APERITIF-DEDICACE : PAUL SALOMONE

paul salomoneVendredi soir, alors que la plupart des commerces baissaient leurs rideaux, la librairie Critic restait ouverte tardivement pour un événement particulier. Paul Salomone étant invité à une séance de dédicaces Samedi matin, en amont de l’événement, L’auteur a accepté de faire quelques dessins pour un nombre restreint de clients.

C’est donc autour d’un verre que nous avons pu nous régaler de l’art de Paul Salomone. En quelques années, le dessinateur de L’Homme qui n’Aimait pas les Armes à Feu a su se faire une place dans le cœur des lecteurs. Son art graphique, les détails mis dans les scènes, les postures des personnages, les mimiques, les couleurs, tout contribue à apprécier ce que fait l’auteur. Pour cette séance presque privée, Paul Salomone a pris son temps et a sorti la palette d’aquarelle. Une occasion supplémentaire d’apprécier ce moment. Au-delà de la dédicace, ce fut le temps de rencontre avec l’auteur que les clients ont privilégiés. Alors que sa série avec Wilfrid Lupano se termine, on apprend qu’il a déjà autre chose en vue (on ne dira rien). S’il est artiste, il n’oublie le challenge du sportif qu’il est, quitte à se mettre en danger. On a pu apprécier les créations en noir et blanc, « c’est de la dentelle » dixit l’artiste (on ne dira pas le contraire), les commandes privées inspirées western ou Napoléon III. On n’a rien dit des dimensions ! Si on appréciera les dédicaces, le sens du détail sur nos planches de 21×29,7, l’auteur dessine sur des grands formats… On va jusqu’à un mètre de diamètre, c’est dire !

Merci à la librairie Critic qui a su faire d’une séance de dédicace, un moment privilégié, une découverte de l’auteur, mais aussi de l’homme qui est derrière. Nous avons apprécié aussi la présence d’Eric Marcelin qui a su se rendre disponible pour tout le monde. Un moment de calme pendant l’excitation des fêtes de fin d’année, ça fait du bien !

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JACQUES FERRANDEZ A RENNES

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La semaine dernière, la librairie Le Failler invitait l’auteur Jacques Ferrandez à parler de son dernier ouvrage : Le Premier Homme. Arnaud Wassmer animait la rencontre qui se déroulait à l’espace Ouest-France. L’auteur a répondu aux questions pointus d’Arnaud Wassmer. Cette présentation fut agréable et permit d’en savoir plus sur les liens Ferrandez-Camus. Voici quelques morceaux choisis :

Si on connaît Jacques Ferrandez pour la série : « Carnets d’Orients« , il a souvent essayé d’adapté Albert Camus. Malheureusement, les ayants-droits et l’éditeur historique se montraient réticents. En 2oo8, la rencontre avec la fille d’Albert Camus permet d’adapter celui-ci en bande dessinée. La première adaptation fut L’Hôte, une nouvelle peu connue, mais que Camus adorait. Après le succès de cette adaptation, Jacques Ferrandez s’est attaqué à L’Etranger, puis au Premier Homme. Pour ce dernier, Après plusieurs refus de Nathalie Camus, cette dernière céda.

Le Premier Homme est le premier jet d’un roman posthume (l’auteur est décédé en 1960 et le livre fut publié en 1994, aux éditions Gallimard). La principale difficulté fut l’adaptation. Comme le dit Jacques Ferrandez : »Adapter, c’est supprimer certains passages du livre, c’est faire attention aux noms, puisque le langage à évolué « . Quant à son personnage principal, il ressemble à Gérard Philippe, car dans les années 50, Gérard Philippe incarnait l’Homme.
Pour mieux nous faire entrer dans le livre, l’auteur a déconstruit l’histoire. Il y a un jeu temporel/littéraire entre les périodes d’enfance et d’adulte.

Le principal lieu de l’intrigue se passe à Alger. Si l’histoire oscille entre les années 20 et 50, on peut encore aujourd’hui faire le parcours des personnages. Alger n’a pas beauocup changé.

Pour l’anecdote, un spectateur a souligné le parallèle entre l’accident de voiture survenu dans Le Cimetière des Princesses (Tome 5 de Carnets d’Orients) et l’accident d’Albert Camus mort suite à un accident de voiture. Jacques Ferrandez a apprécié cette anecdote, car il n’avait jamais fait le rapprochement…

RENCONTRE AVEC L’HEURE DU JEU

heure du jeuA Rennes, juste à côté de la gare SNCF et des Champs Libres, un café est né il y a presque 4 ans. Passerelle entre différents genres (livres, jeux et autres…) sans oublier les consommations.
Rencontre complète

Rencontre découpée

Origine du café

A L’Heure du Jeu, on trouve…

Et si on consomme ?

Evolutions, rentrée, projets

Vous pouvez aussi l’écouter sur YouTube

L’Heure du Jeu a son site Internet ainsi que sa page Facebook

RENCONTRE AVEC LES EDITIONS CRITIC

eric-marcelinAlors que Fays est sorti cette semaine et que Breizh of the Dead continue d’envahir nos contrées, rencontre avec le directeur éditorial de Critic, Eric Marcelin.

En l’an 2000, vous ouvrez la librairie-café. 55 m2 de livres, dont la moitié consacrée à la bande dessinée, un rayon pour les littératures de l’imaginaire et il y avait une étagère consacrée aux livres policiers. 15 ans plus tard quel changement !

N’oubliez pas que sur les 55 m2, il y avait 20 m2 pour la partie café. Celle-ci a disparu depuis au profit du rayon littératures de l’imaginaire et au polar.

Dès qu’on entre, on s’aperçoit qu’il n’y a pas que des livres.

En effet, on a commencé à proposer du dvd. Si le choix est limité, on l’étoffe petit à petit. Par contre, on peut les commander comme des livres. L’équipe apporte le soin au conseil, le client peut l’avoir dans la semaine. L’autre nouveauté, ce sont les jeux de société. Ce sont essentiellement des jeux de plateaux qui s’expliquent et se jouent rapidement.

En 2010, vous devenez éditeur pour fêter les dix ans de la librairie. On reste sur de la science-fiction, du polar et de la fantasy. Vous dîtes alors que vous n’en ferez que trois par an maximum. Fin 2014, il y a 30 romans et un recueil édités. Soit le flux temporel n’est pas le même, soit il s’est passé quelque chose.

(Rires) Soit les éditeurs sont des menteurs, soit les libraires ne savent pas ce qu’ils disent ou nous nous sommes pris au jeu. Ou encore, on s’est retrouvé confronté à la réalité économique du livre. Si nous voulions exister en librairie, on ne pouvait pas se permettre de faire paraître deux livres par an, à moins qu’ils soient à chaque fois exceptionnels pour être remarqués. Tous les éditeurs veulent ses deux livres, mais il ne suffit pas de vouloir, il faut que les manuscrits arrivent et çà, c’est une autre histoire. Nous accordons beaucoup de confiance à nos auteurs, nous croyons en nos livres et nous fonctionnons ainsi. Souvent, quand on signe un contrat avec un auteur dans lequel on croît, on signe pour un deuxième livre avant qu’il soit écrit. Si on reçoit des manuscrits qu’on considère comme intéressants, on ne peut pas dire à leurs auteurs d’attendre, à cause des livres édités sur l’année… A partir de là, on s’est dit que ça devenait compliqué, parce que nous avions des livres sympathiques, prometteurs, que nous avions envie de faire paraître. On ne pouvait pas se permettre d’attendre. Je vais faire une promesse de Polichinelle, mais vu notre niveau, notre structure et notre nombre d’années d’existences, 10-12 livres par an, c’est très bien ! Ce sont 10-12 livres à travailler, à défendre, c’est déjà bien… Tout en continuant la librairie. Ensuite, si l’avenir, la chance et nos compétences permettent d’en sortir plus, pourquoi pas ? Mais nous ne pensons pas, dans l’immédiat, produire beaucoup plus.

En 2011, vous disiez que votre projet était « Finir d’asseoir la maison d’édition comme un éditeur passionné compétent et sérieux ». En 2014, projet abouti ?

Je pense, mais ce n’est pas à nous de le dire. On a des retours positifs, de lecteurs, de libraires. Nos sélections de textes semblent plaire, la qualité des ouvrages également. On a progressé. Les livres du début ne ressemblent plus à ceux de maintenant. Pour les 5 ans de la maison d’édition, on édite un magnifique livre. Notre premier livre à couverture rigide et dos toilé !

5 ans cette année et déjà 3 opérations ! En septembre, ce sont 3866 livres qui sont offerts aux étudiants. En octobre, le roman inédit de Julien Morgan (et sans licorne). En novembre, un premier roman cartonné. Ca va être comme çà toute l’année ?

(Rires) Non, c’est déjà pas mal ! L’autre évènement serait paru sans la date anniversaire. Ca tombe bien qu’il soit dedans. C’est la suite de Point Zéro, les aventures de la hard rescue. Un livre très attendu des lecteurs. Le premier tome a très bien fonctionné, on est à plus de 4000 exemplaires vendus sans presse spécifique. C’est uniquement du bouche à oreille qui fonctionne bien.

Merci Eric, à bientôt !

PAOTR LOUARN

paotr-louarn-t1-laurent-lefeuvreA Rennes, un justicier veille sur la ville. Habillé d’orange, Paotr Louarn (littéralement garçon renard en breton) patrouille pour accourir au moindre danger. Voici son histoire.

Avant Fox-Boy, sorti ce mois-ci aux éditions Delcourt, il y avait Paotr Louarn. Quelle différence ? Des détails et énormément de choses… Le fascicule de Strasbulles nous propose deux épisodes, mais en fait, c’est une compilation de ce qui est paru dans le mensuel Louarnig. Ce sont donc douze épisodes qui racontent les premières aventures de Pol Salsedo. Si le scénario est d’Alain Chevrel, les lecteurs attentifs savent qu’il est question d’un auteur fictif, éditeur tout aussi fictif des éditions Roa. Derrière, ce subterfuge, un seul (sur)homme : Laurent Lefeuvre.
Le scénario est « classique » des petits formats. Vu le nombre de pages (trois), on résume la situation et on comprime les évènements. Il peut en résulter un salmigondis, mais Laurent Lefeuvre connaît ce genre de narration, en passionné de bande dessinée qu’il est. Combinant astuces scénaristiques et graphisme dynamique, il rend le tout lisible et sympathique. Au fil des pages, on peut voir l’évolution du style et les différents hommages rendus aux petits fascicules. Ambiance à la EC Comics, titres dessinés comme Frank Miller ou Will Eisner, hommages à des épisodes de super-héros… Tout est là pour nous rappeler la nostalgie, tout en ancrant la série dans notre réalité. C’est ce mélange réussi qui donne envie de continuer à lire Paotr Louarn. Comme le dit Laurent Lefeuvre : « Je suis une éponge ». Il recrache ce qu’il a régurgité. Non pas en simple imitateur, mais en l’assimilant à son style. La preuve en est faite avec le deuxième épisode, hommage à Jean Giraud/Moebius, où tout l’encrage et la couleur sont faites à la façon du maître.
Ce numéro spécial de Paotr Louarn (500 exemplaires édités) montre aussi quatre publicités pour les partenaires. On peut y découvrir tout le talent graphique de Laurent Lefeuvre. Du Marvel, du DC Comics, rien ne l’arrête et il a toujours le souci de rendre hommage à l’image d’origine, lorsqu’il « copie ».

Publié en 2012, Paotr Louarn est un condensé de ce que sera Fox-Boy en 2014. La narration et le graphisme ont évolué et ce magazine, reste un collector pour ceux qui veulent lire « l’autre origine » de Fox Boy. Ou regarder l’encrage de Klaus Janson.

PAOTR LOUARN
AUTEUR : ALAIN CHEVREL
DESSINATEUR : LAURENT LEFEUVRE
ENCREUR : KLAUS JANSON (COUVERTURE)
EDITIONS : STRASBULLES

THUNDER T1 : QUAND LA MENACE GRONDE

thunder-khara-rageotA la suite du décès de son père, Ilya Volochin quitte l’univers auquel il était habitué et intègre celui d’un monde plus ordinaire. Au lycée Excelsior, il tente de se fondre dans la masse, mais à la suite d’une colle (injustement donnée ?), lui et d’autres élèves sont victimes d’un évènement bizarre. Qui les a attirés ici et pourquoi ? Obligés de s’allier, les cinq adolescents vont mener l’enquête…

Que pouvait-on attendre de David S. Khara, au sein de la collection Rageot Thriller ? Celui-ci s’était déjà exprimé dans des interviews sur une future série « façon Club des Cinq », mais se passant dans un lycée (hommage au lycée Emile Zola de Rennes qu’il fréquenta). Muni de ses quelques informations et de la confiance portée à l’ex-directeur de collection (Guillaume Lebeau) je commençai la lecture.
Elle s’avéra plaisante jusqu’au moment où il est question d’expériences menées par les nazis. Encore ? Mais l’auteur raconte déjà de telles expériences dans sa précédente trilogie (les projets BleibergShiroMorgenstein : éditions Critic ndlr). Un peu déçu par cette grosse ficelle, je continue. Au fil des pages cette ficelle s’amincit, intègre de façon naturelle l’histoire et je me laisse mener par l’auteur. Celui-ci n’a de cesse de nous faire plaisir (tout en se faisant plaisir). Il en résulte un livre dont les références sont plurielles : livres, bandes dessinées, séries (un russe qui se nomme Ilya, ça ne vous rappelle rien ?), David S. Khara ne recule devant rien. Loin d’être un catalogue pour nostalgiques, « Quand la Menace Gronde » se révèle une introduction à la série « Thunder » et un excellent triller. L’intrigue repose sur la présentation des personnages et l’alliance finale qu’il en résultera, mais racontée de telle façon qu’elle peut se lire indépendamment. On se sent proche des personnages et de leurs attentes (quoique Jennifer et sa sensibilité exacerbée…). On apprécie l’humour et les situations rocambolesques. La narration est dynamique, ne subit aucun temps mort et l’auteur s’explique sur ses choix dans une postface. Les thèmes abordés (amitié, différence, adolescence, responsabilité) sont fédérateurs et devraient être développés dans les prochains tomes.
Du « Club des Cinq » on retiendra le nombre, les situations (s’il y a traduction, on espère qu’elle sera meilleure que l’adaptation des romans d’Enyd Blyton). Du lycée on retiendra les cours, les professeurs, leurs particularités, une salle de punition et le fait que ce lieu scolaire est une mini-société.

Si le deuxième tome est attendu pour octobre 2014, l’attente va être longue, vu le plaisir à lire cet ouvrage et les pistes lancées. Dans un genre proche, je vous conseille La Brigade des Fous et M.O.N.S.T.R.E du même éditeur. Dans une ambiance plus sombre, la précédente trilogie de David S Khara est un incontournable. Merci à lui, de nous proposer une telle dynamite.

THUNDER T1 : QUAND LA MENACE GRONDE
AUTEUR : DAVID S KHARA
COLLECTION : RAGEOT THRILLER
EDITIONS : RAGEOT

DANSE MACABRE

DANSE-MACABRE.jpgEnvoyé à Rennes pour couvrir un procès médiatisé, Lazare va peu à peu mener son enquête. Plongé dans les méandres de la capitale bretonne, il va faire remonter à la surface des souvenirs inavouables. Heureusement il peut compter sur Léa, un lieutenant de police et Tex, jeune génie de l’informatique.

Danse Macabre est une curiosité. Une bande dessinée uniquement en noir et blanc. Ca tombe bien, c’est du polar. L’enquête, bien que classique, n’en mérite pas moins le détour. Le décor est fabuleux. Ceux qui connaissent Rennes s’amuseront à distinguer les lieux cités. Des lieux, qui pour l’occasion, sont magnifiés. Les immeubles, les places sont mis en valeur par l’éclairage, par le cadrage, mais toujours dans l’optique de rester dans l’ambiance. Les personnages sont du même acabit : en marge de la loi, voire teigneux pour le héros Lazare. Un personnage principal, à peine sympathique, qui fait tout pour résoudre l’enquête avec perte et fracas. Pour sa première affaire en terre bretonne, il va être servi : maison close, magnats influents, menaces, tous les gimmicks de la littérature policière sont réunis. A notre plus grande joie, ça fonctionne. Le cadrage perturbe, dérange. Le lecteur se demandera par moment si le récit a basculé dans le fantastique. Ce n’est pas le cas, mais l’ambiance s’en rapproche fortement.

Deuxième bande dessinée des éditions Sixto, Danse Macabre nous sert sur un plateau sa ligne éditoriale : faire vivre une histoire policière dans nos lieux quotidiens. Après Nantes, voici Rennes. L’alchimie Luc Monnerais/ Olivier Keraval fonctionne très bien. Passionnés du genre ou simple amateur, ce livre dévoile la face cachée de Rennes, ainsi qu’une histoire ténébreuse.

DANSE MACABRE
SCENARISTE : OLIVIER KERAVAL
DESSINATEUR : LUC MONNERAIS
COLLECTION : CASANOSTRA
EDITIONS : SIXTO