TRAVELLING 2017

aff_trav2017_webAvec la 28eme édition du festival Travelling. L’association rennaise Clair Obscur mettra en avant la ville de Tanger, du 7 au 14 février. Autour du thème urbain, des rencontres, des films, une déambulation  attireront l’œil du lecteur averti.

Pour cette édition 2017, un nouveau rendez-vous fait son apparition : Comixity. Si la définition originale veut montrer la représentation des villes des comics à l’écran, l’association et ses partenaires voient beaucoup plus large.
Côté projection, on aura droit au Superman de Richard Donner, celui qui nous a fait croire qu’un homme pouvait voler. Son pendant animation ne sera pas loin puisque 9 épisodes du Superman des frères Fleischer seront projetés. De quoi en prendre plein la vue pour cette superproduction de 1941.
Le personnage de Batman sera aussi projeté. La programmation a sélectionné le second opus de la trilogie de Christopher Nolan, The Dark Knight : Le Chevalier Noir. Nous auront aussi droit au second opus de Tim Burton, Batman : Le Défi. A l’opposé, la version cinéma de la série télé des années 60 sera aussi proposée. Ou comment passer du noir aux couleurs et à l’ambiance psychédélique. Quant à ceux qui préfèrent la version animation, ils auront droit à Batman Year One. Un long métrage d’animation adapté du titre éponyme.

Côté franco-belge, Phantom Boy sera diffusé, histoire de montrer que les américains n’ont pas le monopole en matière de super-héros.

Une rencontre, qu’on peut qualifier d’exceptionnelle, sera donnée. Xavier Fournier (rédacteur en chef de Comic-Box), Alain Carrazé (journaliste spécialiste des séries télé) et Sonia Dollinger (directrice des archives de la ville de Baunes et passionnée de culture) parleront des villes de DC Comics et leurs places dans la mythologie super-héroïque.

Une déambulation, une rencontre, des extraits de films et sûrement bien plus, c’est ce que nous propose l’auteur rennais Laurent Lefeuvre. A la tombée de la nuit, suivez l’auteur dans le quartier du Colombier. Redécouvrez vos personnages favoris à travers la culture populaire de ce guide inhabituel.

Avec cette programmation, le spectateur/lecteur sera déja repus, mais elle va plus loin. A L’Heure du Jeu, deux soirées sont consacrées aux villes à travers la littérature :

– Les libraires de Critic parleront  Villes du futur, villes imaginées et villes des ailleurs. Une promenade littéraire qui nous projettera sur tous les continents et ailleurs.

– Quant à Yaneck Chareyre et Nicolas Masztaler, ils parleront de l’Afrique du Nord en bande dessinée.

D’autres projections sont proposées tout au long de la semaine Travelling.

Adaptations littéraires : Edge of Tomorrow, La Vengeance dans la peau, Les Aventures de Tintin : Le secret de la licorne

Visions de Tanger, du désert : Le Lion et Le Vent, Un thé au Sahara, Le Voleur de Tanger, Le Voleur de Bagdad, Zarafa

Visions de villes : Le Festin Nu, Strange Days, Summer Wars.

Autant de projections, de rencontres… Qui font parties des séances spéciales, des rétrospectives… Soyez curieux, allez jeter un oeil au programme, vous serez surpris. Ferez-vous mieux que moi en 1999 (20 films pendant le festival) ?

Site du festival et sa programamtion

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L’HOMME QUI N’EXISTAIT PAS

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Léonid Miller a décidé très tôt d’être indépendant vis-à-vis de la société. Il ne se mêle pas aux autres ou juste pour sa passion : le cinéma. Mais un soir, il devient invisible, intangible. Il disparaît.

Voilà une bande dessinée qui raconte un mal contemporain, la solitude, mais pris sous un autre angle. Si l’on choisit d’être solitaire, de n’avoir aucun contact, c’est désormais possible avec la technologie d’aujourd’hui. C’est ce qui permet à Léonid de vivre, en se mêlant à la société le moins possible. S’il aime aller au cinéma, s’il trouve « Que les personnages de fiction avaient une présence bien plus dense et plus profonde que celle de la plupart des gens », il n’est pas acteur de sa propre vie. Avec peu d’effets, l’auteur montre comment son personnage se détache de la réalité, jusqu’à ne plus exister. Lui qui n’éprouvait pas le besoin d’autrui est désormais embêté : comment satisfaire ses besoins, qu’ils soient nécessaires ou pas, si on n’existe pas ? Raconté simplement, sans fioriture, Cyril Bonin nous invite à découvrir cet homme, qui va devoir malgré lui, devenir acteur de sa propre vie. Quant au deuxième acte, il raconte la rencontre entre cet homme et une femme, une actrice. Un récit fantastique où l’imaginaire de la situation se mêle au quotidien.
Le graphisme choisi colle magnifiquement au récit. Une ligne simple et réaliste, élégante. Raccord avec le scénario, les plans choisis permettent une « ballade ». On découvre cet homme, on se promène avec lui, on fait la rencontre. Aucune précipitation, une fluidité magistrale, un rythme maîtrisé de bout en bout. « L’effet » pour montrer l’aspect de Léonid Miller est bien choisi. Alors que le personnage n’existe plus, ce qui est autour de lui n’est que couleur terne. La seule note chatoyante vient de deux endroits : le personnage et la lumière du cinéma. Encore une fois, je me répète, c’est simple, direct et élégant.

L’homme qui n’existait pas est un récit magnifique, qui va à l’essentiel. Cyril Bonin maîtrise toute la palette de la simplicité pour un maximum de ressenti. On ressort de cette lecture avec une petite chaleur au cœur du ventre.

L’HOMME QUI N’EXISTAIT PAS
AUTEUR : CYRIL BONIN
EDITIONS : FUTUROPOLIS