L’EXORCISTE

l-exorciste-william-peter-blattyChris McNeil est une actrice reconnue et sa vie s’écoule tranquillement avec sa fille de onze ans, Regan. Brusquement, cette dernière à des sautes d’humeurs. Les médecins ne trouvent rien et les troublent s’aggravent jusqu’à devenie des comportements inquiétants (délire, flots d’insultes).
Damien Karras est un père jésuite, psychiatre de son état. A cause de sa fonction, sa foi vacille. Puis il rencontre Chris McNeil qui lui parle de sa fille.

Avant d’être un film renommé, L’Exorciste est un roman. Loin d’être un livre d’épouvante, il met en exergue l’épreuve de la foi, la croyance. On a la famille McNeil qui est athée d’un côté et le père Karras qui doute de sa foi de l’autre. Autour d’eux, ce sont plusieurs personnages qui vont se rencontrer, avec plus ou moins d’importances dans le récit (la fille de Karl, le père Dyer). William Peter Blatty prend de la distance avec ses personnages. En choisissant de se faire narrateur, il ne met pas d’émotion dans ses écrits et le résultat n’en est que plus effrayant. Entre journal psychiatrique et roman journalistique, L’Exorciste relate l’agonie de Regan McNeil (reléguée à l’état de victime) et la lutte du père Karras pour ne pas croire à l’exorcisme. Un troisième personnage est présent : le Lieutenant Kinderman. Sa présence étant justifiée (il y a un meurtre), l’auteur le présente comme quelqu’un qui n’arrête pas de digresser. Au point qu’on arrive à détester cet homme. Son personnage pourrait être basé sur un autre célèbre inspecteur qui digresse : le Lieutenant Columbo. L’autre personnage important est le père Merrin. Présent au début et seulement à la fin du livre, on commence à sentir son importance quand l’auteur décrit la présence du père. Elle est tangible (une performance inverse au comédien Max Von Sydow dans l’adaptation cinématographique). Sa foi est inébranlable. C’est lui l’exorciste du titre. D’où cette question :  Pourquoi un tel titre ? Quant au démon, William Peter Blatty en fait un être pensant. On est loin de l’image d’un esprit frappeur. Cette présence et l’éloquence qu’il a lors des dialogues le rendent encore plus menaçant. C’est d’ailleurs le point d’orgue du roman. Faire peur, douter de soi, tout en ne décrivant rien ou presque.

Ecrit à partir d’un exorcisme réel, L’Exorciste est un roman froid et distant. Les évènements vécus par la famille McNeil et le père Karras sont retranscrits avec soin. On sent la patte journalistique de l’auteur, mais aussi l’importance psychiatrique. Jusqu’au bout on s’interrogera sur Regan. Est-elle folle ou pas ? L’adaptation cinématographique de William Friedkin est réussie, notamment grâce au scénario de William Peter Blatty lui-même. A redécouvrir pour frissonner de terreur dans son lit.

L’EXORCISTE
AUTEUR : WILLIAM PETER BLATTY
EDITIONS : J’AI LU

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