TOUSSAINT 66/99

toussaint-66-99Avec le décès de sa mère, Toussaint Polignac rentre en France après quinze années d’absence. Mais il s’étonne quand les dernières volontés de celle-ci lui demande de disperser ses cendres… Au Congo ! Toussaint reprend la route. Au fil du voyage, il rencontrera son passé, ses racines…

Toussaint 66 est le premier album de Kris et Julien Lamanda. On entrevoit le scénariste que sera Kris (histoire, ambiance et dialogues), on s’étonne devant la maturité graphique de Julien Lamanda. Si les deux auteurs ont des chemins différents, Toussaint 66 aura marqué la mémoire. Pour l’association L’Atelier des  Violons Dingues (1), la première marche est atteinte. Deux de leurs membres ont réussi à faire paraître un album. Ils remporteront le prix lycéen du meilleur premier album au festival d’Amiens.
Le concept de l’album était délicat (raconter le voyage intérieur d’un homme à travers un voyage africain, avec comme passager l’urne funéraire de sa mère), mais Kris ne s’attarde pas sur la peine humaine. Il fait rire, grincer des dents, émouvoir, que ce soit par la situation ou les dialogues. Il mélange les rencontres cocasses, les clichés sur l’Afrique et ce continent qui garde sa part de mystère, de magie. Pour l’accompagner, Julien Lamanda utilise un style semi-réaliste. Un style qui s’associe parfaitement au texte : mi-grave, mi-humoristique. Son travail sur le noir et blanc est fabuleux et le découpage , pour un premier album n’a pas à envier les plus grands. Les éditions Delcourt ne sont pas trompées en éditant Toussaint 66 dans la collection « Encrages »
Mais tout livre à une vie qui se finit. Depuis plusieurs années, les lecteurs essayaient de retrouver cet album. En mai 2016, les éditions Sixto offrent une nouvelle vie à Toussaint Polignac. Est-ce juste une ré-édition ? En fait,Sixto ajoute un « prologue » et une fin. Un album qui permet de boucler la boucle, mais comme le dit Kris : »… Cela devrait s’achever. Mais avec Toussaint Polignac, allez savoir ». Quant à Julien Lamanda, en artiste, il se permet quelques retouches, que le lectorat remarquera, ou pas.

Toussaint 66/99 permet de redécouvrir le premier album de deux auteurs brestois. Loin de toucher uniquement le cœur des concitoyens, l’album s’attache à des valeurs universelles. Plus de dix ans après sa parution, la magie fonctionne encore. Les bonus permettent de « terminer » l’aventure, en suivant les nouvelles créations des auteurs et du repreneur de l’édition : Sixto

TOUSSAINT 66/99
AUTEUR : KRIS
DESSIN : JULIEN LAMANDA
COLLECTION : L’AVVENTURA
EDITEUR : SIXTO

(1)L’Atelier des  Violons Dingues était une association brestoise qui promouvait la bande dessinée. A travers un fanzine, elle permettait à de jeunes auteurs de publier. On pouvait y retrouver Obion, Gwendal Lemercier, Mike, Josselin Paris, etc. Depuis, plusieurs membres ont publié.

Cette chronique a été publié dans le cadre de la BD de la semaine. Vous retrouverez les autres participants chez Noukette.

 

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