (mais c’est un manga pour  adolescent, donc..). Les métamorphoses sont impressionnantes, comme la  taille du loup-garou. Les combats sont vites expédiés, mais ils ont une visibilité qui permet de détailler les coups portés.

Le premier tome de Lune de Sang se lit sans déplaisir. Le mélange sexy/horreur fonctionne, même si ce n’est pas très original. Comme dans tout manga, il faudra attendre la suite pour se faire une idée.

LUNE DE SANG T1
AUTEUR : TOMÔ MARUYAMA
EDITIONS : DOKI DOKI

ISALINE T1 : SORCELLERIE CULINAIRE

isaline-t1-l-hermenier-yllyaIsaline est une jeune fille presque comme les autres. Elle descend d’une lignée de sorcières du côté paternel. Alors, quand il est question de séduire le beau Thomas, sa grand-mère lui montre un livre de sortilèges, mais la magie n’est pas un jeu…

Isaline est un récit classique et sympathique, mais contrairement à ce qui est annoncé, il est loin de l’ambiance des réalisations Ghibli. A la lecture de ce premier tome, on penche vers Sabrina l’Apprentie Sorcière. Entre romance et comédie, Isaline tente de cacher son héritage surnaturel. Pourtant les tentations sont grandes : les beaux yeux de Thomas, l’adversité avec Laurie. Le scénario n’a rien d’exceptionnel même s’il relève quelques surprises amusantes.
Au dessin, Yllya assure un trait hérité du franco-belge et du manga. Des grands yeux, une physionomie semi-réaliste, un ton où l’humour n’est jamais bien loin et le tour est joué. Un mélange qui permet d’avoir un univers sympathique. D’un côté le monde des humains, de l’autre, celui des sorciers. Comme il y a de l’humour, on pourra apprécier les parodies de balais, monstres, humains qui feront rire toute la famille.Yllya assure que les personnages sont véritables suite à une connection onirique via la grand-mère d’Isaline. On laisse l’artiste prendre la responsabilité de ses propos.
Le lectorat voulu ici est celui des jeunes filles. Une double-vie, un beau garçon, de la justice… Le récit manque un peu de finesse pour être complètement emballé. On espère que les prochaines histoires seront plus « fines ».
Le bonus de cette collection c’est d’avoir la même histoire en deux formats, d’où le nom de la collection : Bamboo au Carré.
Pour 80 pages, grand format, cartonné, couleur, vous avez une bande dessinée classique. Pour 150 pages, noir et blanc, petit format, vous avez un « manga ». La différence se situe sur le découpage et le tramage (valeurs de gris). Si les histoires sont les mêmes ces deux différences sont de taille puisque c’est toute la narration qui change. Dans le manga, elle est plus dynamique et certains effets sont présents, alors que le grand format respecte le classicisme belge des cases rectangulaires. A contrario, ce grand format permet une grande lisibilité, alors que le petit format est moins facile.
Difficile de savoir ce qui a été pensé en premier, mais l’idée marketing est bien pensée et loin d’un simple recadrage bande dessinée/manga, ce sont tous les codes des genres qui sont présents. A l’éditeur désormais de bien choisir les histoires pour mettre en valeur les formats.

ISALINE T1 : SORCELLERIE CULINAIRE
AUTEUR : MAXE L’HERMENIER
DESSINATRICE : YLLYA
COLLECTION : BAMBOO AU CARRE
EDITIONS: BAMBOO

LADYBOY VS YAKUZAS, L’ÎLE DU DÉSESPOIR : T1

ladyboy-vs-yakuzasSur une île, une jeune femme légèrement vêtue est poursuivie par une centaine  d’hommes en slip. Une situation déroutante ? La réalité l’est encore plus. Sachez que la jeune femme (Kôzô) est un transexuel malgré lui, que les hommes sont tous des criminels sexuels. S’ils veulent partir de l’île, ils devront violer Kôzô…

Mais c’est quoi cette histoire ? Les éditions Akata publient leur troisième titre dans la collection WTF. (« WTF » est un acronyme d’une expression argotique signifiant : « C’est quoi ce bordel ? »). Une collection à part pour l’éditeur puisqu’elle se veut décalée et loufoque. On y retrouve du mauvais goût assumé, du gore qui tache, voire du sexe… Et Ladyboy vs Yakusas ne compte pas réfréner cette ardeur.
J’avoue que l’idée scénaristique est bien trouvée. L’auteur a voulu faire du survival qui n’a jamais été lu. Cette histoire de vengeance vis à vis d’un jeune yakuza (qui a un sexe à la place du cerveau) est machiavélique. Tous les personnages rencontrés sont dans un état psychologique limite, même les victimes. Quant aux criminels, certains se retrouvent là par « erreur ». Plus l’histoire est grosse, plus ça passe. C’est exactement le cas pour celle-ci. Malgré les évènements et les rencontres totalement inattendues, l’histoire se tient, mais il y a un gros « hic ». Je comprends l’humour au quinzième degré, je reconnais les différences d’humour entre les pays mais je ne comprendrai et n’approuverai jamais la culture du viol. Malheureusement, dans ce titre, certains personnages ne sont pas présentés sous forme humoristique (je pense aux deux athlètes) et l’intrigue y perd du sens.
Côté graphique, je dois dire que Toshifumi Sakurai s’est surpassé. A contrario de nombreux auteurs, il n’a pas fait appel à des assistants pour réaliser Ladyboy vs Yakuzas. N’étant pas satisfait des essais, il a tout réalisé lui-même. Si le décor est plutôt simple, les personnages se distinguent par les clichés. Les femmes ont une poitrine opulente et un décolleté. Kozo est dans une tenue de bimbo, pas du tout adaptée à courir dans la jungle. Les hommes sont tous montrés sous des airs bestials. Ils bavent, salivent, se tripotent, quand ce ne sont pas les veines qui explosent sous l’effet de la tension. Une caricature bien avancée du « mâle ». Côté psychologique, ils ne pensent qu’à çà… Les plus faibles/gentils étant éliminés. Un trait qui n’est pas là pour plaire, mais pour distraire, comme son histoire.

Malgré la quatrième de couverture qui indique clairement l’histoire, malgré l’avertissement « pour public averti » qui est visible, Ladyboy vs Yakusas me pose quelques problèmes de conscience. Faire une intrigue de survival avec des personnages déjantés, ça fonctionne. Mettre comme héros/héroïne, une femme malgré elle, courant en talon aiguille, ça fonctionne. Vouloir utiliser le récit pour montrer que l’homme fonctionne avec son sexe plutôt que sa tête, aucun problème, mais l’idée du viol me dérange, malgré ce scénario totalement déjanté et des situations décalées.

LADYBOY VS YAKUZAS, L’ÎLE DU DESESPOIR T1
AUTEUR : TOSHIFUMI SAKURAI
COLLECTION : WTF
EDITIONS : AKATA

LES POMMES MIRACLE

les-pommes-miracle-tsutomu-fujikawaAkinori Kimura avait tout pour être heureux. L’exploitation agricole qu’il reprenait fonctionnait bien. Malheureusement, il découvrit que sa femme était allergique aux produits qu’il vaporisait. Pour qu’elle ne souffre pas, son époux va changer sa façon de cultiver. Il va le faire de façon naturelle !

Adapté d’une biographie (Miracle Apples/Takuji Ishikawa) Les Pommes Miracle est aussi bien une leçon de courage qu’un bienfait écologique. Akinori entreprend une voie difficile et essayera plusieurs façons de procéder avant de comprendre comment la nature fonctionne. Nous sommes dans les années 60 et la connaissance n’est pas à la portée de tous. Par logique et par élimination, il va expérimenter. Ce n’est qu’au bout de plus de 10 ans que ses fruits seront commercialisés. En vrai personnage héroïque, le caractère d’Akinori est spécial. Toujours souriant, il essaye de comprendre comment les choses fonctionnent et dès qu’il se plonge dans le travail, plus rien ne compte autour de lui. Ce n’est que petit à petit qu’il convaincra son entourage. La portée écologique du livre est bien expliquée. Comment des pommes traitées à souhait reprennent vie au contact de la nature. Les divers traitements subis sont énumérés, mais le lecteur comprendra facilement le langage.
Comme le thème du manga n’est pas des plus vendeurs (élever ses pommes de façon naturelle), le graphisme se veut sympathique, les personnages identifiables pour le lecteur. Malheureusement, faire coïncider humour et nature n’est pas facile. A plusieurs reprises, on a l’impression qu’Akinori est un idiot, au vu des résultats qu’il découvre.

Si vous suivez les éditions Akata, les parutions à thème écologique font partie du catalogue (la vraie nature du manga paraît-il). L’éditeur a voulu insérer des postfaces. Celles-ci présentaient le travail des Croqueurs de Pommes, ainsi que de Générations Futures. Un travail nécessaire pour expliquer que le cas d’Akinori Kimura, n’est pas isolé. En France, des organismes y travaillent (heureusement). Quand on travaille dans l’édition, on peut avoir des mauvaises surprises. C’est le cas des éditions Akata. Quand elles ont présenté les postfaces, l’éditeur japonais (Gentosha Comics) a refusé de les publier dans l’édition française. Les joies de l’édition… On pourra remercier Akata d’avoir publié un dossier de presse complet, en dernière minute, avec ces postfaces.

Un manga dans l’air du temps, aussi bien historique, qu’écologique. Un potentiel sympathique qui permettra de l’offrir aux amoureux de la nature, comme ceux de bande dessinée.

LES POMMES MIRACLE
AUTEUR : TSUTOMU FUJIKAWA
EDITIONS : AKATA