TYPOS T1 : FRAGMENTS DE VERITE

typos-t1-pierdomenico-baccalarioEn 2043, le monde n’a pas changé, les gouvernements, si. Dans la ville de Maximum City, c’est un groupe qui la dirige : K-Lab. Un seul objectif, les profits. Pour cela, il manipule l’information. La résistance est en place avec le groupe TYPOS. 6 personnes aux compétences très particulières qui oeuvrent contre la désinformation. Leur outil ? Un journal.

Typos mélange deux genres qui se ressemblent : le polar hard-boiled et le cyberpunk. Le point commun vient du pessimisme et de la dénonciation du système. D’un côté le crime organisé, voire un gouvernement mafieux, de l’autre, des multinationales qui dirigent le monde. Quant aux lecteurs qui ne sont pas habitués au cyberpunk, voici un petit cours : Le cyberpunk est un sous-genre de la science-fiction, ayant pour cadre un monde technologiquement avancé (génétique, informatique), mais dont le ton est plein de cynisme (d’où le terme « punk »). ce sont les multinationales qui dirigent le monde, les héros sont désabusés. Les auteurs de Cyberpunk empruntent leur style au roman noir. Dans ce premier tome, il est question d’un gouvernement a affamé son peuple pour pouvoir profiter de l’aide internationale. Le groupe K-Lab a manipulé les informations pour que le délit soit caché. Si on s’attarde sur les protagonistes qui demandent de l’aide, on ne saura pas grand chose des héros. On connaît leurs caractéristiques (ils ont tous quelque chose de spécial), leur portrait est brossé, mais ça s’arrête là. C’est la même chose pour les ennemis. En particulier Ronda Cubash, la propriétaire de K-Lab. « On ne pouvait joindre Ronda Cubash que par téléphone, à un numéro qui changeait tous les jours et qui devait être calculé mentalement par les rares agents connaissant la formule qui permettait de le trouver à partir de la date du calendrier ». Son âme damnée, Cartablanca, bien qu’aussi mystérieux, agit selon sa propre logique. Il semble que ce personnage évolue tout au long de la série. Et si les personnages sont rapidement brossés, le récit fait une large place à l’action. Dès le premier chapitre nous sommes plongés dans l’histoire. Les rares moments de calme expliquent les actions à venir.

Malgré ses thèmes issus du polar et du cyberpunk, Typos ne va pas au bout de son propos. Peut-être parce qu’il est destiné à la jeunesse. On trouve du cynisme, on dénonce le gouvernement et les entreprises mafieuses, mais c’est presque trop gentil. Le gros point noir vient de la fin. Sans vous en dévoiler le contenu, les moyens employés rappellent fortement les anciens feuilletons (Un chapitre s’arrêtait sur un suspens insoutenable et la résolution tenait du Deux Ex Machina). Faut-il pour autant laisser de côté ce roman ? En fait, il faudra attendre la fin de la série. Venant de l’Italie (on parlait de mafia…), Typos est une série doublement collective. Premièrement, l’idée vient de Pierdomenico Baccalario et Tommaso Percivale. Le concept est de faire 12 tomes sur cette série. Chaque tome étant écrit par un auteur différent (Pierdomenico Baccalario, Guido Sgardoli, David Morosinotto, Tommaso Percivale, Alessandro Gatti, Mario Pasqualotto, Mark Menozzi, James Oliver, Miriam Dubini). Ces auteurs signent tous individuellement un tome mais (et voilà le deuxièmement) s’ils ont tous un style différent, ils sont rassemblés en collectif. Collectif qui a un nom : l’immersion et un site. Bref, des auteurs qui en veulent (ça rappelle La Revue Dessinée ou La Ligue de L’Imaginaire). Le titre Typos n’a pas été choisi à la légère. Il rappelle la typographie d’un journal, mais c’est aussi l’acronyme du groupe de résistance  ( The Young Press Organization – le S signifiant Squadra (équipe en italien)). Si, dans la parution originale, les titres sont numérotés 0.1, 0.2 (rappelant les mises à niveau en informatique), etc. On peut se demander pourquoi Flammarion les a remplacés par 1, 2, 3 en édition française. Par contre, la couverture française, réalisée par Laurent Rivelaygue, est magnifique. Un artiste à suivre puisqu’il est l’auteur de Kevin et les Extraterrestres.

Malgré son côté dénonciateur du système, du progrès (on se rapproche de la trilogie d’Andreas Eschbach), Typos est trop timoré pour qu’on sorte pleinement satisfait de la lecture. Maintenant, le titre de ce premier tome est Fragments de Vérite. Attendons la suite pour voir l’évolution.

TYPOS T1 : FRAGMENTS DE VERITE AUTEUR : PIERDOMENICO BACCALARIO EDITIONS : FLAMMARION

Lire la chronique du deuxième tome

Publicités

Un commentaire sur “TYPOS T1 : FRAGMENTS DE VERITE

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s