LA LEGENDE DES QUATRE T1 : LE CLAN DES LOUPS

la legende des quatre.jpgLes Yokaïs sont des créatures tantôt humaines, tantôt animales. Elles se divisent en quatre clans : Loup, tigre, serpent, aigle.  Quand le corps d’un loup est retrouvé, les héritiers des différents clans enquêtent pour découvrir la vérité et sauver une paix fragile.

La difficulté d’un premier tome, c’est de montrer l’univers, les personnages, tout en racontant une intrigue solide. Avec le thème classique de Roméo et Juliette, Cassandra O’Donnell, aurait pu tomber dans les clichés les plus éculés. Heureusement, ses personnages masculins comme féminins sont assez modernes. Les adolescents veulent, pour la plupart, la paix et protéger leurs familles. Il est intéressant de suivre l’évolution des personnages adolescents dans un monde mené par les adultes, alors que nos héros sont des chefs en devenir. Cassandra O’Donnell traite le thème de l’adolescence rebelle, tout en montrant que l’adulte n’a pas toujours raison.

Avec ce premier tome de La Légende des Quatre, on s’attendait à une romance adolescente sur fond de fantasy. Oui, mais ce n’est pas tout. L’autrice exploite complètement les caractéristiques de chaque animal, qu’il soit sous forme humaine ou pas. D’autre part, les personnages sont confrontés aux humains normaux. Le problème de la différence, du racisme, est sous-jacent tout au long du roman. Si l’intrigue est assez forte, on se rend compte que ce tome n’est que premier tome d’une série. On laisse les personnages au milieu de leurs problèmes, autant familiaux que sentimentaux.

Pour illustrer le roman, les éditions Flammarion ont fait appel à l’artiste Xavier Collette. Un choix judicieux quand on voit l’ambiance qui se dégage de la couverture. Là où le côté sirupeux de la romance aurait pu être présent, les nuances de colorisation montrent toute la tension, la brutalité (l’animalité?) qu’il y a entre les personnages. En fond, les yeux des loups. Sur les prochains tomes, il est possible qu’on ai les autres Yokaï.

Alors que le pitch laissait penser à une romance adolescente avec de la fantasy, Cassandra O’Donnell crée la surprise avec ce récit. Devoir envers sa famille, amour, adolescence, racisme sont aux centre de cette intrigue aussi brutale que réjouissante.

LA LEGENDE DES QUATRE T1 : LE CLAN DES LOUPS

AUTRICE : CASSANDRA O’DONNELL

ILLUSTRATEUR : XAVIER COLLETTE

EDITION : FLAMMARION JEUNESSE

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THE KONG CREW : MANHATTAN JUNGLE

kong crew.jpg1933. Kong a mis New-York à ses pieds. Le grand singe vit désormais dans Manhattan. L’île est évacuée, la zone devient interdite et une escadrille d’élite est crée : The Kong Crew. 14 ans plus tard, deux civils réussissent à se faufiler dans la zone…

La nouvelle production d’Eric Herenguel est à part. Ce fascicule de 26 pages, édité en anglais et noir et blanc n’est que le premier d’une série de trois (78pages au total). La publication en entier et en couleur devrait être pour 2019. Un éditeur français est recherché (si un lecteur est intéressé). Le fait de le proposer en anglais permet de travailler à l’international, comme celui de le proposer en format souple, dans un premier temps.

Ceux qui lisent Eric Herenguel connaissent ses deux amours : Les avions et les monstres. Avec The Kong Crew, il se permet de mêler les deux. Ce récit uchronique (Et si King-Kong avait gagné en 1933 ?), traité sérieusement est en fait une série b totalement assumée où l’humour et le glamour sont présents. Malgré les 26 pages et la mise en place d’un univers, l’auteur ne ment pas sur … Nous avons King Kong, des monstres, des avions… Sans oublier le teckel (sous régime).

Si le côté léger du récit est assumé, la pâte graphique du dessinateur est présente. Le dessin est élégant, vif et nulle difficulté n’empêche l’auteur de continuer. Il suffit de contempler les premières planches. Un New-York revenu à l’ère sauvage, où la nature se répand sur les structures métalliques. Les planches sont magnifiques. On reconnaît les influences du dessinateur et certaines références sont présentes. On regretterait presque le format 17, 5 x 26 cm. Le crayonné puis l’encrage sont totalement maîtrisés et permettent des planches contrastées. Le rythme permet de se plonger directement dans l’histoire. Les différentes techniques narratives (cadrages, pleines-pages) permettent une immersion totale. Chaque case est une oeuvre d’art. Quand on voit l’ensemble de ce premier fascicule, on imagine le casse-tête de l’auteur : Avoir un récit divertissant qui permette de montrer de belles planches tout en ayant un tempo maîtrisé !

Vous l’aurez compris, nous sommes tombé sous le charme de The Kong Crew. Publié à 1200 exemplaires en janvier 2018, on espère une franche réussite de l’auteur, vu le travail investi. En tout cas, nous le soutenons complètement. Go Kong Crew !

THE KONG CREW : MANHATTAN JUNGLE
AUTEUR : ERIC HERENGUEL
EDITEUR : CAURETTE EDITIONS

DANS LA PEAU DE SAM

dans -la-peau-de-samCharlie est la fille la plus populaire du collège. Fréquenter Sam, le loser de l’établissement était impossible, sauf… Que les deux adolescents ont échangé de corps. Alors qu’ils essayent de retrouver leurs corps d’origine, ils doivent dissimuler la vérité et affronter le monde extérieur !

La particularité du roman est écrite dans le titre. Le personnage principal, Charlie, va entrer malgré elle dans le corps d’un garçon de son âge, Sam. On aurait pu assister à une accumulation de clichés sur l’adolescence, la guerre des sexes, etc. Camille Brissot détourne brillamment les situations pour faire vivre à son personnage une expérience qu’elle n’oubliera pas. On suit Charlie dans son nouveau corps. Son adaptation, ses relations qui sont à l’opposé de son quotidien. Elle qui était le centre de l’attention du collège devient la risée de ses amis. A contrario, Sam, dans le corps de Charlie, n’est pas à l’aise avec son nouveau statut social. Malgré eux, les deux adolescents vont devoir s’entraider, en attendant une solution au problème.

Les points forts de ce roman sont multiples. Malgré le fait que Charlie soit dans le corps de Sam (et inversement), on suit facilement les protagonistes. S’ils sont différents, les deux adolescents vont apprendre à se connaître, alors qu’ils viennent de milieux opposés. L’autrice démontre à plusieurs reprises que le petit monde du collège peut vite devenir un enfer et que renverser une situation établie est compliquée. Tout en dénonçant l’égoïsme, la superficialité, Camille Brissot a l’intelligence de le faire avec humour, sans insister lourdement, ni changer totalement les personnages. Refermer ce livre permet d’imaginer plusieurs situations pour les protagonistes. Les lecteurs pourront s’identifier et se questionner sur leurs comportments.

Camille Brissot arrive toujours à nous étonner et son ouvrage « Dans la Peau de Sam » en est une preuve supplémentaire. Utilisant la trame classique du changement de corps, l’autrice dénonce le monde égoïste des adolescents. Entre science-fiction et science sociale, ce roman est aussi percutant que touchant. Il a remporté le prix imaginales des écoliers 2018 et c’est amplement mérité !

DANS LA PEAU DE SAM
AUTRICE : CAMILLE BRISSOT
COLLECTION : SOON
EDITIONS : SYROS

Envie de découvrir un autre roman de Camille Brissot ? Lisez Dresseur de Fantômes

RENCONTRE AVEC LES AUTEURS DE NARAGAM

A l’occasion de la sortie du troisième tome de Naragam, nous avons rencontré les auteurs de cette trilogie. On y parle surf, villes en ruines, Télérama et fantasy…

Mike et Michael Le Galli. Un grand, un petit, un brun un blond surfer… Les Laurel et Hardy de la bande dessinée ?

Michael : Essaie de te souvenir qui fait Laurel, qui fait Hardy. Il n’y a pas de petit dans ce duo, parce que Stan Laurel est grand et filiforme.  A l’opposé de Hardy, qui est corpulent. Tu fais le corpulent ?

Mike : Oui, je vais faire çà.. (rires). On ne le sait pas, mais Hardy était surfeur.

Michaël : On l’appelait Le Hardi ! (rires)

Si vous vous connaissez depuis de longues années, vous n’avez que deux collaborations ensemble. Pourquoi ?

Mike : Ce sont des collaborations au long cours. Naragam, c’est un projet qui dure depuis cinq ans . On a commencé les premiers croquis en 2013. Pour La Guerre des OGM, on a travaillé dessus pendant près de quinze mois.

Pour Naragam, qui a initié le projet ?

Michaël : C’est moi ! Quand je venais à Brest, je passais dire bonjour à Mike. S’il n’y avait pas les illustrations liées à Naragam, il avait des book remplis de dessins extraordinaires. On avait au moins quatre books avec ces personnages incroyables. D’ailleurs certains de ces dessins sont dans les recherches du premier tome. Un jour, je lui ai dit que j’empruntais ces books et qu’avec je ferai une histoire… Il a commencé à blêmir, il ne voulait pas que je parte avec (rires). Je voulais m’inspirer de ses personnages, de son univers graphique, pour raconter une histoire.

Mike : Pour la petite histoire, je n’ai pas tout de suite voulu

Michaël : Tu voulais optimiser ton rapport dessin/temps de réalisation, vu que tout était réalisé au crayon.

Mike : Çà c’était en 2011 et j’ai fait les Death Squad. Michaël est revenu à la charge après.

Michaël : Si Mike voulait recollaborer, j’étais partant pour voyager dans cet univers graphique.

Mike : Michaël m’a recontacté un été. Il avait une base d’histoire. Tu te souviens ? Il y avait un micro-synopsis écrit sur une page de Télérama,…

Michaël : … Que j’avais écrit à la plage (rires).

Mike : Il m’a demandé ce que j’en pensais. J’étais partant. Par contre, on pensait en faire un one-shot en noir et blanc.

Peut-on dire que c’est une co-création ?

Premières versions de Geön

Michaël :  C’est une création à partir de l’univers graphique de Mike.

Mike : Ça a été une création commune. On s’est nourri l’un et l’autre.

Mike : Ça s’est créé à partir de mes dessins. Il y avait une chose de Michaël aimait bien. Il appelait çà, les compressions. Ce sont toutes ces images de cadavres de titans. Dès les premiers échanges, il voulait organiser la bande dessinée autour de ces illustrations. Ensuite, l’histoire s’est étoffé autour de Geön, de Sajiral, etc…

Mike : Avec Michaël, on voulait quelque chose qui sorte de l’ordinaire. Pendant près de trois mois, je n’ai fait que des recherches de design.

Michaël : On voulait des pleine pages, des double-pages, On voulait retrouver l’univers graphique de Mike tout en évitant les poncifs de la fantasy : Nains, elfes, etc.

Mike  : Pour le personnage principal, Geön, on s’est inspiré d’un de mes autres livres d’illustrations : Bestiaire des Trois Terres.

Michaël : Geön était dessiné des milliers fois. Sur  270 pages, il était présent dans toutes les cases ou presque. Il fallait qu’on trouve un personnage qui puisse exprimer un certain nombre d’émotions graphiquement, mais aussi  qui soit rapide et facile à dessiner.

Mike : Je voyais un personnage rond, parce qu’on va plus facilement vers ce qui est rond, alors que Sajiral, c’est le contraire. Il est tout en longueur.

Michaël : Geön aurait été plus dur, plus sévère si on avait retenu la première version…. Quelque part, la personnalité de Geön a rejoint son physique. Il est devenu peut-être plus naïf que ce qu’il aurait pu être. C’est intéressant. Ça induit les événements, les réactions des personnages.

Il y a un troisième auteur : Josselin Paris. Il a fait les couleurs. Comment est-il arrivé dans cette aventure ?

Mike : Nous avions déjà collaboré ensemble sur l’album des  Death Squad paru aux Editions Delcourt , Josselin ayant réalisé les couleurs dudit album. J’avais beaucoup aimé son travail notamment au niveaux des ambiances, de la lumière dans certaines cases des Death Squad et j’avais vu aussi certaines de ses illustrations personnelles publiées sur son blog. Quand le projet Naragam a commencé à vraiment prendre forme, c’est tout naturellement que je me suis tourné vers lui. Dans mes souvenirs, Josselin avait dû coloriser trois ou quatre pages, plus la colorisation des croquis de personnages quand nous avions monté le projet. Josselin avait réalisé les essais couleurs sur les pages en couleur infographique avec un résultat très proche d’une technique d’encres aquarelles ou de peintures et cela m’avait immédiatement séduit. Et pas que moi je crois !

Michaël :  Il a fait un travail magnifique. Le dessin de Mike est si dense, si puissant qu’il est compliqué de faire des couleurs.

Mike : On en parlait encore récemment. Avec Josselin, nous passons beaucoup de temps pour les réglages, pour conserver le grisé du crayonné. Au niveau des teintes, il a proposé de bonnes idées. Quelquefois, j’avais des idées précises sur l’ambiance. Je faisais des captures d’écrans de films, par exemple. Par contre, il avait aussi des idées. Avec la page d’introduction du premier tome, il réussit à nous faire rentrer dedans rapidement.

Michaël : Sur les trois tomes, il y a une vraie progression. Une véritable adéquation entre les dessins et la couleur.

Mike : Le premier tome en a subi les frais. Il fallait se caler. Ensuite, on a retravaillé dessus ensemble.

Exemple de mise en couleur par Josselin Paris

Sur le dessin, on peut voir des influences de H.R.Giger, Mike Mignola, Frank Frazetta, Bernie Wrightson… Ce sont des ambiances sombres. Pourquoi être attiré par le côté obscur de la force (ndlr : La rencontre a été faite le 4 mai jour du Star Wars Day)

Mike : C’est une histoire de personnalité. C’est attirant. Il se passe des choses, on ressent une part de mystère. Ça permet aussi une sacrée marge de manœuvre dans la création. Le réalisme me fige complètement au niveau créatif. Dès que ça devient sombre, ça devient moins compliqué à faire. C’est un univers qui me porte énormément. C’est aussi pour çà que j’apprécie ce que fait Mike Mignola. Ses univers sont contrastés, c’est en noir et blanc. Quand je prends quelque chose de Mignola, je le prends en noir et blanc. Je suis aussi nourri à çà. Je lisais des illustrés comme Spectral, etc. Ça a du m’influencer.

Michaël, c’est un univers sombre que tu as voulu développer.  Comment raconter un univers sombre qui ne soit pas dépressif ? 

Michaël :  On y tombe ! Dans le premier tome, Geön est confronté à une forme de mélancolie. C’est comme une forme de dépression. Son personnage veut tout comprendre, tout savoir et c’est une quête sans fin, même s’il reste optimiste. C’est cette envie qui lui donne de l’énergie pour repartir, d’aller de l’avant, tout en ayant cette candeur. A la fin, il partage son savoir.

Tu avais déjà scénarisé de la fantasy, mais ici, il est question de dark-fantasy. Etais-tu un habitué de ce genre ?

Michaël : Oui. Je lis aussi bien la high-fantasy que la dark-fantasy. J’aime beaucoup ce genre et j’en lis régulièrement.

S’approprier l’univers graphique d’un auteur pour en faire un scénario, n’est-ce pas revenir à tes études : L’ethnologie ?

Michaël :  Non. L’univers est uniquement graphique, Il n’est pas nourri d’histoire, de culture, etc. A aucun moment, dans les books de Mike, il y a des indications qui permettraient de définir une culture. J’invente tout. La structuration de la société, les Derkomaï, les Twörb, etc. Je m’approprie l’univers graphique, mais c’est moi qui apporte l’univers narratif, celui dans lequel vont évoluer les personnages.

Mike, comment as tu ressenti, cet univers narratif à partir de ton univers graphique ?

Mike : Ça s’est fait naturellement, ça collait bien. Nous avons discuté ensemble sur les habitations, sur  les différentes races, mais il n’y a eu aucun problème particulier.

Michaël : Ensuite, il y a des choses étonnantes dans l’histoire. Certains moments auraient pu être différents. Par exemple, Mike ne voulait pas dessiner de ville….

Mike : … Ou alors… En ruine !

Michaël : Ou en ruine ! Ça induit le scénario. La cité de Drëk,… Mike ne voulait dessiner aucun habitant. J’ai du trouver une astuce. Finalement, cette solution est meilleure que la première version de l’histoire. où on visitait la ville. Souvent je partais des contraintes de Mike pour construire mon scénario.


D’où viennent l’origine des noms ? Pour Naragam, j’ai trouvé des origines indiennes, un satellite météo, etc…

Michaël : Nous sommes dans un univers imaginaire total donc je cherche et je me laisse dériver. Pour les Twörb, nous sommes dans les marais, donc c’est la tourbe, ensuite tu cherches quelque chose, une sonorité, une petite musique dans le nom…

Mike : Sajiral devait s’appeler Diabal. Michaël m’avait demandé mais je trouvais que ça sonnait trop comme « diable ». Il m’a proposé « Saji-râ » et je trouvais qu’il fallait garder la sonorité « al ». Maintenant, on trouve çà évident, les noms collent très bien aux personnages. Bròg, c’est génial, comme nom !

Michäel : Les noms viennent aussi comme çà.  Tu vois un animal,  tu cherches le nom latin, tu dérives la racine, etc.

Mike : Pour Bestiaire des Trois Terres, je cherchais des noms à consonances scandinaves. On regarde, on recherche, on s’inspire.

Tout le dessin se fait au crayon, donc un travail long et ardu. Pourquoi ne pas passer à une autre technique ?

Mike : Je n’aurai pas eu le même rendu. J’ai deux books. Le premier avec des dessins crayonnés, l’autre avec des dessins encrés et ce n’est pas la même chose. Je travaille au crayon papier, avec différentes valeurs de gris. Il y a plusieurs crayons. Je travaille avec des mines de 0,5mm et je les taille en biseau, pour avoir un rendu très fin. J’utilise aussi des mines de 0,3mm. Le rendu se rapproche de la gravure sur certaines pages originales, mais c’est très long. Pour gagner du temps, je travaille sur du petit format, le A4. Les double-pages, je les fais au format A3, mais ça demande quatre jours de travail.
Pour revenir à ta question, je n’aurai pas pu passer à une autre technique en cours de route, mais c’est çà qui avait séduit l’éditeur, la qualité des crayonnés.

LA CUISINE DES SORCIERS

la cuisine des sorciersPour ce menu, vous commencerez par un potage issu de Babylone (idée de Bartimeus), vous continuez par une galette de sarrasin (recette de Merlin l’enchanteur). Les plus gourmands apprécieront les gâteaux aux framboises de l’ami Bert (proposé par Mary Poppins). Le tout pourra être accompagné de bièreaubeurre (une proposition d’Harry Potter). Le point commun de ces recettes ? Elles viennent toutes de sorciers !

Voilà un livre qui devrait réconcilier amateurs de cuisine et de littérature. Aurélia Beaupommier est une inconditionnelle des deux. C’est pendant un barbecue que ses invités se posent la question de la nourriture des sorciers. Il n’en fallait pas plus pour que la curieuse et gourmande Aurélia se lance à la recherche des recettes. Ne se posant aucune limite de médias, elle explore littérature, cinéma, série télévisée et jeux vidéos.

Le résultat de ses recherches est un livre aussi gourmand que fascinant ! S’il était difficile de passer à côté de la bièreaubeurre d’Harry Potter, on découvre des recettes de schtroumpf, celles des différents Merlins (Disney, Kaamelott, etc), ou bien le jeu vidéo World of Warcraft. Comme tout n’est pas expliqué dans les univers cités, l’autrice a utilisé deux méthodes : Soit la recette est spécifiquement utilisée et on ne change rien, soit la recette est évoquée et alors, l’ancienne bibliothécaire se lance dans des recherches qui évoquent l’univers recherché. C’est ainsi qu’on nous avons une recette vieille de 3000 ans, des recettes américaines typiques des années 50, ou des menus qui proposent des enfants en rôti !

Si l’ouvrage est magnifique, les recettes sont loin de se prendre au sérieux. L’équipe éditoriale avait un mot d’ordre : Se faire plaisir. On trouvera du langage schtroumpf, une imitation de l’oeil d’Agamotto (les amateurs apprécieront), une recette qui se déroule comme une formule magique (à traduire version XXIe siècle). C’est un véritable bonheur à lire. Quant à réussir les mets, on est loin des livres où un masterchef est demandé. Là encore, le mot d’ordre est de se faire plaisir. L’exécution est simple, la plupart des aliments se trouvent facilement… Aurélia Beaupommier s’est donné pour mot d’ordre de tout cuisiner puis de goûter… Un livre de gourmands vous dis-je !

On ne pourrait finir la chronique de ces 100 recettes sans parler de l’équipe éditoriale ! Autour d’Aurélia Beaupommier, ce sont des gourmands passionnés qui ont su mettre en valeur les recettes : Photographie (des véritables plats), décors, maquettes, illustrations… Tout est réuni pour réunir fan des univers imaginaires les plus scrupuleux et gourmets les plus stricts ! Les lecteurs ne s’y sont pas trompés, l’ouvrage est régulièrement ré-édité depuis sa parution en 2016. Fort de ce succès Aurélia et son équipe préparent un autre livre, mais un sort de non-divulgation est jeté dessus !

LA CUISINE DES SORCIERS
AUTRICE : AURELIA BEAUPOMMIER
EDITIONS : SOLAR

UN HOMME EST MORT

un-homme-est-mort

En avril 1950, la ville de Brest est en pleine reconstruction. Celles et ceux qui y travaillent ne le font pas dans des conditions décentes. Une grève est déclarée. Lors d’une des manifestations, Edouard Mazé est atteint d’une balle en pleine tête.
Suite à ces événements, René Vautier, un cinéaste, débarque et filme la ville, les habitants, guidé par deux brestois Ti-zef et Désiré.

Adapter un livre n’est pas chose facile, mais adapter une bande dessinée qui raconte les événements d’avril 1950, sur un film dont il ne reste presque rien l’est encore moins. Que garder dans la partie graphique ? A quels endroits faut-il couper ? A ces questions, l’équipe du film a su répondre intelligemment. A l’univers militant du livre, ils ajoutent la difficulté de vivre au quotidien en 1950, se rapprochant des personnages tout en gardant l’univers graphique d’Etienne Davodeau. Dans cette histoire, le personnage de René Vautier va permettre de faire l’équilibre entre les différents protagonistes. On y suit Ti-zef, un jeune homme qui n’hésite pas à ruer dans les brancards, sans se soucier des conséquences. Dans son sillage, Désiré et Paulette. On y découvre aussi le quotidien des brestois : La grève, la violence des manifestations, les privations, vivre à plusieurs dans une baraque (préfabriqué d’après-guerre),etc.

Le réalisateur, Olivier Cossu, n’a pas cherché le pathos. On ressent la violence, la tristesse et la colère des brestois, sans jamais trop en faire. Un pari difficile quand on passe d’un livre d’une soixantaine de planches à un premier scénario de 220 pages puis à un film d’animation de 65 minutes. Pour mener à bien ce projet, Les scénaristes Guillaume Mautalent et Sébastien Oursel ont su montrer l’essentiel de cette dramatique et incroyable épopée. L’équipe se documente et réussi à numériser entièrement la ville en 3D. La musique de Pablo Pico et Yann Volsy fait partie de ses thèmes qui restent dans la tête. Les cadrages montrent les visages, la ville… Tout en authenticité. Le résultat est là : Magnifique !

Dans le cadre du festival du court-métrage, une avant-première fut projetée dans la nef des capucins. 700 places gratuites, rapidement prises. Malgré ce nombre, on sentait la chaleur brestoise, comme un rendez-vous familial. La projection, opérée par Cin’Etoiles fut un moment convivial et vivement applaudit.

Comment ne pas finir en retraçant l’aventure de ce livre. En 2002, Kris et OxO (dessinateur) commencent les recherches sur le film « Un Homme Est Mort ». Après de multiples péripéties (recherches de documentation, changement d’éditeur, de dessinateur), la bande dessinée est éditée en 2006 chez Futuropolis avec Etienne Davodeau comme dessinateur et co-scénariste. Le succès est immédiat. En 2008, une première adaptation naît, sous forme de bd-concert. Le succès est toujours au rendez-vous, émaillé des conférences auxquels les auteurs sont invités. Un succès qui ne touche pas que Brest, mais l’hexagone national ! En 2018, Arte et Les Armateurs sortent une adaptation animée de ce livre, pour une diffusion en première partie de soirée (printemps 2018)

REALISATEUR : OLIVIER COSSU D’APRÈS LA BANDE DESSINÉE DE KRIS ET ETIENNE DAVODEAU
DUREE : 65 MINUTES
PRODUCTION : LES ARMATEURS-ARTE

TRAVELLING 2018 : VIENNE ET SON CINEMA

Travelling 2018Du 20 au 27 février, le festival Travelling importe Vienne et son cinéma à Rennes. A travers les multiples projections, les rencontres, les expositions, le spectateur aura plusieurs visions de la capitale autrichienne, entre passé et avenir. Mais Travelling, ce n’est pas qu’une ville dédiée à l’image.

L’équipe de Clair-Obscur et ses partenaires explorent les différentes visions de la ville pour que le public rennais s’imprègne de cette architecture cinématographique. Il y en a pour tous les goûts !

Vous aimez les comics ? Comics in [City] vous propose plusieurs rendez-vous pour vous plonger dans la bande dessinée américaine et ses représentations à l’écran. Côté projections, nous aurons droit à Spider-Man de Sam Raimi, Avengers de Joss Whedon et Spider-Man : Homecoming de Jon Watts. Le documentaire Marvel Univers, de Philippe Guedj et Philippe Roure sera aussi projeté.

Pour entrer dans cet univers littéraire, deux rencontres sont organisées :

Ville de papier, ville de ciné#2 : NewYork… Marvel City ? Philippe Guedj, Aurélien Vives et Sonia Dollinger parleront de New-York (vous vous en êtes doutés)
New-York, capitale des comics : Stéphane Le Troëdec nous invitera à le suivre dans la ville à la rencontre des comics et de ses personnages.

-L’exposition Marvel La French Touch comblera les admirateurs d’artistes français. En effet, des auteurs tels que Olivier Vatine ou Boulet ont réalisé planches et couvertures de la Maison des Idées.

-Si cela ne vous suffit pas, des expériences immersives sont proposées. Si vous préférez incarner Batman, recharger votre téléphone portable et rejoignez le jeu video We Are Batman et à plusieurs, vous incarnerez le chevalier de Gotham. Si vous préférez incarner Fox-Boy, une borne interactive vous permettra d’enfiler les collants du super-héros rennais et de répondre aux questions d’un journaliste !

Si les comics ne sont pas votre genre, des films d’animations sont proposés. Qu’ils soient français, japonais ou tchécoslovaque, le programmation est aussi éclectique que rare ! Princesse Mononoké (Hayao Miyasaki), Pompoko (Isao Takahata), La Légende de La Forêt (Osamu Tezuka), Le Gruffalo (Jakob Shuh/Max Lang), Mia et le Migou (Jacques-Rémy Girerd), Le Jour des Corneilles (Jean-Christophe Dessaint), La Révolte des Jouets.

Dans les films proposés, on retrouve aussi cet imaginaire qui nous est cher : Benny’s Video, La Nuit a dévoré Le Monde ou Die Nacht Der 1000 Stunden ne sont que des exemples de cette excellente programmation.

D’autre part, des personnalités comme Jean-Luc Fromental ou Rafik Djoumi seront présentes.
Au vu de toutes ces possibilités, la seule difficulté est de choisir.

Pour savoir où retrouver ces projections, ces événements, rendez-vous sur le site de Clair-Obscur