ECHANGES AVEC DAVID KHARA

Depuis le mois de décembre, il y a un évènement particulier aux Champs-Libres. Une fois par mois, un groupe vient au quatrième étage, s’installe et attend l’arrivée du « maître ». Il est question de David Khara. Un thème différent y est développé à chaque fois : le handicap, les genres en littérature, etc. Si l’écrivain annonce le thème mensuel et commence à parler, les personnes présentes sont invitées à réagir. Ce rendez-vous n’est pas là pour parler que de littérature. On y cite tous les médias.

Pour ce dernier rendez-vous de la saison, le thème était : La place des femmes dans la littérature. Un vaste sujet qu’il était difficile de combler en 60 minutes. David Khara a lancé quelques pistes :

-Pour un écrivain masculin, il est très difficile d’écrire un personnage féminin. Trouver les intentions d’un personnage est complexe, il peut être mal compris, etc. Un auteur masculin aura plus de mal avec certains genres. Une autrice, au contraire, pourra s’immiscer dans la plupart des genres sans complexe.

-Les premières traces d’une autrice ne remontent qu’au 16eme siècle. Avant, on infantilisera la femme et ses capacités intellectuelles. Si on reconnaît post-mortem la plume de certaines autrices, il n’en était rien de leur vivant. Jane Austen avait en couverture de son livre : Ecrite par une dame. Le même problème est apparu pour les sœurs Bronte. Il ne faut pas oublier qu’à ces époques, les femmes qui écrivent bénéficient d’un certain statut. Le lectorat est réduit. Il faudra attendre le XIXeme siècle pour que le lectorat s’agrandisse avec Agatha Christie. L’ouverture se fera petit à petit, mais ce n’est que dans les années 80 qu’une femme est admise à l’académie française. Le fait d’être une femme influence le lectorat. Le roman policier sous pseudonyme de J.K Rowling a été acclamé par la critique, mais ce n’est que lorsque la supercherie fut découverte que les ventes ont décollé. Quant à E.L James, si c’était un homme, la série des Cinquantes Nuances n’auraient pas eu de succès.

-Dans les long-métrages des productions Disney, la femme n’est pas mise en valeur. Peu de personnages féminins apportent quelque chose. La plupart du temps, les dialogues sont : 10 % valorisent les compétences et le reste… La beauté.

Cette intéressante discussion s’est clôturée par une réflexion sur la prochaine saison. Si tout le monde veut que ça continue… Il faut savoir sous quelle forme. Pour l’instant, on reste dans le format d’une heure de débat le midi. Nous avons déjà trouvé le thème : Qu’est-ce que la science-fiction ? Et si certains d’entre vous veulent apporter une bibliographie, vous êtes les bienvenus. Surveiller la page de David Khara !

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LES VESTIGES DE L’AUBE

les_vestiges_de_l_aube.khara-lafonBarry Donovan est un flic de New-York. Ravagé par les dégâts du 11 septembre 2001, il se remet à pied d’oeuvre. Son enquête, menée avec son co-équipier, n’avance pas et la liste des victimes s’allonge. Son seul réconfort vient des discussions Internet avec…
Werner Von Lowinsky. Sa véritable identité n’est connue de personne. Il est un vampire. Ses conversations avec Barry Donovan permettent  de resserrer les liens entre les deux hommes. Werner, dernièrement, a décidé de rencontrer Barry…

Un vampire peut vivre plusieurs vies. C’est le cas de ce roman (on pourrait en dire autant de son auteur). Tout d’abord, l’idée vient pour aider à un ami à communiquer. Il est remanié et publié chez Rivières Blanches, avant d’être à nouveau remanié et publié chez Michel Lafon. Quant à son adaptation, elle est parue aux éditions Dargaud. Un long parcours pour une histoire qui pourrait parler de vampire, mais qui ne s’arrête pas à çà.
Au-delà des simples apparences (une histoire de polar fantastique), David S Khara s’attache à l’humanité. Tout ce qui peut nous rendre beau, mais aussi plus ignoble qu’une bête. On pourra voir plusieurs parallèles : La guerre de sécession/le 11 septembre 2001, le meurtre qui conduit à cette histoire, la « quête originelle » du vampire. Ces évènements sont vécus par deux personnages, a priori, totalement opposés. Barry Donovan est un policier du XXIème siècle qui tente de se reconstruire. Werner Von Lowinsky est un vampire venant du XIXème siècle, aristocrate, qui essaye de faire renaître son humanité. La réussite de ce roman tient à la complexité des personnages. On est loin des clichés flics/vampires. L’auteur va chercher ce qui peut faire l’humanité d’un vampire (sans tirer sur le sentimental), tout en montrant sa nature de « bête ».
Pour faire dialoguer les deux héros que sont Barry et Werner, l’auteur alterne les chapitres. Ceux consacrés à Barry seront écrits à la troisième personne, tandis que les chapitres consacrés à Werner seront à la première personne. Un moyen original de se rapprocher d’un personnage, plus proche d’un prédateur que d’un homme. Le pari était osé, mais il est réussi. Si on ressent une similitude d’écriture entre les divers chapitres, on a l’impression de lire deux auteurs différents.
Si je n’ai pas pu lire la première version des Vestiges de L’Aube, j’ai chroniqué l’adaptation en bande dessinée. Scénarisée par Serge Le Tendre, l’histoire a dû être compilée en deux tomes de 46 pages. Comme il le reconnaît lui-même l’auteur a dû couper les mots de David S Khara. Le résultat est très bon, mais sans critiquer le travail de l’immense scénariste, un roman graphique n’aurait pas été meilleur ?

Pour un premier roman (même s’il est remanié), David S . Khara n’a pas à rougir de la performance. On a envie de finir le livre. On ressent les émotions des personnages, leurs psychologies est complexe. Un livre qui permet de réfléchir sur l’être humain.

LES VESTIGES DE L’AUBE
AUTEUR : DAVID S. KHARA
EDITIONS : MICHEL LAFON

LES VESTIGES DE L’AUBE T2 : LE PRIX DU SANG

vestiges-de-l-aube-t2-le-tendre-khara-peynetWerner se décide à révéler sa nature vampirique à Barry. Malheureusement, tout ne se passe pas comme prévu. Des hommes demandent à voir Barry. Intrigué, Werner les suit, décidé à protéger son état, quoiqu’il en coûte.

Il y a un an, le premier tome des Vestiges de L’Aube paraissait. Le prix du sang constitue le second et dernier tome de l’histoire. S’il est utile de lire la première partie, les auteurs résument la situation en quelques cases. Serge Le Tendre adapte avec précision le roman de David S. Khara (DSK?). On ressent l’ambiguïté des deux personnages. Le policier essayant de comprendre le vampire, quand ce dernier s’essaye à « l »humanité ». On a l’impression que l’enquête et la nature de Werner ne sont qu’une façade. Ce qui importe, ce sont les relations entre deux hommes totalement différents. Le scénariste laisse parler le talent de David S Khara et l’adapte dans cette bande dessinée violente, mais humaniste. Seul regret, c’est trop court. On aurait aimé en avoir un peu plus. Une nouvelle collaboration entre les deux hommes à l’avenir ?
Le dessin de Frédéric Peynet retranscrit à merveille les ambiances. Historique, polar, fantastique, son trait réaliste s’adapte de fort belle façon à l’histoire. On admire particulièrement ses décors, sa « narration » imagée. Du bel ouvrage.

Heureux homme que David S Khara. Venu présenter la première version des Vestiges de L’Aube à Serge Le Tendre, celui-ci le trouve très bon. Il pense même que ça pourrait faire une bande dessinée. Le manuscrit est publié en roman chez Rivières Blanches et préfacé par Serge Le Tendre. En 2011, une version remaniée est publiée chez Michel Lafon. C’est cette version que le scénariste adapte. Quant à David S Khara, amateur confirmé de bande dessinée, il se retrouve sous le crayon de Frédéric Peynet, en homme de main de mafioso… Pour en savoir plus sur David S. Khara, vous pouvez écouter l’interview faite il y a un an.

Cette chronique est une lecture commune avec Jacques d‘Un Amour de BD. Elle a été faite dans le cadre de la BD de la semaine. L’ensemble des chroniques est disponible dans La Bibliothèque de Noukette.

LES VESTIGES DE L’AUBE T2 : LE PRIX DU SANG
SCENARISTE : SERGE LE TENDRE D’APRES L’OEUVRE DE DAVID S KHARA
DESSIN : FREDERIC PEYNET
EDITIONS : DARGAUD

bd-semaine

RENCONTRE AVEC DAVID S. KHARA

David-S.-KharaRencontre avec un homme fascinant. Il a eu de nombreuses vies, il est pressé tout en étant tranquille et il écrit « plus vite que son ombre »… On n’a pas fini d’entendre parler de David S. Khara.

 

 

 

Ecouter la rencontre complète :

Ou la version découpée

Qui êtes-vous David ?

Thriller, histoire… Ambiance, ambiance

Liens avec le public, bande dessinée et projets

En quelques années, David S. Khara s’est fait publier aux éditions Rivière Blanche, Critic, Michel Lafon, 10/18, Rageot et Dargaud.

Vous pouvez suivre l’auteur sur sa page Facebook, son site ou sur celui de La Ligue de l’Imaginaire.

THUNDER T1 : QUAND LA MENACE GRONDE

thunder-khara-rageotA la suite du décès de son père, Ilya Volochin quitte l’univers auquel il était habitué et intègre celui d’un monde plus ordinaire. Au lycée Excelsior, il tente de se fondre dans la masse, mais à la suite d’une colle (injustement donnée ?), lui et d’autres élèves sont victimes d’un évènement bizarre. Qui les a attirés ici et pourquoi ? Obligés de s’allier, les cinq adolescents vont mener l’enquête…

Que pouvait-on attendre de David S. Khara, au sein de la collection Rageot Thriller ? Celui-ci s’était déjà exprimé dans des interviews sur une future série « façon Club des Cinq », mais se passant dans un lycée (hommage au lycée Emile Zola de Rennes qu’il fréquenta). Muni de ses quelques informations et de la confiance portée à l’ex-directeur de collection (Guillaume Lebeau) je commençai la lecture.
Elle s’avéra plaisante jusqu’au moment où il est question d’expériences menées par les nazis. Encore ? Mais l’auteur raconte déjà de telles expériences dans sa précédente trilogie (les projets BleibergShiroMorgenstein : éditions Critic ndlr). Un peu déçu par cette grosse ficelle, je continue. Au fil des pages cette ficelle s’amincit, intègre de façon naturelle l’histoire et je me laisse mener par l’auteur. Celui-ci n’a de cesse de nous faire plaisir (tout en se faisant plaisir). Il en résulte un livre dont les références sont plurielles : livres, bandes dessinées, séries (un russe qui se nomme Ilya, ça ne vous rappelle rien ?), David S. Khara ne recule devant rien. Loin d’être un catalogue pour nostalgiques, « Quand la Menace Gronde » se révèle une introduction à la série « Thunder » et un excellent triller. L’intrigue repose sur la présentation des personnages et l’alliance finale qu’il en résultera, mais racontée de telle façon qu’elle peut se lire indépendamment. On se sent proche des personnages et de leurs attentes (quoique Jennifer et sa sensibilité exacerbée…). On apprécie l’humour et les situations rocambolesques. La narration est dynamique, ne subit aucun temps mort et l’auteur s’explique sur ses choix dans une postface. Les thèmes abordés (amitié, différence, adolescence, responsabilité) sont fédérateurs et devraient être développés dans les prochains tomes.
Du « Club des Cinq » on retiendra le nombre, les situations (s’il y a traduction, on espère qu’elle sera meilleure que l’adaptation des romans d’Enyd Blyton). Du lycée on retiendra les cours, les professeurs, leurs particularités, une salle de punition et le fait que ce lieu scolaire est une mini-société.

Si le deuxième tome est attendu pour octobre 2014, l’attente va être longue, vu le plaisir à lire cet ouvrage et les pistes lancées. Dans un genre proche, je vous conseille La Brigade des Fous et M.O.N.S.T.R.E du même éditeur. Dans une ambiance plus sombre, la précédente trilogie de David S Khara est un incontournable. Merci à lui, de nous proposer une telle dynamite.

THUNDER T1 : QUAND LA MENACE GRONDE
AUTEUR : DAVID S KHARA
COLLECTION : RAGEOT THRILLER
EDITIONS : RAGEOT

RUE DES LIVRES 2014 : JOUR 1

rue des livres 2014« Rennes, ici Rennes ». Deux heures de voyage plongé dans la Grèce mythologique des années 30. Le tome 3 de Lasser, Détective des Dieux est une gourmandise. En cette période de carême, je devrais me modérer, mais j’ai du mal.
Yaneck, rédacteur sur Les Chroniques de L’Invisible m’accueille dans sa petite famille pour le week-end. Ce ne sont pas seulement les murs qui sont remplis de bandes dessinées, mais aussi les jeux. « Casse Toi Pauv’ Con » est un jeu politiquement comique dont les illustrations sont de Martin Vidberg. Une soirée ludique avec Bohnanza et La Guerre des Moutons. Je pensai finir Lasser, mais mon hôte a une « petite » collection de comics…

Le lendemain, nous arrivons un peu avant l’heure, mais les bénévoles nous accueillent avec le sourire. Le site du festival Rue Des Livres est un gymnase, mais celui-ci est décoré de tel façon qu’on oublie son utilisation première. Des grandes avenues parcourent le lieu et déservent les nombreux stands. Je croise tout de suite mon premier rendez-vous : David S Khara. Avant d’attaquer l’interview nous prenons un café avec Yves Tanguy et nous parlons… De Brest…
Une formidable rencontre que celle de David S Khara. Modeste dans ses propos, il vous rappelle que derrière l’auteur, il y a un être humain. Etonnant travailleur aussi puisqu’il rend ses travaux en avance de plusieurs mois ! La matinée va être d’ailleurs faite de rencontres audios. J’enchaîne avec Hervé Jubert. Malgré mes questions décalées, l’auteur répond avec humour et dynamisme. Lui-aussi est un formidable travailleur puisqu’il travaille une sur une heptalogie (7) de livres pour les éditions Rageot. Quant à la dernière, ce fut le point culminant. De Lasser aux traductions, du Noir Duo à celui qu’elle forme avec Lionel Davoust pour Les Imaginales, Sylvie Miller est intarissable. Trois rencontres parfaitement rythmées qui, j’espère, donneront quelque chose au montage…

Après avoir retrouvé Yaneck, nous effectuons un premier tour des stands. J’en profite pour saluer les éditions que je connais (P’tit Louis, Sixto, Critic ) et je repère un album que je connais : Les Aventures d’Ultra-Chômeur. J’avais vu un homme déguisé ainsi au Salon du livre de Paris. Je connais désormais les éditions : Presque Lune. Ils nous vendent si bien les livres que je craquerai plus tard sur un récit post-apocalyptique.

Il est déjà l’heure de se restaurer. Les blogueurs bretons sont présents. Je ne connais qu’une personne, mais qui ne connaît pas Yvon d’Eireann ? On aurait pu dire les blogueuses bretonnes puisqu’il y a plus de femmes que d’hommes. Les conversations parlent des blogs, des livres, des rencontres sous un soleil revigorant. La marche ouvre l’appétit et c’est un menu marocain qui nous attend : soupe, couscous et pâtisseries nous revigore. L’ambiance est bonne, le service est agréable et simple, sans oublier la nourriture qui est succulente… Le retour se fera tranquillement, histoire de digérer ces victuailles avant de se nourrir l’esprit. Arrivé sur le site des Gayeulles, j’achète les nouveautés Rageot. Si la nouvelle série d’Hervé Jubert est sortie, les livres de Thomas Geha et David S Khara ont de l’avance. Une aubaine pour avoir une dédicace d’auteurs que j’apprécie.

Avec Yaneck (revenu d’interview), nous nous dirigeons vers le speed-booking. J’y retrouve Antoine Mottier (un des modérateurs des Utopiales) qui nous explique ce qu’est le speed-booking : échanger sur nos derniers livres avec un interlocuteur, en quatre minutes. On parlera fantasy, science-fiction, manga, policier, poésie. Nous étions peu mais c’était très bien et il est toujours sympathique de découvrir d’autres univers. La fatigue commence à se faire sentir, mais avant de partir, nous avons envie d’assister à la conférence sur le polar. Est-ce le hasard, la fin de la journée ? Nous ne verrons jamais la conférence. Nous retrouvons les blogueurs/eses : Yvon est présent ainsi qu’Enna, Gambadou, Sylire et Géraldine.

Une première journée remplie de rencontres, de livres et couronnée par une tarte dijonnaise, suivie de fraises de Plougastel et de tranches de mangue. Je connais pire comme dîner. Dimanche, ce sera le deuxième tour au festival Rue Des Livres.

Le deuxième jour de Rue des Livres
La rencontre avec David Khara
La rencontre avec Hervé Jubert
La rencontre avec Sylvie Miller

 

 

 

 

 

 

 

 

LE PROJET SHIRO

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Revoici l’agent du Mossad Eytan Morgenstern. Cette fois, il joue en duo avec son ennemie Elena, pour le compte du Consortium, une société secrète. L’agent du metsada, victime d’un odieux chantage, doit empêcher qu’un complot prenne place, sinon son mentor et ami Eli Karman pourrait le regretter. Une course contre la montre commence avec comme alliée, la personne qui vous tuera sitôt la mission achevée…

A première vue, Le projet Bleiberg ressemblait à ersatz de roman d’espionnage. Quand on l’ouvrait, l’erreur s’avérait bénéfique pour le lecteur. Un an après, éditer une suite était-elle nécessaire ? La réponse est : oui ! Prenant à contrepied le lectorat David S. Khara ne se contente pas de faire « bigger and better ». Il prend la base des personnages (Eytan, Elena, le Consortium) et bouscule les données. Le résultat n’en est que meilleur.
« La recette miracle » est pourtant la même (œuvre de fiction avec des éléments historiques, flashback…), mais ça fonctionne. Cette fois, la mission n’est pas officielle, les motifs sont cachés et Eytan doit composer avec son ennemie. Le style d’écriture est plus sec, on va à l’essentiel, sans perdre de vue que l’histoire et les personnages doivent être réels.
En matière de personnages, l’auteur nous gâte. Nous commençons à en savoir un peu plus sur Eytan, ses façons d’agir, de penser. Agent efficace, il reste humain. On oublie la comparaison avec les espions du cinéma. Ici, c’est nécessité fait loi, non pas le charme fait la loi. L’autre héros n’est autre que l’antithèse d’Eytan : Elena. Entraperçue, mais diablement efficace dans le livre précédent, on découvre cette superbe femme, création du consortium. Là où Eytan reste humain, Elena exécute froidement ceux qui se mettent à sa portée. Avec un humour déplacé, elle joue avec ses victimes, jusqu’à ce qu’elle abatte le coup final. Les deux caractères, pourtant opposés, s’avèrent efficace quand ils travaillent ensemble. On sent qu’il y a un respect mutuel, malgré la haine entretenue. Quant au troisième personnage, Cypher, on n’en sait pas trop sur lui. Il représente le consortium, il dicte les ordres à Eytan, mais il reste civilisé. On est loin des méchants du cinéma ou du thriller américain. Mais à le lire, on sent que Cypher a du pouvoir et qu’il est nocif. Un personnage énigmatique en puissance !

Le Projet Shiro n’est pas une simple suite. Il élargit l’univers inventé par David S. Khara. Toujours aussi efficace, il permet de se focaliser sur quelques personnages (c’est « presque » intimiste). Petit bonus, si vous voulez commencer par celui-ci, vous pouvez. Les deux romans sont indépendants. Avec Le Projet Shiro, David S. Khara confirme tout le bien qu’on pensait de lui. Quant à Critic, c’est une maison d’édition où divertissement est un mot à prendre au sérieux : belle maquette, bel objet, livres sympathiques. Une « petite » maison à suivre de près !

LE PROJET SHIRO
AUTEUR : DAVID S. KHARA
COLLECTION : THRILLER
EDITIONS : CRITIC