AUTOUR DE LOPERHET EN EBULLITION : LA REVUE DESSINEE

loperhet-2014Une rencontre modérée par Lucie et Marion de la Médiathèque de Bellevue.

En près de 90 minutes, Kris a répondu aux questions posées, n’hésitant pas à étaler certains points de La Revue Dessinée. Étonnamment, les trois points qui étaient la base de la création de cette revue furent ceux discutés dans cette rencontre.

Avec ses 228 pages, ses auteurs internationaux, son aspect multimédia (un magazine papier et numérique dont le site est souvent mis à jour), on pourrait croire que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais il n’en est rien.

A l’époque de sa naissance (2012), tout est à créer. Les auteurs qui en ont l’initiative sont : Franck Bourgeron, Olivier Jouvray, Kris, Virginie Ollagnier, Sylvain Ricard et David Servenay. Ils partent de trois aspects :

-l’aspect artistique : la place de l’auteur, son « terrain de jeu »,

-l’aspect numérique : montrer les possibilités d’enrichir le support papier, faire de la bande dessinée numérique…

-l’aspect militant : prendre en main son destin d’auteur face aux groupes d’éditeurs (prix de page décent, accompagnement des auteurs, etc)

C’est un pari risqué et au bouclage du numéro 4, Kris et ses compagnons tirent déjà un bilan positif, certes, mais réaliste tout de même.

La revue est identifiée comme une revue numérique. Il faut dire que le site est souvent mis à jour, propose des reportages exclusifs en libre accès, la lecture des bandes dessinées est optimisée (défilement vertical) et le partage sur les réseaux sociaux est total. Jugez plutôt : une image produite par la page Facebook peut atteindre 100 000 vues, être partagée 20 000 fois. Dernièrement, un pic de fréquentation a été atteint avec le reportage sur Francis Heaulme (40 000 visites / jour). Si ce côté numérique fonctionne, c’est grâce à Olivier Jouvray, responsable du « chantier » numérique et (dixit Kris) « Un des premiers testeurs d’Internet ». Tout n’est pas rose pour autant. Pensée il y a deux ans, l’application numérique choisie fut travaillée pour l’I-pad. C’était celle qui fonctionnait le mieux. Malheureusement, le marché est volatile. Résultat : la fabrication a coûté 30 000 euros pour un prix de vente à 5,59 euros. A ce prix, il faudrait vendre 150 000 exemplaires de l’application numérique… Et ils en sont loin.

Tout au long de leurs démarchages, on leur posait la question : « Quelle est votre ligne éditoriale ? ». Invariablement, les créateurs répondaient : « c’est de l’enquête, du reportage en bande dessinée ». Finalement, la ligne éditoriale s’adapte au fur et à mesure. A côté de reportages longs, il y a des rubriques plus courtes. Des thématiques se démarquent : l’écologie, le nationalisme… A contrario d’une revue comme XXI qui fait un documentaire en bande dessinée, ils racontent le réel sans que la bande dessinée singe la réalité. Par contre, elle peut la réinventer. Comme La Revue Dessinée est une rédaction, les fondateurs sont devenus des dirigeants, car chacun avait son domaine d’expérience, hors bande dessinée. Frank Bourgeron et Sylvain Ricard sont les rédacteurs en chef, Kris est le chargé de communication, Virginie Ollagnier s’occupe des auteurs et David Servenay prend les journalistes. Quant à Olivier Jouvray, il est le responsable numérique. Les auteurs devenus éditeurs doivent faire attention aux mariages. Si on trouve le couple idéal pour un récit, encore faut-il que le dit-couple s’entende. Les nouveaux éditeurs doivent jouer avec çà. Ou encore, comment annoncer un numéro qui aura une thématique pesante ?

Ne soyons pas pessimistes. Les chiffres de ventes sont bons et ont permis de recruter du personnel. Malgré celà, les fondateurs savent que rien n’est gagné.

A côté de cette rencontre riche en information, la Médiathèque proposait une exposition de planches d’Emmanuel Lepage. Celles-ci venaient de deux récits : Plaies à Fukushima (publié dans le numéro 2 de La Revue Dessinée) et Printemps à Tchernobyl (Publié chez Futuropolis). Avec sa façon de manier crayons et couleurs, Emmanuel réussit à embellir l’horreur. Ce « quotidien » s’emplit d’une poésie. Cette exposition est visible jusqu’au 3 mai à la Médiathèque de Bellevue.

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