METRO Z

metro-Z-Fabien-clavelAprès une explosion, Emma et Nathan ont été séparés. Dans les couloirs de la station Chatelet-Les-Halles, l’adolescente cherche Nathan. Si l’odeur et la fumée sont pestilentielles, elle s’inquiète plus des « rescapés » autour d’elle. Les pupilles rétrécies, les lèvres bleues d’où s’échappe une bave continuelle et ce chant continuel : « Ouuuaaaoooo ! »

C’est la troisième participation de Fabien Clavel à la collection Thriller de Rageot. Après un voyage dans le ciel (Décollage Immédiat), une cachette sur terre (Nuit Blanche au Lycée), c’est dans les entrailles du métro que nous entraîne l’auteur. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’Emma vit une véritable descente aux enfers. Retrouver son frère (atteint d’un handicap) dans les souterrains n’a rien de facile. Outre les dégâts de l’explosion, la technologie (publicitaire) rend difficile la recherche surtout quand des zombies sont autour de vous, attentifs au moindre bruit.
Le danger est bien décrit. Popularisés depuis plusieurs années, Fabien Clavel a choisi une optique moderne et traditionnelle des zombies : victimes et bourreaux, apathiques et dynamiques. L’horreur évoquée par les actions des « monstres » est plus psychologique que visuelle. L’auteur ne montre pas tout, mais le danger est toujours là, il rode. Avec peu de mots, il décrit la masse grouillante qui s’approche « Une bouche immonde composée d’organes préhensiles », « Un champ de doigts qui se tendent…Comme des anémones de mer ». Au lieu de faire de métro Z une banale extermination de masse, le roman se dirige vers une approche survivaliste : survivre, trouver la sortie, sont les priorités.
Rejointe dans sa quête par une graffeuse, Emma a un lourd poids à assumer. L’auteur développe le thème du lien fraternel. Le petit frère qui agace, qui prend la place, qui n’est pas un jouet ni un ami, mais qu’on aime quand même. Si le handicap n’est pas mis en avant, il est présent tout au long du roman. On pourra se demander comment Natan ne se transforme pas… C’est peut-être la petite chose en moins dans ce roman. En second plan, nous avons un message contre l’oppresseur politique de cette France. Une situation qui pourrait être la nôtre : les journalistes n’ont pas accès à l’information, l’état et la police qui prennent le pouvoir en temps de crise… Bien qu’anecdotique, ce n’est pas anodin. Pour lier les trois romans qu’il a écrits, Fabien Clavel a trouvé un stratagème qui devrait fonctionner. Comme nous n’avons pas lu les deux autres, nous ne pouvons nous prononcer.
En bonus, il y a un dossier sur le zombie. Relativement complet et succinct, une chose étonnera le lecteur. Je suis une Légende, de Richard Matheson serait le roman fondateur. On rappellera qu’il est question de vampires dans le livre..

Fabien Clavel signe avec Métro Z une fuite en avant devant l’adversité. les thèmes de la fraternité, de la pitié sont évoqués. Une excellente série b, qui n’oublie pas de faire frissonner. Une oeuvre plaisante et intelligente !

METRO Z
AUTEUR : FABIEN CLAVEL
COLLECTION : RAGEOT THRILLER
EDITIONS : RAGEOT

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