CHALEURS CREOLES : BANDAISONS DESSINEES DE L’OCEAN INDIEN

chaleur

Avez-vous entendu parler de La Réunion ? Ce caillou vert posé au milieu de l’Ocean Indien ? On la surnomme l’île intense. Pour l’avoir visité, en partie, je comprends ce surnom. Avec Chaleurs Créoles, l’équipe du Cri du Margouillat nous montre combien l’île de la Réunion peut être chaude, humide, sauvage… Bref, érotique !

La collection Zambrokal des éditions Centre du Monde avait fait trois collectifs, mais en fin d’année 2015, ils ont lancé un crowfunding sur l’érotisme. En quelques semaines, les idées les plus folles sont montées à la tête des souscripteurs et le barème atteint 145%. Le résultat ? Un album de 120 pages créé par les meilleurs auteurs de l’océan indien et leurs amis parlant avec amour et humour du sexe.
Pour ceux qui ne connaissent pas La Réunion, vous êtes entourés d’eau et de montagne. C’est aussi le cas dans ce recueil où les galipettes se passent souvent dans l’eau ou en hauteur. Si la plupart des récits sont écrits en français, on notera que plusieurs sont écrits en créole. Que les métros se rassurent, ils comprendront le sens du texte, seuls les zoreilles comprendront tout le sens des mots pour mettre tous les sens en éveil. On y cultive le goût du voyage même s’il est en partie corporel, on découvre les plaisirs cachés de certaines parties de l’île qu’on ne peut atteindre facilement. Certains auteurs nous mettent en garde contre notre animalité ou le fait de se refuser à une femme. Le bonus, ce sont les récits qui optent pour un double sens… Tout est une question de non-dit. Du fantasme du travail, à la routine de la sexualité (muette), Du dépucelage à la petite mort, tous auront l’idée de nous exciter (chose difficile, à chacun sa sexualité) mais au moins, ils arrivent à nous émouvoir.

Sa tranche est rose, son lettrage de couverture rappelle celui des séries Emmanuelle… Ca tombe bien, en couverture, une jeune femme semble nous attendre dans ce fameux fauteuil en osier… Tout dans le livre nous invite à l’érotisme. On ne s’ennuie pas dans l’île intense, même si cette partie fantasmée n’est pas proposée à tout le monde. La crème des auteurs de La Réunion (et leurs amis) donnent vie à leurs fantasmes et nous invitent à voir ce joyau de l’Ocean Indien autrement.

CHALEURS CREOLES : BANDAISONS DESSINEES DE L’OCEAN INDIEN
AUTEURS : COLLECTIF
COLLECTION : ZAMBROKAL
EDITIONS : CENTRE DU MONDE

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FESTIVAL TRANSVERSALES : TRANSMETTRE LE SAVOIR EN BANDE DESSINEE

festival-transversalesA l’occasion du Festival Transversales, une table ronde était organisée autour du thème : Transmettre le savoir en bande dessinée. Les intervenants étaient Janine (autrice de bande dessinée et professeure de philosophie), Isabelle Picault (bibliothécaire à l’université Rennes 2, spécialiste du fond bande dessinée), Morvandiau (auteur de bande dessinée, responsable d’atelier bande dessinée au sein de Rennes 2, membre de Spéléographie et doctorant sur une thèse de la bande dessinée alternative francophone, entres autres casquettes).

Ce moment était tout aussi sympathique, qu’instructif. Les étudiantes ont posé des questions simples mais précises. Les intervenants se sont posés avec plaisir au jeu des questions. Le public, nombreux, se composait d’universitaires mais aussi de non-universitaires. On y apprend que Le fonds bande dessinée de la bibliothèque de Rennes 2 est né en plusieurs temps. Il y a eu un premier don du festival Périscopages. Une demande de don a été accepté pour qu’il y ait des acquisitions. Si le fonds représente environ 2000 titres, il y a 150 à 200 titres qui sont achetés chaque année. Il explore plusieurs champs : La bande dessinée documentaire, celle de divertissement, l’objet pédagogique (le support, la ressource) et les œuvres d’art. Depuis quelques années, les bibliothèques scientifiques puis universitaires se sont ouvertes peu à peu à la bande dessinée. Il y a une reconnaissance de celle-ci. On la reconnaît comme art à part entière, mais aussi comme moyen et comme fin d’enseignement. Il existe plusieurs thèses de bande dessinée, mais il manque d’experts dans le monde universitaire. A contrario, il existe plusieurs écoles de bande dessinée. Du côté de la théorie, Morvandiau citera notamment Thierry Groensteen pour ses différentes publications, que ce soit du côté technique de bande dessinée ou de l’appréhension du lecteur vis-à-vis du genre.

L’auteur n’essaye pas de cibler son lectorat. Dans ce cas, il en ferait trop ou pas assez. Mais parce que la bande dessinée est aussi un art avec ses codes et ses techniques, l’auteur va travailler la lisibilité pour attirer le lecteur. Que ce soit pour un blog, un livre ou une publication Facebook, le travail et la réception n’est pas la même. Quand les éditions Delcourt ont approuvé le projet de Janine, elle a du réapprendre les codes de narration pour que l’adaptation de son blog BD soit lisible en livre. Pour comprendre toute la complexité de la bande dessinée, il faut connaître son langage (art de la narration et du dessin). Janine évoque sa grand-mère qui a lu deux fois sa bande dessinée : Une fois pour le texte, une autre fois pour les images. Elle ne connaissait pas les codes. En bande dessinée, il existe aussi plusieurs formats dont le plus classique : 48CC (48 pages cartonnés, couleurs). Morvandiau parle de son expérience avec Monsieur Vandermeulen pour leur réinterprétation du cid. Ils ont proposé un format classique, mais au final, l’éditeur qui a accepté le projet (les éditions Rackham) a demandé un format carré, souple, noir et blanc de 64 pages.

Morvandiau et Janine, tous deux enseignants, ne se posent pas comme vulgarisateurs. Morvandiau propose à ses élèves d’explorer le 9e art autrement (comme la bande dessinée abstraite). D’autre part, comme membre de La Brèche, lui et d’autres réfléchissent aux différentes possibilités de langage de bande dessinée. Il prend exemple de L’Oubapo. Quant à Janine, elle distingue sa production d’autrice et son poste d’enseignante. Elle dessine mal pour qu’on ne reconnaisse pas son trait. Par contre, son blog permet de voir autrement la philosophie et donc de la vulgariser.

Mené par des enseignants chercheurs de l’université Rennes 2, le festival Transversales est un événement qui réunit différentes disciplines de la littérature et des arts autour d’un thème commun. Organisé en partenariat avec le service culturel de l’université Rennes 2, il permet des Expositions, journées d’études, projections, conférences durant le temps du festival. Les événements se déroulent au sein de l’université, mais aussi dans divers lieux de la ville. Ce festival n’est pas destiné qu’au public universitaire !
Pour sa huitième édition, du 24 au 27 octobre 2018, le thème est : « Transmettre, enseigner dans la littérature et dans les arts »

MIR : AUX FORGES DE VULCAIN

rencontre-vulcainLe troisième Mercredi de chaque mois, la librairie Critic nous donne rendez-vous au bar L’Heure du Jeu, pour les Mercredis de l’Imaginaire Rennais (MIR)

Ce Mercredi de l’Imaginaire avait un goût particulier. Non seulement c’était une rencontre avec les éditions aux Forges de Vulcain, mais celle-ci se déroulait durant le Mois de l’Imaginaire.

Créée en 2010, Aux Forges de Vulcains est une maison atypique qui s’est construite sur ses victoires et ses échecs. David Meulemans parle de ses années avec beaucoup d’humour !
S’il ne vient pas du monde de l’édition, David Meulemans a été professeur de philosophie, mais dès sa prime scolarité, il créait des revues. Avec sa propre maison d’édition, il a voulu un rapport humain entre les différents maillons de la chaîne. Dès qu’un livre sort, il demande aux libraires, aux lecteurs, si le produit peut être amélioré. D’autre part, il veut toujours suivre un auteur, livre après livre. David a une forte tolérance à l’échec, il aime créer, voire bricoler. Si son identité graphique actuelle plaît (Bravo à Elena Vieillard), il a fallu passer par 4 chartes graphiques différentes. C’était autant d’éléments visuels qui déstabilisaient libraires et lecteurs. Dans un monde où plusieurs milliers de livres sortent chaque année, difficile de se faire voir quand on teste, on bricole. Au fil des années, cette prise de risque a payé !
Lors de sa création, les éditions Aux Forges de Vulcain éditaient pour moitié des essais et pour l’autre de la fiction. Désormais, c’est un essai pour dix fictions. Il s’est même essayé à l’édition de bande dessinée. Tant pis s’il faut changer tout une partie de la chaîne du livre (librairies, promotions, journalistes à qui envoyer l’ouvrage). Il a voulu éditer Vaughn Bodé, un des premiers auteurs de bande dessinée underground américaine. Si le livre s’est bien fait acheté par les libraires, il a eu 97% de retours. Une raison à çà, son titre : Das Kampf. un titre qui n’a rien à voir avec Mein Kampf, mais qui a failli nuire à l’existence de la petite maison d’édition.
Quand on parle Mercredis de l’Imaginaire, on peut être étonné d’inviter un éditeur généraliste. Au début, David Meulemans ne voyait pas l’intérêt d’éditer de la littérature de l’imaginaire. Tout avait été créé par les autres maisons, puis petit à petit, il a voulu séduire une partie du public, mais pour ne pas faire comme tout le monde, il s’est essayé à séduire ceux qui n’aimaient pas cette littérature. IL a voulu une fiction, certes de divertissement, mais avec un enjeu narratif. Tout ce qui était trop didactique ne l’intéressait pas.
A ses côtés, il y avait deux auteurs qui démontraient cette ligne éditoriale.
Franck Thomas (La fin du monde est plus compliquée que prévue) a écrit un livre pré-apocalyptique. Dans son ouvrage, tout est plausible, mais souvent les situations comme les personnages tournent à l’absurde.
A l’opposé, Thomas Spok (Uter Pendragon) s’est posé des questions pour raconter Uter Pendragon. Les lecteurs connaissent la geste arthurienne, mais c’est par le biais de films, de séries. Comment raconter le mythe arthurien au XXIe siècle ? S’il veut écrire sa vision, il veut qu’elle reste dans la tradition du roman mais de notre époque. Il se sert pour celà de la logique médiévale. C’est à dire, de la logique de l’univers narré, mais sans ordre chronologique.

Cette soirée fut une véritable découverte entre un éditeur passionné et des auteurs qui se posent des questions sur leur oeuvre. Merci à eux, ainsi qu’à la librairie Critic et le bar L’Heure du Jeu.

POUR UNE POIGNEE DE NANARS

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A la fin des années 90, une poignée d’individus recommandables ont eu l’idée de créer une liste de diffusion sur Internet, dénommée « nanar ». Cet endroit permettait de retrouver des sommets du 7e art ! Les sous-Conan, les « chefs-d’oeuvres » incompris, les films de Paul Naschy, des films oubliés de la blaxpoitation… Bref, du nanar !

Pourquoi écrire une chronique sur ce livre alors qu’il existe deux tomes du site Nanarland ? J’ai trois excellentes raisons. La liste nanar est sans doute la plus ancienne qui parle de ce genre cinématographique (les mauvais films sympathiques), elle est écrite par Michel Pagel, un auteur dont j’affectionne la plume et l’humour (ah cette soirée d’Impro-SF). Quant à Rivière Blanche, c’est une édition qui permet de lire des pépites qu’on ne trouvera pas ailleurs. Elle permet aussi de découvrir des futurs talents. Alors, pourquoi s’en priver ?

Je n’expliquerai pas ce qu’est le nanar. Dans son avant-propos, Michel Pagel l’explique très bien tout en criant son amour du cinéma. Ce texte, fort sympathique, ne fait que cacher le potentiel zygomatique de l’ouvrage, mais il est essentiel à la compréhension de l’ensemble ! Comme toute compilation, on peut lire les chroniques du début à la fin, les lire à l’envers ou ne se délecter que d’une prise au hasard. Il n’y a pas de posologie. j’y mettrais néanmoins un avis sociétal : Ne lisez pas ce livre dans les lieux publics. Une irrépressible envie de rire monterait des entrailles et il serait très difficile d’y résister. Un sourire bêta se dessinerait sur votre visage, vos yeux pétilleraient de plaisir et il serait dommage de postillonner votre hilarité à la face de votre voisin.

Comme tout bon nanar, ne vous fiez pas à la couverture du livre. On ne retrouve pas tous les personnages dessinés par Mike Hoffman et les chroniques ne s’arrêtent pas aux genres de l’imaginaire (science-fiction, fantasy, fantastique). Films policiers, d’aventures, comédie sexy, presque tout y passe sous les doigts agiles de Michel Pagel. Les films chroniqués ne sont pas tous récents. il ont été tournés entre 1954 et 2001, mais presque tous ont été oubliés. J’écris bien presque car, Ator L’invincible, The Brain that wouldn’t die ou Captain America (L’adaptation des années 90, pas les récentes) restent des sommets d’hilarité ou de stupéfaction. A vous de choisir.

En une vingtaine de chroniques, l’auteur nous déclame son amour du cinéma et nous relate ses expériences de visionnage filmique (avec ou sans le bouton « avance rapide »). A la lecture, on se demande s’il n’a pas abusé de quelques substances. J’ai pu visionner quelques bandes-annonces des dites-chroniques et l’effet hilarité-consternation-stupéfaction ne se fait pas attendre. On admire le résultat d’une chronique de quelques pages quand il n’y a pas de scénario, les acteurs semblent absents et les dialogues sont au mieux, incompréhensibles. Si toutes ne frisent pas le déplacement de la mâchoire, elles provoquent au minimum un sentiment de curiosité envers l’œuvre. Écrites pour la liste « Nanar « , Michel Pagel a retravaillé ses chroniques pour qu’elles soient lisibles par le plus grand nombre. En refermant l’ouvrage, on se livre à des recherches sur tel ou tel film, on s’imagine une autre compilation de la défunte liste par auteurs (Pen of Chaos ou Dr Bis). En définitive, si nous avons été touchés, nous œuvrons à la reconnaissance du nanar, ce genre en soi, ces films injustement oubliés qui montrent une autre voie du cinéma.

POUR UNE POIGNEE DE NANARS
AUTEUR : MICHEL PAGEL
EDITIONS : RIVIERE BLANCHE

BLEU AMER

bleu amer1944, Les îles Chausey. Alors que les habitants survivent comme ils peuvent, un américain s’échoue. Repêché, il va devenir le grain de sable qui divise la petite communauté.

DU PAPIER KRAFT AU TABLEAU

Bleu Amer est un livre à part tant par son scénario que par son parti-pris graphique. Dès la couverture, on est surpris devant les couleurs dominantes : Bleu et marron. Cette dernière n’étant pas tout à fait une couleur mais la matière du papier. Sophie Ladame utilise du papier kraft pour ses dessins. La texture et la couleur particulière du papier offrent une autre dimension au graphisme. La matière semble surgir du trait réaliste de l’autrice. Les nuances de bleu permettent de mettre en valeur le paysage, un visage, un détail. Des touches de blanc, de rouge parsèment l’ouvrage et le rendent vivant. Chaque case est un tableau à part et par la magie du scénario de Sylvère Denne, cet assemblage devient une bande dessinée.

UN SCENARIO (TEMPS)DU

Avec ses pages qui ne contiennent que peu de cases (entre 2 et 6), son action qui se passe sur 8 jours, le scénariste joue avec le motif du temps. Il s’en sort très bien. Tout en ce récit porte une tension. Si cette dernière va exploser par l’arrivée du soldat américain, Sylvère va montrer que ses tensions existaient avant. Tout y est : la dure vie des iliens, la période compliquée qu’est la seconde guerre mondiale, le pêcheur qui parle peu, etc.

L’alliance de ce scénario et des images permettent de rendre une ambiance aussi douce que tendue, aussi légère que lourde. Le duo d’auteur réussit une histoire avec un minimum de dialogues. Tout est suggéré, latent. Un ouvrage magnifique et des auteurs à suivre !

BLEU AMER
SCENARISTE : SYLVERE DENNE
DESSINATRICE : SOPHIE LADAME
ASSISTANT DEDICACE : HOEL
EDITIONS : LA BOITE A BULLES

BELZEBUBS

  • bELZEBUBSBelzebubs est un groupe de Black metal. Jusque là, rien d’anormal. Mais, si toutes les caractéristiques du black metal étaient une façon de vivre ? Voilà le propos plus ou moins déjanté de JP Ahonen. Et en plus c’est drôle !

En terme de bande dessinée, la Finlande est surtout connue pour les Moomin de Tove Janson. A l’opposé de cette bande dessinée culte, il y a Belzebubs. JP Ahonen imagine cette bande dessinée comme un documentaire sur un groupe de black metal et plus précisément sur une famille.
Pendant plus de 100 pages, on suit l’évolution de ce cocon familial et des problèmes inhérents aux musiciens. Avec beaucoup d’humour, l’auteur joint toutes les caractéristiques de ce genre de musique. Les personnages ont des corpse paint (le visage est maquillé en blanc et noir), ils ne peuvent s’exprimer qu’avec un rauque dans la voix, ils adorent le satanisme, s’habillent en noir, etc. Jusque là, il n’y a rien de drôle, mais l’auteur réussit à pousser l’absurde jusqu’au boutiste. Le couple va faire un voyage d’amoureux… En enfer. A la douane, ils sont accueillis par Cerbère. Pour Halloween, les enfants invoquent un démon… Pour lui demander des friandises. Toutes ces scènes sont drôles, mais l’auteur va plus loin en incorporant une temporalité à son oeuvre. On voit grandir les enfants, on suit la « progression » du groupe. C’est un zoom sur cette famille atypique.
Chaque page est composée de gag en strips. Ces derniers sont des gaufriers de quatre cases. Le gag en cases est toujours le plus difficile à mettre en scène mais JP Ahonen réussit à nous faire rire à chaque fois. Renonçant aux couleurs, le blanc et noir va aussi bien aux personnages qu’à l’ambiance. Si le dessin s’approche du semi-réaliste, on ressent aussi une touche de rondeur.

Si je ne pense pas vous avoir convaincu sur le black metal, j’espère l’avoir fait sur la nécessité de lire cette douce parodie de vie familiale, dans un monde de black metal. Dernièrement nous avons appris qu’un album sortirait en 2019. Voici le clip du single, qui pourrait vous donner une idée du livre (a visionner jusqu’au bout). Si vous êtes atteint du virus, sachez que le strip est mis à jour une fois par semaine sur son site.

BELZEBUBS
AUTEUR : JP AHONEN
EDITIONS : GLENAT

ALIAS NEMO #0 : SKETCHBOOK

NemoEn janvier 2019, les éditions Original Watts proposeront le premier tome d’Alias Nemo. En trois tomes, les auteurs vont raconter les origines de celui qui deviendra le Capitaine Nemo. Un beau projet raconté par Nicolas Hervoches et illustré par Gwendal Lemercier. Les deux auteurs se sont déjà confrontés à l’accouchement de récits, que ce soit Alchimie ou des récits court pour la revue Casier(s). Tous les deux ont des origines marines, puisqu’ils vivent à Brest, terre de nombreux auteurs de bande dessinée.
S’il a une vaste bibliographie, explorant divers univers, Gwendal Lemercier n’a jamais mis de côté sa vision d’une histoire steampunk : ex-libris, expositions, récits courts, le voici  embarqué à bord de l’histoire de Nemo. Quant à Nicolas Hervoches, ce cinéaste de profession n »hésite pas à écrire des récits historiques où il mêle une ambiance imaginaire (qu’elle soit issue de la magie ou de la technologie) teintée de poésie.
En attendant le festival d’Angoulême, les éditions Original Watts proposent un numéro #0 qui permet de s’immerger dans l’univers du futur Nemo. Si on y croise des armures et des robots, on y trouve aussi différents peuples et quelques uniformes. Les études sont très poussées et certaines sont encrées. Le crayon de Gwendal Lemercier est toujours aussi affûté. On distingue plusieurs détails de costume, de trait, d’uniformes. C’est un réel plaisir. Quant au design, on ne peut que s’arrêter devant la méticulosité des scaphandres, des machines. Une question nous taraude ? Comment sera le Nautilus ? On le saura certainement en 2019. Si on n’en sait pas plus sur l’histoire, on s’interroge déjà sur le personnage principal. Nicolas Hervoches va-t-il suivre la biographie de Nemo écrite par Jules Verne ou s’en écarter ? Un sketchbook qui donne envie d’en savoir plus sur cette nouvelle publication.

Comme toujours, les éditions Original Watts ont bien fait les choses. Le format de cette nouvelle série est celui des comics ( 17,1 x 25,9 cm), il est tiré sur du papier de qualité offset 115gr. Trois versions de ce sketchbook sont en vente. N’hésitez pas à leur rendre visite à Lyon ou à visiter leur site Internet.