PIXEL NOIR

pixel-noir-jeanne-a-debatsEn 2119, quand un être humain est gravement endommagé, on le plonge dans un coma artificiel. Pendant que le corps subit diverses interventions, l’esprit est envoyé dans un logiciel appelé le Virtuel de Repos. Dans ce lieu, les avatars (incarnation du joueur) des patients peuvent interagir, ressentir les sensations habituelles. Le logiciel pousse jusqu’au plus petit détail. C’est là que Pixel est envoyé, mais contrairement à ce qu’on lui disait, l’endroit n’est pas paradisiaque. D’un côté, ce monde est sous la coupe d’un adolescent tyrannique. De l’autre, le système est victime d’un bug (dysfonctionnement) qui a très court terme, peut faire mourir les habitants de ce « monde ».

Si la quatrième de couverture fait penser à une intrigue classique, Jeanne-A Debats a poussé la réflexion plus loin. Pour ne pas perdre le lecteur et lui en révéler le moins possible, on analysera le livre par couche. Nous sommes dans un monde sans adulte, dirigé par un Damon, adolescent qui fait régner la peur. En face, nous avons Pixel, surdoué informatique à tendance asociale (à la langue bien pendue) et Sam, qui fait semblant d’accepter Damon. On n’oubliera pas une rebelle, âgée de 12 ans, qui arrive à semer toutes les patrouilles. A ce point de l’intrigue (un monde sans adulte), l’histoire de fait penser à la série Seuls (Fabien Vehlman et Philippe Tome), mais aussi au classique : Sa Majesté des Mouches de William Golding.
Si cette intrigue aurait pu être intéressante, elle se serait révélée classique, mais une des autres problématiques, c’est que nous sommes dans un monde virtuel. Et là, ça devient plus excitant ! Dans un monde géré comme celui du Virtuel du Repos, chacun à sa propre apparence, ses sensations, sauf que tout est « faux ». L’esprit du patient est en immersion pendant le temps du coma artificiel. On peut faire un parallèle avec certains jeux vidéos où le joueur est en immersion pendant un temps certain (durée de jeu/vie). L’auteur va jouer avec le monde virtuel, que ce soit sur la possibilité de gérer son avatar (incarnation du joueur/patient), connaître les mondes virtuels, avoir accès au poste de commande, tout en suspendant une épée de Damoclès au-dessus des personnages : ce monde va à sa perte. Pas besoin de s’y connaître en informatique ou en jeux vidéos. L’auteur explique tous les termes par le biais des personnages, de façon naturelle. Quand on lit le roman, on se demande qui a trafiqué le monde, son avatar, et dans ce cas… Pourquoi ?
La troisième couche fait place à de la psychologie. Eh oui, les personnages de Jeanne-A Debats pensent et se posent des questions. Nous sommes dans une collection adolescente (dès 13 ans) et la narration envers le lecteur est simple sans être simpliste! Sexualité, sentiments, modèle social, façon de vivre… Loin devant d’autres récits qui prônent un modèle, les adolescents de Pixel Noir n’en ont pas. D’ailleurs, est-ce qu’il est question de héros ? Si l’intrigue se centre sur Pixel, la « caméra narrative » prend du champ pour montrer deux personnages qui gravitent autour de Pixel, mais tous les trois sont différents. D’une façon ou d’une autre, ils ne sont pas acceptés par la société (celle du monde virtuel ou celle du monde réel).

Pixel Noir n’est pas un roman sympathique et gentillet, il est indispensable. L’auteur ne prend pas les lecteurs pour des écervelés (la collection non plus). Elle propose quelques réflexions sur la dérive informatique, sur les interactions sociales… Bref, de LA Science-Fiction. Quant à ceux qui lisent le blog de l’auteur, ses dialogues sont toujours mordants et drôles !

PIXEL NOIR
AUTEUR : JEANNE-A DEBATS
COLLECTION : SOON
EDITION : SYROS

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6 commentaires sur “PIXEL NOIR

    • Je peux comprendre, mais ce livre là n’est pas le plus dur. Ou alors on passe à la case mini-soon (8 ans et plus)
      veux tu que je te fasse un cours de SFFF (science-fiction/Fantasy/Fantastique) ?

      • Ah ah ! Je veux bien quelques titres qu’on pourrait qualifier d’incontournables pour me lancer. Mais j’ai peur de ne pas être très bon public… Ceci dit, je ne demande qu’à être surprise….

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