BIGUDEN T1 : L’ANKOU

biguden-stan-silasC’est dans une crique que Goulwen trouve une naufragée. Pour le jeune breton et sa famille, la jeune fille va changer leur quotidien. En particulier celle de la grand-mère, qui comprend que l’étrangère voit les choses cachées…

Alors que Stan Silas faisait rougir les couteaux dans La Vie de Norman, qu’il faisait mouiller les yeux dans Sylvaine, il réussit à mélanger les deux émotions dans un premier tome revigorant. Pourtant, prendre les clichés nippo-bretons pouvaient donner une parodie de plus dans l’univers du 9ème art. L’auteur arrive toujours à s’en sortir, que ce soit par une pirouette humoristique ou une scène touchante. Il faut dire que la distribution des rôles est magnifique. Nous avons Biguden, jeune japonaise essayant de s’adapter à ce nouveau monde. Elle distribue différentes prises d’arts martiaux à ceux qui s’en prendrait à ses hôtes. Gaud, grand-mère excentrique, dernière descendante des bigoudenes, ne cesse de rouspéter et de menacer du bâton et Goulwen, jeune enfant solitaire, qui préfère la pêche au bagad. Entouré de personnages haut en couleurs (un ankou empoté, un médecin-prêtre attaché à la bouteille, un bagadou excentrique) ce petit monde fait connaissance ( avec moult coups) de la jeune asiatique. S’il prend quelques libertés avec la culture bretonne (les bigoudenes, les korrigans), il n’oublie pas de mettre quelques détails montrant son amour des cultures : la faux de la mort, le bain de Biguden etc. En maintenant son ambiance entre fantastique et humour, Stan Silas réussit à maintenir une narration impeccable. C’est vif  et dynamique, ça parle à tous les âges.
Côté graphisme, Stan Silas continue sur la lancée de ses autres séries. Il emprunte au style manga avec ses personnages grosse tête-petit corps (super-déformé), les grands yeux expressifs, une gestuelle proche du gros-nez franco-belge. Quand on vous dit que Stan Silas c’est la diversité culturelle. Certains dialogues sont même en idéogramme (non traduits). Son traitement de la couleur, bien qu’informatique, est très bien géré. La patte rappelle volontiers la littérature jeunesse, même si Biguden s’adresse à un plus grand public.

Le premier tome de Biguden se révèle une excellente surprise tant au niveau graphique que narratif. Stan Silas est sans nul doute la révélation de cette rentrée littéraire.

BIGUDEN T1 : L’ANKOU
AUTEUR : STAN SILAS
EDITIONS : EP

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13 commentaires sur “BIGUDEN T1 : L’ANKOU

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