JACQUES FERRANDEZ A RENNES

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La semaine dernière, la librairie Le Failler invitait l’auteur Jacques Ferrandez à parler de son dernier ouvrage : Le Premier Homme. Arnaud Wassmer animait la rencontre qui se déroulait à l’espace Ouest-France. L’auteur a répondu aux questions pointus d’Arnaud Wassmer. Cette présentation fut agréable et permit d’en savoir plus sur les liens Ferrandez-Camus. Voici quelques morceaux choisis :

Si on connaît Jacques Ferrandez pour la série : « Carnets d’Orients« , il a souvent essayé d’adapté Albert Camus. Malheureusement, les ayants-droits et l’éditeur historique se montraient réticents. En 2oo8, la rencontre avec la fille d’Albert Camus permet d’adapter celui-ci en bande dessinée. La première adaptation fut L’Hôte, une nouvelle peu connue, mais que Camus adorait. Après le succès de cette adaptation, Jacques Ferrandez s’est attaqué à L’Etranger, puis au Premier Homme. Pour ce dernier, Après plusieurs refus de Nathalie Camus, cette dernière céda.

Le Premier Homme est le premier jet d’un roman posthume (l’auteur est décédé en 1960 et le livre fut publié en 1994, aux éditions Gallimard). La principale difficulté fut l’adaptation. Comme le dit Jacques Ferrandez : »Adapter, c’est supprimer certains passages du livre, c’est faire attention aux noms, puisque le langage à évolué « . Quant à son personnage principal, il ressemble à Gérard Philippe, car dans les années 50, Gérard Philippe incarnait l’Homme.
Pour mieux nous faire entrer dans le livre, l’auteur a déconstruit l’histoire. Il y a un jeu temporel/littéraire entre les périodes d’enfance et d’adulte.

Le principal lieu de l’intrigue se passe à Alger. Si l’histoire oscille entre les années 20 et 50, on peut encore aujourd’hui faire le parcours des personnages. Alger n’a pas beauocup changé.

Pour l’anecdote, un spectateur a souligné le parallèle entre l’accident de voiture survenu dans Le Cimetière des Princesses (Tome 5 de Carnets d’Orients) et l’accident d’Albert Camus mort suite à un accident de voiture. Jacques Ferrandez a apprécié cette anecdote, car il n’avait jamais fait le rapprochement…

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TRAVELLING 2017

aff_trav2017_webAvec la 28eme édition du festival Travelling. L’association rennaise Clair Obscur mettra en avant la ville de Tanger, du 7 au 14 février. Autour du thème urbain, des rencontres, des films, une déambulation  attireront l’œil du lecteur averti.

Pour cette édition 2017, un nouveau rendez-vous fait son apparition : Comixity. Si la définition originale veut montrer la représentation des villes des comics à l’écran, l’association et ses partenaires voient beaucoup plus large.
Côté projection, on aura droit au Superman de Richard Donner, celui qui nous a fait croire qu’un homme pouvait voler. Son pendant animation ne sera pas loin puisque 9 épisodes du Superman des frères Fleischer seront projetés. De quoi en prendre plein la vue pour cette superproduction de 1941.
Le personnage de Batman sera aussi projeté. La programmation a sélectionné le second opus de la trilogie de Christopher Nolan, The Dark Knight : Le Chevalier Noir. Nous auront aussi droit au second opus de Tim Burton, Batman : Le Défi. A l’opposé, la version cinéma de la série télé des années 60 sera aussi proposée. Ou comment passer du noir aux couleurs et à l’ambiance psychédélique. Quant à ceux qui préfèrent la version animation, ils auront droit à Batman Year One. Un long métrage d’animation adapté du titre éponyme.

Côté franco-belge, Phantom Boy sera diffusé, histoire de montrer que les américains n’ont pas le monopole en matière de super-héros.

Une rencontre, qu’on peut qualifier d’exceptionnelle, sera donnée. Xavier Fournier (rédacteur en chef de Comic-Box), Alain Carrazé (journaliste spécialiste des séries télé) et Sonia Dollinger (directrice des archives de la ville de Baunes et passionnée de culture) parleront des villes de DC Comics et leurs places dans la mythologie super-héroïque.

Une déambulation, une rencontre, des extraits de films et sûrement bien plus, c’est ce que nous propose l’auteur rennais Laurent Lefeuvre. A la tombée de la nuit, suivez l’auteur dans le quartier du Colombier. Redécouvrez vos personnages favoris à travers la culture populaire de ce guide inhabituel.

Avec cette programmation, le spectateur/lecteur sera déja repus, mais elle va plus loin. A L’Heure du Jeu, deux soirées sont consacrées aux villes à travers la littérature :

– Les libraires de Critic parleront  Villes du futur, villes imaginées et villes des ailleurs. Une promenade littéraire qui nous projettera sur tous les continents et ailleurs.

– Quant à Yaneck Chareyre et Nicolas Masztaler, ils parleront de l’Afrique du Nord en bande dessinée.

D’autres projections sont proposées tout au long de la semaine Travelling.

Adaptations littéraires : Edge of Tomorrow, La Vengeance dans la peau, Les Aventures de Tintin : Le secret de la licorne

Visions de Tanger, du désert : Le Lion et Le Vent, Un thé au Sahara, Le Voleur de Tanger, Le Voleur de Bagdad, Zarafa

Visions de villes : Le Festin Nu, Strange Days, Summer Wars.

Autant de projections, de rencontres… Qui font parties des séances spéciales, des rétrospectives… Soyez curieux, allez jeter un oeil au programme, vous serez surpris. Ferez-vous mieux que moi en 1999 (20 films pendant le festival) ?

Site du festival et sa programamtion

LE CHEVAL D’ORGUEIL

chevalOrgueilAu début du XXème siècle, alors que le pays bigouden est en pleine révolution (social, langage, traditions), celui qui deviendra Pierre Jakez Helias raconte son enfance, ballotté entre la culture bretonne et celle de l’école de la république française.

C’est le livre des premières fois. Si Marc Lizano est connu comme auteur (L’Enfant Cachée, La Petite Famille), c’est la première publication de Bertrand Galic. Un premier scénario sur une œuvre d’importance, puisque Le Cheval d’Orgueil a été vendu à plus de deux millions d’exemplaires, que son auteur est reconnu dans le monde bretonnant et que cette œuvre n’a jamais été adaptée en bande dessinée (alors que le petit-fils de Pierre Jakez Helias est lui-même auteur de bande dessinée).
Le Cheval d’Orgueil est paru dans la collection Noctambule. Qu’ils collent au texte ou qu’ils soient inspirés de l’œuvre source, les livres de cette collection ont toujours été un gage de qualité. A première vue, adapter plus de 700 pages en 136 planches est un exercice ardu et Marc Lizano n’a pas un graphisme réaliste. On soutiendra alors l’importante nuance « librement adapté » marqué sous le titre. Sachant que toute adaptation est une « trahison », le projet n’a pas été porté comme unerestitution mais comme un esprit.
Dès les premières pages, on plonge dans cet esprit. Enseignement par les aînés, leçons par les contes, façon de vivre de l’époque, etc. S’ils se sont largement documentés, s’ils ont obtenu l’aval des ayant-droits, les auteurs restituent l’esprit de Pierre Jakez Hélias. Bertrand Galic n’est pas resté fixé sur la structure de l’œuvre, mais sur une ligne temporelle. Il emprunte plusieurs séquences qu’il compile dans des chapitres (les livres). Une idée risquée mais qui permet de mettre une homogénéité dans cet ensemble de textes, dans les ambiances . En effet, comme les auteurs l’indiquent, Le Cheval d’Orgueil est un livre monde. En  simplifiant l’intrigue, tout en gardant la substantifique moëlle, ils nous lancent une invitation dans cet univers. Si ce livre montre comment vivaient les bretons au début du XXème siècle, il est bien plus que cela. On y croise les différentes évolutions (interdiction de parler breton, les premiers baigneurs, l’école de la république), mais aussi cette fierté. Malgré la pauvreté, malgré les aléas de la vie, la famille Hélias s’est toujours montrée droite et digne. On voit aussi les tenants du savoir (les aînés) donner l’éducation traditionnelle à petit Pierre tout en lui montrant le chemin du français et de cette école si étrange. Si le découpage montre l’évolution de Pierre Jakez Hélias, celui qui marque le plus est sans-doute celui qui parle de la guerre. En parallèle, les auteurs montrent l’enfant qui grandit, tandis que son père est au front. Une séquence choc qui fonctionne complètement !
En acceptant d’être le dessinateur de ce livre, Marc Lizano a pris un risque. Avec sa sensibilité propre, il dessine le monde de Pierre Jakez Hélias. Son graphisme « grosse tête/petit corps » répond parfaitement à cette invitation à l’enfance. Rien n’est naïf ou puéril, on évite les clichés sur les bretons, et si le graphisme n’est pas là pour reproduire exactement l’époque, les auteurs ont fait assez de recherche pour qu’il n’y ait ni faute, ni anachronisme.

Est-ce une adaptation réussie ? Il faudrait demander à Pierre Jakez Hélias. On demandera à ses ayant-droits. Pour le lecteur que je suis, le ton général du Cheval d’Orgueil est présent. L’approche des auteurs nous rappellent l’enfance de Pierre Jakez Hélias, mais aussi l’Enfance. Comment nous grandissons avec l’évolution de notre monde, comment le savoir nous est transmis, etc. Le graphisme « enfantin » de Marc Lizano, les séquences de Bertrand Galic permettront aux enfants de s’intéresser à l’oeuvre-source. Pour les adultes ayant lu Le Cheval d’Orgueil, ils devraient apprécier cette adaptation. Quant à ceux qui ne l’ont pas lu, qui ne connaissent pas la culture bretonne, la question est posée. Certes, les images et le texte sont universels. Les auteurs ont fait en sorte que tout le monde comprenne. Mais plusieurs détails ne sont pas expliqués (comme ce qu’est l’Ankou, par exemple). Le résultat est-il assez démonstratif pour que ça parle à tout le monde ou seul le monde breton est concerné (ce qui serait étonnant) ?

En gardant l’esprit et la poésie de Pierre Jakez Hélias, Bertrand Galic signe un premier scénario fort en thème. Accompagné par le doux dessin de Marc Lizano, cette seule adaptation du Cheval d’Orgueil montre combien le récit est universel. Une première fois étonnante !

LE CHEVAL D’ORGUEIL D’APRES L’OEUVRE EPONYME DE PIERRE JAKEZ HELIAS
SCENARIO : BERTRAND GALIC
DESSINS : MARC LIZANO
COLLECTION : NOCTAMBULE
EDITIONS : SOLEIL

D’autres chroniques sur ce livre ? Les Chroniques de L’Invisible, Un Amour de BD

Cette chronique a été faite dans le cadre de la BD du mercredi. Cette semaine, retrouvez tous les participants sur le blog : La Bibliothèque de Noukette

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LE JARDIN DE MINUIT

le-jardin-de-minuit-edithTom commence mal ses vacances d’été. Son frère a la rougeole. Pour éviter de l’attraper, Tom est envoyé chez son oncle et sa tante. Mais arrivé là-bas, tout lui est interdit. Pourtant, un soir, il entend l’horloge sonner treize coups. Il descend voir, ouvre la porte de la cour et se retrouve dans un jardin, en plein jour. Quelle est cette bizarrerie ?

Il n’est jamais facile d’adapter un livre. Faut-il en conserver la substantifique moelle ou bien l’adapter au plus près ? Edith est partie sur la première solution. Elle a enlevé ce qui la gênait, elle a dépoussiéré le livre, ciblé les personnages… Faut-il y voir une simplification à l’extrême de Tom et Le Jardin de Minuit ? Certainement pas ! Edith s’empare de ce récit pour en faire un roman graphique de 96 pages.
On suit Tom qui découvre cette étrange faculté de la maison. Au treizième coup de minuit, s’il ouvre la porte de la cour, il bascule dans un autre monde. Les personnes qui y habitent ne le voient pas, sauf Hatty, une jeune fille. Le temps n’obéit à aucune logique. Les deux enfants vont devenir amis et partager… Les joies (et les craintes) de l’enfance. Sur le plan émotionnel ou psychologique, la réflexion des enfants est superbement retranscrite. Que ce soit Tom ou Hatty, ils essayent d’expliquer aux grandes personnes ce qu’ils voient, ce qu’ils vivent dans le jardin, avec leurs mots. Le Jardin de Minuit est un condensé de l’enfance. Les souvenirs qu’on en a, les aventures (imaginaires ?) qu’on a vécu et cette attitude des adultes qui cherche à nous faire grandir (c’est en partie raté pour ma part). On est loin d’un récit nostalgique ou qui voudrait expliquer le pourquoi du comment. Si les enfants ne comprennent pas comment fonctionne ce monde, ce n’est pas grave. L’album est construit comme un récit épistolaire et ce que vit Tom. Le résultat se mélange agréablement au point qu’on ne distingue plus l’un et l’autre.
Si le trait d’Edith est reconnaissable, son travail sur les ambiances est radical. Le présent est froid, lourd, dénué d’atmosphère ludique pour tout enfant. Le monde du jardin est luxuriant, rieur, mystérieux. C’est un véritable plaisir de tourner les pages.

Contrairement aux apparences, Noctambule n’est pas une collection d’adaptation littéraire, mais une passerelle entre bande dessinée et littérature. On y trouve des objets, des récits originaux, mais quand il est question d’adaptation, il y a ce déclic. Les différentes créations du catalogue sont magnifiques (L’Île aux trente Cercueils, Le Loup des Mers, Le Club du Suicide, etc.). Le nom de « passerelle » est largement mérité. Une fois l’album terminé, on a envie de (re)lire l’original !

Avec Le Jardin de Minuit, on assiste aux premières fois d’Edith. C’est sa première participation à la collection, mais aussi son premier livre comme auteure complet. Un sacré challenge qu’elle relève haut la main !

LE JARDIN DE MINUIT
AUTEURE : EDITH (D’APRES LE ROMAN DE PHILIPPA PEARCE)
COLLECTION : NOCTAMBULE
EDITIONS : SOLEIL

Cette chronique a été faite dans le cadre de la BD de la semaine. Si Un amour de BD rassemble tous les participants de cette semaine, il a aussi chroniqué Le Jardin de Minuit

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LA VIE TREPIDANTE DE BRIGITTE TORNADE

la-vie-trepidante-de-brigitte-tornade-kohler-astridmMaman de quatre enfants, Brigitte Tornade a tout pour être heureuse. Dernièrement, elle a décidé de reprendre le travail. Entre les exigences professionnelles (elle est responsable clientèle dans une agence de tourisme), les devoirs maternels, la vie familiale et le cocon du couple, ce n’est pas simple. Brigitte Tornade a tendance à perdre le contrôle de la situation voire à s’énerver… Ses mésaventures sont cocasses !

La Vie Trépidante de Brigitte Tornade a débarqué sur les ondes de France Culture en 2012. Ce feuilleton de Camille Kohler est une chronique réaliste des héroïnes d’aujourd’hui : les mamans qui travaillent. Avec son ton acidulé et le léger côté parodique, on rit beaucoup aux aventures de cette maman légèrement débordée par la double situation. Actuellement à la septième saison (depuis mars 2015), on peut retrouver les épisodes via podcast. Les comédiens tiennent admirablement bien leurs rôles, la réalisation est de bonne tenue et Camille Kohler, après sept saisons (et le prix Nouveau Talent de la Radio SACD 2014) continue d’être inspirée. Des travaux domestiques au langage, des vacances au repas, toutes les situations y passent, pour notre plus grand plaisir.
Adapter une chronique radiophonique de 8 minutes en planches de bande dessinée aurait pu tomber à plat. Heureusement, Véronique Grisseaux connaît le rythme d’un épisode (elle a collaboré à l’écriture d’Un Gars/Une Fille). Elle découpe, elle adapte, enlève le superflu pour ne laisser que la substantifique moelle. Le résultat est sous nos yeux. Une compilation des premières saisons qui fait rire et réfléchir. Brigitte Tornade est cette héroïne que beaucoup de mamans sont : débordées. On suit avec plaisir les aventures de la famille Tornade, emmenée par Brigitte, dont l’énergie peut être dévastatrice. Tour à tour accablée, gourde, mère-poule… On rit beaucoup, mais Brigitte est attachante. Peut-être reconnaissons-nous des femmes de notre entourage.
Au dessin, AstridM emploie un graphisme faussement naïf, qu’on pourrait mettre dans la catégorie « girly ». Le mariage scénario/dessin devient original puisque l’association des deux n’était pas évident. Le résultat est doublement réussi. Nous avons une famille Tornade officielle !

Mouvementé, humoristique et (hélas) réaliste, La Vie Trépidante de Brigitte Tornade est un concentré (légèrement décalé) de ce que sont les mères d’aujourd’hui : des super-héroïnes. Sans uniforme, elles mènent leurs multiples vies (travail, famille, couple, amies) et quelquefois… Trébuchent, pour mieux se relever. Un excellent remède effervescent à la morosité.

LA VIE TREPIDANTE DE BRIGITTE TORNADE
AUTEUR : CAMILLE KOHLER D’APRES SON FEUILLETON RADIOPHONIQUE
ADAPTATION : VERONIQUE GRISSEAUX
DESSINATRICE : ASTRIDM
EDITIONS : VENTS D’OUEST

UN LOUP EST UN LOUP T1

un-loup-est-un-loup-makyo-folcoEn mars 1763, Clovis Tricotin, sabotier à Racleterre à tout pour être heureux. Une bonne situation, une femme aimante et sur le point d’accoucher. Ce ne sera pas un, mais cinq enfants qu’elle mettra au monde, attirant la curiosité de la région.

Pierre Makyo s’attaque à une lourde adaptation. Un Loup est un Loup de Michel Folco est un pavé de plus de 600 pages (qui s’articule autour d’autres romans) . Si ce premier tome compte 64 pages, la totalité devrait faire 128, soit 1/5ème du roman. Au vu de sa bibliographie, l’auteur a du métier (Jérôme K Jérôme Bloche, Le Cycle des Deux Horizons, Balade au Bout du Monde…). On rentre facilement dans l’histoire, mais, si on ne connaît pas le roman, on ne sait pas où l’auteur veut nous mener. La quatrième de couverture n’aidera pas. Elle raconte une histoire différente du premier tome. Faut-il pour autant laisser de côté ce livre ? Ce serait une erreur !
Le découpage, le sens du récit met en évidence le destin tragique de la famille Tricotin. Les personnages sont plongés dans le contexte historique et social. Si le livre n’est qu’un résumé du roman de Michel Folco, Pierre Makyo suit un fil rouge, dont la dernière case n’est que le point de départ. Si tout ce qui a été raconté est passionnant, on ne peut s’empêcher de se dire que ce tome n’est qu’un « prologue ». Une habitude éditoriale agaçante.
Dès la couverture, Federico Nardo montre un dessin réaliste, léché. Tout y est détaillé : costume, transport, animal, objet. C’est un véritable festival graphique. Il donne visage aux créations de Michel Folco et sous son trait, l’âme humaine prend vie. Il faut voir les trognes des personnages que ce soit pour un accouchement, un duel, une mort. Le dessinateur n’hésite pas à appuyer le trait, quitte à glisser vers l’humour.
Il est en duo avec Antoine Quaresma. Le coloriste fait des choix curieux. Même dans une case évoquant la joie, ces couleurs auront une teinte tragique. Une tension qui se ressent dès la couverture. Elle ne nous quittera pas.
Pour ceux qui connaissent l’univers de Michel Folco, il décrit les situations avec beaucoup d’onomatopées. Alors que la bande dessinée les utilise, ici, nous en avons très peu. Paradoxal…

L’ensemble de ce premier tome est bon. On est surpris de certains choix scénaristiques (mais peut-être le retrouve-t-on dans le roman), qui donne un goût de prologue. On attendra le deuxième avec impatience pour cette difficile adaptation.

UN LOUP EST UN LOUP T1
AUTEUR : PIERRE MAKYO D’APRES MICHEL FOLCO
DESSIN : FEDERICO NARDO
COULEURS : ANTOINE QUARESMA
EDITIONS : GLENAT

SONS OF ANARCHY : T1

sons-of-anarchyKendra Kozik a des ennuis. Liée par une promesse paternelle, elle va voir les Sons Of Anarchy et plus précisément Tig. Celui-ci, affaibli par le décès de sa fille décide de la protéger coûte que coûte. Ce qu’il ignore, c’est qu’en la prenant sous son aile, il pourrait compromettre des marchés lucratif pour l’équipe.

Série américaine traitant des bikers aux Etats-Unis, Sons Of Anarchy s’étend sur 7 saisons (pour l’instant). Le pitch de la série montre comment des mauvais garçons, dealant dans certains trafics, peuvent avoir un code d’honneur et rendre justice. Cet album, premier comic-book officiel de la série, décline en bande dessinée l’univers. Ecrite par Christopher Golden (déjà responsable des adaptations de Buffy ou Hellboy), dessiné par Damian Cuceiro, l’ensemble est sympathique.
Les personnages se voient confrontés à leurs propres peurs, le code d’honneur qu’on ne doit pas trahir, les marchés passés avec la mafia, etc. Loin de l’image des bikers de L’Equipée sauvage, on nage plutôt dans le glauque : trahison, pornographie, assassinats en tout genres… Si on respecte la pudibonderie des américains, le sang coule à flots. Alors certes, on reconnaît les personnages incarnés par des comédiens, on a plaisir à les voir relever la tête quand tout va mal, mais le scénario ne va pas tres loin. La collection 619, dans laquelle est édité cet album, propose des histoires heureusement plus travaillées.
Par contre, rien à dire sur l’emballage. Une couverture noire qui rappelle la série, des variantes de couvertures pour les éditions outre-Atlantique, c’est un bel objet. L’ensemble est plutôt destiné aux amateurs de la série.

SONS OF ANARCHY T1
AUTEUR : CHRISTOPHER GOLDEN
DESSINATEUR : DAMIAN COUCEIRO
COLLECTION : 619
EDITION : ANKAMA