JACK B. QUICK, ENFANT PRODIGE

JackB.Quick-Alan-Moore-Kevin-NolanDans une petite ville du Kansas, Queerwater Creek, tout se passait pour le mieux jusqu’à ce qu’un des enfants s’intéresse à la science. Jack B. Quick est un enfant prodige, mais toutes ses inventions, nées pour le bien de l’humanité, sont des catastrophes ambulantes.

Jack B. Quick a quelque chose d’intemporel. L’action est censée se passer dans les années 50, mais l’ambiance qui en ressort est drôle et proche à la fois. Il faut avouer que les personnages inventés par Alan Moore sont pittoresques. Entre les parents Quick, dépassés par les évènements, qui vont devenir alcooliques, des représentants de la ville qui collaborent avec le savant fou et des habitants qui sont blasés, Jack B Quick a un beau terrain d’expérience devant lui. C’est là tout le terrain de jeu du vicieux/génial Alan Moore. Mettre en parallèle l’enfance de Jack (il a 10 ans), sa connaissance du monde adulte et les théories « fumeuses » qu’il met en pratique. Pour exemple : Un chat retombe toujours sur ses pattes, une tartine tombe toujours du côté beurré, donc un chat beurré lévite. Evidemment, toutes les expériences tournent à la catastrophe et elles sont nombreuses : vies extraterrestres, théorie du chaos, le cycle des cigognes et des choux, le chat de Schrödinger… Pour ne citer que celles-ci. Scientifique, Jack B. Quick ? Oui, mais pas seulement. Toutes les pages sont truffées de références à la culture américaine. Si certaines sont traduites, voire adaptées au français, d’autres restent inchangées. En fin d’album une notice explicative permet de mieux comprendre toutes les théories et le folklore évoqués. C’est ce mélange de science, de vie innocente à la campagne, d’enfance et de culture qui prend un tour farfelu et grotesque. Voir Jack B. Quick prendre son fusil pour tuer les abeilles, parce qu’elles ont quelque chose à voir avec la puberté est drôle ! Le décalage existe dans les situations et les décors. Pas besoin d’être un scientifique pour apprécier les théories et inévitablement, elles nous font penser à notre enfance, quand on croyait que… (écrire ici nos théories sur la vie, les animaux, etc.)
Kevin Nowlan n’est pas en reste. Son trait se rapproche de l’école franco-belge et il est influencé par certains maîtres du réalisme comme Hugo Pratt ou vittorio Giardino. S’il est réaliste, le trait n’en est pas moins dur, accentuant les situations au grotesque, voire au grand-guignol. Le résultat donne une empathie au lecteur tout en gardant une certaine distance, mais ne serait-ce pas non plus une mise en garde des auteurs pour dire : Attention, ceci est une farce ?

Les éditions USA, gérées par Fershid Bharucha, avaient un catalogue varié sur les comics-books (La Ligue des Gentlemen Extraordinaires, c’est eux). Jack B. Quick est un excellent exemple de ce choix éditorial. On doit saluer ici le travail de traduction de François Peneaud, qui a su trouver le juste milieu entre adaptation à la culture européenne et traduction littérale.

JACK B. QUICK, ENFANT PRODIGE
AUTEUR : ALAN MOORE
DESSINATEUR : KEVIN NOWLAN
EDITEUR : EDITIONS USA

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