BELPHEGOR

belphegor-bernedeIl y a un fantôme au Louvre. Jacques Bellegarde, rédacteur réputé du Petit Parisien décide de mener l’enquête. Si le fantôme semble insaisissable, dans l’ombre, quelqu’un surveille les protagonistes.

Quand on parle de Belphégor, on pense surtout à l’adaptation télévisuelle des années 60. En fait, le roman d’Arthur Bernède est plus ancien. Publié en 1927, sous forme de feuilleton, puis de roman, il fut adapté cette même année par Henri Desfontaines.
Dans le style percutant, Belphégor est une lecture recommandable. De nombreux pièges attendant le lecteur pour qu’il ne se doute pas de l’identité du criminel. Le style feuilletonesque fonctionne complètement avec ses chapitres courts, son suspens haletant. Mais, nous sommes en 1927 et les personnages sont un peu désuet. La vraie surprise, c’est l’identité du héros. Tout porte à croire que c’est Jacques Bellegarde, mais il est régulièrement sauvé par Chantecoq, « le roi des détectives ». Ce dernier, en héros cocardier, déjoue tous les tours de Belphégor. Que l’on parle de chimie, d’enquête, de lutte… Chantecoq aura le dernier mot. Il est suivi de sa fille unique, Colette, qui n’est pas du genre à se laisser faire. Quant à l’identité de Belphégor, c’est une véritable surprise. On ne s’attend pas au dénouement, même si quelques indices nous mettent sur la piste. Autour de ces héros, l’auteur dresse des portraits forts peu réjouissants. Une dame de compagnie  aussi froide qu’un glacier, un bossu aussi machiavélique que travailleur, un soupirant qui n’en finit plus de soupirer et des antiquaires dépeints comme des sots. La description de ces derniers est à hurler de rire. Arthur Bernède avait une plume acérée et n’hésitait pas à s’en servir.
Si le personnage de Chantecoq ne fonctionne plus en 2015, l’écriture se révèle vite addictive. Les évènements s’enchaînent, le lecteur veut savoir ce qui se passe. Si l’ensemble se révèle être un roman policier, l’ambiance est fantastique : mystère, trésor, passage secret sont monnaie courante dans ce bijou d’écriture.
Adapté plusieurs fois, on en retiendra trois. Celle de la télévision est la plus connue. Claude Barma signe un scénario qui s’éloigne du roman policier pour plonger dans l’ésotérisme. Bellegarde (Yves Rénier) devient un jeune étudiant qui mène l’enquête en compagnie de la fille du commissaire. Quant à Juliette Gréco, je vous laisse deviner son rôle.
Les deux suivantes sont diffusées en avril 2001, à une semaine d’intervalle. La première est une série d’animation en 26 épisodes. Belphégor est un criminel poursuivi par Jacques Bellegarde et Sarah. Ils sont accompagnés du commissaire Ménardier. Les histoires sont originales.  C’est l’auteur Frédéric Bézian (Docteur Radar, tueur de savant /Des Soldats d’honneur ) qui se chargera de la charte graphique.
La seconde est une adaptation cinématographique de Jean-Paul Salomé (Arsène Lupin/Je Fais le Mort). Malgré des effets spéciaux sympathiques, des acteurs connus (Sophie Marceau, Frédéric Diefenthal, Michel Serrault), l’ensemble ne prend pas. C’ est surjoué, l’enquête part dans tous les sens, bref… A oublier.

Redécouvrir le roman original de Belphégor permet de renouer avec la source originelle. Haletant et désuet. Malgré ses défauts, il reste un nom près de 90 ans après : Belphégor Dommage quand on sait que son auteur, créateur de Judex, est presque oublié.

BELPHEGOR
AUTEUR : ARTHUR BERNEDE
EDITIONS : (DANS LE DOMAINE PUBLIC)

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