RENCONTRE AVEC JOHN SCALZI

Une rencontre avec un auteur millionnaire, futur goûteur de kouign amann, qui réfléchit sur notre monde , sans oublier une part d’humour.

Vous avez écrit sur Internet avant d’être publié. Est-ce que ça a changé votre façon de construire le récit ?

Ça a eu peu d’influence sur mon écriture. Par contre, ce qui m’a influencé, c’est que j’étais auparavant critique de film. Pendant plusieurs années j’ai regarder 200 à 300 films par an. Tout ce qui est construction du récit, dialogues, etc., je l’ai appris en étudiant les films. En tant que critique, je devais comprendre comment ça fonctionnait. Si vous lisez Le Vieil Homme et la Guerre, vous verrez que c’est écrit en trois actes, exactement comme aurait pu l’être un film.

Vous avez écrit sur Internet, avant d’écrire des versions audio, puis d’être publié. Peut-on vous considérer comme un méta-auteur ?

Puisque vous avez posé la question, vous savez que j’en suis un. Ce qui est intéressant avec Internet, c’est que beaucoup de personnes ont adopté des approches différentes pour essayer de se faire publier. Certaines essayent d’imiter celles que j’ai choisies durant les années 90 jusqu’au début des années 2000. Avec le recul, d’autres écrivains et moi-même avons l’impression d’avoir ouvert la voie. Ce que nous avons fait, d’autres peuvent dorénavant s’appuyer dessus pour le faire de manière professionnelle. Donc, toutes ces personnes me doivent de l’argent. (rires)

On peut donc vous considérer comme un proto-meta-auteur ?

Tout à fait ! Je vais écrire ça sur ma carte de visite ! (rires)

Je vous vois comme un paradoxe. Sur internet, vous êtes un écrivain avec une ligne de conduite, vous êtes droit, alors que de l’autre, vous vous vendez très bien. Est-ce compatible l’un avec l’autre ou est-ce ma vision européenne de l’auteur ?

Les deux sont vrais. Je suis un écrivain américain et, pour avoir du succès, il faut vendre ce qu’on fait, il faut faire de soi-même un produit rentable. Alors oui je suis écrivain, mais j’ai aussi un talent pour le marketing. J’apprécie de me montrer en public. Mon éditeur aime ça parce que je suis un bon client en tournée. Ça veut dire aussi que je peux me permettre toutes ces activités, je peux les assurer sans avoir besoin d’un autre emploi.

J’ai l’impression que vous expérimentez beaucoup lors de vos publications. Est-ce un challenge que vous vous faites à moins que vous ne soyez une brute de travail ?

Dans chaque roman, je me lance un nouveau défi pour faire quelque chose de différent. C’est important d’élargir ma boîte à outils d’écrivain, d’avoir de nouvelle capacités. Il faut dire aussi que je m’ennuie très vite.

Vous avez reçu le prix Hugo pour Your Hate Mail Will Be Graded. Est-ce que votre rétrospective du mois dernier cherchait à remporter le même prix ?

Non ! Cette rétrospective consistait en la republication d’une série d’articles à l’occasion des 20 ans de mon blog « Whatever ». J’ai fait ça pour savoir comment je réagirais face à l’évolution des thèmes abordés avec 20 ans de plus. La meilleure façon de me rendre compte de mon point de vue actuel sur une question, c’est d’écrire dessus. Tant que je n’ai pas écrit dessus, je ne m’en rends pas compte. Ça m’a permis d’analyser tout ce que j’ai pu écrire pendant 20 ans. 20 ans d’écriture sur un blog… ça fait beaucoup !

Que vous établissiez les règles d’un jeu meurtrier (l’hilketa) ou que vous répondiez aux questions d’enrôlement dans Le Vieil Homme et La Guerre, les réponses sont claires et étudiées de près. Pourquoi ne pas faire plus simple ?

C’est que je disais tout à l’heure. Pour réfléchir, j’ai besoin d’écrire. Ensuite, quand une personne se pose une question sur mon univers, j’ai envie d’y répondre, non seulement pour le lecteur, mais aussi pour moi. Ça m’aide à écrire mes histoires. Pour ce qui est des personnages transgenres dans Le Vieil Homme et La Guerre, je n’y ai pas vraiment réfléchi en écrivant ce roman. En revanche, c’était intéressant d’introduire ce thème dans les livres suivants en faisant en sorte que ça s’insère bien dans l’univers. Maintenant, je réfléchis à cette question et je continue de la développer.

Au fil des années, votre humour s’est assagi, affiné, est-ce un gain de maturité ?

Mon humour n’a pas évolué, mais j’ai d’avantage confiance en mon lectorat. Avec le temps, ma sensibilité à évolué mais il y a aussi mes lecteurs. Ils sont habitués à mon humour, donc je n’ai pas besoin d’insister dessus. Le lecteur peut sentir l’humour dans le contexte.

Vous avez signé un contrat de 2 millions de dollars pour 13 livres en 10 ans. Est-ce que les droits d’auteurs y sont liés ?

Non, j’ai gardé tous les droits annexes (audio, cinéma). Le contrat porte uniquement sur les textes imprimés. Je dis toujours à mes confrères écrivains de garder leurs droits, de ne jamais les céder. C’est toujours à l’écrivain de garder la main dessus. Je ne céderais mes droits pour rien au monde.

Vous avez écrit « Dans cet univers, séduire un homme hétérosexuel est la plus facile des difficultés », Vous avez une politique anti-harcèlement dans les événements où vous êtes présent, vous avez donné de l’argent lorsqu’un « troll » était sur votre blog. Peut-on vous considérer comme militant ? (1)

Je ne me vois pas comme un militant, je ne le mérite pas. En tant qu’homme blanc hétéro, je n’ai pas cette légitimité. Par contre, j’ai la liberté et le droit de m’exprimer sur les questions politiques, de société, etc. Quand je le fais dans le milieu de la science-fiction ou ailleurs, que quelqu’un comme moi exprime ces idées, ça a du poids. Si je ne le faisais pas, j’aurais honte. Tant que j’aurai un micro, je m’en servirai pour m’exprimer sur des sujets comme l’art, ma communauté, ce qui ne fonctionne pas, etc. Ça ne m’empêche pas de dire parfois des bêtises et il est alors normal qu’on me le reproche. Ce n’est pas de commettre une erreur qui est grave, mais de la reproduire.

En France, on considère l’Artiste avec un grand A. Quelle votre vision de l’auteur ? Quelle est celle des Etats-Unis ?

Hum. Ça dépend du genre d’écrivain que vous êtes. Les auteurs de fiction littéraire ont droit à leur majuscule, mais pas les auteurs de littérature de genre. Moi, ça me convient. On peut mettre une minuscule à artiste ou à écrivain, je me fiche pas mal de ce que pensent les autres. De plus, c’est le genre qui a fait ma fortune ! J’ai signé un contrat de plusieurs millions. Aux Etats-Unis, l’argent ne se cache pas…. Je ne suis pas un Artiste avec un grand A mais ce contrat a permis de payer ma maison, de mettre à l’abri du besoin.

Le succès est au rendez-vous quand on parle de science-fiction dans les films, les séries et les jeux vidéos. Est-ce qu’on rencontre le même engouement en littérature aux Etats-Unis ? Ce n’est hélas pas le cas en France.

Le problème est le même dans mon pays. Se montrer avec un livre de science-fiction, c’est toujours stigmatisé aux Etats-Unis. Une partie de la solution consiste à imprimer des couvertures qui ressemblent moins à des livres de science-fiction. Heureusement l’essor de la culture geek est tel que je peux me permettre d’avoir des couvertures très référencées science-fiction et d’être dans la liste des best-sellers. Vive les geeks !

Avez-vous enfin trouvé un smartphone qui vous convienne ?

(Le montrant) Mon précieux ! J’ai un pixel 3 maintenant et je l’apprécie énormément. Quand j’ai débuté ma tournée, mon ancien téléphone s’est arrêté. J’étais embêté car toute ma vie était dedans. Ce modèle me permet de faire de très belles photos et j’en prends autant qu’avec mon appareil photo. J’aime aussi sa couleur, c’est un ton chair qui me va bien au teint. (rires)

Vous avez un goût particulier avec la nourriture : Coca-Cola zéro, burrito, tarte schadenfreude, etc. Mais avez-vous essayé le kouign-amann ?

J’en ai entendu parler et j’ai très envie d’essayer. Vous le savez, j’adore le sucre, les sucreries, ainsi que le beurre. C’est une pâtisserie qui a été faite pour moi !

Vous participez à des débats pendant les Utopiales, allez-vous utiliser le naqmoac ?

Aux Etats-Unis, pendant la séance de questions du public, on a toujours une personne qui se lève et qui dit (prenant la voix des muppets) « C’est plus un commentaire qu’une question ». Ça dure cinq minutes et ça n’apporte rien. Donc, quand je suis le modérateur, je fais une annonce du genre : « Les intervenants vont parler pendant 40 minutes, ensuite vous pourrez poser des questions. Vos questions devront se présenter sous la forme d’une question, elles ne devront pas être en plusieurs parties et elles ne devront pas être plus longues qu’un tweet ». Si je procède ainsi, c’est pour qu’il y ait le plus de questions possible. Si on pose ces règles dès le début de la conférence on peut dire à celui qui ne les respecte pas : « Non, passons à la question suivante ». Ce procédé, je l’ai surnommé « Naqmoac » (« Not a question, more of a commentary »). Comme je ne serai pas modérateur pendant les Utopiales, je n’y aurai pas recours.

Merci à John Scalzi pour avoir répondu à des questions inhabituelles avec gentillesse et humour, ainsi qu’à Mikael Cabon pour son aide précieuse.

(1) Voir l’article d’Actualitté à ce sujet

Vous pouvez suivre John Scalzi sur son blog

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MOIS DE L’IMAGINAIRE 2018 : L’AUTRE CHEZ LOVECRAFT

Le Mois de l’Imaginaire est un événement dédié aux genres de l’imaginaire : Science-fiction, fantasy et fantastique. Cet événement est soutenu par plusieurs éditeurs de l’imaginaire pour promouvoir et célébrer ces genres, peu médiatisés. A contrario, le cinéma, les séries et le jeu-vidéo se servent dans ce terreau et sont suivis. Désormais, le mois d’octobre sera le Mois de l’Imaginaire. Que ce soit au niveau national ou local, plusieurs acteurs mettent en avant ce mois à travers divers événements.

C’était le cas lundi dernier au Tambour. La librairie Critic, les éditions ActuSF avec le partenariat de l »université de Rennes 2 ont fait venir Christophe Thill (co-directeur des éditions Malpertuis, traducteur et passionné de Lovecraft) pour animer une conférence : L’autre chez Lovecraft.

Pendant plus d’une heure, Christophe Thill nous a plongé dans l’univers de Lovecraft mais aussi dans les Etats-Unis du début du XXe siècle. On y apprend notamment que l’auteur n’écrit pas de la littérature fantastique mais plutôt de la littérature « étrangement effrayante ». Il se consacre à l’étude de la peur, une émotion primale. Par ses écrits, il veut la communiquer. Pour y parvenir, il manie différentes notions. La peur est cosmique lorsqu’elle est inconnue, qu’elle dépasse l’incompréhension. Le monstre n’est pas identifiable, la chose n’est pas une créature humanoïde. Quant à la peur du chaos, c’est celui de la dissolution de la civilisation.
Pour mettre en valeur ses notions, Christophe Thill montre qui était Howard Philips Lovecraft. Issu d’une famille bourgeoise, sa notion à l’autre sera rattachée à la peur de l’étranger (celui-ci ne peut que nous vouloir du mal). Si on dénote dans ses écrits du racisme, on ne peut nier que l’auteur l’était mais qu’il évolue au fil de sa vie, qu’il se confronte à l’autre et qu’il revoit ses positions. Quant à la misogynie qu’on lui reproche, elle n’est que littéraire. Seuls plusieurs de ses personnages féminins sont faibles voire inexistants, quand ils ne font pas partie de cette peur cosmique. Dans la vie de l’écrivain, les femmes comptaient béaucoup, que ce soit de façon professionnelle ou amicale.
A la fin de la conférence, Christophe Thill nous a dit de continuer à lire Howard Philip Lovecraft et pour trois raisons :
-Pour l’art
-L’arrière plan est périmé
-Lovecraft n’a jamais mis ses idées dans ses récits.

Cette plongée dans l’univers littéraire et social de Lovecraft fut intéressant. Christophe Thill a su mettre en parallèle les deux façades d’un même personnage, sans jamais l’excuser mais en montrant l’impact de son œuvre et de l’auteur.

Pour celles et ceux qui n’ont pu venir à la conférence. Cette dernière a été filmé. Vous pouvez la visionner via ce lien.

Aujourd’hui, il y aura une autre conférence, toujours dans ce cadre : Genres et identités dans les littératures de l’imaginaire

cette table ronde explore comment les littératures de l’imaginaire s’emparent des questions de genre, de l’identité, de la transidentité. Comment réinterrogent-elles les frontières du féminin et du masculin ? Quels horizons nous donnent-elles à voir, à imaginer ?

Cette conférence, gratuite, est soumise à réservation.

RENCONTRE AVEC ANDRE-FRANCOIS RUAUD

André-François Ruaud 2018Où l’on parle ovins, bibliothèques, littératures, pays imaginaire et vocabulaire québécois

Nous allons aborder la quatorzième année des Moutons électriques. Si tu devais faire un résumé, est-ce une balade, un parcours ou un chemin de croix ?

André-François Ruaud : Hm… Chemin de croix quand même. C’est très dur d’être éditeur. C’est épuisant, ce sont des inquiétudes tout le temps. Évidemment, c’est aussi plein de satisfaction, sinon, je ne suis pas complètement maso, j’aurais fait autre chose, mais avouons-le, faut être un peu marteau. On me l’avait dit avant que je devienne éditeur et je le constate. Mais c’est un boulot que j’aime toujours, à la passion, parce que quand la passion n’y sera plus, je ne pourrai plus le faire. Je trouve énormément de choses qui m’intéressent et j’ai toujours cette passion. Ce n’est pas simple, mais je ne me plains pas. Je fais un métier que j’adore.

Les Moutons électriques, c’est un nom original pour une maison d’édition qui veut éditer principalement des auteurs français.

André-François Ruaud : (Rires) Comme tu le sais, ça provient du roman Les Androides rêvent-ils des moutons électriques, le Blade Runner de Philip K. Dick, mais c’est parce que j’ai co-créé Les Moutons électriques… La maison a été créée en 2003 avec plein de monde, mais mon principal associé c’était Patrice Duvic, un éditeur lyonnais et parisien et c’était un ami personnel de Philip K. Dick. Dans son placard, Patrice avait une chemise hawaïenne qu’avait portée Philip K. Dick (rires). Ce nom, c’était un moyen de rendre hommage à Philip K. Dick et à Patrice Duvic.

Le mouton est un ovin généralement considéré comme stupide. Du point de vue culinaire, on aime celui des prés salés ou celui de Ouessant… Ce dernier est aussi apprécié comme tondeuse écologique. Qu’en est-il de vos moutons ?

André-François Ruaud : Les Moutons électriques, c’est un nom qui nous a séduit tout de suite… Qui nous a défrisé (rires). Ce n’était pas pour le côté ovin, bien entendu, mais en vérité, pour le rythme de ce nom. Ça m’a fait penser au Serpent à plumes ou aux Humanoïdes associés, c’est-à-dire un nom d’éditeur en plusieurs morceaux. Le Serpent à plumes comme les Humanoïdes associés, ce sont de très belles aventures éditoriales. Quand une copine nous a proposé ce nom là, ça nous a séduits immédiatement.

Tu édites de la littérature populaire. Le terme semble aujourd’hui galvaudé. Peux-tu en donner une définition ?

André-François Ruaud : Je publie à la fois de la littérature populaire et de la littérature de genre. Je ne sais pas si c’est galvaudé. Les séries télé de nos jours sont éminemment populaires, c’est dans ce sens-là que j’entends « populaire », une littérature qui plaît à un grand nombre. Ça ne veut pas dire pour autant que c’est une littérature médiocre, mais c’est une littérature de genre… Je considère qu’il y a trois faces de littératures. Il y a la littérature « blanche » officielle, il y a la littérature noire, c’est-à-dire le polar, et il y a les littératures de l’imaginaire. Pour moi, les gens vraiment cultivés, les gens qui m’épatent totalement, ce sont les gens qui maîtrisent les trois genres. Par exemple, David Vincent, le directeur de L’Eveilleur et de L’Arbre vengeur, m’épate absolument car il maîtrise à la perfection la littérature générale et les littératures de l’imaginaire. Pour moi, c’est ça être vraiment cultivé.

Dans une autre vie, tu as été libraire de bande dessinée. Pourquoi ne pas devenir éditeur du 9eme art ?

André-François Ruaud : J’aurais pu, c’est sûr, mais, c’est un autre métier. Ce n’est pas éditeur, c’est éditeur de bandes dessinées. J’en avais pas envie. J’adore la bande dessinée, mais j’aime encore plus tout ce qui est littérature.

Tu lis et pratiques la psychogéographie. Qu’est ce que c’est ?

André-François Ruaud : La psychogéographie, c’est l’art de se promener en ville, l’art de se perdre en ville et l’art d’en parler. Parler de ses promenades, des sensations que donne la ville, de l’influence de la vie urbaine sur la vie humaine et de l’interaction de la nature avec la ville.

Toi qui es bordelais. A-t-on des balades psychogéographiques sur Bordeaux ?

André-Francois Ruaud : Je n’en ai pas rédigé, mais ça pourrait se faire,.. Comme dans toutes les grandes villes, Mais pour faire de la psychogéographie, il faut que la ville soit assez vaste et Bordeaux a cet avantage de ne pas être spécialement très peuplée, mais d’être très vaste, très étendue. Donc, pour répondre à ta question, on peut le faire.

Tu apprécies Bordeaux, comme tu as apprécié Lyon, mais pourquoi cet amour particulier de Londres ?

André-François Ruaud : Londres, c’est une forme d’exotisme. Oh, je me rends compte que ce n’est pas très original, d’aimer cette ville. On est des centaines et des milliers à aimer ou à avoir aimé Londres, Pour moi Londres et même l’archipel britannique en général, c’est un peu comme un pays imaginaire, très sophistiqué. Je le trouve fascinant. J’aime lire des romans qui se passent dans ce pays imaginaire, mais c’est un pays imaginaire qui a un avantage supplémentaire… On peut y aller ! C’est formidable quand même !

Tu as fait partie d’une gang lyonnaise… Qu’est-ce que la Gang ?

André-François Ruaud : Quand j’étais à Lyon, j’avais envie d’avoir autour de moi des amateurs de genres et de bandes dessinées. J’ai cherché à créer une bande d’amis, de discussion voire d’écriture… Ce groupe est né dans une voiture en rentrant d’un salon de science-fiction à Nancy. Nous étions assez intéressés sur le vocabulaire québécois et on a décidé de s’appeler la Gang. En québécois, il y a des mots qui n’appartiennent pas au même genre qu’en français. C’est un clope et une gang… Voilà. C’était ambitieux, parce que c ‘était un déjeuner hebdomadaire. On y est arrivé. Tous les jeudis on se réunissait, pendant quelques années, c’était très chouette !

Le Club de l’hydre en est-il le pendant bordelais ?

André-François Ruaud : Tu as tout compris. Lyon est une ville de passage. La plupart des membres de la Gang sont partis, donc la Gang s’est dissoute… littéralement. Et moi aussi, je suis parti. Quand j’ai décidé d’arriver à Bordeaux, je connaissais quelques personnes et je leur ai proposé de faire un dîner mensuel. En hommage à mon camarade Francis Saint-Martin, on a appelé ça Le Club de L’hydre.

Tu as une théorie : « Au début des années 80, notre planète est passée dans une singularité qui en a arraché tout goût et bon sens créatif. » Est-ce le cas pour la littérature ?

André-François Ruaud : (rires) Oui, c’est aussi le cas pour la littérature. Essayes de relire Poppy Z. Brite, par exemple. C’est clinquant au possible… Les années 80, c’est les années du clinquant, donc j’aime cette théorie un peu idiote du passage de la planète dans une singularité qui aurait arraché brièvement tout sens du bon goût…

Pourtant, les années 80, ce sont aussi les années où tu as commencé à travailler, à écrire. Est-ce que ça veut dire que tu avais mauvais goût ?

André-François Ruaud : Oui, j’aimais bien entendu certaines choses que je n’aime plus du tout. (rires)

Sur les différentes interviews de toi, il y a souvent la même photo. Est-ce une coquetterie de ta part ou tu ne changes pas au fil des années ?

André-François Ruaud : Premièrement, je n’ai pas beaucoup changé (rires). Deuxièmement, oui, c’est une coquetterie, en ce sens, que j’avais envie d’avoir une photo officielle…. mais j’en ai changé depuis peu parce que j’ai la barbe. Il n’y a pas longtemps, une jeune femme photographe a mitraillé une conférence où j’intervenais. Je lui ai demandé l’autorisation d’utiliser une des photos, qui me plaisait bien.

Tu apprécies la musique sophistiquée. Peux-tu nous en dire plus ?

André-François Ruaud : J’apprécie le progressive-rock et le jazz-rock. Voilà ce que j’aime particulièrement. Ce sont des musiques sophistiquées au niveau de l’instrumentalisation et de l’arrangement. Mais qui t’a dit que c’est ce que j’appréciais ?

Temps de Livres : Tu l’as écrit sur ton blog.

Tu as une maison soigneusement décorée, des bibliothèques choisies (aucune ne vient d’Ikea), une cuisine raffinée… Peut-on dire qu’André-François Ruaud est un esthète ?

André-François Ruaud : C’est prétentieux, donc je te laisse le dire. (rires)

Ton blog à pour titre Neverland. On ajoute à cela des achats compulsifs de Mickey-Parade, des titres de La Bibliothèque verte, etc. Es-tu atteint du syndrome de Peter Pan ?

André-François Ruaud : Oui, c’est évident ! Je n’aime pas l’idée de vieillir, je suis très jeuniste et je me rends parfaitement compte que le fait d’acheter des anciens Bibliothèque rose et verte, c’est un rêve d’enfant. Une fois, étant môme, j’étais dans un Monoprix et ils avaient tout un présentoir de vertes et roses. J’ai eu une vraie gourmandise… J’ai eu envie de tous les avoir. Pourtant, mes parents étaient généreux. je me rends compte avec le recul qu’ils me donnaient beaucoup d’argent de poche pour acheter des bouquins. J’avais beaucoup de livres, mais je ne pouvais pas acheter tous les Bibliothèques rose et verte (rires)… Je le fais maintenant ! Ce n’est pas très sérieux, ce n’est pas mature, mais je le fais !

On m’a demandé si André-Framboise aime toujours la vergeoise. (C’est une private joke ndlr)

André-François Ruaud : (Rires) No comment.

Merci à André-François Ruaud d’avoir répondu à mes questions. Merci à la librairie Critic pour son accueil

MIR : ERIK L’HOMME

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Erik L’Homme et Xavier Dollo (librairie Critic)

Pour le MIR de novembre, la librairie Critic recevait Erik L’Homme. La soirée était consacrée à son parcours et ses œuvres.

Il s’est souvent demandé quelle était la raison de son passage sur terre. La réponse la plus évidente : Ecrivain, mais il n’avait pas une date. Il a toujours eu le plaisir d’écrire, de raconter des histoires.

Erik L’Homme n’était pas un grand supporter de l’école, mais il a appris une chose durant cette période. L’importance de l’amitié. S’il a mené de longues études (maîtrise d’histoire et doctorat en sciences sociales), celles-ci se sont faites sur plusieurs périodes. Il a souvent voyagé, entre autres dans une « chasse » à l’homme sauvage dans les montagnes du Pakistan. Ce récit, il ne pourra le mettre en écrit que 20 ans après, quand il aura pu décrire de manière lisible les aventures que lui et ses amis ont vécu (Des Pas dans la Neige).

En rentrant en France, il lit un livre (L’Homme du 5ème jour) qui reprend la trame de son voyage. Si l’auteur n’a apparemment pas voyagé au Pakistan, il est emporté par les mots de celui-ci. C’est Jean-Philippe Arrou-Vignod. les deux hommes se rencontrent et sympathisent. Jean-Philippe propose à Erik de lire son prochain manuscrit. Ce dernier sait qu’il n’a pas droit à l’erreur. Est-ce le destin ? A ce moment, c’est le début de la folie Harry Potter ! Erik écrit un univers qui serait une réaction à la série britannique :  » faire la même chose mais différemment » . La réponse est : Qadehar Le Sorcier, premier tome de la trilogie, Le Livre des Etoiles. Non seulement le livre est accepté mais, il sort tout de suite en grand format, ce qui ne se fait pas jusqu’alors. La série remporte un grand succès. Erik est lancé. A partir du moment où Gallimard accepte son manuscrit, il arrête ses études de doctorat. Il ne veut pas arrêter son rêve d’enfant !

Si la suite est connue, elle n’est pas de tout repos. Il s’aperçoit que son éditeur n’est pas un lecteur des genres (fantastique, fantasy, science-fiction). Il ne veut pas faire du commercial, il désire changer de genre (ce qu’il a toujours fait) : Sa deuxième trilogie, Le Maître des Brisants sera un space opera, mais le succès est moindre. Il sent que son éditeur le lache. En réponse, Erik écrit la série Phaenomen, un thriller fantastique, pour les adolescents. Le succès est au rendez-vous.

Pendant les différents salons, il se lie d’amitié avec Pierre Bottero. Les deux hommes imaginent un jour avoir un roman en commun. Ce n’est qu’à la fin de la trilogiue Phaenomen, qu’Erik propose un embryon d’histoire à Pierre. Les bases de la série A comme Association vont se construire pendant une longue nuit. Seule question : Chez qui l’éditer ? Après maintes réflexions, les deux hommes proposent à leurs éditrices respectives de collaborer. Les deux femmes se connaissent et s’apprécient, elles acceptent. Le principe : Dans un même univers, les aventures de deux personnages (un jeune homme, une jeune femme) qui affrontent seuls ou ensemble des péripéties paranormales. Chaque livre a son heros-ïne et son auteur. Les aventures d’Ombe (Pierre Bottero) et Jasper (Erik L’Homme) vont être stoppées net par la disparition de Pierre Bottero. Le dilemme est le suivant : Que faire ? Erik prendra le temps de réfléchir et continuera seul A comme Association. Lourde responsabilité d’écrire sans Pierre. Au terme des 8 tomes, il pourra, enfin, faire le deuil de son ami.

Terre Dragon est la fin d’un cycle. L’auteur veut clore 15 ans d’écriture jeunesse. On en a la preuve avec Nouvelle-Sparte. Le lectorat est plus adulte, les thèmes sont forts. Il montre un retour aux idéaux grecs, comme pour se prémunir des excès. C’est un roman unique, avec des personnages plus âgés, des changements de syntaxe, de temps, des néologismes…

2018 sera la naissance d’un nouveau roman : Déchirer Les Ombres. Un pari que l’auteur aborde confiant. Un roman tout en dialogues, un road-trip, édité chez Calmann Levy.

Au terme de cette soirée, on se dit qu’Erik L’Homme n’a pas fini de nous étonner. Son talent n’affecte en rien sa gentillesse. il a su rester proche des ses lecteurs et il répond tranquillement à nos questions.

RENCONTRE AVEC HERVE JUBERT

HJubertUn pied dans le XIXème, dont il est friand, l’autre vers le futur (que ce soit Internet ou ses projets), Hervé Jubert se confie.

 

 

 

Vous pouvez écouter la version complète

Ou la version découpée

Où Hervé Jubert se dévoile

A propos d’écriture

Du XIXeme siècle et des mystères (à l’ouest)

De l’Internet et des projets

La version sur You Tube

 

David S. Khara répond à Hervé Jubert (suite à ma question sur Morgenstern) :  » Comme dirait Giscard, vous n’avez pas le monopole du Morgenstern, Monsieur Jubert ! En vrai, je ne savais pas, je suis désolé, honteux, confus, cette histoire va me coûter quelques bières pour me faire pardonner. » (Merci à David d’avoir pris le temps de répondre)

Pour en savoir plus : le blog d’Hervé Jubert
Le blog dédié à Sequana

RENCONTRE AVEC RODOLPHE CASSO

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Le nouveau roman paru aux éditions Critic ne passe pas inaperçu. Une couverture qui intrigue, un auteur qui n’a pas la langue dans sa poche. Il n’en fallait pas plus pour que je le rencontre.

Si c’est ton premier roman, tu es un habitué de l’écriture : Gonzai, Marianne, Ecran Total, Mad Movies…. Serais-tu addict à l’écriture ?

Oui, addict. L’écriture me nourris dans tous les sens du terme puisque quinze ans après mes débuts de journaliste, j’arrive encore à payer mon loyer.

L’écrit meurt à petit feu, on pourrait dire que les journalistes sont de zombies en devenir.

La presse écrite est clairement subclaquante et je me sens sur le point d’être zombifié. C’est un vrai problème. C’est Internet qui a tout foutu en l’air, mais il a d’autres vertus. Mais oui, la presse écrite est en voie de zombification (rires)

Sur ces médias, tu parles souvent de musique, tu critiques ouvertement les artistes, mais toujours avec de l’humour. Cette façon de faire te vient il naturellement ?

J’espère et j’aime qu’on le ressente comme çà. Utiliser l’humour c’est déjà une façon de tenir le lecteur. C’est pareil dans la vie. Pour séduire une femme ou se faire un ami, on commence en rigolant. J’ai ce même rapport avec le lecteur. Quand tu fais rire les gens, tu les tiens un peu quelque part. Derrière, il faut que ça tienne la route, mais l’humour c’est un point d’accroche… C’est peut-être même, le seul point d’accroche à mes yeux qui vaille et qui crée des vrais liens.

Article, roman et musique sont sur la même trame : un scénario minimaliste, quelques envolées lyrique, de l’humour et une colère. A quand un Rodolphe Casso apaisé ?

Le fait d’avoir cassé Paris m’a fait du bien (rires)

Tu l’as annihilé...

Annihilé comme tu dis. En tout cas, je lui ai bien refait la gueule. Ca m’a apaisé. Paris, j’y suis né, c’est ma ville, mais j’entretiens un rapport amour/haine avec elle. C’est une ville extrêmement ingrate pour pleins de raisons, notamment des pressions immobilières qui sont insoutenables.
L’écriture me permet de relâcher cette colère, mais il faut le faire de manière mesuré, car une personne qui vocifère, c’est repoussant. Il faut réussir à distiller la colère, avec de bons mots et de manière très ciblée. Pour le reste, la musique, etc. j’ai essayé de mélanger tout ce que j’aimais en terme de discipline artistique. Je me suis lancé des défis. Le personnage de la goule en fait partie. L’autre défi, c’est de créer une bande originale pour mon livre, un peu à la manière d’un film. Je voulais que les gens aient de la musique dans la tête. C’est pour çà que j’ai fait le choix de chansons connues. Les morceaux anglo-saxons ne sont pas connus de tout le monde, mais les chansons françaises, 99% des français les connaissent. C’est un exercice difficile de mettre de la musique dans la tête du lecteur. J’espère avoir réussi.

J’ai l’impression que tu aimes bien tout ce qui est considéré comme cassé (la série z, les clochards)

En fait, j’aime bien la loose, en terme romanesque. j’aime le personnage du « beautiful looser ».C’est attachant un looser. C’est plein de promesses qui peuvent être tenues ou ratées. C’est plein de revanche à prendre sur la vie… C’est émouvant les gens sur lequel le sort s’acharne et qui vont arriver à sortir de leur condition… Ou pas.

Le 7 octobre, le livre PariZ paraît…Mais tu l’as en tête depuis longtemps. Tu as fait un article sur les films Z(et il y a aussi des zombies), en 2014 tu annonces la sortie d’un film meilleur que celui avec Brad Pitt, tu annonces aussi la mort de Davie Bowie qui ne fait que mourir depuis plusieurs années (article écrit avant sa mort) et Jour de Greve sur la Ligne 13  (chanson de son groupe de punk) annonce PariZ. Serais-tu omnubilé par ce thème zombiesque ?

Je suis surtout obnubilé par le thème de Paris. Je suis aussi musicien, j’ai écrit beaucoup de chansons sur Paris qui est un decorum. Le livre est le croisement de mes marottes zombies et post-apocalyptique. Paris est le fil rouge de tout ce que j’ai pu faire ou écrire jusqu’à présent. C’est une ville de légende et un thème inépuisable. Je ne suis pas le premier à écrire dessus, mais pour le coup je voulais apporter ma modeste contribution et lui « péter la gueule ».

Avec PariZ, j’ai l’impression que tu fais un constat de la vie d’aujourd’hui. Il n’y a pas de héros, on essaie de survivre, on rit jaune… C’est une apocalypse neologiste !

Oui, tu n’as pas tort. J’espère qu’on retrouve dans mes personnages  et dans leurs aventures une métaphore de la galère parisienne. La vie a Paris n’est pas simple. Certains disent que Paris, ça se mérite ou ça se paye. Moi je suis piégé car je suis né à Paris. Je suis attaché à cette ville, je n’ai jamais eu envie de vivre ailleurs. Le problème, c’est que c’est compliqué de rester à Paris. Ça coûte cher, c’est très ingrat et il y a une sorte de violence sociale. Effectivement, pour « survivre » à ces états de fait, on vit dans des petits appartements, on paie des loyers exorbitants, on vit chichement, mais on est tout le temps dehors. On boit des coups, on a une vie culturelle extraordinaire, donc c’est une façon de faire contre « mauvaise fortune bon cœur », car c’est une sorte de chance de vivre dans une ville aussi intéressante.

Le lieu des opérations, le métro, me fait penser à Neverwhere (livre de Neil Gaiman ndlr), mais aussi à Subway (film de Luc Besson ndlr).

Absolument, tu mets le doigt dessus. C’est surtout cette dernière référence qui m’a porté sur tous les passages dans le métro. Subway est un de mes films cultes. Je l’ai vu quand j’avais huit ou neuf ans. Pour moi, c’était magique d’imaginer qu’une communauté humaine puisse s’établir dans un endroit aussi pourri et aussi peu hospitalier que le métro. Ce film m’a ouvert des horizons… Ce fut ma première expérience de l’underground, au propre comme au figuré. (attention spoiler) Le personnage de Christophe Lambert, hyper-cool, qui cherche à monter un groupe de rock, alors qu’il est poursuivi par des mecs qui veulent le tuer…  Je trouvais ça génial. Je me disais : »Qu’est-ce que c’est cool de vivre dans le métro et de recruter pour un groupe de rock.  » Cette histoire est folle et géniale. Tous les jours, je pense à Subway quand je prends le métro et régulièrement, je regarde les rails et je vois Christophe Lambert sauter sur les rails… Ca me hante (rires).

Tes personnages sont atypiques et on frise les clichés

J’aime les archétypes. Que ce soit les auteurs ou la littérature de genre, on travaille quelque chose de très codifié et très archétypal. Je voulais des personnages qu’on situe tout de suite. « Mes » Clochards sont de trois générations différentes. il y a un très vieux, qui parle à la Audiard. On ne sait pas quel âge il a, mais il est un peu subclaquant. Il y a La Gachette qui a été enfant soldat au Mozambique. Il a connu une violence extrême. Il est aujourd’hui quadragénaire. Il incarne le personnage de l’immigration, à ma manière. Il y a La Gobe, qui a une vingtaine d’années. Il fait partie de la génération « punk à chiens ». Je voulais montrer aussi que chez les clochards, les sdf, les vagabonds, il existe des profils extrêmement différents.

A part les « héros », il y a un autre personnage. La ville de Paris. Beaucoup de chapitres commencent par une citation sur Paris, entre amour et haine de cette ville.

Je trouvais çà intéressant. La plupart des citations que j’emploie en début de chapitre peuvent former comme un petit roman à elles toutes seules. On peut les lire à la suite et ce serait un beau portrait  de Paris. Les auteurs ne sont pas n’importe lesquels : Balzac, Zola, Baudelaire, Apollinaire, voire Jacques Chirac, qui a été le maire de Paris pendant plusieurs années. C’est une façon de montrer à quel point Paris a inspiré les auteurs. C’est aussi une vision de Paris qui montre une ville telle qu’on la présente peu souvent. C’est une ville violente, à travers son histoire (la révolution française, la commune, ). C ‘est une ville qui a ce paradoxe. C’est une ville qui attire le monde entier, c’est la ville la plus visitée du monde et en même temps, il y a certaines personnes qui arrivent à Paris en pensant qu’ils vont retrouver l’ambiance d’Amélie Poulain( Le film Le fabuleux Destin d’Amélie Poulain ndlr). Elles font des dépressions nerveuses parce que les parisiens sont agressifs, qu’ils volent leurs portefeuilles, etc. J’ai envie de dire aux gens, que Paris n’est pas un parc d’attraction.

C ‘est ton premier roman. Comment s’est déroulé le processus éditorial ?

Pour un premier roman, ce n’est pas toi qui choisis l’éditeur, c’est ton éditeur qui te choisit. Je connais très bien le milieu musical. Quand tu commences, si tu peux être signé, il vaut mieux que ce soit un label indépendant. Une major va te bouffer ou alors ne pas s’occuper de toi. Je connais aussi des auteurs qui ne sont pas contents d’avoir signé chez un gros éditeur parce qu’ils n’étaient pas une priorité et qu’ils se sentaient un peu négligé. Les éditions Critic, ça a été parfait pour moi; Que ce soit le thème, la structure éditoriale, voire la première rencontre avec Simon Pinel. La première prise de contact a été faite au téléphone. Ça a duré plus d’une heure. J’avais quelqu’un qui connaissait son taf, les codes du genre, qui avait compris mon bouquin.. J’ai envie de travailler avec des gens comme çà.

Pariz signifie Paris en Breton. Est-ce une coïncidence ?

C’est vrai ? Je crois qu’on le dit aussi comme çà en Croate, mais en Breton aussi. Tu fais ma journée là. Je signe chez un éditeur breton, ça s’appelle Pariz et ça signifie Paris en Breton ! Magnifique !

Avec ce titre, Vivras tu enfin comme dans une série américaine  (chanson de Rodolphe Casso ndlr)?

Justement non ! Avec ce livre je voulais écrire une histoire de zombie dans un contexte franco-français…. Et parisien. 90 % de l’univers zombie se déroule dans le monde anglo-saxon. Les histoires se passent à Londres, Los Angeles, new York. J’avais envie que mon histoire se déroule en France, dans ma ville. Pour répondre à ta question, je préfère une série française.

RENCONTRE AVEC BABELIO

babelioPour la première fois, l’équipe de Babelio se rendait sur le festival Quai des Bulles. C’était l’occasion de les rencontrer. C’est Guillaume Teisseire, l’un des créateurs, qui a répondu à mes questions.

 

 

Vous pouvez écouter la rencontre en entier :

Babelio, un site littéraire

Babelio, un réseau tout support pour le livre

Babelio et la bande dessinée

Retrouvez la plateforme Babelio sur leur site

Merci à Guillaume et à son équipe d’avoir répondu à mes questions.