LA LOTERIE

la-loterieTous les 27 juin, le village se rassemble pour accomplir la loterie annuelle. Si son origine se perd dans la nuit des temps, personne n’oserait la manquer. Ne dit-on pas : « Loterie en  juin, abondance de grains » ?

Shirley Jackson est une autrice connue. On lui doit Maison Hantée, dont l’adaptation cinématographique est La Maison du Diable. La loterie n’est pas un roman, mais une nouvelle. Ecrite en 1948, sa parution valut une contre-notoriété à l’autrice. Beaucoup de lecteurs pensaient que les événements relatés étaient véridiques. En quelques lignes, Shirley Jackson pose une ambiance (un jour d’été dans un petit village américain) et cet air bucolique va s’épaissir, devenir poisseux, inquiétant, au fur et à mesure des révélations. Tout le talent de l’autrice tient en quelques pages. Cerner les différents habitants, faire l’historique de la loterie et enfin, savoir qui est le ou la gagnant(e). Un événement presque banal d’une petite communauté américaine…
Quand on connaît l’oeuvre de Miles Hyman (Nuit de Fureur, Le Dahlia Noir), il semble naturel que l’adaptation de La Loterie lui incombe. Ses planches tendent à représenter la scène américaine, tel un Edward Hopper du XXI ème siècle. Est-ce le hasard ? Il s’avère que Miles Hyman est le petit-fils de Shirley Jackson. Voilà une lourde responsabilité à transposer sur dessin.
Le résultat est « classique », mais devait-on s’attendre à un bouleversement pour adapter La Loterie ? Une adaptation n’est jamais simple. Traduire l’écrit en personnages de papier, faire ressentir les sentiments, l’ambiance. Un travail d’autant plus difficile que le récit de Shirley Jackson fait quelques pages. On ne peut qu’applaudir le résultat final. Près de 150 pages dessinées pour mettre en scène ce petit village et son événement annuel. Tous les clichés des Etats-Unis d’après-guerre sont représentés : La famille et son chef, la vie en communauté, la campagne à perte de vue, etc. Outre son dessin précis et élégant, Miles Hyman choisit des couleurs chaudes qui ravivent le récit. C’est une osmose complète avec le texte original. A la fin de l’ouvrage, une explication permet de se remettre dans l’époque de la parution. Des avis de lecteurs sont aussi retranscrits. Une histoire fascinante, tant au niveau du récit qu’aux émotions qu’elle déclenchera lors de sa parution.

En adaptant La Loterie, Miles Hyman joue avec les codes d’une certaine Amérique. Ce qui n’était qu’écrit devient palpable. Ce passage ecrit/dessin enrichit d’une nouvelle vision le texte de Shirley Jackson. On espère alors que les avis de lecteurs soient aussi nombreux que pour l’œuvre originale, mais moins vindicatifs.

LA LOTERIE
AUTEUR : MILES HYMAN D’APRES LE TEXTE « LA LOTERIE » DE SHIRLEY JACKSON
EDITEUR : CASTERMAN

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