JAZZ LIEUTENANT

jazz lieutenant1er janvier 1918. Pour la première fois, des militaires américains noirs débarquent à Brest. Ils le font au son de La Marseillaise, mais le rythme est différent, c’est du jazz. Si ce son déferlera sur la France, c’est une autre histoire que nous raconte son chef d’orchestre James Reese Europe, un autre combat.

Jazz Lieutenant nous raconte trois histoires. Il y a celle de James Reese Europe, l’ascension de certains musiciens noirs américains, mais aussi la ségrégation qui existait encore. Si Malo Durand cible le musicien, il n’oublie pas ce qu’il y a à côté. Cette histoire est riche et complexe. Loin d’être un cours d’histoire où les dates s’accumulent, Jazz Lieutenant montre ce qu’étaient les hommes de couleurs à l’époque, comment ils étaient perçus, comment ils se sont battus. Au milieu de ces batailles, un son unique s’élève. Une musique que le public européen adoptera : Le Jazz. Malgré cet enfer, ni le personnage ni le scénariste n’ont oublié la musique. A la lecture, on aurait presque voulu l’effet « jazzing », pour ressentir la musique. On peut alors se demander pourquoi sur plusieurs cases, les notes et les portées musicales ne sont pas présentes, ou des onomatopées de bruit ? Un choix qui laisse, à mon sens, la case vide alors que les personnages interprètent une musique.
Pour dessiner ce récit, Erwan Le Bot va multiplier les points de vues. Il montre les lieux avec détails, permettant de nous plonger tour à tour dans l’opulence puis la détresse. Il n’oubliera pas de mettre les personnages principaux en avant, étrangers dans leurs propres pays et guerriers/musiciens dans la vieille Europe. Il y a surtout ces scènes où scénario et dessin ne font plus qu’un, telle une musique dessinée (la page qui montre le régiment de Jazz Lieutenant travailler au lieu d’aller à la guerre est un excellent exemple).
De prime abord, je trouvais que le dessin d’Erwan Le Bot n’avait pas besoin de mise en couleurs. J’avais tort ! Jiwa, par la force de ses couleurs renforcent les détails, peint des ambiances qui font des dessins, de véritables oeuvres ! Aux tons riches des salles américaines répond le froid de l’Europe. Si la musique adoucit les tons (sic), si quelques victoires permettent de souffler, le ton est donné, c’est la froideur de la guerre.

Que se passe-t-il à Brest ? Les auteurs sont plus nombreux qu’au centimètre carré un soir du grand prix de Quai des Bulles et il faut encore qu’ils se fassent remarquer ? Il y avait Kris, il y avait Bertrand Galic et maintenant c’est Malo Durand  qui raconte « encore » l’histoire (sans compter Jiwa et Erwan Le Bot tous deux brestois aussi) ? Faisons notre mea culpa, malgré mon amour pour cette ville où j’ai vécu, j’ignorais cet épisode guerrier et musical. Il est toujours utile de raconter les failles de l’histoire. On oublie très vite la dure vérité. Apparemment pas Malo qui englobe l’histoire de son personnage à travers la guerre et la ségrégation. Ce n’est évidemment pas une spécialité brestoise que de raconter l’histoire même si les apparences sont trompeuses. Si Jazz Lieutenant est le fruit des éditions Locus Solus, une première version peut se lire dans la revue de bande dessinée, Casiers (encore une idée brestoise).

Les brestois montrent encore une fois qu’ils n’oublient jamais. Un livre qui mérite qu’on s’y attarde, qu’on écoute sa musique et son jazz lieutenant !

JAZZ LIEUTENANT
SCENARISTE : MALO DURAND
DESSINATEUR : ERWAN LE BOT
COULEURS : JIWA
EDITIONS : LOCUS SOLUS

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UN HOMME EST MORT

un-homme-est-mort

En avril 1950, la ville de Brest est en pleine reconstruction. Celles et ceux qui y travaillent ne le font pas dans des conditions décentes. Une grève est déclarée. Lors d’une des manifestations, Edouard Mazé est atteint d’une balle en pleine tête.
Suite à ces événements, René Vautier, un cinéaste, débarque et filme la ville, les habitants, guidé par deux brestois Ti-zef et Désiré.

Adapter un livre n’est pas chose facile, mais adapter une bande dessinée qui raconte les événements d’avril 1950, sur un film dont il ne reste presque rien l’est encore moins. Que garder dans la partie graphique ? A quels endroits faut-il couper ? A ces questions, l’équipe du film a su répondre intelligemment. A l’univers militant du livre, ils ajoutent la difficulté de vivre au quotidien en 1950, se rapprochant des personnages tout en gardant l’univers graphique d’Etienne Davodeau. Dans cette histoire, le personnage de René Vautier va permettre de faire l’équilibre entre les différents protagonistes. On y suit Ti-zef, un jeune homme qui n’hésite pas à ruer dans les brancards, sans se soucier des conséquences. Dans son sillage, Désiré et Paulette. On y découvre aussi le quotidien des brestois : La grève, la violence des manifestations, les privations, vivre à plusieurs dans une baraque (préfabriqué d’après-guerre),etc.

Le réalisateur, Olivier Cossu, n’a pas cherché le pathos. On ressent la violence, la tristesse et la colère des brestois, sans jamais trop en faire. Un pari difficile quand on passe d’un livre d’une soixantaine de planches à un premier scénario de 220 pages puis à un film d’animation de 65 minutes. Pour mener à bien ce projet, Les scénaristes Guillaume Mautalent et Sébastien Oursel ont su montrer l’essentiel de cette dramatique et incroyable épopée. L’équipe se documente et réussi à numériser entièrement la ville en 3D. La musique de Pablo Pico et Yann Volsy fait partie de ses thèmes qui restent dans la tête. Les cadrages montrent les visages, la ville… Tout en authenticité. Le résultat est là : Magnifique !

Dans le cadre du festival du court-métrage, une avant-première fut projetée dans la nef des capucins. 700 places gratuites, rapidement prises. Malgré ce nombre, on sentait la chaleur brestoise, comme un rendez-vous familial. La projection, opérée par Cin’Etoiles fut un moment convivial et vivement applaudit.

Comment ne pas finir en retraçant l’aventure de ce livre. En 2002, Kris et OxO (dessinateur) commencent les recherches sur le film « Un Homme Est Mort ». Après de multiples péripéties (recherches de documentation, changement d’éditeur, de dessinateur), la bande dessinée est éditée en 2006 chez Futuropolis avec Etienne Davodeau comme dessinateur et co-scénariste. Le succès est immédiat. En 2008, une première adaptation naît, sous forme de bd-concert. Le succès est toujours au rendez-vous, émaillé des conférences auxquels les auteurs sont invités. Un succès qui ne touche pas que Brest, mais l’hexagone national ! En 2018, Arte et Les Armateurs sortent une adaptation animée de ce livre, pour une diffusion en première partie de soirée (printemps 2018)

REALISATEUR : OLIVIER COSSU D’APRÈS LA BANDE DESSINÉE DE KRIS ET ETIENNE DAVODEAU
DUREE : 65 MINUTES
PRODUCTION : LES ARMATEURS-ARTE

TOUSSAINT 66/99

toussaint-66-99Avec le décès de sa mère, Toussaint Polignac rentre en France après quinze années d’absence. Mais il s’étonne quand les dernières volontés de celle-ci lui demande de disperser ses cendres… Au Congo ! Toussaint reprend la route. Au fil du voyage, il rencontrera son passé, ses racines…

Toussaint 66 est le premier album de Kris et Julien Lamanda. On entrevoit le scénariste que sera Kris (histoire, ambiance et dialogues), on s’étonne devant la maturité graphique de Julien Lamanda. Si les deux auteurs ont des chemins différents, Toussaint 66 aura marqué la mémoire. Pour l’association L’Atelier des  Violons Dingues (1), la première marche est atteinte. Deux de leurs membres ont réussi à faire paraître un album. Ils remporteront le prix lycéen du meilleur premier album au festival d’Amiens.
Le concept de l’album était délicat (raconter le voyage intérieur d’un homme à travers un voyage africain, avec comme passager l’urne funéraire de sa mère), mais Kris ne s’attarde pas sur la peine humaine. Il fait rire, grincer des dents, émouvoir, que ce soit par la situation ou les dialogues. Il mélange les rencontres cocasses, les clichés sur l’Afrique et ce continent qui garde sa part de mystère, de magie. Pour l’accompagner, Julien Lamanda utilise un style semi-réaliste. Un style qui s’associe parfaitement au texte : mi-grave, mi-humoristique. Son travail sur le noir et blanc est fabuleux et le découpage , pour un premier album n’a pas à envier les plus grands. Les éditions Delcourt ne sont pas trompées en éditant Toussaint 66 dans la collection « Encrages »
Mais tout livre à une vie qui se finit. Depuis plusieurs années, les lecteurs essayaient de retrouver cet album. En mai 2016, les éditions Sixto offrent une nouvelle vie à Toussaint Polignac. Est-ce juste une ré-édition ? En fait,Sixto ajoute un « prologue » et une fin. Un album qui permet de boucler la boucle, mais comme le dit Kris : »… Cela devrait s’achever. Mais avec Toussaint Polignac, allez savoir ». Quant à Julien Lamanda, en artiste, il se permet quelques retouches, que le lectorat remarquera, ou pas.

Toussaint 66/99 permet de redécouvrir le premier album de deux auteurs brestois. Loin de toucher uniquement le cœur des concitoyens, l’album s’attache à des valeurs universelles. Plus de dix ans après sa parution, la magie fonctionne encore. Les bonus permettent de « terminer » l’aventure, en suivant les nouvelles créations des auteurs et du repreneur de l’édition : Sixto

TOUSSAINT 66/99
AUTEUR : KRIS
DESSIN : JULIEN LAMANDA
COLLECTION : L’AVVENTURA
EDITEUR : SIXTO

(1)L’Atelier des  Violons Dingues était une association brestoise qui promouvait la bande dessinée. A travers un fanzine, elle permettait à de jeunes auteurs de publier. On pouvait y retrouver Obion, Gwendal Lemercier, Mike, Josselin Paris, etc. Depuis, plusieurs membres ont publié.

Cette chronique a été publié dans le cadre de la BD de la semaine. Vous retrouverez les autres participants chez Noukette.

 

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NUIT NOIRE SUR BREST

nuit-noire-sur-brestFin août 1937, un sous-marin espagnol, le C-2, arrive à Brest et demande l’assistance du gouvernement français. Ce navire va déclencher passions et intrigues pendant plusieurs jours. En effet, alors que l’Espagne tombe sous la main de Franco, le sous-marin est républicain !

Dès les premières pages, le ton est donné. La couleur est grise, entre le noir et le blanc. On ne sait jamais à quoi s’attendre, ni dans quelle direction aller… Comme dans un bon polar. Malheureusement, cette histoire est réellement arrivée. On ne remerciera jamais assez Patrick Gourlay d’avoir su mettre les mains dans les souvenirs brestois et remuer « la fange » historique.
De ce récit, les deux « historiens » que sont Kris et Bertrand Galic vont le mettre en scène. Si toute la véracité du récit n’est pas à remettre en cause, ils n’oublient pas que le lieu, les dialogues, les personnages ont leurs importances. Et si la ville de Brest ne parle pas, elle y joue un rôle crucial. Le port, le dancing, les rues, c’est tout un ensemble que décrivent notre trio de brestois, faisant revivre le Brest d’antan. Quant à Damien Cuvillier, s’il est picard, il réussit l’exploit de donner du cachet « régional » à ses planches. Des trognes, des batîments, des ambiances colorées naissent sous ses pinceaux. Vous l’aurez compris, en tant que récit historique, brestois de surcroît, cette bande dessinée est une des pépites de la rentrée littéraire !
Il y a quand même ce petit plus, qui le distingue de ses camarades dans les rayons. Loin d’être un divertissement, les auteurs s’interrogent sur nos valeurs et nos origines. Nous sommes en 1937, la seconde guerre mondiale approche. En 2016, on peut faire le parallèle avec cette époque. Qui sommes nous ? Que voulons-nous défendre ?

Pour ceux qui voudraient aller plus loin :
-Hubert Béasse a réalisé un documentaire sur l’affaire du C-2. Diffusion en novembre sur France 3
-Céline Dréan a suivi la naissance de cet album. Diffusion sur Internet dès le 15 octobre ( webmédia KUB, sur les sites web de France Bleu et de France Télévisions.

L’adaptation de « Nuit Franquiste sur Brest » est une belle réussite. On est transporté dans l’époque, on vit un moment oublié de l’histoire et les auteurs n’hésitent pas à s’amuser avec leurs personnages pour rendre l’intrigue plus authentique. De quoi donner des envies d’histoires aux lecteurs !

NUIT NOIRE SUR BREST
SCENARISTES : KRIS-BERTRAND GALLIC D’APRES NUIT FRANQUISTE SUR BREST DE PATRICK GOURLAY
DESSINATEUR : DAMIEN CUVILLIER
EDITIONS : FUTUROPOLIS

Cette chronique a été écrite dans le cadre de la BD de la semaine. Hébergée aujourd’hui chez Moka, vous y retrouverez les autres participants.

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Zef’hir 2015

zef-hirTroisième année pour Zef’hir et l’engouement pour cet évènement était toujours présent. Olivier Mignen, chercheur à l’INSERM et passionné de bande dessinée  a eu la riche idée de proposer une vente caritative de bande dessinée, dont les fonds iraient à la recherche contre la mucoviscidose. Portée par l’association Gaetan Saleun, Les deux éditions précédentes ont permis de financer des postes pendant un an. L’avancée médicale se fait, les maladies génétiques se précisent et les remèdes commencent à voir le jour.
Pour cette édition 2015, les parrains étaient Emmanuel Lepage (Muchacho, Voyage aux  Iles de la Désolation) et Bruno Bessadi (Bad Ass, Zorn et Dirna). Ce sont près de 500 auteurs qui ont participé à Zef’Hir en faisant un don d’une case, d’une page voire d’une illustration pour cette cause. Contrairement aux ventes de bandes dessinées, toutes les bourses peuvent se retrouver, de 5€ à plus de 500€. Si la vente fixe et les animations durent en continue toute la journée, la vente aux enchères commence à 11h30, mais les places se remplissent avant. Dans l’amphithéâtre, il y avait plus de 100 personnes. Certaines étaient là pour la curiosité, d’autres pour acheter.
Officiant en leur qualité de commissaire-priseur, le cabinet Thierry-Lannon & Associés était présent. Les 80 oeuvres mis en vente étaient très disparates : objets, cases, illustrations, tableaux, les amateurs comme les collectionneurs étaient gâtés.
Durant toute la vente, les commissaires-priseurs ont fait le « show ». Bonne humeur, humour et réparties étaient de mise, sans oublier le sérieux de la vente et la bonne cause à défendre. Contrairement aux autres années, les enchères ont commencé dès le premier lot. Ça part vite. Malgré cela, plusieurs œuvres sont en-dessous de leurs estimations et partent à des prix « bas » au vu de leurs qualités et de la notoriété de l’auteur.
Parmi les enchères, on a pu voir une illustration A4 d’Enrico Marini, représentant le Scorpion. Estimée entre 400 et 550 €, la vente a commencé à 200 € pour se terminer à 1120 €. Une illustration de la fée Clochette de Régis Loisel, estimée à 150 € est partie à 1050 €. Une couverture de Claudia Chevalier Vampire (Franck Tacito) s’est vendue à 1550 €. Un portrait de Corto Maltese, par Ruben Pellejero est parti à 1120 €. Mais les deux vedettes de cette vente furent une illustration d’Emmanuel Lepage. Représentant le phare d’Armen est partie à 1750 €. Quant à l’illustration de Philippe Druillet la Conquête de L’Ouest, elle s’est vendue à 2400 €.

Autour de ces ventes, plusieurs animations étaient présentes. Si les parrains dédicaçaient, des auteurs étaient présents : Laurent Lefeuvre, Julien Hugonnard-Bert, mais aussi la team du Garde Républicain et son créateur Thierry Stillborn (Thierry Mornet). Des musiciens se relayaient sur scène et dans une salle attenante, petits et grands peuvent vaquer à d’autres animations : colorisation d’un dessin, atelier maquillage, achat d’assiettes verticales (à voir comme à déguster), etc.

Réalisée sur une seule journée, Zef’Hir troisième du nom, remporte un franc succès. Ce sont 1500 visiteurs qui sont venus. La vente aux enchères a rapporté 33 000 euros et les premières estimations des ventes fixes annoncent près de 51 000 euros. Des chiffres qui amènent un sourire aux malades, comme à la centaine de bénévoles. Une façon de rappeler aussi que si Zef Man est le logo, si le portfolio propose des super-héros, derrière les éprouvettes, dans les lits, derrière les stands, ce sont des femmes et des hommes qui donnent de leurs temps ou qui attendent un remède. Ce sont eux les super-héros ! Un bel évènement qui se renouvellera tous les deux ans. Vous désirez voir les œuvres mises en vente ou en acquérir ? Suivez le lien

QUITTER BREST

quitter-brestA travers trois récits, Briac et Yvon Coquil nous invitent à remonter le temps. La gare, l’arsenal, le pont du Bouguen, autant de lieux qui sont riches d’histoires.

Avec les éditions Sixto, on avait l’habitude des romans policiers ou des bande dessinées à ambiance policière. Avec Quitter Brest, ils prennent un virage. Le livre ne contient pas un, mais trois récits. Après un prologue amusant (sur une idée de Philippe Marlu), Vent d’Est (paru dans Quai Divers) est crée entièrement par Briac, alors que Pari Brest ou Les Hespérides sont des nouvelles illustrées, écrites par Yvon Coquil. Si Briac est le point commun entre les trois récits, il en est deux autres : Brest évidemment, mais aussi une ambiance noire. Ce genre émane du roman policier en lui donnant un côté social. Les deux nouvelles d’Yvon Coquil exploitent ce genre en s’imprégnant du champ lexical de Brest. On parle de lieux, de rues, connus des brestois comme des visiteurs. On sent le langage des ouvriers, la rude « douceur » du travail de l’arsenal, les histoires qu’on raconte autour d’un verre. D’un pari macabre au lent glissement vers le point de non-retour, l’auteur montre le côté sombre de Brest. Son style n’oublie pas l’humour des petites gens. C’est dur, cynique et très brestois !
Pour Vent d’Est, Briac parle plutôt de nostalgie et l’impossibilité d’oublier cette « grise » ville. A travers ses cases et ses illustrations, il met en couche superposées son trait et ses couleurs. Le résultat est un instantané de Brest. Si l’ensemble est gris, on y sent un brin de nostalgie. Briac désire-t-il revenir à Brest ? Les illustrations conçues pour les nouvelles sont en couleurs. Là-aussi, les lecteurs brestois comme ceux de l’auteur s’y retrouveront. Graphisme recherchés, en relief, où suinte cette ambiance brestoise, faite  de décadence, de dur labeur, sans oublier la camaraderie !
En bonus, un portfolio qui montre la riche histoire brestoise et son architecture.

Pour ceux qui souhaiteraient aller plus loin, les éditions Nadoz-Vor Embannadurioù ont conçu un cahier spécial (en breton) qui en dit plus sur cette période racontée (les années 60).

Quitter Brest n’est pas destiné qu’aux brestois. Si Briac continue d’arpenter la ville avec ses pinceaux, si Yvon Coquil signe deux nouvelles noires au charme brestois, ils nous invitent à une balade dans les rues. Autant de lieux encore vivants ou disparus, autant d’histoires à raconter, à découvrir.

QUITTER BREST
AUTEURS : BRIAC-YVON COQUIL
ILLUSTRATIONS : BRIAC
LETTRAGE : PHILIPPE MARLU
EDITIONS : SIXTO

Cette chronique a été faite dans le cadre de la BD de la semaine. Vous pouvez retrouver les autres chroniques de la journée sur Un Amour de BD

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CONCERT DESSINE RUE SAINT MALO

 salle-1Les journées du patrimoine commencent ce samedi, un prologue avait lieu la veille, rue Saint Malo.
Voici l’invitation qu’on pouvait lire sur le site du Studio Fantôme :
« A l’occasion des journées du patrimoine, les associations Vivre la rue, La Maloïne et Le Studio Fantôme vous invitent à plonger dans une évocation expressive originale et moderne du vieux Brest ».

Nous nous sommes rendus au concert dessiné. Au programme : Arnaud Le Gouëfflec et John Trap à la musique, Briac aux pinceaux. Le trio avait déjà fait vibrer la salle du Quartz avec Deux Fois Le Même Fleuve. Si une fresque inédite de Briac allait représenter Mac Orlan (lui et Arnaud Le Gouëfflec avaient fait La Nuit Mac Orlan), quel serait le répertoire musical ?

La rue Saint Malo : Le lieu est aussi magique que fut le concert. La plus vieille rue le gouefflec-briacde Brest, condamnée par sa propre municipalité, revit peu à peu. Les associations Vivre la rue et La Maloïne ont réussi à faire revivre ce lieu d’un autre temps. Pavés, vieilles pierres, herbes folles nous entourent et aucun bruit ne résonne. On s’y sent bien, malgré la proximité de l’ancienne prison.
C’est dans ce lieu magique et bizarre à la fois que le concert dessiné a eu lieu. 90 minutes de poésies, de chants, d’invocations à travers un répertoire éclectique. Un poète belge, Mac Orlan ou les productions d’Arnaud Le Gouëfflec. La trentaine de spectateurs s’est laissée transporter par le rythme des paroles. Tantôt lancinant, tantôt vibratoire, mais toujours cette résonance hypnotique. Les textes choisis d’Arnaud, les boucles sonores de John ont fait un travail formidable. Avec un matériel qu’on pourrait considérer comme minimaliste, ils ont fait résonner l’écho des vieilles pierres de l’endroit.
A côté, Briac continuait son « labeur ». Il gratte, il peint, il essuie sa toile. Tantôt debout, tantôt accroupi, il dessine. Apparemment simple, le résultat est étonnant. Il fourmille de détails… Au point qu’une spectatrice a demandé une chanson supplémentaire pour que la toile soit finie !

trio90 minutes ? Le temps n’avait pas de prise pour ce concert magique. Nous sommes ressortis à l’air libre, apaisés des tourments du quotidien. Etait-ce le concert-dessiné ? Etait-ce le lieu ? Peu importe, nous avons passé un excellent moment.

Les journées du patrimoine continuent ce week-end rue Saint-Malo. Laissez-vous enchanter !

fresque