QUITTER BREST

quitter-brestA travers trois récits, Briac et Yvon Coquil nous invitent à remonter le temps. La gare, l’arsenal, le pont du Bouguen, autant de lieux qui sont riches d’histoires.

Avec les éditions Sixto, on avait l’habitude des romans policiers ou des bande dessinées à ambiance policière. Avec Quitter Brest, ils prennent un virage. Le livre ne contient pas un, mais trois récits. Après un prologue amusant (sur une idée de Philippe Marlu), Vent d’Est (paru dans Quai Divers) est crée entièrement par Briac, alors que Pari Brest ou Les Hespérides sont des nouvelles illustrées, écrites par Yvon Coquil. Si Briac est le point commun entre les trois récits, il en est deux autres : Brest évidemment, mais aussi une ambiance noire. Ce genre émane du roman policier en lui donnant un côté social. Les deux nouvelles d’Yvon Coquil exploitent ce genre en s’imprégnant du champ lexical de Brest. On parle de lieux, de rues, connus des brestois comme des visiteurs. On sent le langage des ouvriers, la rude « douceur » du travail de l’arsenal, les histoires qu’on raconte autour d’un verre. D’un pari macabre au lent glissement vers le point de non-retour, l’auteur montre le côté sombre de Brest. Son style n’oublie pas l’humour des petites gens. C’est dur, cynique et très brestois !
Pour Vent d’Est, Briac parle plutôt de nostalgie et l’impossibilité d’oublier cette « grise » ville. A travers ses cases et ses illustrations, il met en couche superposées son trait et ses couleurs. Le résultat est un instantané de Brest. Si l’ensemble est gris, on y sent un brin de nostalgie. Briac désire-t-il revenir à Brest ? Les illustrations conçues pour les nouvelles sont en couleurs. Là-aussi, les lecteurs brestois comme ceux de l’auteur s’y retrouveront. Graphisme recherchés, en relief, où suinte cette ambiance brestoise, faite  de décadence, de dur labeur, sans oublier la camaraderie !
En bonus, un portfolio qui montre la riche histoire brestoise et son architecture.

Pour ceux qui souhaiteraient aller plus loin, les éditions Nadoz-Vor Embannadurioù ont conçu un cahier spécial (en breton) qui en dit plus sur cette période racontée (les années 60).

Quitter Brest n’est pas destiné qu’aux brestois. Si Briac continue d’arpenter la ville avec ses pinceaux, si Yvon Coquil signe deux nouvelles noires au charme brestois, ils nous invitent à une balade dans les rues. Autant de lieux encore vivants ou disparus, autant d’histoires à raconter, à découvrir.

QUITTER BREST
AUTEURS : BRIAC-YVON COQUIL
ILLUSTRATIONS : BRIAC
LETTRAGE : PHILIPPE MARLU
EDITIONS : SIXTO

Cette chronique a été faite dans le cadre de la BD de la semaine. Vous pouvez retrouver les autres chroniques de la journée sur Un Amour de BD

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11 commentaires sur “QUITTER BREST

  1. ça a l’air très breton quand même. Je ne connais pas du tout, et c’est vrai que l’album ne semble pas donner envie d’aller y faire un tour. Bon, si je le crois en bibliothèque, je me laisserai peut-être aller à y jeter un oeil.

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