LE JEU LE PLUS DANGEREUX

Cette chronique fait partie d’une série d’articles ayant pour thématique le personnage du général Zaroff. Vous pouvez retrouver la totalité des articles sur la page dédiée.

Au milieu des Caraïbes, il existe une île qu’on surnomme « Pièges à bateaux ». Sanger Rainsford y échoue. Il est recueilli par un russe blanc, le général Zaroff. Celui-ci se révèle un hôte remarquable. Il va convier son invité à un jeu particulier…

Ce récit fait éprouver autant de dégoût que de fascination. On n’oubliera pas cette ambiance à la lisière du fantastique. On comprend mieux pourquoi Richard Connell a obtenu le prix O. Henry Memorial Prize.
Le récit est précédé d’un avant-propos très documenté de Xavier Mauméjean, traducteur de la nouvelle. Les informations qu’il donne permettent de mieux comprendre le récit et les attentes des personnages. Une analyse permettra aux plus curieux de se plonger plus avant dans d’autres œuvres. Quant au film, l’auteur nous donne une anecdote savoureuse qui donne à repenser sur la sauvagerie de l’homme et celle de l’animal.
A priori, rien d’imaginaire dans ce récit de chasse. Mais les lieux décrits par l’auteur sont assez remarquables. Une île mystérieuse qui a une mauvaise réputation, une flore des plus sauvages : labyrinthes, jungle, marécages de la Mort, sans oublier « des rochers géants aux arêtes aussi tranchantes que des rasoirs ». On peut ajouter le château du général Zaroff à cet ensemble. L’auteur le décrit ainsi : « … Il constata que toutes ses lueurs émanaient d’une construction massive, une structure de grande hauteur dont les tours pointues s’élevaient jusqu’au, plus haut des ténèbres ». Une telle bâtisse ressemble aux châteaux des récits gothiques, fantastiques. Cet ensemble donne une ambiance bizarre, à la limite du fantastique.

Si le général Zaroff est décrit, on ne sait pas grand-chose de Sanger Rainsford sinon qu’il a de bons yeux, qu’il fait la même taille que le général et que on livre sur la chasse au léopard des neiges fait autorité. Au début du récit, les deux personnages se pensent tous les deux chasseurs, mais Sanger Rainsford va bientôt devenir la proie d’une partie de chasse. Il va devoir survivre et mettre en pratique toute sa science face au général dont « la vie entière n’a été qu’une partie de chasse perpétuelle ». Tout au long de cette poursuite, Rainsford tente de garder son sang-froid, mais les manœuvres de Zaroff mettent ces nerfs à vifs. Peu à peu son humanité disparaît pour ne ne plus être qu’un animal aux abois !
Pour le général Zaroff, la vie des êtres humains n’a pas d’importance. Ce sont des « lots », des « specimens », voire la « lie de la terre ». Pour lui « La vie est pour les forts, destinée à être vécue par les forts et éventuellement être otée par eux. les faibles ont été placés en ce monde pour donner du plaisir aux forts « . En parallèle, de cette vision de la vie, Zaroff est montré comme quelqu’un qui sait recevoir. Les mets, la vaisselle comme les vêtements qu’il offre sont de qualité. Il se dit civilisé et l’attention qu’il porte à ses invités est généreuse. Quant aux proies, elles ont un centre d’entraînement, de l’eau de la nourriture pour survivre. Comment ne pas être interloqué devant un personnage tel que Zaroff. il est aussi fascinant que repoussant.

On ne pourrait continuer cette chronique sans parler de la chasse. En 1924, c’est un sport. On chasse tigres, buffle du Cap, jaguars, etc. On écrit même des livres pour raconter son périple. En 2019, la vision de ce « sport » est différente. Si, au moment de la parution, la chasse à l’homme est un assassinat, comment doit-on appeler la pratique de la chasse en 2019 ? Au début, on est surpris des propos de Rainsford, le peu de considérations qu’il a de la vie animale, mais le lecteur ne peut être que dégoûté face à la vision de la vie, de la chasse qu’à son hôte, le général Zaroff.

Bien que très court et allant à l’essentiel, Le plus dangereux des jeux est un récit dense. On y trouve une réflexion sur la vie humaine, mais aussi une chasse à l’homme. Menée tambour battant, l’écriture de Richard Connell n’empêche pas des moments de calme. A contrario de nombre d’auteurs, aucun cliché scénaristique n’est utilisé et la surprise de la fin, reste totale… Et subjective pour le lecteur.

LE PLUS DANGEREUX DES JEUX
AUTEUR : RICHARD CONNELL
PARUTION : LE VISAGE VERT 24

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