IN CLOUD WE TRUST

In-cloud-we-trust-frederic-delmeulleLa RealiSim est le « must » du jeu virtuel. En immersion totale, vous rejouez des scènes célèbres ou vous vous défoulez sur des zombies, des aliens, etc. Petit à petit divers incidents apparaissent : niveau de difficulté qui s’emballe, accidents bizarres, jusqu’à ce que des joueurs disparaissent. La Siegwart-Warner, qui gère les parcs de la RealiSim, demande une enquête et les résultats sont destabilisant. Les parcs permettent le voyage dans le temps ?

J’avais lu et apprécié la première partie des Naufragés de L’Entropie : La Parallèle Vertov. Un sous-marin qui sert de machine à voyager dans le temps, sans oublier les impacts sur la ligne temporelle. Cinq ans après, Frédéric Delmeulle publie un récit qui raconte le voyage temporel ? C’est un des thèmes, mais il est développé différemment. Au lieu de suivre un personnage, le lecteur aura des témoignages, des journaux intimes, des rapports divers. A travers ces entretiens, qu’ils soient des joueurs ou du personnel de la Siegwart-Warner, une idée germe dans la tête du lecteur averti : « Ca fait penser au Voyage de Simon Morley (1) ». L’idée de Frédéric Delmeulle n’est pas de montrer le récit du voyage temporel, même s’il raconte diverses anecdotes, mais d’anticiper sur des voyages temporels massifs et aléatoires. A la différence de plusieurs romans, In Cloud We Trust utilise le voyage temporel pour un aller simple, accessible à tout le monde. L’auteur se pose la question des conséquences d’un tel voyage. Quels sont les effets économiques, historiques ou sociétals ? Le roman devient presque une étude sur le voyage temporel et il finit sur une question. Celle-ci donne tout son sens au livre (mais on ne dévoilera rien), à sa construction et à sa maquette. Qu’aurait-été le résultat en numérique, voire en lecture augmentée ?
La plupart des chapitres sont courts, vivants (mention spéciale au château hanté) et cet ensemble permet au lecteur de former une image globale de la situation, quelle soit économique, historique, etc. à travers différents personnages. Frédéric Delmeulle réussit très bien cet exercice et le lecteur se prend au jeu. Seul reproche, on pourra noter une mise en place finale un peu longue. L’autre question est plus en rapport avec  les éditions Mnemos. Que ce soit les romans d’Adrien Tomas, Thinking Eternity de Raphaël Granier de Cassagnac ou In Cloud We trust, ses récits sont racontés d’après plusieurs personnages, notes, témoignages, etc. En l’espace de quelques mois, ses parutions ont une construction presque similaire. Est-ce un style Mnémos ?

En littérature française, il y a des spécialistes. S’il a peu écrit, Frédéric Delmeulle s’impose comme le spécialiste du voyage temporel. Son enquête est à rapprocher de son premier livre La Parallèle Vertov. Que ce soit les témoignages ou les questions économiques, l’auteur nous interroge sur une société de loisir proche de la nôtre. C’est un roman… Et si ça arrivait ? Angoissante question.

(1) Le Voyage de Simon Morley est un livre de Jack Finney. Paru en 1970, il raconte qu’on peut voyager dans le temps en s’immergeant dans la période historique visitée. Traduit en 1993, il a reçu le Grand Prix de L’Imaginaire 1994. Une autre oeuvre littéraire raconte comment l’auto-suggestion pourrait être un moyen de remonter le temps : Le Jeune Homme, la Mort et le Temps de Richard Matheson. Son adaptation cinématographique, par Jeannot Swarc, est à voir

IN CLOUD WE TRUST
AUTEUR : FREDERIC DELMEULLE
COLLECTION : THRILLER
EDITIONS : MNEMOS

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7 commentaires sur “IN CLOUD WE TRUST

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