LA CUISINE DES SORCIERS

la cuisine des sorciersPour ce menu, vous commencerez par un potage issu de Babylone (idée de Bartimeus), vous continuez par une galette de sarrasin (recette de Merlin l’enchanteur). Les plus gourmands apprécieront les gâteaux aux framboises de l’ami Bert (proposé par Mary Poppins). Le tout pourra être accompagné de bièreaubeurre (une proposition d’Harry Potter). Le point commun de ces recettes ? Elles viennent toutes de sorciers !

Voilà un livre qui devrait réconcilier amateurs de cuisine et de littérature. Aurélia Beaupommier est une inconditionnelle des deux. C’est pendant un barbecue que ses invités se posent la question de la nourriture des sorciers. Il n’en fallait pas plus pour que la curieuse et gourmande Aurélia se lance à la recherche des recettes. Ne se posant aucune limite de médias, elle explore littérature, cinéma, série télévisée et jeux vidéos.

Le résultat de ses recherches est un livre aussi gourmand que fascinant ! S’il était difficile de passer à côté de la bièreaubeurre d’Harry Potter, on découvre des recettes de schtroumpf, celles des différents Merlins (Disney, Kaamelott, etc), ou bien le jeu vidéo World of Warcraft. Comme tout n’est pas expliqué dans les univers cités, l’autrice a utilisé deux méthodes : Soit la recette est spécifiquement utilisée et on ne change rien, soit la recette est évoquée et alors, l’ancienne bibliothécaire se lance dans des recherches qui évoquent l’univers recherché. C’est ainsi qu’on nous avons une recette vieille de 3000 ans, des recettes américaines typiques des années 50, ou des menus qui proposent des enfants en rôti !

Si l’ouvrage est magnifique, les recettes sont loin de se prendre au sérieux. L’équipe éditoriale avait un mot d’ordre : Se faire plaisir. On trouvera du langage schtroumpf, une imitation de l’oeil d’Agamotto (les amateurs apprécieront), une recette qui se déroule comme une formule magique (à traduire version XXIe siècle). C’est un véritable bonheur à lire. Quant à réussir les mets, on est loin des livres où un masterchef est demandé. Là encore, le mot d’ordre est de se faire plaisir. L’exécution est simple, la plupart des aliments se trouvent facilement… Aurélia Beaupommier s’est donné pour mot d’ordre de tout cuisiner puis de goûter… Un livre de gourmands vous dis-je !

On ne pourrait finir la chronique de ces 100 recettes sans parler de l’équipe éditoriale ! Autour d’Aurélia Beaupommier, ce sont des gourmands passionnés qui ont su mettre en valeur les recettes : Photographie (des véritables plats), décors, maquettes, illustrations… Tout est réuni pour réunir fan des univers imaginaires les plus scrupuleux et gourmets les plus stricts ! Les lecteurs ne s’y sont pas trompés, l’ouvrage est régulièrement ré-édité depuis sa parution en 2016. Fort de ce succès Aurélia et son équipe préparent un autre livre, mais un sort de non-divulgation est jeté dessus !

LA CUISINE DES SORCIERS
AUTRICE : AURELIA BEAUPOMMIER
EDITIONS : SOLAR

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MIR : ERIK L’HOMME

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Erik L’Homme et Xavier Dollo (librairie Critic)

Pour le MIR de novembre, la librairie Critic recevait Erik L’Homme. La soirée était consacrée à son parcours et ses œuvres.

Il s’est souvent demandé quelle était la raison de son passage sur terre. La réponse la plus évidente : Ecrivain, mais il n’avait pas une date. Il a toujours eu le plaisir d’écrire, de raconter des histoires.

Erik L’Homme n’était pas un grand supporter de l’école, mais il a appris une chose durant cette période. L’importance de l’amitié. S’il a mené de longues études (maîtrise d’histoire et doctorat en sciences sociales), celles-ci se sont faites sur plusieurs périodes. Il a souvent voyagé, entre autres dans une « chasse » à l’homme sauvage dans les montagnes du Pakistan. Ce récit, il ne pourra le mettre en écrit que 20 ans après, quand il aura pu décrire de manière lisible les aventures que lui et ses amis ont vécu (Des Pas dans la Neige).

En rentrant en France, il lit un livre (L’Homme du 5ème jour) qui reprend la trame de son voyage. Si l’auteur n’a apparemment pas voyagé au Pakistan, il est emporté par les mots de celui-ci. C’est Jean-Philippe Arrou-Vignod. les deux hommes se rencontrent et sympathisent. Jean-Philippe propose à Erik de lire son prochain manuscrit. Ce dernier sait qu’il n’a pas droit à l’erreur. Est-ce le destin ? A ce moment, c’est le début de la folie Harry Potter ! Erik écrit un univers qui serait une réaction à la série britannique :  » faire la même chose mais différemment » . La réponse est : Qadehar Le Sorcier, premier tome de la trilogie, Le Livre des Etoiles. Non seulement le livre est accepté mais, il sort tout de suite en grand format, ce qui ne se fait pas jusqu’alors. La série remporte un grand succès. Erik est lancé. A partir du moment où Gallimard accepte son manuscrit, il arrête ses études de doctorat. Il ne veut pas arrêter son rêve d’enfant !

Si la suite est connue, elle n’est pas de tout repos. Il s’aperçoit que son éditeur n’est pas un lecteur des genres (fantastique, fantasy, science-fiction). Il ne veut pas faire du commercial, il désire changer de genre (ce qu’il a toujours fait) : Sa deuxième trilogie, Le Maître des Brisants sera un space opera, mais le succès est moindre. Il sent que son éditeur le lache. En réponse, Erik écrit la série Phaenomen, un thriller fantastique, pour les adolescents. Le succès est au rendez-vous.

Pendant les différents salons, il se lie d’amitié avec Pierre Bottero. Les deux hommes imaginent un jour avoir un roman en commun. Ce n’est qu’à la fin de la trilogiue Phaenomen, qu’Erik propose un embryon d’histoire à Pierre. Les bases de la série A comme Association vont se construire pendant une longue nuit. Seule question : Chez qui l’éditer ? Après maintes réflexions, les deux hommes proposent à leurs éditrices respectives de collaborer. Les deux femmes se connaissent et s’apprécient, elles acceptent. Le principe : Dans un même univers, les aventures de deux personnages (un jeune homme, une jeune femme) qui affrontent seuls ou ensemble des péripéties paranormales. Chaque livre a son heros-ïne et son auteur. Les aventures d’Ombe (Pierre Bottero) et Jasper (Erik L’Homme) vont être stoppées net par la disparition de Pierre Bottero. Le dilemme est le suivant : Que faire ? Erik prendra le temps de réfléchir et continuera seul A comme Association. Lourde responsabilité d’écrire sans Pierre. Au terme des 8 tomes, il pourra, enfin, faire le deuil de son ami.

Terre Dragon est la fin d’un cycle. L’auteur veut clore 15 ans d’écriture jeunesse. On en a la preuve avec Nouvelle-Sparte. Le lectorat est plus adulte, les thèmes sont forts. Il montre un retour aux idéaux grecs, comme pour se prémunir des excès. C’est un roman unique, avec des personnages plus âgés, des changements de syntaxe, de temps, des néologismes…

2018 sera la naissance d’un nouveau roman : Déchirer Les Ombres. Un pari que l’auteur aborde confiant. Un roman tout en dialogues, un road-trip, édité chez Calmann Levy.

Au terme de cette soirée, on se dit qu’Erik L’Homme n’a pas fini de nous étonner. Son talent n’affecte en rien sa gentillesse. il a su rester proche des ses lecteurs et il répond tranquillement à nos questions.