PORT D’ÂMES

PortdamesRhuys ap Kaledan, débarque à la cité franche d’Aniagrad. Tout juste libéré de ses années de service, il tente de remettre sur pied le nom de sa famille déchue, avec l’aide d’un ancien ami de son père : Edelcar Menziel.
Au fil de son ascension, il s’apercevra du véritable visage d’Aniagrad. Si tout peut s’y acheter, les habitants ne montrent qu’une face de la cité. Pour Rhuys, ce dédale de faux-semblants et d’hypocrisie sera l’ouverture vers un passé qu’il aurait aimé ne pas connaître.

Evanégyre est la création de Lionel Davoust. A travers nouvelles, novella et maintenant roman, il construit l’histoire d’un monde. Chaque porte qu’il ouvre sont indépendantes les unes des autres. Le lecteur pourra y entrer qu’il soit novice en la matière ou expert dans la bibliographie « davoustienne ». C’est là une des réussites de ces récits : construire un monde cohérent au fil de centaines d’années où tout lecteur, quelque soit la porte d’entrée, puisse se retrouver.
Dans Port d’Âmes, l’auteur montre tous les vices d’une ville gangrénée par l’humain. Le jeune héros Rhuys ap Kaledan devra à son tour s’y plonger pour survivre. Seul havre de paix, le transfert. Mais quand il apprend la terrible vérité sur cette marchandise, il essaie de sauver la jeune fille qui le pratique. A travers le récit de Rhuys, l’ingénuité qui le caractérise (au début au moins), c’est toute la société que montre Lionel Davoust. Les trahisons pour l’argent, le pouvoir (quelquefois les deux), les machinations politiques, rien ne nous sera épargné. Port d’Âmes est plus plutôt une descente aux enfers.
En voulant offrir au lecteur toute la psychologie de la cité, Lionel Davoust détaille des caractères dont il pousse les raisonnements à l’extrême limite. A la fermeture du livre, le lecteur sera soufflé, tant la masse d’ambiance et d’informations sont (trop?) présentes.
Bien que nous ne puissions pas comparer les auteurs, ce livre me fait penser à deux oeuvres d’Honoré de Balzac : Le Père Goriot et La Peau de Chagrin. Le premier pour la montée sociale du héros, le second pour la perte d’âme lors du transfert.

Au moment de conclure, on est en droit de se demander si Port d’Âmes peut être aimé. La vision d’Aniagrad totalement corrompue par l’humain, celle du transfert qu’on doit accepter. Deux réalités qui s’opposent dans un mélange d’émotions. Au milieu, un enfant, devenu adulte qui doit assumer ses choix. Une histoire intense qu’on n’est pas près d’oublier.

PORT D’ÂMES
AUTEUR : LIONEL DAVOUST
COLLECTION : FANTASY
EDITION : CRITIC

Evanegyre, c’est aussi La Route de la Conquête et La Volonté du Dragon.

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