PRISON D’EBENE

prison-d-ebene-sylvain-combrouzeAu XVIIIème siècle, un négrier négocie sa « marchandise ». Un sorcier lui propose un coffre au contenu intéressant.
Au XXIème siècle, Lucien est un sdf. Il erre dans Nantes, jusqu’à ce qu’il secoure un vieil homme, victime d’un malaise.
Entre les deux histoires, aucun lien et pourtant…

Pour un premier album, Sylvain Combrouze ne passe pas par la facilité. Son récit est entièrement muet et il fait de la bichromie. Et pourtant, ça fonctionne. Par une talentueuse mise en page, il réussit à mélanger passé et présent. Le récit imbrique les deux histoires, mais ce n’est qu’à la fin que le lecteur comprendra. Une lecture « puzzle » qui peut se lire indépendamment. Difficile de ne pas chroniquer ce récit sans dévoiler des points essentiels. Prison d’ébène parle de vie et de mort, des choix qu’on doit faire, mais aussi de cette solitude quand on est loin de chez soi. Solitude des esclaves, solitude du vieil homme ou  de Lucien, dans cette ville de Nantes. L’auteur montre aussi comment Nantes s’est enrichie grâce au marché d’esclave et comment, trois siècles après, les descendants veulent se venger.
Alors qu’il pourrait tomber dans un récit manichéen, Sylvain Combrouze évite les clichés. Il nous fait deviner les évènements plutôt que les montrer. Un travail magnifique grâce à un scénario travaillé, mais aussi à son trait. Tantôt élégant, tantôt charbonneux, le crayon met en place des personnages expressifs. Loin de la caricature du cinéma muet, l’interprétation ici semble juste. Au lecteur de choisir les paroles. A-t-on besoin de bulles devant des dessins aussi vivants ?
Pour les férus des contes, je ne peux m’empêcher de penser à une lointaine filiation avec Le Filleul de L’Ankou. Un conte croisicais récolté par Fernand Guériff, d’après Monsieur de Parscau du Plessix. Chose étonnante, le conte commence aussi au XVIIIème siècle.

La Boîte à Bulles aime les paris. Celui-ci est particulièrement réussi. Entre histoire à deux niveaux, fantastique, souvenir de la richesse nantaise et malgré tout, cet espoir que l’on peut toujours changer le monde.

PRISON D’EBENE
AUTEUR : SYLVAIN COMBROUZE
EDITIONS : LA BOÎTE A BULLES

Cette chronique a été faite dans le cadre de la BD de la semaine.Pour ce 18 mars, toutes les chroniques sont hébergées dans La Bibliothèque de Noukette

bd-semaine

Publicités

14 commentaires sur “PRISON D’EBENE

  1. Au moins je ne serai pas dérangée par les textes des bulles qui sont toujours écrit trop petits avec une police impossible!! je note car le thème m’intéresse mais malgré ma première phrase je préfère quand il y a un peu de texte. 🙂

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s