MIR : REVUES DE SFFF

mir

Un mercredi par mois, la librairie Critic nous donne rendez-vous au bar L’Heure du Jeu, pour les Mercredis de l’Imaginaire Rennais (MIR).

Pour ce MIR de novembre, la librairie Critic mettait en avant les revues de science-fiction. Un programme dense et intéressant qui parlait aussi bien des fanzines d’autrefois que de la dernière revue créée par des rennais : Anticipation. Pour parler de celle-ci, Marcus Dupont-Besnard était présent.

Anticipation, c’est une revue d’enquête journalistique qui paraît tous les 6 mois. Sur 120 pages, on confronte science et science-fiction. On y croise articles et interviews. Chaque numéro comporte une nouvelle. La revue permet de lire des articles de scientifiques, d’auteurs, de politologues, de médecins etc. Le but étant d’avoir plusieurs points de vues pour montrer un futur possible. Les responsables d’Anticipation veulent, à chaque fois, aborder un thème de manière journalistique, mais de manière neutre.

Pour la création de la revue, Marcus raconte qu’entre l’idée et la mise en forme, il s’est passé six mois (de juin à octobre 2017). Il faut rajouter six mois de plus pour la première parution. Anticipation est une revue qui peut se trouver dans toutes les librairies, aux côtés de XXI ou La Revue Dessinée. Si elle utilise la science-fiction, ce n’est pas un hasard. La production des actuelles séries télévisuelles explorent la science-fiction, mais c’est surtout un outil de divertissement.
La science-fiction provoque l’avenir. On ne compte plus les outils technologiques de Star Trek qui sont devenus habituels. Les besoins de la fiction décrivent des futurs possibles, mais la science-fiction est un outil contre les dérives. Elle permet d’alerter.

Anticipation ne se veut pas une revue spécialisée. A travers elle, c’est montrer que la science-fiction est un moyen d’enquêter comme un autre. Elle veut aller au-delà du genre et proposer une culture généraliste. Ainsi, les lecteurs vont pouvoir découvrir la science-fiction. Chaque numéro sera une enquête complète et réfléchie. Le deuxième numéro sera consacré à la vie dans l’espace (Comment y aller ? Comment y vivre ? Comment se présente une planète ou un vaisseau spatial ? Si la revue était auto-éditée jusqu’à aujourd’hui, Anticipation vient d’être reprise par un éditeur. Pour des raisons de confidentialité, nous n’en saurons pas plus. Avec cette reprise, Anticipation sera mieux connue et diffusée.

Le premier numéro s’interrogeait sur le transhumanisme. C’est un mouvement scientifique, social voire culturel qui entend augmenter l’être humain par la science. On va utiliser pour celà des prothèses, des interfaces connectées. A la fin, on fera naître une autre forme d’être vivant. La silicon Valley, les GAFA (acronyme des géants d’Internet) ou Elon Munsk s’intéressent de très près à cette transformation sociale. Le transhumanisme anime notre civilisation et il y a un enjeu politique majeur. On s’aperçoit rapidement qu’il y a plusieurs courants transhumanistes. Dans la science-fiction, on peut lire deux ouvrages qui montrent l’origine du transhumanisme : Cyborg (Martin Cadin) dont l’adaptation donnera L’Homme qui Valait Trois Milliards et Accelerando de Charles Stross. On y trouve aussi un entretien avec Raphaël Granier de Cassagnac. Cet auteur pose des questions philosophales. Il apporte une vision entre science et science-fiction.

Comme il est question de transhumanisme et que ce mouvement pose débat, la présentation de la revue s’est plusieurs fois vue détournée par une discussion sur le mouvement. Des échanges courtois, posés, avec des exemples sources.

La deuxième partie de cette soirée était consacrée aux revues de science-fiction. Christophe « Sneed » Duchet et Xavier Dollo ont alternativement pris la parole pour les présenter. Ils ont fait une différence entre un fanzine et une revue. Le premier est généralement fait par des amateurs qui produisent à petit tirage, généralement photocopié. Il est très prolifique en France. La seconde devient plus professionnelle. Cela n’empêche pas qu’elles ont du mal à exister en kiosque ou en librairie. Ce qui permet à une revue de survivre, ce sont les abonnements. Christophe et Xavier rappellent que beaucoup d’auteurs ont commencé avec le fanzinat. Christophe donne son exemple. Il a commencé avec la revue Est-ce-F ? . Repéré par la revue Khimaira, il a rencontré André-François Ruaud avant d’entrer dans Fiction. Depuis, il a collaboré à plusieurs revues ou anthologies.

Voici un panel des revues présentées :

Fiction a existé entre 1953 et 1990. Elle avait une grande ouverture éditoriale. On a pu y lire de la science-fiction politique ou le premier épisode de La Tour Sombre. Beaucoup d’auteurs français y ont participé.
Née au milieu des années 90, Galaxies s’est fait remarquer par ses dossiers thématiques. Si elle s’est arrêtée au numéro 42, on peut souligner qu’elle était professionnelle et que nombres de personnalités de l’imaginaire ont collaboré à cette revue : Stéphanie Nicot, Jean-Daniel Brèque, Tom Clegg ou Lionel Davoust pour ne citer que ceux-là.
Lionel Davoust, a été le rédacteur en chef d’Asphodale. Cette revue défendait la fantasy. Malgré son peu de numéros (5) et le fait qu’elle ait disparue, elle reste encore une référence du genre. Quant à Lionel Davoust, il est devenu une figure de l’imaginaire français.
Bifrost est une revue qui existe encore. On doit retenir ses dossiers sur les auteurs (Ceux préparés par Richard Comballot sont magnifiques soulignent les intervenants) ainsi que les numéros special nouvelles.
Show Effroi n’a duré que trois numéros, mais son équipe a fondé ensuite la revue Ténèbres. On y a vu les début de Jean-Daniel Brèque (traducteur). On a pu y lire les premiers textes de Sylvie Miller et Philippe Ward ou encore neil Gaiman.
Yellow Submarine est une revue apériodique dirigé par André-François Ruaud.
Les éditions Denoël ont édité la revue Science-Fiction. Chaque numéro comportait un dossier sur des auteurs ou une thématique.
Le Novelliste édite des textes qui méritent d’être redécouverts, sans oublier de publier des auteurs plus récents.
Carbone est une revue qui ne se consacre pas qu’à la science-fiction, mais ses dossiers sont aussi trans-média (une partie de ses articles sont en ligne).
Angle Mort a vécu le temps de 12 numéros. Elle présentait des articles et des nouvelles, sous forme électronique.
Res Futurae est une revue d’études de la science-fiction sous toutes ses formes. Elle est dirigée par Irène Langler et Simon Bréand.

Cette deuxième partie était aussi dense. Xavier et Christophe ont montré une partie des revues qui existaient. Il était dommage de manquer de temps. On n’a pu que les présenter superficiellement. Le peu qu’ils ont évoqué démontrait la richesse des revues et des fanzines des littératures de l’imaginaire en France.

Cantonné à l’étage de L’Heure du Jeu, le public était si nombreux que l’on pouvait difficilement servir nos boissons. Quant à parler, les intervenants ont du prendre un micro. C’était un beau succès !

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