TRAPPEURS DE RIEN T1 : CARIBOU

trappeurs de rien t1Croquette, Mike et Georgie partent à la chasse. Le but ? Attraper un caribou, mais cette aventure dans le grand nord n’est pas sans dangers.

Les livres des Editions de La Gouttière paraissent mais ne se ressemblent pas. Alors que Trappeurs de Rien pourrait jouer sur la peur et les dangers de la chasse, Pog raconte l’aventure romancée de trois apprentis trappeurs. Croquette semble le plus expérimenté, Georgie, le plus faible et Mike, celui qui a envie d’avoir un trophée. Trois caractères différents qui s’expriment en 32 pages. De la découverte de la cabane à la piste au caribou, nous ne sommes pas au bout de nos surprises et les trouvailles sont drôles et nombreuses.
Le dessin de Thomas Priou, les couleurs de Johann Corgié permettent d’illustrer cette histoire d’aimitié de la meilleure des façons. Le doux graphisme, les couleurs chaudes  forment un bel ensemble dans cette histoire à découvrir. Si ce livre s’adresse particulièrement à la jeunesse, le travail des auteurs est magnifique.

Un premier tome qui mêle aventures, surprises et émotions. Un joli livre à faire découvrir (alors que le tome 2 s’annonce bientôt).

TRAPPEURS DE RIEN
T1 CARIBOU
SCENARIO : POG
DESSIN : THOMAS PRIOU
COULEURS : JOHANN CORGIE
EDITEUR : LES EDITIONS DE LA GOUTTIERE

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ENOLA ET LES ANIMAUX EXTRAORDINAIRES T2 : LA LICORNE QUI DEPASSAIT LES BORNES

enolaDepuis des années, les bûcherons utilisent le bois près du territoire des licornes. Ce dernier à des capacités extraordinaires. Seule restriction : Une frontière entre le monde des hommes et celui des équidés. Frontière fragile quand une licorne semble s’attaquer aux enfants. La guerre semble imminente, mais Enola (et Maneki) arrivent.

Près d’un an après La Gargouille qui Partait en Vadrouille, revoici Enola et Maneki. Un récit qui se base sur les a priori, les faux-semblants. Dans l’histoire, on quitte la ville pour la campagne. D’après les noms, on doit se trouver du côté de la Norvège, de la Suède, même si jamais ce n’est précisé. A contrario des précédent épisodes, Enola se retrouvera presque sans outil. Elle ne devra compter que sur ces facultés cognitives. L’histoire est simple, mais elle a des bonnes idées. Premièrement, il n’y a pas de « méchant », juste une incompréhension envers des personnes différentes. Quant à la raison de l’attaque, l’auteur trouve un coupable original !
Si le premier tome permettait de faire connaissance avec l’univers, cette suite ne fait aucun doute. Enola & Les Animaux Extraordinaires est une série destinée à la jeunesse. Un récit qui se lit facilement, des situations qui ne sont pas difficiles à comprendre, des personnages sympathiques, mais sans réelle profondeur psychologique. On pouvait attendre mieux de l’auteur. Oui, mais… Quand on regarde le catalogue des éditions de La Gouttière, on passe des livres d’images à la bande dessinée muette, puis des récits comme Super(s) ou Nora. Il manquait une place pour une série rafraîchissante. C’est peut-être çà Enola (je ne marque pas le reste du titre, vous aurez compris de quoi on parle). Une série « simple » où la vétérinaire de choc résout les problèmes. On dit simple, mais l’identification des personnages, les dialogues, le comique de situation, l’univers qui n’est pas dévoilé… C’est tout le travail du scénariste de le rendre crédible. Un travail réussi, vu le plaisir de lecture, les situations extraordinaires sans un pathos lourd à porter.
De l’autre côté du pinceau, Lucile à son mot à dessiner. Toute la construction graphique lui revient. Dessiner la licorne, le chat et l’héroïne, c’est bien, mais il faut autre chose. Pour toute cette partie, on ne peut rêver mieux. Des mimiques des personnages (la moustache du chef du village) aux pierres servant de frontière (qui rappelleront l’Argonath), du détail de la couverture (le panneau-titre), à la tunique d’Enola, ce sont des détails qui enrichissent un univers frais, positif et merveilleux.

Un deuxième tome qui permet de garder tout le mystère de nos héros, tout en agrandissant leur univers. Les jeunes lecteurs vont adorer ces récits où le merveilleux se conjugue à la pédagogie humaine.

ENOLA & LES ANIMAUX EXTRAORDINAIRES T2 : LA LICORNE QUI DEPASSAIT LES BORNES
AUTEUR : JORIS CHAMBLAIN
DESSINATRICE : LUCILE THIBAUDIER
EDITIONS : LA GOUTTIERE

Lire la chronique du premier tome

 

 

QUAI DES BULLES 2015 : J-1

#qdb2015Alors que le festival Quai des Bulles n’est pas commencé, la ville de Saint-Malo frémit d’impatience. Dès l’arrivée en gare, les affiches semblent mettre en garde le voyageur : « Attention, étranger ! Tu entres dans l’enfer des bulles ». Je ne sais pas si je reste sur mes gardes, mais je retrouve des auteurs parmi lesquels Brice Cossu et Arnaud Boutle. Avec ce dernier, nous nous rendons au palais des congrès pour retirer son badge. quai des bullesEn tant que journaliste, je sais qu’ils ne sont disponibles qu’à partir de 9h30 le Vendredi, mais en tant qu’intervenant ? Je me retrouve bientôt avec le matériel du week-end : accréditations, tickets-restaurants, etc. Comme le souligne Arnaud, je devrais arrêter de médire…
Après un repos post-voyage, je retrouve les éditions de La Gouttière. Pascal et Flavy répondent à mes questions facilement. Pour une première interview, c’est un quart d’heure qui est enregistré !
contrario3Mais l’appel du repas nous attend. En compagnie de bibliothécaires d’entreprises des environs de Brest, nous attendons le deuxième service en devinant les contrario de Terreur Graphique. Le mien n’était pas si facile (avez-vous trouvé)nous nous régalons au Borgnefesse. On apprendra plusieurs choses sur la préparation du Rendez-Vous de la Bande Dessinée d’Amiens, le développement du centre de ressources, la difficulté de faire comprendre la bande dessinée. Une conversation enrichissante, drôle avec une chaleureuse tablée.
Comme le dit l’affiche : On va bien rigoler !
Vivement demain !

MYRMIDON T4 : SUR L’ÎLE DES PIRATES

Myrmidon4-martin-dauvillierAlors qu’il est en train de pêcher, Myrmidon remonte un costume de pirate. Curieux, il ne peut résister à l’envie de le mettre. Myrmidon est transporté dans le monde de la flibuste.

Ce quatrième tome de la série enfantine Myrmidon s’intéresse à un classique de l’imaginaire : les pirates. Toute l’imagerie des gentilshommes de fortune est présente, voire un peu plus. Tout en passant par « les images d’Epinal », Loïc Dauvillier et Thierry Martin donnent un coup de jeune à l’image des flibustiers. Trésor, galion sabre d’abordage sont présents, mais en lieu et place des pirates, nous avons des squelettes-pirates. Entre la mode des zombies et la série Pirates des Caraïbes, les auteurs n’oublient pas le classique de Robert Louis Stevenson, tout en ravivant son univers. Si notre héros est habillé de pied en cap en pirate (un costume qui fait penser à Rackham le Rouge, mais aussi à Barbe-Rouge), on n’oublie pas que c’est un enfant. Les péripéties traversées par Myrmidon sont intelligemment pensées. Il ne tue pas, il ne croise pas le fer avec ses adversaires, mais son intelligence (et son instinct de survie) lui permettent de traverser les épreuves (imaginées par les « maléfiques » auteurs).
Côté décor, il ne manque rien. Nous avons un galion détaillé, le « jolly Roger » en guise de pavillon, des squelettes-pirates dépenaillés et un trésor. Soyons pinailleur, il ne manque que la jambe de bois. Thierry Martin à la manœuvre, son coup de crayon ne manque pas de précision. Détails vestimentaires et maritimes sont présents, mais si on regarde de plus près, les actions de notre personnage sont plus détaillées qu’on ne le pense. Qu’il soit question de mouvement ou d’émotion, tout se lit dans le personnage de Myrmidon et ce, sans exagérer les positions. Une gageure quand on sait que le série est muette de tout phylactère. Quant aux squelettes, ils sont assez réalistes pour faire frémir les jeunes lecteurs.

Un quatrième tome qui enrichit l’univers de Myrmidon. les éditions de la gouttière continuent l’excellent travail pédagogique, entre classicisme et renouvellement de l’imaginaire enfantin. Une série destinée aux plus jeunes, qui fera aussi rêver les lecteurs plus âgés.

MYRMIDON T4: SUR L’ÎLE AUX PIRATES
AUTEUR : LOÏC DAUVILLIER
DESSINATEUR : THIERRY MARTIN
EDITIONS : LES EDITIONS DE LA GOUTTIERE

NORA

nora-lea-mazeDurant cet été-là, Nora doit passer une partie de ses vacances à la campagne, dans la ferme de son oncle. Ce qui devait être une corvée devient un formidable terrain de jeux. Mais qui est la vieille femme, voisine de son oncle ? Pourquoi est-elle tout le temps toute seule ?

En refermant ce livre, j’ai encore des frissons sur les bras. Pourquoi ? Peut-être parce que Nora (et à travers elle Léa Mazé) raconte le cycle de la vie. Ce personnage de petite fille s’interroge sur la vie et les réponses alambiquées de son oncle vont faire naître un monde onirique. A partir d’une seule question (Pourquoi Madame Jeanne est-elle tout le temps toute seule ?), Léa Mazé déroule toutes les questions enfantines. Au ton naturel de l’enfant répond celui de l’adulte, mais les réponses sont interprétées par Nora. Ca aurait pu être un album jeunesse qui traite des questions enfantines, de façon bucolique. Léa Mazé fait contraster une ambiance poétique et la dure réalité. Les tons s’entremêlent naturellement et frappent directement le lecteur, dans un récit apparemment anodin. Petit à petit, l’imaginaire s’invite dans ce récit et ne le quittera plus, comme une promesse d’enfance.
Le trait est simple, le décor dépouillé. Les cases de Léa Mazé vont à l’essentiel. Cela n’empêche pas le caractère sympathique des personnages. Au visage simple et moustachu de l’oncle, répond la bouille vivante de Nora. Quant à ceux « imaginaires », Léa a opté pour le minimum et ça fonctionne très bien. L’album sera aux tons sépia, comme une couleur nostalgique. L’auteur  travaillera les différentes palettes et le résultat est inattendu. C’est un arc en ciel de sépia qui s’offre à nos yeux.

Un premier album qui enchante autant qu’il questionne. Comment donner la bonne réponse aux enfants (surtout s’ils ont le caractère de Nora) ? Un nouveau coup de coeur des éditions de la gouttière qui vous fera vibrer !

Au milieu des livres avait donné un avant-goût de cet album. Merci à elle.

NORA
AUTEUR : LEA MAZE
EDITIONS : LA GOUTTIERE

Cette chronique a été faite dans le cadre de la BD de la semaine. Vous retrouverez l’ensemble des participants sur Mille et une frasques, dont l’hôte est Stéphie.

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ENOLA ET LES ANIMAUX EXTRAORDINAIRES T1 : LA GARGOUILLE QUI PARTAIT EN VADROUILLE

enola-t1-chamblain-thibauldierEnola est une vétérinaire un peu spéciale. Elle s’occupe des animaux extraordinaires. Ceux des mythes, des contes et légendes n’ont plus de secrets pour elle. Prochaine affaire : une gargouille qui se déplace de son socle. A Enola de résoudre le mystère, sous peine que l’animal (en pierre) soit démoli.

Le catalogue des éditions de la gouttière continue à se remplir. Généralement, on lisait des histoires muettes, pour les plus jeunes. Il semble que cette année 2015 soit un nouveau départ. Enola et Les Animaux Extraordinaires est une série « avec bulles », mais la thématique et l’ambiance s’ouvre à un ample lectorat. L’histoire se passe dans une époque incertaine. On utilise de la technologie, l’habillage est belle époque/steampunk, l’artisanat semble manuel, mais des détails semblent montrer une époque contemporaine (objets dérivés du Doctor Who, de Kirby, etc). Quant à prévenir notre héroïne, il faut utiliser un pigeon ! Pour ses consultations, elle utilise les instruments d’un médecin. S’il est original d’utiliser stéthoscope et autres gestes médicaux sur une gargouille (une créature de pierre, gardienne du Bien et donc, de l’Eglise), Enola utilise son intelligence pour résoudre les problèmes. Elle est secondée par Maneki, un chat. Jamais, félidé, n’a aussi mal porté son prénom (le Maneki-Neko est le chat porte-bonheur au Japon). Peureux, gaffeur, poissard, c’est l’élément comique de la série. Si Enola le comprend, les autres personnes n’entendent qu’un miaulement (note : Il me rappelle Hélice de la série animée Clémentine). A contrario des autres histoires (sans bulle) de l’éditeur, celle-ci doit développer un univers autrement plus complexe tout en rajoutant des dialogues. Une situation menée à bien par Joris Chamblain, même si le récit semble trop limpide. Comme c’est un premier tome, il faudra attendre les prochaines histoires pour se faire une véritable idée. Les éléments de base sont bons (thématique, personnages). Attendons que la sauce prenne.
Côté graphique, Lucile Thibaudier n’est pas en reste. Elle a déjà travaillé avec Joris sur Sorcières, sorcières (tiens, encore l’imaginaire…). Son graphisme rond et agréable permet de mettre en images les mots de son scénariste. L’ensemble est chaleureux et on se plaît à imaginer l’héroïne bouger. Si le trait n’est pas « complexe », Lucile se permet quelques fantaisies. Dans les cases montrant l’atelier du sculpteur, on peut admirer tout le potentiel de l’artiste.

Mis en scène par deux jeunes auteurs, La Gargouille qui Partait en Vadrouille est le premier album d’une série qui promet. Action, humour et personnages pétillants sont au rendez-vous dans un univers coloré. Avec un développement du catalogue qui s’ouvre au grand public, l’année 2015 commence bien pour les éditions de la gouttière. En attendant La Pension Moreau

ENOLA ET LES ANIMAUX EXTRAORDINAIRES
T1 : LA GARGOUILLE QUI PARTAIT EN VADROUILLE
SCENARIO : JORIS CHAMBLAIN
DESSIN ET COULEURS : LUCILE THIBAUDIER
EDITIONS DE LA GOUTTIERE

ANUKI T4 : DUEL DANS LA PLAINE

anuki-4-senegas-maupomeNotre valeureux petit indien a repéré un cheval qui lui plaît. Non seulement ce dernier ne semble pas partager son avis, mais un autre indien voudrait s’en emparer. Est-ce que ça va être la guerre ? La loi du plus fort ? Pas forcément.

Trouver à chaque tome une nouvelle idée pour la série Anuki force mon admiration. Si 5000 bandes dessinées sont produites chaque année, combien sont destinées au jeune public et muettes de surcroît ? Les éditeurs auraient pu publier des suites à n’en plus finir, ça aurait (peut-être) fonctionner. Heureusement, c’est l’association amiénoise On a marché sur la bulle qui s’en occupe. C’est un premier bon point. Le deuxième, c’est l’implication des auteurs. Frédéric Maupomé et Stéphane Sénégas ne se contentent pas d’aligner les tomes, ils renouvellent la série à chaque fois.
Si la couverture laisse à penser qu’on va passer un mauvais quart d’heure, ce n’est pas le cas des lecteurs. Par contre, notre petit indien… Non seulement doit trouver un cheval, mais en plus le partager. Dans un festival de situations humoristiques, nos trois personnages vont prouver que l’union fait la force, mais pas que… En une quarantaine de pages, les personnages vont traverser plusieurs situations différentes.
C’est d’ailleurs une des grandes réussites de cette série. Peu de pages, aucune bulle et tout est compris. Le duo Sénégas-Maupomé fonctionne très bien sur l’agencement de l’histoire. c’est naturel, coordonné et rempli de surprises. Stéphane Sénégas déploie son art. Tantôt, les cases sont presque vides, tantôt on a droit à de magnifiques illustrations. Le trait des caractères permet de relever chaque expression et même le cheval (un cousin de Jolly Jumper et Petit Tonnerre ?) à droit à sa personnification. Si la couleur est importante, elle ne surcharge pas les planches et permet une apparente simplicité. Si on connaît le graphisme, on a envie de s’arrêter sur chaque case.

Efficace et sympathique, le tome 4 d’Anuki remporte l’adhésion. Cette série déborde de trouvailles qui fera la joie de tous les lecteurs. Quand une édition montre que la bande dessinée n’a pas d’âge…

Lire la chronique du premier tome

ANUKI
T4 : DUEL DANS LA PLAINE
AUTEUR : FREDERIC MAUPOME
DESSINATEUR : STEPHANE SENEGAS

Les avis de Jérôme et Noukette