MOIS DE L’IMAGINAIRE 2018 : L’AUTRE CHEZ LOVECRAFT

Le Mois de l’Imaginaire est un événement dédié aux genres de l’imaginaire : Science-fiction, fantasy et fantastique. Cet événement est soutenu par plusieurs éditeurs de l’imaginaire pour promouvoir et célébrer ces genres, peu médiatisés. A contrario, le cinéma, les séries et le jeu-vidéo se servent dans ce terreau et sont suivis. Désormais, le mois d’octobre sera le Mois de l’Imaginaire. Que ce soit au niveau national ou local, plusieurs acteurs mettent en avant ce mois à travers divers événements.

C’était le cas lundi dernier au Tambour. La librairie Critic, les éditions ActuSF avec le partenariat de l »université de Rennes 2 ont fait venir Christophe Thill (co-directeur des éditions Malpertuis, traducteur et passionné de Lovecraft) pour animer une conférence : L’autre chez Lovecraft.

Pendant plus d’une heure, Christophe Thill nous a plongé dans l’univers de Lovecraft mais aussi dans les Etats-Unis du début du XXe siècle. On y apprend notamment que l’auteur n’écrit pas de la littérature fantastique mais plutôt de la littérature « étrangement effrayante ». Il se consacre à l’étude de la peur, une émotion primale. Par ses écrits, il veut la communiquer. Pour y parvenir, il manie différentes notions. La peur est cosmique lorsqu’elle est inconnue, qu’elle dépasse l’incompréhension. Le monstre n’est pas identifiable, la chose n’est pas une créature humanoïde. Quant à la peur du chaos, c’est celui de la dissolution de la civilisation.
Pour mettre en valeur ses notions, Christophe Thill montre qui était Howard Philips Lovecraft. Issu d’une famille bourgeoise, sa notion à l’autre sera rattachée à la peur de l’étranger (celui-ci ne peut que nous vouloir du mal). Si on dénote dans ses écrits du racisme, on ne peut nier que l’auteur l’était mais qu’il évolue au fil de sa vie, qu’il se confronte à l’autre et qu’il revoit ses positions. Quant à la misogynie qu’on lui reproche, elle n’est que littéraire. Seuls plusieurs de ses personnages féminins sont faibles voire inexistants, quand ils ne font pas partie de cette peur cosmique. Dans la vie de l’écrivain, les femmes comptaient béaucoup, que ce soit de façon professionnelle ou amicale.
A la fin de la conférence, Christophe Thill nous a dit de continuer à lire Howard Philip Lovecraft et pour trois raisons :
-Pour l’art
-L’arrière plan est périmé
-Lovecraft n’a jamais mis ses idées dans ses récits.

Cette plongée dans l’univers littéraire et social de Lovecraft fut intéressant. Christophe Thill a su mettre en parallèle les deux façades d’un même personnage, sans jamais l’excuser mais en montrant l’impact de son œuvre et de l’auteur.

Pour celles et ceux qui n’ont pu venir à la conférence. Cette dernière a été filmé. Vous pouvez la visionner via ce lien.

Aujourd’hui, il y aura une autre conférence, toujours dans ce cadre : Genres et identités dans les littératures de l’imaginaire

cette table ronde explore comment les littératures de l’imaginaire s’emparent des questions de genre, de l’identité, de la transidentité. Comment réinterrogent-elles les frontières du féminin et du masculin ? Quels horizons nous donnent-elles à voir, à imaginer ?

Cette conférence, gratuite, est soumise à réservation.

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.